pour

pour

prép. [ lat. pro ]
1. Indique le but : Ils se réunissent pour parler de ce problème. Enfin une initiative pour la paix.
2. Indique la destination de qqch, son usage : Un tribunal pour enfants. Une crème pour les mains.
3. Indique le bénéficiaire d'une action : Travailler pour une grande entreprise.
4. Indique la destination géographique : Ce train part pour Bruxelles.
5. Indique le moment où qqch doit se faire : Ils viendront pour Noël.
6. Indique le terme d'un délai ; la durée : Les travaux seront finis pour son retour. Elle est sous contrat pour deux mois.
7. Indique la circonstance, le moment : Elle a utilisé Internet pour la première fois. L'indice des prix pour le mois de mai.
8. Indique la cause : Elle est célèbre pour ses engagements politiques en raison de
9. Indique le point de vue : Pour moi, elle a raison d'après, selon
10. Indique l'équivalence ou la substitution : Employer un mot pour un autre à la place de
11. Indique l'objet ou la personne concernés : Il ne peut rien faire pour votre voiture. Ceci est valable pour tous.
12. Indique l'élément à partir duquel s'établit une comparaison, un rapport : Elle est cultivée pour son âge par rapport à
13. Indique la conséquence : Pour son malheur, il a cru à ces boniments. Les jurés en ont assez entendu pour prendre une décision.
Être pour qqn, qqch,
en être partisan.
Ne pas être pour (+ inf.),
ne pas être de nature à : Cela n'est pas pour me déplaire cela me plaît
adv.
Être pour,
adhérer à.
Voter pour,
émettre un vote favorable.
n.m. inv.
Le pour et le contre,
les avantages et les inconvénients : Peser le pour et le contre.

pour que

loc. conj. (Suivi du subj.)
1. Marque le but : Il a agrandi l'image pour que tout le monde se reconnaisse afin que
2. (En corrélation avec assez, trop, etc.) Marque la conséquence : Les preuves sont assez nombreuses pour que la juge le fasse comparaître.

POUR1

(pour) prép.
Sert à marquer le motif, la destination. Faire de l'exercice pour sa santé.
Le soleil, la lune et les astres sont conduits pour l'utilité des hommes, et obéissent à Dieu [SACI, Bible, Baruch, VI, 59]
... Vivaient le cygne et l'oison : Celui-là destiné pour les regards du maître ; Celui-ci pour son goût [LA FONT., Fabl. III, 12]
Quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte ; et, si nous le suivons, il échappe à nos prises, nous glisse et fuit d'une fuite éternelle ; rien ne s'arrête pour nous [PASC., Pens. I, 1, éd. HAVET.]
Puissent les princes entendre que leur vraie gloire est de n'être pas pour eux-mêmes ! [BOSSUET, Polit. III, III, 2]
Les esclaves sont plutôt établis pour la famille qu'ils ne sont établis dans la famille [MONTESQ., Esp. XVI, 1]
En lui [à Racine] apprenant à écrire pour le petit nombre, il [Boileau] lui apprit à écrire pour la postérité [MARMONTEL, Œuv. t. v, p. 145]
Il se dit de ce qui est destiné comme part, comme lot à quelqu'un. Cela est pour vous.
La misère est pour nous, et pour eux l'opulence [DELILLE, Pitié, IV]
Il se dit d'une destination toute fortuite. Pour mon malheur, je ne pus garder le silence.
N'est-ce pas cette même Agrippine Que mon père épousa jadis pour ma ruine ? [RAC., Brit. I, 4]
À cause de. Il a été puni pour une faute légère.
Cette saison n'était guère propre à la navigation pour les grands calmes qu'il y a [VOIT., Lett. 39]
On abattit un pin pour son antiquité [LA FONT., Fabl. XI, 9]
Ne perdez point courage pour toutes ces manières désagréables [SÉV., 9 nov. 1686]
Salomon si estimé dans tout l'Orient pour sa sagesse [MASS., Carême, Salut.]
En raison de.
Une infinité se vantait de l'avoir rencontré, mais plutôt pour se faire de fête, que pour vérité qu'ils sussent de cette affaire [MALH., Lett. à Peiresc, 20 févr. 1614]
Sans relâcher en rien son allure ordinaire, Pour chose que le monde en veuille condamner [CORN., Imit. III, 28]
Tout ce qui n'est pas formellement défendu par l'Église n'est pas pour cela permis [BOURDAL., 5e dim. après l'Épiph. Domin. t. I, p. 236]
Ah ! quelque humeur qu'il ait, il faudra bien qu'il rie, Et pour cela, d'abord je lis ma tragédie [PIRON, Métrom. III, 12]
C'était assez pour être curieuse : C'était assez ; filles le sont pour moins [MALFIL., Narc. II]
En considération de.
Je vais au roi des rois demander aujourd'hui Le prix de tous les maux que j'ai soufferts pour lui [VOLT., Zaïre, II, 3]
Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux [COLLIN D'HARLEVILLE, Optimiste, v, 2]
Familièrement. Et pour cause, signifie qu'on a des raisons, mais qu'on ne veut pas les exprimer. Je me tais et pour cause.
D'un peu plus loin et pour cause, monsieur [MOL., Fâch. III, 3]
Pour Dieu, se dit par manière de prière. Pour Dieu, ne me tourmentez pas. Pour l'amour de, en raison de l'intérêt qu'on porte à.
Est-ce qu'en travaillant pour elles, vous travaillez pour l'amour d'elles ? [MAINTENON, Lett. à Mme de Viefville, 20 juin 1708]
Pour l'amour de, à cause de.
Que tous ces jeunes fous me paraissent fâcheux ! Je me suis dérobée au bal pour l'amour d'eux [MOL., Éc. des mar. III, 9]
En vue de.
Vivez, régnez pour vous, c'est trop régner pour elle [RAC., Brit. II, 2]
Vous n'avez choisi le monde que pour ses plaisirs ; la cour que pour la faveur ; les armes que pour la licence ; la robe que pour une vaine distinction ; l'autel que pour les honneurs et les richesses du sanctuaire [MASS., Carême, Vocat.]
En faveur de, pour la défense de, pour l'intérêt de. Ce que je dis est autant pour vous que pour moi.
Vous nous diriez sans doute que la charité ne peut être bien employée que pour ceux qui la pratiquent envers les autres [FLÉCH., Serm. I, 232]
Avez-vous pu, cruels, l'immoler aujourd'hui Sans que tout votre sang se soulevât pour lui ? [RAC., Andr. v, 3]
Il [Claude] laissa pour son fils échapper quelques plaintes [ID., Brit. IV, 2]
Pour exprime l'attachement, l'intérêt. S'inquiéter pour quelqu'un.
Elle était fille, elle était amoureuse ; Elle tremblait pour l'objet de ses soins [MALFIL., Narcisse, II]
Du parti de.
Il est pour Calvin contre les thomistes [PASC., Prov. XVIII]
Il a pour lui le peuple. - Polynice : Et j'ai pour moi les dieux [RAC., Théb. IV, 3]
Si Onuphre est nommé arbitre dans une querelle de parents ou dans un procès de famille, il est pour les riches [LA BRUY., XIII]
Votre ouvrage [Mélanie] a enchanté tout Paris ; M. d'Alembert en est idolâtre ; vous avez pour vous les philosophes et les femmes ; avec cela on va loin [VOLT., Lett. Laharpe, 2 mars 1770]
Les académiciens revenus du pôle avaient pour eux dans cette dispute la théorie et la pratique [ID., Phil. Newt. III, 9]
Il se dit aussi des choses qu'on préfère.
Je vous avoue que je suis furieusement pour les portraits [MOL., Préc. 10]
Ceux qui étaient près de la mer étaient pour un gouvernement mêlé des deux [démocratie et aristocratie] [MONTESQ., Esp. XVIII, 1]
Absolument et sans régime. Êtes-vous contre ou pour ? Je parlerai pour.
Il me semble qu'il y a bien des raisons pour et contre [MONTESQ., Lett. pers. 37]
Mercredi je cours à la pièce nouvelle ; Tout le monde était pour, et moi j'étais contre elle [DESMAHIS, l'Impertin. SC. 3]
Envers, à l'égard de. La tendresse d'une mère pour ses enfants. La haine qu'il a pour lui. Son aversion pour la vie de campagne.
Il est pour les choses saintes, comme il était pour les profanes [SÉV., 516]
Je vous aime et vous embrasse, et voudrais bien que mon cœur fût pour Dieu comme il est pour vous [ID., 132]
Il est dans une seule province de l'Europe, entre les Alpes et les Pyrénées, plus de quarante petits peuples qui s'appellent compatriotes, et qui sont réellement étrangers les uns pour les autres, comme le Tonquin l'est pour la Chine [VOLT., Dict. phil. Lois.]
Il se dit pour exprimer ce qui sert contre quelque mal. Ce remède est bon pour la fièvre. Malgré.
L'une était vénérable par son âge et l'autre par sa beauté, qui pour toutes ses afflictions n'était point changée [VAUGEL., Q. C. 190]
Eu égard à, par rapport à. Cet habit est bien chaud pour la saison.
Commander à ses pleurs en cette extrémité, C'est montrer, pour le sexe, assez de fermeté [CORN., Hor. I, 1]
Vous êtes un grand extravagant, pour un si petit homme [SCARRON, Rom. com. I, 2]
Pour un pauvre animal, Grenouilles, à mon sens, ne raisonnaient pas mal [LA FONT., Fabl. VI, 12]
Je dis qu'il était vieux pour son peu de santé [REGNARD, Ménechmes, III, 2]
On ne lui avait point encore vu [à Céluta] l'air qu'elle avait dans ce moment : c'était pour la douleur et la beauté quelque chose de surhumain [CHATEAUBR., Natch. 2e part. fin.]
Quant à.
Je suis hors de souci pour ce qui me regarde. [CORN., Nicom. V, 7]
Pour Dircé, son orgueil dédaignera sans doute L'appui tumultueux que ton zèle redoute [ID., Œdipe, V, 1]
Pour ce qui est de cela, la jalousie est une étrange chose ! [MOL., G. Dand. I, 6]
J'ai à vous dire que vous faites tort à ces eaux de les croire noires ; pour noires, non ; pour chaudes, oui [SÉV., 281]
Pour moi, vous le savez, descendu d'Israël, Je ne sers ni Baal ni le Dieu d'Israël [RAC., Athal. III, 3]
Il se dit en ce sens devant de, pris partitivement et suivi de l'article défini.
Pour du blé, il n'y en avait point ou bien peu [VAUGEL., Q. C. 402]
Pour de l'esprit, je pense qu'elles n'ont pas du plus fin ; mais pour des sentiments, ma belle, c'est tout comme chez nous, et aussi tendres et aussi naturels [SÉV., 197]
Pour des amants la méthode est nouvelle [DESTOUCHES, Cur. impert. III, 4]
Il se dit quelquefois en ce sens devant un infinitif.
Ah ! pour en être digne, il l'est et plus que tous [CORN., Othon, II, 4]
Au XVIIe et au XVIIIe siècle on a construit pour devant une autre préposition, par ellipse du verbe qui précédait.
J'aime bien la Hire et son discours à son maître.... il me semble que vous auriez dit la même chose à Charles VII ; car pour au roi d'au jourd'hui [pour le dire au roi], vous êtes bien éloigné d'avoir sujet de lui parler de la sorte [SÉV., à Bussy, 18 mars 1678]
De vos affaires, vous en êtes le maître ; mais pour des miennes [pour être maître des miennes], je ne vous permets de faire.... [SAINT-SIMON, t. I, p. 254, éd. CHÉRUEL.]
Quoiqu'il eût entrée à ceux [conseils] de finance et de dépêches, il n'y allait presque jamais ; pour au travail particulier du roi [pour aller au travail], il n'en fut pas question pour lui [ID., t. IX, p. 137]
Si vous m'eussiez parlé botanique et des plantes que produit votre contrée.... j'en aurais pu causer avec vous ; mais, pour de mes livres [pour causer de mes livres], vous m'en parleriez inutilement.... [J. J. ROUSS., Lett. à E. J. 13 mai 1767]
Pour sert à marquer le rapport entre une chose qui affecte, et la personne affectée. C'est une grande perte pour vous. Nouvelle fâcheuse pour tout le monde. Cela est heureux pour votre ami.
En échange de, moyennant un certain prix. Il a donné son cheval pour mille francs. Les meubles se donnaient pour rien à cette vente. Pour, devant un nom de nombre, indique une certaine proportion. Toucher, de commission, tant pour mille. Pour cent, voy. CENT, n° 3.
10° En la place de, au lieu de. Mon fils monte la garde pour moi. Il a pour lit un mauvais matelas.
Rougis pour moi, Nérine et dis-lui que je l'aime [DUFRESNY, Réconcil. norm. II, 8]
Là, sans suite, sans faste et sans vain appareil, Pour temple les arceaux de cette voûte obscure, Ces prismes pour flambeaux, pour témoin la nature, Pour offrande leur cœur, un rocher pour autel, Le dieu d'hymen reçut leur serment mutuel [DELILLE, Trois règ. V]
Pour, employé au sens de comme.
Tous les bruits de Léon annoncent pour certain Qu'à la comtesse Inès il va donner la main [MOL., D. Garcie, I, 2]
Je crois qu'il [un Grignan mourant] dispose de ce qu'il a en votre faveur ; gardez-le, quoique ce soit peu, pour une marque de sa tendresse [SÉV., 29 janv. 1672]
Joas laissé pour mort frappa soudain ma vue [RAC., Athal. I, 2]
Il demeure pour prouvé que saint Thomas ne renonça au monde qu'au moment où il entra dans l'ordre de Saint-Dominique [, Mém. de Trévoux, 1725, t. X, p. 152]
L'homme sensé comptera l'écu du pauvre pour un louis, et l'écu du financier pour un liard [BUFF., Ess. arith. mor. Œuv. t. X, p. 131]
En qualité de. Laissez-le pour ce qu'il est.
Don Carlos.... n'a jamais dû croire que je pusse l'aimer, ne m'ayant jamais connue pour ce que j'étais [SCARR., Rom. com. II, 11]
Je suis auprès de lui gagé pour serviteur, Vous me voudriez encor payer pour précepteur [MOL., l'Ét. I, 9]
Et vous l'avez connu pour gentilhomme ? [ID., Bourg. gent. IV, 5]
Romulus, le fondateur de Rome, en fut élu pour le premier roi [VERTOT, Rév. rom. I, 18]
Qui est-ce qui a lu les ouvrages de Richardson sans désirer de connaître cet homme, de l'avoir pour frère ou pour ami ? [DIDER., Éloge de Richards.]
Ah ! madame, s'écria-t-elle, quel ange vous avez pour sœur ! [GENLIS, Veillées du château t. II, p. 260, dans POUGENS]
Être pour beaucoup, pour peu en quelque chose, n'y être pour rien, y avoir contribué beaucoup, peu, n'y avoir contribué en rien. Passer pour, voy. PASSER, n° 29. Prendre pour, voy. PRENDRE.
11° Il se dit en un sens particulier à l'effet de mettre en regard un petit nombre en opposition à un grand.
Pour un saint à qui Dieu, par des vues spéciales, peut avoir inspiré de rendre ses communions moins fréquentes, nous en trouvons mille autres à qui il inspire le contraire [BOURDAL., Dim. oct. du saint sacrem. Dominic. t. II, p. 328]
Pour deux amants heureux qu'Amour fait quelquefois, Il en fait tous les jours plus de cent misérables [QUIN., Rol. IV, 5]
La cour de Claudius, en esclaves fertile, Pour deux que l'on cherchait en eût présenté mille [RAC., Brit. I, 2]
Pour, devant tout, exprime qu'il n'y a pas autre chose. Pour toute récompense il eut des reproches.
Pour toute réponse aux cris des Espagnols, on produisit les offres qu'ils avaient faites eux-mêmes au protecteur [Cromwell] [VOLT., Louis XIV, 6]
Ne.... pour un..., ne.... pas pour un..., pas seulement un.
Moins d'ennemis attaquent leur pudeur [des femmes du monde] ; les autres [les cloîtrées] n'ont pour un seul adversaire : Tentation, fille d'oisiveté.... [LA FONT., Mazet.]
On nous fait voir que Jupiter n'a pas aimé pour une fois [MOL., Pr. d'Él. II, 1]
On est faite d'un air, je pense, à pouvoir dire Qu'on n'a pas pour un cœur soumis à son empire [MOL., Femm. sav. II, 3]
Quel sujet auriez-vous de vous plaindre de moi ?- Je n'en ai pas pour un, je crois en avoir mille [DANCOURT, Mme Artus, IV, 7]
On n'avait pas alors pour un seul prophète : un presbytérien anglais, qui étudiait à Utrecht, combattit tout ce que disait Jurieu sur les sept fioles et les sept trompettes de l'Apocalypse [VOLT., Dict phil. Prophéties, 2]
12° Au nom de. Il commande la province pour le roi, pour l'empereur.
13° Pour, joint à un mot qui exprime le temps, signifie pendant, mais avec le sens d'un futur. Je n'en ai que pour un moment.
Souffrez que j'interrompe pour un peu la répétition [MOL., Impromptu, 3]
Monsieur le Duc est ici pour un jour, il ira rejoindre monsieur son père [SÉV., 202]
Ils périront pour le temps, et vous périrez pour l'éternité [BOURDAL., 6e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III. p. 47]
Il sert à indiquer l'époque où une chose s'est faite ou se fera, mais toujours avec le sens du futur. Ce sera pour demain. La cérémonie était pour hier (elle était pour hier, avant d'avoir lieu) ; elle est pour aujourd'hui (tant qu'elle n'est pas commencée ; dès qu'elle est commencée, on ne peut plus dire pour aujourd'hui). Pour quand, sans interrogation, pour le temps où.
Ce que je trouve admirable, c'est qu'un homme qui s'est passé, durant la vie, d'une assez simple demeure, en veuille avoir une si magnifique pour quand il n'en a plus que faire [MOL., D. Juan, III, 7]
Pour jamais, ou pour toujours, pour un temps qui ne doit pas finir, pour une durée perpétuelle.
Songez-vous que je tiens les portes du palais, Que je puis vous l'ouvrir ou fermer pour jamais ? [RAC., Baj. II, 1]
Pour quand, avec interrogation, pour quel temps ? Pour quand est la fête ?
14° Pour, précédé et suivi du même mot, marque la comparaison.
Et mort pour mort, toujours mieux lui valait, Auparavant que sortir de la vie, Éprouver tout et tenter le hasard [LA FONT., Muletier.]
Tout bien considéré, je te soutiens en somme, Que, scélérat pour scélérat, Il vaut mieux être un loup qu'un homme [ID., Fabl. XII, 1]
Servitude pour servitude, ne valait-il pas mieux rendre le Milanais à son maître ? [FÉNELON, Dial. des morts mod. Dial. 12]
Pour exprime la réciprocité.
Vous ferez rendre vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied [SACI, Bible, Deutéron. XIX, 21]
Vous me louez continuellement sur mes lettres, et je n'ose plus vous parler des vôtres, de peur que cela n'ait l'air de rendre louanges pour louanges [SÉV., 22 janv. 1672]
Et moi.... Je n'aurais pas du moins à cette aveugle rage Rendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage [RAC., Athal. II, 7]
Rendre grâce pour grâce et plaisir pour plaisir [DUFRESNY, Réconcil. norm. II, 6]
Pour marque la relation, la correspondance exacte. Traduire un passage mot pour mot.
Il y a aujourd'hui neuf mois, jour pour jour, dimanche pour dimanche, que je vous quittai à Charenton avec bien des larmes [SÉV., 3 juill. 1689]
Pour marque l'échange. Faire troc pour troc.
15° Pour, précéde d'assez, s'emploie dans des phrases qui indiquent la suffisance. Il a fait assez pour sa gloire. Avec un verbe à l'infinitif. Il est assez jeune pour s'instruire. Avec que, et avec le subjonctif. Il est assez riche pour que nous lui demandions de contribuer à cette bonne œuvre. Pour, précédé de trop, s'emploie dans des phrases qui expriment l'excès. Il a trop fait pour un ingrat. Avec un infinitif.
On dit que M. de Noailles, votre digne et généreux ami, a rendu de très bons offices à M. de Vardes ; il est assez généreux pour n'en pas douter [SÉV., à Moulceau, 26 mai 1683]
La condition m'est trop avantageuse pour la refuser [BOURDAL., Pensées, t. II, p. 80]
Avec que et le subjonctif. Il est assez de mes amis pour que je puisse compter sur lui. Vous êtes trop faible pour que nous vous imposions ce fardeau. L'adverbe fort s'est employé avec pour d'une façon analogue à trop (cela n'est plus usité).
M. de Chaudebonne est fort chagrin à cette heure, pour bien battre les sonnettes [dans la danse des matassins] [VOIT., Lett. 54]
16° En être pour, perdre.
Il n'y a pas de femme qui l'écoute qui n'en soit pour sa réputation [HAMILT., Gramm. 9]
M. de Sireuil en sera pour ses vers, Royer pour ses croches, et le prévôt des marchands pour son argent [VOLT., Lett. Thiriot, 19 déc. 1754]
Être pour, être capable de, être de nature à.
Cesse de m'outrager, ou le respect des dames N'est plus pour contenir celui que tu diffames [CORN., Veuve, v, 10]
Le sentiment d'autrui n'est jamais pour lui plaire [MOL., Mis. II, 5]
Ne pouvoir savoir d'une belle si l'amour qu'inspirent ses yeux est pour lui plaire ou lui déplaire, c'est la plus fâcheuse, à mon gré, de toutes les inquiétudes [ID., Sicil. 3]
Et ce n'est guère pour avoir le teint frais et les yeux brillants que de se lever dès la pointe du jour [ID., ib. 7]
Puisque vous n'êtes point, en des liens si doux, Pour trouver tout en moi comme moi tout en vous [ID., Mis. v, 8]
Harlay avait des yeux qui, fixés sur un client ou sur un magistrat, étaient pour le faire rentrer sous terre [SAINT-SIMON, 17, 198]
N'être pas pour, ne pas devoir.
Cette affaire, venue au point où la voilà, N'est pas assurément pour en demeurer là [MOL., le Dép. IV, 1]
Cet état de victime n'est pas pour rien détruire en vous [BOSSUET, Lett. Corn. 74]
Ce sont des manières reçues, vous n'êtes pas pour les réformer [MASS., Carême, Élus.]
Être pour, être sur le point de. Il était pour partir.
17° Pour précédant un adjectif, et suivi de que a le sens de quelque.... que.
Vous savez que, pour matin que je sois levé, je vous ai toujours trouvé dans cette chambre [BALZ., liv. VII, lett. 16]
Pour ingrat que soit un homme [MALH., Traité des bienf. de Sénèque, I, 12]
Pour grand que fût le péril, ils s'efforcèrent tous à l'envi d'aller dégager le roi [VAUGEL., Q. C. IX, 4]
Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes [CORN., Cid, I, 6]
Commettre un seul péché, pour petit qu'il soit [BOSSUET, Mar.-Thér.]
Point n'a d'écus : pour belle qu'on soit née, L'amour languit sans Bacchus et Cérès [DESHOUL., Poés. t. I, p. 43]
Pour saints, pour éclairés et pour sages que soient les hommes, ils ne sont pas infaillibles [SAINT-SIMON, 61, 21]
Pour peu que, si peu que.
Et pour peu qu'elle ait d'ambition, Je vous réponds déjà de sa punition [CORN., Nicom. v, 7]
18° Pour avec un infinitif, à l'effet de.
C'est pour vous dire que vous devez réserver votre humilité aux actions qui se passent entre Dieu et vous [BALZ., liv. I, lett. 6]
Pour juger de la beauté d'un ouvrage, il suffit de le considérer en lui-même ; mais, pour juger du mérite de l'auteur, il faut le comparer à son siècle [FONT., Vie de Corn.]
La nature, sur la fin de nos jours, nous dégoûte de la vie par la douleur, pour nous faire quitter ce monde avec moins de regrets [FRÉDÉRIC II, dans GIRAULT-DUVIVIER]
Il [Saint-Évremond] avait tant de réputation, qu'on lui offrit cinq cents louis d'or pour imprimer sa comédie de Sir Politik [VOLT., Temple du Goût.]
Le ciel fit les femmes Pour corriger le levain de nos âmes, Pour adoucir nos chagrins, nos humeurs, Pour nous calmer, pour nous rendre meilleurs [ID., Nanine, I, 1]
On sépare quelquefois pour de son verbe.
Pour de ce grand dessein assurer le succès [CORN., Pomp. IV, 1]
Mais pour en quelque sorte obéir à vos lois [ID., D. Sanche, I, 3]
Il a fallu en venir à l'altération du texte, pour du moins le rendre douteux [BOSSUET, Explic. du ps. 21, III, 3]
Pour donc corriger l'abus et l'égarement de notre imagination vagabonde et dissipée, il la faut remplir d'images saintes [ID., Élévat. sur myst. IV, 8]
Cette préposition ne doit rien avoir entre elle et l'infinitif qui les sépare, si ce n'est quelque particule d'une ou de deux syllabes ; par exemple on dira fort bien : pour y aller, pour en avoir, pour lui dire, etc. ; et encore : pour de là passer en Italie ; mais d'y mettre plusieurs syllabes, comme ont fait quelques-uns de nos meilleurs écrivains, il n'y a rien de si rude ni de si éloigné de la politesse du langage [VAUGEL., Rem. t. I, p. 100, dans POUGENS]
Quoi que dise Vaugelas, c'est à l'oreille à juger. Suivi de que et du subjonctif, même sens. Je suis venu vous voir pour que nous parlions de nos affaires. Je lui ai parlé assez haut pour qu'il m'entendît. Pour que est pour ce que, comme on peut le voir à l'historique.
19° Pour, avec le passé de l'infinitif. signifie à cause que.
On ne s'avise point de dé fendre [empêcher, prohiber] la médecine pour avoir été bannie de Rome, ni la philosophie pour avoir été condamnée publiquement dans Athènes [MOL., Tart. préface.]
Pour n'avoir pas fait cette remarque on perdit beaucoup de temps et de travail [CHATEAUB., Génie, I, I, 1]
Il se dit dans le même sens avec le présent de l'infinitif.
Nature se maintient pour être variable [RÉGNIER, Épît. II]
Et comment est-il possible, reprit Ésope, que vos juments entendent de si loin nos chevaux hennir, et conçoivent pour les entendre ? [LA FONT., Vie d'Ésope.]
Ma foi, me trouvant las pour ne pouvoir fournir Aux différents emplois où Jupiter m'engage.... [MOL., Amphitr. prol.]
Le désavouerez-vous [un billet], pour n'avoir point de seing ? [ID., Mis. IV, 3]
Je hais ces cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir les suites des choses, n'osent rien entreprendre [ID., Scapin, III, 1]
Mon révérend père, si vous avez peine à lire cette lettre, pour ne pas être en assez beau caractère [PASC., Prov. XVII]
Je n'admire point l'excès d'une vertu, si je ne vois en même temps l'excès de la vertu opposée.... on ne montre pas sa grandeur pour être à une extrémité, mais bien en touchant les deux à la fois, et remplissant tout l'entre-deux [ID., Pens. VI, 21]
Adresser votre lettre à Mme de Vins, plus pour l'obliger que pour avoir besoin d'elle [SÉV., 26 août 1675]
Je comprends que l'ennui serait grand pendant l'hiver : les longues soirées peuvent être comparées aux longues marches, pour être fastidieuses [ID., 28, août 1675]
Et, pour ne rien rabattre de ses aigreurs et de ses caprices, on aliène le cœur et l'esprit d'un époux, et on le précipite dans des amours étrangères [MASS., Carême, Culte.]
20° Pour devant un infinitif, au sens de quoique, bien que, mais toujours joint, comme on le voit par les exemples, à une phrase négative ou restrictive.
Vous me montrez que, pour être échappé de la mer et des pirates, je ne suis pas encore en sûreté [VOIT., Lett. 50]
L'hymen n'efface point ces profonds caractères ; Pour aimer un mari, l'on ne hait pas ses frères [CORN., Hor. III, 4]
Je suis ici dans une fort grande solitude ; et, pour n'y être pas accoutumée, je m'y accoutume assez bien [SÉV., 19 juin 1680]
Ils [les écrivains de Port-Royal] ne changent pas d'avis pour changer de note [ID., 25 mai 1680]
On n'est pas criminel toujours pour le paraître [TH. CORN., Essex, II, 2]
Pour être nés grands, vous n'en êtes pas moins chrétiens [MASS., Carême, Aum.]
De l'avenir le destin est le maître ; Sa volonté dirige tous nos pas : Respectons-la sans vouloir la connaître ; Pour la connaître on ne la change pas [MALFIL., Narcisse, II]
Votre lettre a bien attendri mon vieux cœur, qui, pour être vieux, n'en est pas plus dur [VOLT., Lett. d'Alembert, 27 mars 1773]
21° Pour avec un infinitif, signifiant de quoi. Il y a ici pour contenter tous les goûts.
C'est bien pour en rougir de voir quelle tempête Souvent mes lâchetés attirent sur ma tête [CORN., Imit. III, 20]
Il [Sévigné] s'ennuie fort dans la charge de guidon ; cette place est jolie à dix-neuf et vingt ans ; mais, quand on y a demeuré sept ans, c'est pour en mourir de chagrin [SÉV., 9 oct. 1675]
Trois semaines, milord ! ah ! c'est pour en mourir [BOISSY, Époux par superch. II, 12]
22° Pour lors, alors. Quand le mal sera fait, il ne sera pour lors plus temps d'aviser.
23° S. m. Le pour, ce qui est en faveur de.
Le pour et le contre sont venus au monde avec le tien et le mien [BALZ., liv. I, lett. 3]
Soit par l'interprétation des termes, soit par des circonstances favorables, soit enfin par la double probabilité du pour et du contre, on accorde toujours ces contradictions prétendues [PASC., Prov. VI]
Les lecteurs, longtemps promenés çà et là dans le vaste pays du pour et du contre, ne savaient plus à la fin où ils en étaient [FONTEN., Malebr.]
Vous me dites toujours le pour et le contre dans toutes les choses que vous m'apprenez., -C, 'est que toutes les choses de ce monde ont un bon et un mauvais côté [VOLT., Dial. XXIX, 12]
Après avoir balancé le pour et le contre [D'ALEMB., Réfl. sur l'inocul.]
24° Le pour, sorte de distinction à la cour de Louis XIV.
Le pour est une distinction dont j'ignore l'origine : elle consiste à écrire en craie sur les logis : Pour M. un tel, ou simplement écrire, M. un tel [SAINT-SIMON, 60, 5]

REMARQUE

  • 1. La règle des grammairiens est que tout infinitif précédé d'une préposition doit se rapporter d'une manière claire et précise soit au sujet de la proposition, soit au régime indirect, soit au régime direct, par exemple : L'homme vit pour travailler. Mais cette règle est trop absolue : quand l'équivoque est impossible, quand le vrai sens est évident, la règle n'a plus d'objet ; les exemples abondent.
    Le théâtre, fertile en censeurs pointilleux, Chez nous pour se produire est un champ périlleux [BOILEAU, Art p. III]
    Peut-être assez d'honneurs environnaient ma vie Pour ne pas souhaiter qu'elle me fût ravie [RAC., Iphig. IV, 4]
  • 2. Vaugelas dit : " Pour que, très usité le long de la Loire et depuis peu à la cour. On s'en sert de plusieurs façons qui ne valent rien. " Th. Corneille : " Pour que n'a pu s'établir ; on se le permet quelquefois dans la conversation, mais on ne l'écrit pas. " Chifflet, Gramm. p. 131 : " Pour que, au lieu de afin que, n'est qu'une barbarie. " Aujourd'hui il est en plein usage, justifié par l'analogie, après que, dès que, sans que, et par l'historique qui montre que c'est une ellipse au lieu de pour ce que.

SYNONYME

  • POUR, AFIN. Ces deux mots sont synonymes dans le sens où ils signifient qu'on fait une chose en vue d'une autre ; mais pour marque une vue plus présente ; afin en marque une plus éloignée : on se présente devant le prince pour lui faire sa cour ; on lui fait sa cour afin d'obtenir des grâces. Pour regarde plus particulièrement un effet qui doit être produit. Afin regarde proprement un but où l'on veut parvenir :
    Les filles d'un certain âge font tout ce qu'elles peuvent pour plaire, afin de se procurer un mari [GIRARD., ]

HISTORIQUE

  • IXe s.
    Pro deo amur [pour l'amour de Dieu] [, Serment]
  • Xe s.
    Ne por or, ned argent, ne parament [, Eulalie]
    Mult laetatus, por que Deus cel edre [ce lierre] li donat [, Fragm de Valenc. p. 448]
  • XIe s.
    As tables juent pur els [se] esbaneier [divertir] [, Ch. de Rol. VIII]
    Se li reis velt, prez sui por vus le face [, ib. X]
    Sonent mil grailes [trompettes], pur ce que plus bel seit [, ib. LXXVII]
    Et li aidez, et pur seignur tenez [, ib. XXVI]
    Je ne lerreie por tot l'or que Deus fist, Que ne lui die.... [, ib. XXXIV]
    Ne lui faldront pur mort ne pur destreit [, ib. CCXLVIII]
  • XIIe s.
    Pour moi [en place de moi] n'iras tu mie [, Roncisv. p. 15]
    Por ce qu'après sa mort on en puisse parler [, ib. p. 197]
    Por verdure ne por prée Nulle chançon ne m'agrée, S'el ne vient de fine amor [, Couci, I]
    Mout fait l'amours que vilaine, Qui comence por faillir [, Couci, IV]
    Se fins amis [amant honnête].... Doit joie avoir por servir [parce qu'il sert] leaument [, ib. VII]
    Ha ! douce riens cruels, tant mar [je] vous vi, Quant pour ma mort naquistes sanz merci [, ib. IX]
    Puiz que mes cuers [mon cœur] ne s'er veut revenir, De vous, dame, pour qui il m'a guerpi [, ib.]
    Pour vostre honeur et pour Dieu je vous pri.... [, ib.]
    Se nus [nul] morist [mourut] pour avoir [parce qu'il avait] cuer dolant [, ib. XXII]
    Diex ! quant crieront outrée, Sire, aidez à pelerin, Por qui [je] sui espouvantée ; Car felon sont Sarazin [, Dame de Faiel, dans Couci]
  • XIIIe s.
    Pour quatre qu'ils estoient en l'ost, estoient il en la cité dui cent [VILLEH., LXXIV]
    Envoiez pour Tibert [envoyez chercher Tibert] [, Berte, XI]
    S'en vont vesque et abbé pour le lit beneïr [, ib. XII]
    Dame Diex, qui en croi fu pour nous estendus [, ib. XXIV]
    [Elle] Ne briseroit son veu pour [dût-elle] soufrir discepline [, ib. LVI]
    Ce n'estoit pas merveille se on la [Berte] desiroit Pour [en raison] les bones nouveles que chascuns en disoit Et pour le bel miracle que Diex i demonstroit [, ib. CXXXV]
    Jà n'averai richesses, por qu'aient [pour qu'ils aient] povreté [, ib. CXXXII]
    Li hospitaus de chaiens [céans] est de si très grant carité qu'onques nus malades n'i fali à son desir, se on le pot avoir pour or ne pour argent [, Chr. de Rains, 108]
    N'onques nus [nul] n'osa là remaindre ; Tuit s'enfoïrent por la pluie [, la Rose, 6521]
    C'est Biau-Semblant, qui ne consent à nul amant qu'il se repente D'amors servir, por mal qu'il sente [, ib. 1854]
  • XIVe s.
    Aucune foiz, quant il les cuide mouvoir à dextre, il tournent, pour la maladie, à senestre [ORESME, Eth. 31]
  • XVe s.
    Encore se confioient plus les Anglois en ceux que vous ai nommés, qu'ils ne faisoient ens Espaignols, et pour cause [FROISS., II, III, 85]
    Louis de Baviere, empereur de Rome pour le temps [ID., I, I, 74]
    Nous menons femmes en notre compagnie et avons mené, qui ne demandent que le sejour ; et, pour un jour qu'elles cheminent, elles en veulent reposer quinze [ID., II, III, 82]
    Pour ce, si Jean Lyon fust mort, ne se briserent mie adoncques les convenances que cils de Gand avoient à cils de Bruges [ID., II, II, 55]
    Ils vinrent à Paris là où le roi estoit ; et lui livrerent le comte de Montfort pour prisonnier [ID., I, I, 157]
    Quant je fus pour monter à cheval [, Jeh. de Saint. ch. 30]
    Car, par ung seul semblant monstrer En riens d'en estre desplaisans, C'eust esté pour faire parler Les jalous et les mesdisans [CH. D'ORL., Complainte]
    Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? [, Bouciq. II, 23]
    Et pour quelque bruyt qu'il y eust en l'ost, il ne s'estoit point voulu bouger [COMM., IV, 10]
    Ayant moins de crainte que je n'euz jamais, pour la jeunesse en quoy j'estoye, et que je n'avoie nulle congnoissance de peril [ID., I, 3]
    Et se prenoit ung escu pour pipe de vin qui passoit parmy les limites [ID., III, 11]
    Homme sans foy s'il voyoit son profit pour la rompre [ID., VII, 2]
    Et y mourut ce jeune et vaillant chevalier pour estre mal armé [ID., I, 3]
    Et semble que tout soit pour eux [VILLON, Baillev. et Malep.]
  • XVIe s.
    Et, pour remede qu'on luy feist, ne trova allegement quelconque [RAB., Pant. II, 28]
    Ainsy mourra il sans regret, laissant homme pour homme [ID., ib. III, 26]
    Pour grand qu'il soit [MONT., I, 51]
    Son maistre, pour luy avoir veu prendre un si honnorable party, le reçeut en grace [ID., I, 2]
    Je serois pour me rendre plus naturellement à la compassion qu'à l'estimation [ID., I, 2]
    Seroit ce que, pour ne l'admirer point [la hardiesse], il [Alexandre] la respectast moins ? [ID., I, 5]
    L'effort d'un desplaisir, pour estre extreme, doibt.... [ID., I, 7]
    Se descouper pour tesmoignage de dueil [ID., I, 14]
    Accorder trefve pour quelques jours [ID., I, 23]
    Pour le coup [MONT., I, 24]
    Se tenir pour surmonté [battu] [ID., I, 24]
    N'ayant pu prendre la ville, pour la prouesse des habitants [ID., ib.]
    Un roi ? c'est un pastre pour eulx [les philosophes] [ID., I, 140]
    Il est condamné pour faulx prophete [ID., I, 238]
    Cette raison n'est pas pour estre oubliée [ID., II, 291]
    La servitude ne leur est jamais de goust, pour si bien qu'on l'accoustre [LA BOÉTIE, 44]
    Ils estimerent son cœur trop foible pour un fait si hault [ID., 45]
    Il faut qu'ils laissent leur goust pour le sien [ID., 67]
    ....Pour si grand nombre qu'il y en ait.... [ID., 44]
    Les roys pour estre roys ne laissent pas d'estre hommes [, Sat. Mén. p. 139]
    édit. 1611. Ilz ne se lassoient jamais, pour quelque travail qu'ilz prissent [AMYOT, Thésée, 6]
    Fabius, qui avoit bien preveu le danger auquel ilz estoient pour tumber.... [ID., Fab. 25]
    Aussi n'y a-il pas un en la compagnie, pour accablé qu'il fust des miseres et calamitez passées, qui.... ne se remist et reprinst cœur [D'AUB., Hist. II, 250]
    Il a bien appris à dire toutes les admirations, comme Jesus.... c'est pour en mourir [ID., Conf. II, 1]
    Ne s'y estant presentée une seule occasion de combattre, pour perilleuse qu'elle fust, où il ne se soit trouvé [CARLOIX, II, 14]
    Il y avoit six commissaires de l'artillerie, et dix-huit canonniers, chacun pour le plus expert [ID., VII, 9]
    ....Et si pour [malgré] tout cela le malade vouloit dormir, on luy fera des frictions après [PARÉ, XXIV, 24]
    ....Et que grandeur pour grandeur, si le prince d'Espagne.... [CASTELNAU, 181]
    Car pour estre [fussé-je] cent ans auprès de ma maistresse, Cent ans me sont trop cours, et ne m'en puis aller [RONS., 145]
    Mais pour courir, le soin ne laisse pas D'accompagner tes miserables pas [ID., 400]
    Mais tout paisible et coy Tu vivras dans les bois pour la Muse et pour toy [ID., 894]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, po, por ; bourguig. po, pôr ; mâconnais, pre ; picard, por ; espagn. et portug. por ; du lat. pro.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. POUR.
    22° Ajoutez :
  • Pour suivi de jusqu'à, signifiant de quoi aller jusqu'à.
    En voilà pour jusqu'à la fin d'octobre [, le National, 14 août 1876, 2e page, 2e col.]
  • Rien n'empêche de dire pour jusqu'à, comme dans les cas rares, il est vrai, où l'on fait régir une préposition par une autre.
  • 24° Ajoutez :
  • Saint-Simon n'est pas le seul qui ait parlé du pour. En voici des exemples dans deux auteurs plus anciens :
    MM. les ambassadeurs qui sont à Paris ont une prétention de laquelle nous n'avions pas encore ouï parler ; ils veulent qu'en voyage on leur donne le pour [DANGEAU, t. VI, p. 403]
    Cent mille écus et le pour que l'on demandait pour M. de la Rochefoucauld [RETZ, Mém. t. IV, p. 235, éd. Feillet et Gourdault.]
  • Cet exemple, rapproché de celui de Saint-Simon, montre que le pour était ancien à la cour. La note suivante, que l'éditeur des Mémoires de Retz a jointe, jette quelque jour sur cette distinction : " On voit dans les Mémoires de la Rochefoucauld qu'on demandait pour lui un brevet pareil à celui de MM. de Bouillon et de Guemené pour le rang de leurs maisons. " Il semble résulter de là que le pour ne se donnait qu'aux plus grandes maisons.
  • REMARQUE

    • Ajoutez : 3. Pour tout l'effort qu'il fasse, s'est dit au sens de : quelque effort qu'il fasse.
      Pour tout l'effort qu'il fasse à me dompter [RÉGNIER, Élég. I]

pour

POUR. Préposition qui sert à marquer Le motif, le but, la fin, la destination. Cet homme fait de l'exercice pour sa santé. Cette lettre n'est pas pour lui. Ces gens-là semblent faits, sont faits l'un pour l'autre. Cet homme n'est pas fait pour le métier qu'il a choisi. Écrire pour la postérité. Travailler pour la gloire. Des vêtements pour enfants.

POUR signifie aussi À cause de, en considération de. Il fera cela pour vous. Faites cela pour Dieu, pour l'amour de Dieu. Il ne fera cela ni pour or, ni pour argent. Je ne ferais pas cela pour un empire. Il se lâche pour rien. C'est pour cette raison qu'il est parti. Il a été puni pour une faute légère. Il est estimé pour ses vertus.

Fam., Et pour cause, s'ajoute absolument après une phrase par allusion à une raison qui est trop évidente pour avoir besoin d'être exprimée. Je n'en dis pas davantage, et pour cause.

Fam. et par manière de prière, Pour Dieu. Pour l'amour de Dieu. Pour Dieu, laissez-nous en paix.

Pour l'amour de, À cause de, en considération de. J'ai fait ce sacrifice pour l'amour de vous.

POUR signifie aussi En faveur de, pour la défense de. Ce que je dis est autant pour vous que pour moi. Je lui parlerai pour vous. Je tiens pour vous contre lui. Tous les honnêtes gens sont pour vous. Il avait tout le monde pour lui. Plaider pour un tel contre tel autre. Mourir pour la patrie.

Il sert aussi à marquer la Préférence. Il était pour ce genre d'écriture. Il est pour la démocratie contre l'aristocratie. Êtes-vous pour ou contre?

POUR signifie aussi Envers, à l'égard de. La tendresse d'une mère pour ses enfants. Son amour pour la patrie. Mon affection, mon attachement pour vous. Il est un peu refroidi pour moi. J'ai du respect pour sa mémoire. Mes sentiments pour vous ne sont pas douteux. La haine, l'aversion qu'il a pour lui. Ce remède est bon pour la fièvre.

Il sert aussi à marquer le Rapport entre une chose qui affecte en bien ou en mal et la personne qui en est ou qui en doit être affectée. C'est une grande perte pour vous. C'est un grand bonheur pour moi. C'est pour eux une grande consolation, un grand avantage. Cela est heureux, malheureux pour votre ami. Il y aurait du déshonneur pour vous. Il y aura beaucoup de gloire pour lui.

Il signifie aussi Eu égard à, par rapport à. Cette robe est bien chaude pour la saison. La porte est bien étroite pour une pareille maison. Sa dépense est peu considérable pour son revenu. Son train est mesquin pour un ambassadeur. Vous êtes trop savant pour moi. Il est bien grand pour son âge. Voilà une grande faiblesse pour un philosophe. Ce qui est bon pour vous ne serait pas bon pour moi. Cela ne vaut rien pour votre estomac. Voilà une mauvaise affaire pour un homme accoutumé à en faire de si bonnes.

POUR, précédé des mots Assez et Trop, s'emploie dans les phrases qui expriment la suffisance ou l'excès. Y en a-t-il assez pour tout le monde? Cela est assez bon pour lui. C'est assez pour aujourd'hui. Ce couvercle est assez grand pour le vase. Cet habit est trop petit pour ma taille. Il a trop vécu pour sa gloire. Quelquefois on peut supprimer l'adverbe Assez. Il y en aura pour tout le monde.

Il s'emploie aussi dans les mêmes phrases, suivi d'un verbe à l'infinitif. Il est encore assez jeune pour s'instruire. Je suis assez votre ami pour ne pas vous flatter. Il est trop franc pour vous tromper. Voyez plus bas un emploi semblable avec la conjonction que et le subjonctif.

POUR signifie aussi Moyennant un certain prix, en échange de. J'ai donné mon argenterie pour un diamant. Il a cédé sa voiture pour un morceau de pain. À cette vente, on avait des tableaux de maître pour rien.

En termes de Commerce et de Finance, Cinq pour cent, dix pour cent, cent pour cent, etc. Voyez CENT.

POUR signifie aussi À la place de, au lieu de, au nom de. Il répondit pour un tel à la sommation. Jouez pour moi. Ce mot s'emploie souvent pour tel autre. Pour le président, le secrétaire général.

POUR signifie aussi Comme, en qualité de, en guise de. Ils l'ont laissé pour mort sur la place. Tenez-moi pour un méchant homme si... Pour qui me prenez-vous? Prendre quelqu'un pour employé, pour domestique. Il l'a prise pour femme. On ne peut le connaître sans désirer l'avoir pour ami. On m'a pris pour dupe. Je tiens pour certain. J'ai pour principe. Je me le tiens pour dit. Il a pour lit une simple paillasse.

Être pour beaucoup, pour peu dans quelque chose, n'y être pour rien, Y avoir beaucoup de part, peu de part, n'en avoir point du tout. Il n'est pas pour peu dans cette affaire. Je suis pour beaucoup dans la résolution qu'il a prise. Qu'on dise de sa conduite ce qu'on voudra, je n'y suis pour rien.

POUR, devant Tout et un nom, marque qu'il n'y a pas autre chose. Pour toute récompense il eut des reproches. Pour toute réponse il reçut des coups et des injures.

POUR, précédé et suivi du même mot, marque la comparaison : Mourir pour mourir, il vaut mieux que ce soit en faisant son devoir. Ennui pour ennui, je préfère celui qui me profite. Danger pour danger, il faut choisir celui qui promet de la gloire; la correspondance : Traduire mot pour mot. Il mourut deux ans après, jour pour jour; l'action réciproque : Rendre amour pour amour. La loi du talion, chez les Juifs, consistait à perdre oeil pour oeil, dent pour dent, etc.

Il sert encore à mettre en balance, à opposer des contraires ou des valeurs différentes. Pour quelques bons combien de méchants. Pour un saint combien de réprouvés. Pour deux ennemis qu'il s'attendait à combattre il en trouva cent. Rendre le bien pour le mal.

Prov. et fam., Pour un de perdu, deux de retrouvés. Voyez PERDRE.

POUR, joint à une expression qui marque le temps, sert à indiquer la Durée. L'histoire est longue, il y en aurait pour deux heures. Il y en a pour trois ans avant que ce monument soit achevé. Je suis votre ami pour la vie. Je n'en ai que pour un moment.

Pour toujours, pour jamais, Pour un temps qui ne doit pas finir.

POUR sert aussi à indiquer l'Époque à laquelle une chose s'est faite ou se fera. Son bal était pour hier, est pour aujourd'hui. Ce sera pour demain, pour après-demain.

Joint à une expression qui marque le lieu, le but, il signifie À destination de. Il est parti pour Londres, pour Naples, pour la France.

En termes de Marine, devant France on supprime ordinairement l'article. Ce paquebot partira demain pour France.

POUR, au commencement d'une phrase ou d'un membre de phrase, signifie Quant à. Pour moi, je n'en ferai rien. Pour lui, je n'en réponds pas. Pour ce qui est de moi, soyez sans inquiétude. Pour ce qui est de vous, je suis certain que vous réussirez. Pour cela, pour ce qui est de cela, je le veux bien. Pour son affaire, pour ce qui est de son affaire, j'en aurai soin. Pour méchante, elle l'est.

POUR, suivi d'un infinitif, signifie Afin de, à l'effet de, en vue de, dans le dessein de. J'ai fait tout mon possible pour gagner son amitié. Je manque de termes pour exprimer ce que je sens. J'avais dit cela pour rire, et non pour vous fâcher. Pour ne vous rien déguiser. Pour ainsi dire. Pour vous parler net. Pour vous parler franc. Pour dire le vrai. Semer pour récolter. Je suis venu pour le complimenter. On l'a envoyé pour traiter de l'échange des prisonniers. On le cherche pour l'arrêter. Je me tais pour ne pas vous fatiguer.

Il signifie aussi Quoique, bien que. Il est bien ignorant pour avoir étudié si longtemps. Il est bien grand pour être si jeune. Pour être fêté partout, il n'en est pas plus fier.

Il signifie encore De quoi. Il y a ici pour contenter tous les goûts. Faire une si longue traite, c'est pour en mourir. Qu'allez-vous faire là? Il y en a pour périr d'ennui.

POUR, suivi d'un infinitif et précédé du verbe Être, signifie Être capable de, être de nature à. Ce petit incident n'a pas été pour me déplaire, Cette affaire n'est pas pour en rester là.

Être pour signifie aussi Être sur le point de. Il était pour partir.

POUR, joint au passé de l'infinitif des verbes, signifie Parce que. Il a été chassé pour avoir trop parlé. Il est malade pour avoir trop mangé, pour s'être livré à des excès.

POUR s'emploie encore avec beaucoup de verbes et leur fait prendre des significations très variées, qui sont des idiotismes. Prendre un homme pour un autre. Passer pour honnête homme. Etc. Voyez PRENDRE, PASSER, ETC.

POUR est aussi nom masculin. Soutenir le pour et le contre. Il y a du pour et du contre dans cette affaire.

POUR QUE, loc. conj., se construit avec le subjonctif et signifie Afin que, à l'effet de, en vue de. Je suis venu vous voir pour que nous parlions de nos affaires. Je désire que vous partiez promptement, pour que vous reveniez plus tôt.

Il s'emploie dans certaines phrases après les adverbes Assez et Trop. Vous m'avez rendu trop de services pour que je puisse jamais douter de votre amitié. Il m'a négligé trop longtemps pour que j'espère rien de lui. Il est assez de mes amis pour que je puisse compter sur lui en cette occasion.

POUR... QUE, loc. conj., Quelque... que, quoique. Pour grands que vous soyez. Il faut éviter de se faire un ennemi, pour petit qu'il soit. Pour bon que soit ce remède, il ne faut pas en abuser.

POUR PEU QUE, loc. conj. Quelque peu que, si peu que. Pour peu que vous lui en parliez, pour peu que vous en preniez soin, l'affaire réussira. Pour peu qu'on me fasse de difficultés, j'abandonnerai l'entreprise.

POUR LORS, loc. adv. Alors. Vous dites que cela arrivera; pour lors nous verrons ce qu'il y aura à faire. Il est vieux.

pour

Pour, Il vient de Pro, per metathesin seu transpositionem literae r.

Pour autant, c'est parce que, Propterea quod, Au 3. livre d'Amad. Pourquoy? respondirent-ils, Pourautant, dit la damoiselle, que nous desirons grandement vostre conduite.

Parle à Philotime, pour certain tu auras, etc. Cum Philotimo loquere, atque adeo Terentiam habebis.

Je te prie pour l'amour de Dieu, Per Deum te oro.

Il fait pour moy, Mecum facit.

Cela fait pour moy et me sert pour mon opinion, Hoc pro me est.

C'est pour cestuy-ci que je l'ay, Habeo huic.

Ce trouble est venu à cause ou pour l'amour de toy, Haec turba proter te facta est.

Craindre autant pour l'un que pour l'autre, In commune metuere.

Pour ma part, Pro mea parte.

Chacun pour sa part, Ex sua quisque parte.

Il a jugé pour toy, Secundum te decreuit.

Parler pour le defendeur, A reo dicere.

Il a jugé pour ceux là, Secundum ipsos iudicauit aut decreuit.

Tenir pour gens de bien, A bonorum causa stare.

Assez sçavant pour ce temps là, Temporibus illis satis eruditus.

¶ Pource, Idcirco, Ideo, Ob id, Ex hoc, Propter hanc causam, Propterea, quasi dicas, Pour ce, Propter hoc.

Pource on ne m'a voulu laisser entrer chez elle, Eo ad eam non admissa sum.

Personne n'aime douleur, pource que c'est douleur, Nemo dolorem, quia dolor sit, amat.

¶ Tenir pour fait, Pro facto habere.

Pour le plus, Vt multum, Summum, Ad summum, Plurimum.

Pour la plus grande partie, Ex parte maiore.

Ayans baillé un liard pour homme, Sextantibus collatis in capita.

Pour aujourd'huy, In hunc diem.

Pour quelque peu de temps, In paucos dies.

Engagé pour dix mines, Ob decem minas oppositus pignori.

¶ Pour neant et sans rien bailler, Gratis, quasi dicas, Pour neant, Pro nihilo.

Pourneant et sans cause, Inaniter, Nequicquam, Frustra.

¶ Pour une parole, Ob dictum.

Pour absouldre, Ob absoluendum.

Afin que tu entendes pour quelle cause et raison il vient à toy, Vt quid ad te veniat intelligas.

Il cerchoit occasion pour faire, etc. Aliquam causam quaerebat senex quamobrem aliquid insigne faceret.

J'iray au port pour sçavoir quand c'est qu'il retournera, Percontatum ibo ad portum, quoad se recipiat.

J'ay seul deslié le paquet pour sçavoir s'il n'y avoit point quelques lettres addressantes à moy, Solus solui fasciculum si quid ad me literarum.

Pour si petite chose, Tam ob paruulam rem.

Pour laquelle chose j'en sçay meilleur gré à Pamphile, Quo aequior sum Pamphilo.

Cela ne se fait pas pour raison que tu faces ton devoir, Illud non fit ex vera vita.

Pour ceste raison, etc. Ab re interregnum appellatum.

Pour ceste cause, Propterea.

Pour l'amour, ou à cause de l'amour qui est entre nous deux, Pro amore mutuo.

Pour le faire court, Ne multa.

Pour dire vray, Vt vere dicam.

Pour dire la verité, Et quod dicendum nunc siet.

On ne la sçauroit bailler en mariage pour vierge, Pro virgine nuptum dari non potest.

Tenir l'alliance pour rompue, Pro rupto foedus habere.

S'en servir pour chambriere, Pro ancilla habere.

pour


POUR, prép. Cette préposition sert à marquer, ou la fin et l'objet qu'on se propôse dans ce qu'on fait: travailler pour le bien public; étudier pour son instruction; ou le motif et la caûse qui fait agir: Dieu a tout fait pour sa gloire: doner l'aumône pour l'amour de Dieu; ou, l'usage auquel une chôse est destinée: fonder un Hopital pour les malades: il a tant à dépenser pour sa table; ou, à quoi une chôse est propre: cheval bon pour le carrosse. = Il est quelquefois oposé à contre, et il a le sens de en sa faveur: "Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? = Quelquefois aussi, il a le sens de, eu égard, par raport à: "La cour est trop petite pour la maison. = Il sert à marquer échange: doner l'un pour l'aûtre. = Il a le sens d'au lieu, en la place de: "J'y irai pour vous: il sert pour moi; ou de, comme, de même que: "Je vous done pour sûr: je le paye pour bon; ou de, en qualité de: "Il l'a pris pour laquais; ou de, à caûse de: "On l'a puni pour ses crimes, ou de, quant à: "Pour moi je dis, etc. "Pour moi je ne m'en mets pas en peine: "Pour les étrangers, il les recevoit avec bonté. Télém. — * Marivaux faisant parler un paysan, fait régir à pour la prép. à: "Pour à de l'argent, j'y rêve comme au Mogol. On dirait, en voulant parler correctement: "Pour ce qui est de l'argent, je n'y pense pas plus qu'au grand Mogol. = Pour s'unit mieux à ces quatre prépositions, aprês, dans, devant, derrière: "Ce sera pour aprês le dîner; pour dans quinze jours: celui-ci est destiné pour devant la porte; cela est pour derrière le lit, etc. = Il s'associe aussi avec beaucoup, peu, rien, jusque, quand: "Pour lors, les Soldats étoient pour beaucoup (dans un combat naval), et les gens de l'art (les Marins) pour peu. À~ présent les Soldats sont pour rien, ou pour peu; et les gens de l'art pour beaucoup. "Le Roi est à Marli pour jusqu'à samedi. Mde de Coul. "M. de Langlée gardez ces familiarités pour quand vous jouerez avec le Roi. Sév. Bon mot du Comte de Grammont. — Pour lors: alors. "Pour lors nous verrons ce qu'il y aura à faire. = Joint à un verbe, il régit l'infinitif, ou que avec le subjonctif: "Il fait cela pour avoir de l'argent. "Pressez-vous pour que vous reveniez plutôt. Il signifie alors afin que. * Quelques-uns même les joignent ensemble, et disent: pour afin que vous reveniez plutôt. C'est un barbarisme grossier.
   Rem. Pour ne doit régir l'infinitif que lorsque cet infinitif se raporte au sujet de la phrâse, au nominatif du verbe précédent. Aûtrement il faut se servir de que avec le subjonctif.
   Elle a, pour le blâmer, une trop juste cause.
       Corn.
  Je venois te chercher pour servir mon amour.
      Mol.
Il faut, du moins en prôse, dire, pour qu'on la blâme; pour que tu serves. = D'Olivet reprend la même faute dans Racine:
   Qu'ai-je fait, pour venir accabler, en ces lieux,
   Un héros, sur qui seul j'ai pu jeter les yeux?
Qu'ai-je fait, dit Axiane, pour que vous veniez, vous Alexandre, acabler, etc. Il ne s'agit pas de savoir si pour que ferait ici un bon éfet: il s'agit seulement de faire sentir l'équivoque, qui est dans la phrâse de Racine, où l'on croit que ces mots, pour venir, regardent la persone qui dit, qu' ai-je fait? D'OLIV. = M. Racine le Fils dit sur cette Remarque, que pour venir est une ellipse; et qu'on doit aprouver en vers tout ce qui contribûe à~ la vivacité, sans nuire à la clarté. On pourrait grandement abuser de cette dernière maxime. Il est beaucoup d'expressions, qui contribuent à~ la vivacité, sans nuire à la clarté, et qui ont un air sauvage, parce que l'usage n'y a pas acoutumé. Dailleurs, três-souvent ce faux raport du verbe régi au sujet de la phrâse, y jète non-seulement de l'obscurité, mais de l'équivoque et un contre-sens. Quand M. l'Ab. Millot dit, dans un de ses Discours Académiques: "Le Créateur se fait sentir à l' intelligence humaine, pour lui rendre hommage, il semble que c' est le Créateur, qui veuille rendre hommage à sa créature. S'il avait dit: pour qu'elle lui rende hommage, il n'y aurait eu ni contre-sens, ni équivoque. = Pour que, aprês assez et trop, ne date que du tems de Vaugelas; et Bouhours dans ses Remarques Nouvelles, ne l'admet que pour la conversation; mais depuis on l'a dit et on l'a écrit sans dificulté. "Il est assez riche pour que cette dépense ne puisse l'incomoder; il est trop puissant pour qu'on puisse l'ofenser impunément. "Je ne suis pas assez heureux; ou, je suis trop malheureux pour qu'un tel bonheur m'arrive. = Pour avec l'infinitif, se met quelquefois au lieu de parce que. "Vertus, qui commençoient à se faire remarquer, pour n'être plus si communes parmi les Romains. Révol. Rom. C. à. d. parce qu'elles n'étaient plus si communes.
   POUR demande le même ordre dans la construction de son régime actif et de son régime passif, c. à. d. du mot qui le régit, et de celui qu'il régit lui-même. Si le premier verbe est à l'actif, le second ne doit pas être au passif. On dira: je vous cherchais pour vous mener au concert, et non pas pour être mené, si c'est moi qui vous dois mener; et si c'est vous qui devez me mener, on dira: pour que vous me meniez. Il faut dire, au contraire: je fus poursuivi tout le jour pour être présenté à cette assemblée, et non pas pour me présenter. Cette remarque paraitra peu nécessaire, tant cette construction semble naturelle. Cependant, plusieurs en emploient une toute contraire. Fleury a dit, par exemple: "St. Athanase étoit alors dans le désert, persécuté et cherché pour le faire périr. H. Écl. Il falait, persécuté par de cruels énemis, qui le cherchaient pour le faire périr. = On peut faire la même observation sur pour, régi par le v. être, impersonel. "Montesquieu avoit déjà doné le Temple de Gnide, dit M. l'Ab. de Fontenai; et il seroit fâcheux pour lui de ne l'avoir pas fait. — Je voudrais dire, qu' il ne l'eût pas fait. = Quand pour régit l'infinitif, il ne doit pas en être trop séparé, et tout au plus, doit-il y avoir, entre deux, une ou deux particules, comme, pour y venir, pour en partir, pour de là passer, etc. Mais, dire, comme font certains: "Je suis venu de bone heure, pour, après avoir resté une heure avec vous, aller en tel endroit; et comme Corneille:
   Pour de ce grand hymen renverser les projets.
C'est employer une construction vicieûse. = Autrefois on ne faisait pas dificulté de mettre un adverbe entre pour et son régime. Bossuet fournit plus d'un exemple de cette construction. "Pour maintenir revenir à la confession d'Ausbourg: pour enfin s'oposer à ces désordres: pour ensuite l' embarrasser davantage.
Cette manière de construire la phrâse serait désaprouvée aujourd'hui. On mettrait l'adverbe aprês l'infinitif: pour revenir maintenant, etc.
   POUR s'unit quelquefois à des noms qu'on redouble, et se place entre deux: prix pour prix. "Dangers pour dangers. Il valait mieux que je me livrasse à ceux du lieu, où l'on me destinoit, qu'à d'autres où je périrois peut-être sans aucun fruit. Let. Édif.
   POUR s'unit aussi aux adjectifs et aux participes, dans le sens de quelque que, avec le subjonctif: "pour aimable qu'il puisse être, pour protégé qu'il soit; ou de quoique avec l'infinitif. "Pour être fété par-tout, il n'en est pas plus fier: "O céleste justice, tes vengeances, pour être lentes et tardives, n'en sont que plus terribles. Jér. Dél. C' est-à-dire, quoiqu'il soit fété, quoiqu' elles soient lentes, etc. = La Touche trouve la première manière vicieûse, et il dit que les persones qui ont quelque goût pour la langue ne peuvent soufrir ces phrâses: pour riche qu'on soit, pour belle qu'elle soit. Je doute que cela fût vrai de son tems (au comencement du siècle); mais aujourd'hui ces locutions sont aprouvées de tout le monde.
   Pour peu que régit le subjonctif: pour peu que vous le pressiez, il viendra.
   Pour est quelquefois employé seul et sans régime, quand il est oposé à contre: être pour, être contre.
   Il faut cacher sa marche et faire belle montre,
   Paroître qu'on est pour, tandis que l'on est contre.
       DUCERC.
  POUR entre dans quelques locutions, dont l'usage est douteux ou suranné. N'être pas pour faire, n'être pas capable de, ou n'être pas disposé à: "De pareils engagemens n'étoient pas pour arrêter un coeur ambitieux. "Il n'était pas pour en demeurer là. = Faire pour quelqu'un, lui être favorable: "La preuve qu'il aporte fait pour moi: elle confirme ma proposition. = En pour, en récompense, en dédomagement: "Il va le matin à l'Église; mais en pour, il va le soir à la Comédie. * Pour ce, à cause de cela, et pour ce que, parce que, sont de vieilles locutions. La seconde aurait été bone à conserver dans les ocasions, où pour ce que exprimerait mieux que par ce que le motif, qui fait parler ou agir.
   POUR, répété deux fois dans une phrâse, avec diférens régimes, ne fait pas~ un bon éfet: je suis venu pour préparer pour vous, etc. Il faut se servir alors d'afin de: "Je suis venu afin de préparer pour vous, etc. = Mais si le régime est le même, on peut le répéter, et même élégamment: "Je suis venu, pour voir, pour examiner, pour tout disposer. "J'ai tout préparé pour vous, pour votre frère, etc.

Synonymes et Contraires

pour

préposition pour
1.  Indique le moment.
2.  Indique le but.
3.  Désigne ce dont on prend la défense.
4.  Désigne l'objet d'un sentiment.
5.  Désigne ce dont il est question.
6.  Indique la substitution.
Traductions

pour

für, um, um zu, zu, an, auf, auf … zu, bei, gegen, in, nach, nach … hin, einig, erbieten, roboten, Schmiere stehen, verstehen, damitfor, in order to, to, per, in one's favour, a, at, pro, toward, towards, sovoor, naar, om, tegen, omte, per, teneindete, (het) voor, als, bij wijze van, om te, vanwege, wat betreft, wegens, pro, aan, bij, op, ten behoeve van, tot, zodatבעבור (מ יחס), בעד (מ יחס), בשביל (מ יחס), לשם (מ יחס), עבור (מ יחס), על מנת, בְּעַד, לְשֵׁםaan, na, na … toe, om te, toe, vira, cap a, per a, versaby, do, místo, na, profor, til, på, såal, pora, para, por, a fin de, hacia, de manera quevarten, -lle, jollekin, jotta, jtkn vartenuntuktila, per, pro, perciòtil, , for, slik (at)dla, do, aby, ku, takpara, a, a fim de, para que, portantocătre, la, spreк, в, на, для, поэтомуför, till, på, åt, såiliγια, υπέρ, προς, ώστεإِلَى, لِ, لأَجْل, وَهَكَذَاkako, prema, za・・・するために, ・・・に, ・・・のために, ・・・のための...으로, ...을 위하여, ~을 위해, 그래서เพื่อ, เพื่อ ให้แก่, เพื่อว่า, ไปถึง, ไว้สำหรับiçin, oraya, orada, öyle kicho, dành cho, được dùng để, tới, vì vậy为…, 为了, 为了…, , 同样за (puʀ)
préposition
1. destiné à, en faveur de une lettre pour qqn un livre pour enfants être mauvais pour la santé voter pour qqn
être favorable à qqn, qqch Je suis pour ce candidat. Il est pour.
2. comme avoir pour ami prendre qqn pour un idiot
3. à la place de signer un papier pour qqn
4. par rapport à, concernant enfant grand pour son âge
5. vers, en direction de partir pour Paris
6. pendant partir pour les vacances
7. à cause de être puni pour ses crimes remercier qqn pour qqch
8. en échange de acheter qqch pour 50 euros
9. afin de avec l'inf. tout faire pour réussir
afin que avec le subj. J'ai tout fait pour qu'il vienne.

pour

[puʀ]
prép
(destination, finalité) → for
C'est un cadeau pour toi → It's a present for you.
Qu'est-ce que tu veux pour ton petit déjeuner? → What would you like for breakfast?
pour faire qch → to do sth, in order to do sth
Je lui ai téléphoné pour l'inviter → I phoned him to invite him.
J'ai ajouté une cornière pour consolider l'ensemble → I added a bracket to make it all a bit stronger.
pour aller à Strasbourg, s'il vous plaît? → which way is it to Strasbourg, please?
pour que → so that
Je lui ai prêté mon pull pour qu'elle n'ait pas froid → I lent her my jumper so that she wouldn't be cold.
y être pour quelque chose → to have something to do with it
(point de vue) pour moi (= à mon avis) → in my view (= pour ma part) → for my part, personally
Pour moi, il ne dit pas toute la vérité → In my view he's not telling the whole truth.
Pour moi, je vais dorénavant être plus prudent → For my part, I shall be more cautious from now on.
pour ce qui est de → as for
(cause) → for
On l'a mis en prison pour un délit mineur → He was jailed for a minor offence.
pour avoir fait → for having done
Il a été critiqué pour avoir posé sa candidature → He was criticized for applying.
(concession) pour riche que ... → rich though ...
pour riche qu'il soit → rich though he may be
(proportion) pour cent → per cent
un taux de 2 pour mille → a rate of 2 per thousand
(contrepartie) pour 100 euros de ... → 100 euros' worth of ...
Donnez-moi pour 20 euros d'essence → Give me 20 euros' worth of petrol.
nm (= avantage) le pour et le contre → the pros and cons