pourpenser

(Mot repris de pourpensez)

POURPENSER

(pour-pan-sé) v. a.
Méditer longuement ; penser mûrement à un but donné.
Le maréchal de Choiseul prit l'unique parti qui sauvait tous les inconvénients : il les avait de longue main pourpensés et s'y était préparé [SAINT-SIMON, 40, 213]
Je ne cessais de pourpenser à part moi, quels pouvaient être les moyens d'émousser dans ce prince tant de pointes hérissées [ID., 270, 143]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    De aweit [aguet] prepensed [, Lois de Guill. 1]
  • XIIe s.
    Reis, purpense te mielz, ne creire lur conseil, Mult sunt faus li prelat.... [, Th. le mart. p. 29]
  • XIIIe s.
    Lors se pourpenserent d'un mout grant engien [VILLEH., LXXV]
  • XVe s.
    Ceux qui la trahison avoient pourpensée [FROISS., II, II, 231]
  • XVIe s.
    Ayant charge de faire sa harangue au pape, et l'ayant de longue main pourpensée [MONT., I, 40]
    La moins pourpensée mort est la plus heureuse [ID., IV, 214]
    Qui veut parler doit bien pourpenser [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Pour, et penser.

pourpenser

Pourpenser, neutr. acut. Est composé de Pour et Penser (voyez Pourparlé) Et est plus que penser: Car il signifie ratiociner et discourir en soy-mesme sur quelque affaire, Pensitare, multum diuque animo agitare. Le Grec le dit en un mot sunnoéin. Comme il pourpensa comme il feroit sa demande. Agitauit animo, quomodo petitionem institueret. Le François y prepose quelquesfois ce pronom relatif, Se. Nicole Gilles en la vie du Roy Hlotaire, parlant de Brunehaut, Se pourpensa comme elle se pourroit venger.

Langage meur et bien pourpensé, Bene coctus et conditus sermo.

Conseils bien pourpensez, Consilia euigilata.

pourpenser


*POURPENSER, v. neut. Ce mot est dans le Richelet. On dit seulement qu'il est un peu vieux, et ne se dit qu'en riant. "Il faut un peu pourpenser à cela. = Ce mot est aujourd'hui entièrement hors d'usage.