pourceau

(Mot repris de pourceaux)

pourceau

n.m. [ lat. porcellus, de porcus, porc ]
Litt. Porc ; porcelet.

POURCEAU

(pour-sô) s. m.
Porc, cochon.
Le pourceau est aussi impur, parce que, quo iqu'il ait la corne fendue, il ne rumine point [SACI, Bible, Lévit. XI, 7]
Dom pourceau criait en chemin, Comme s'il avait eu cent bouchers à ses trousses [LA FONT., Fabl. VIII, 12]
Fig. Semer des perles devant les pourceaux, présenter des objets, dire des choses à quelqu'un qui n'en sent pas le prix, la délicatesse.
Ne jetez point vos perles devant les pourceaux [SACI, Bible, Évang. St Math. VII, 6]
On a dit de même : donner des fleurs aux pourceaux.
Faire là des serments si beaux, C'est donner des fleurs aux pourceaux [SCARRON, Virg. VI]
Le pourceau de saint Antoine, cochon que les peintres représentent ordinairement près de ce saint ; parce qu'on prétend que dans sa solitude le diable le troublait souvent sous cette forme. C'est le pourceau de saint Antoine, se dit d'un homme qui se fourre partout pour boire et pour manger. Fig. C'est une vraie étable à pourceau, se dit d'une maison malpropre. Fig. C'est un vrai pourceau, se dit d'un homme qui met son unique plaisir à manger. Fig. Un pourceau d'Épicure, un pourceau du troupeau d'Épicure, un homme plongé uniquement dans les jouissances des sens (expression qui vient d'Horace, mais qui cependant ne s'applique qu'à ceux qui interprétaient mal la doctrine du philosophe grec).
Pourceau de mer, espèce de dauphin nommé aussi marsouin.
Pourceau ferré, le hérisson d'Europe.

REMARQUE

  • Le sens étymologique de pourceau est jeune porc ; mais, en fait, ce sens a tout à fait disparu. Pourceau ne se dit que dans quelques locutions particulières ; mais, quand on parle de l'animal, c'est toujours porc, porc frais, porc salé, un troupeau de porcs ou de cochons et non de pourceaux.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Ces bourgeois [ils] ocioient com se fuisent porcel [, Sax. IX]
  • XIIIe s.
    Pourcel ne doivent en nule saison estre soufert en prés [BEAUMANOIR, LII, 5]
    Cil perderoit bien ses joiaux, Qui les jetroit entre porciaus, Fabliaux [BARBAZAN, I, 75]
  • XVIe s.
    Nul ne peut donner des tripes, sinon celuy qui tue son porceau [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 197]
    Le proverbe ancien monstre bien le malheur où nous sommes, quand il dit : un avocat en une ville, un noyer en une vigne, un pourceau dans un bled, une taupe en un pré, un sergent en un bourg, c'est pour achever de gaster tout [BOUCHET, Serées, liv. I, p. 377, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, poursai, poursia ; picard, porchieu ; prov. porcelh, porcel ; espagn. porcel ; ital. porcello ; du lat. porcellus, diminutif de porcus, porc.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    POURCEAU. Ajoutez :
    Petit pourceau ou petit sphinx de vigne, sphinx porcellus, papillon crépusculaire qui n'est pas rare.

pourceau

POURCEAU. n. m. Porc, cochon. Engraisser, tuer des pourceaux. Étable à pourceaux, Marchand de pourceaux. Langueyer des pourceaux.

Fig., Jeter des perles devant les pourceaux, Montrer, présenter à quelqu'un des choses dont il ne connaît pas le prix; ou Lui dire quelque chose dont il ne sent pas la délicatesse, la finesse.

Fig. et fam., C'est une étable à pourceaux, se dit d'une Maison malpropre. C'est un pourceau, se dit d'un Homme qui mange gloutonnement et malproprement.

Fig., Un pourceau du troupeau d'Épicure, Un voluptueux, un homme plongé dans les plaisirs des sens.

Pourceau de mer, Nom vulgaire du Marsouin.

pourceau

Pourceau, cerchez Porc.

pourceau


POURCEAU, s. m. [Pourso: 2e dout. Elle est longue au plur. pourceaux.] C'est la même chôse que porc et cochon. Voyez ces deux mots. = On dit, d'une maison mal-propre que, c'est une vraie étable à pourceaux; et d'un homme, qui met son unique plaisir à manger, que c'est un vrai pourceau. = Jeter des fleurs ou des perles aux pourceaux (l'Acad. dit, des marguérites: c'est, ce me semble un latinisme et une vieille locution) parler de chôses savantes devant les ignorans.
   Faire là des sermons si beaux,
   C'est jeter des fleurs aux pourceaux.
       Scarron.
Cette locution proverbiale est tirée de l'Évangile.

Traductions