pourpoint

(Mot repris de pourpoints)
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pourpoint

n.m. [ de l'anc. fr. pourpoindre, piquer ]
Anc. Vêtement ajusté d'homme, qui couvrait le corps du cou à la ceinture.

POURPOINT

(pour-poin ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des pourpoin-z élégants) s. m.
Nom qu'on donnait autrefois à l'habit français qui a précédé les justeaucorps, et qui couvrait le corps depuis le cou jusqu'à la ceinture.
Un bon pourpoint bien long et fermé comme il faut, Qui pour bien digérer tienne l'estomac chaud [MOL., Éc. des mar. I, 1]
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés, Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez, Quand la capacité de son esprit se hausse à connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse [ID., Femm. sav. II, 7]
Tous les usages de la vie civile [au XVIe siècle] différaient des nôtres ; le pourpoint et le petit manteau étaient devenus l'habit de toutes les cours [VOLT., Mœurs, 121]
On raconte de Pétrarque que, dans ses promenades solitaires, il écrivait sur son pourpoint de peau les vers qu'il composait [MONGEZ, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. IV, p. 275]
Se mettre en pourpoint, se disposer pour se battre.
Philandre : Ce blasphème à tout autre aurait coûté la vie. - Tircis : Nous tomberons d'accord sans nous mettre en pourpoint [CORN., Mél. I, 5]
Mettre un homme en pourpoint, le dépouiller de son manteau, et fig. le ruiner.
.... Il aime la France et ne souffrirait point.... qu'on la mît en pourpoint [RÉGN., Sat. X]
Tirer un coup à brûle-pourpoint, tirer à bout portant ou de très près.
Et [l'Amour] la tire à brûle-pourpoint D'un petit arc qu'on ne voit point [SCARR., Virg. I]
Fig. Tirer sur quelqu'un à brûle-pourpoint, lui dire quelque chose à brûle-pourpoint, lui dire en face quelque chose de dur, de désobligeant.
Mais les coups éloignés ne vous émeuvent point ; Il faut vous les tirer plus à brûle-pourpoint [BOURS., Ésope à la cour, IV, 2]
Ce qu'il vous dit là est à brûle-pourpoint, c'est-à-dire est trop dur, trop grossier pour être dit en face. Il y va à brûle-pourpoint, c'est-à-dire il agit sans ménagement, sans détours. Il y a un sot dans son pourpoint, c'est-à-dire c'est un sot. Fig.
Ma pauvreté est fière ; je n'ai qu'un méchant pourpoint, mais je n'y veux point de taches [DUCIS, Corresp. 11 oct. 1813]
Un pourpoint de pierre, la prison.
Il ne sera pas bien à Lyon, de peur d'un pourpoint de pierre de taille en Pierre-Ancise [GUI PATIN, Lettres, t. II, p. 495]
Fig. Le moule du pourpoint, le corps. Sauver le moule du pourpoint, sauver son corps, sa personne. On dit de même : le contenu du pourpoint.
Le dévouement est grand à la personne d'un maître ; c'est à la personne qu'on se dévoue, au corps, au contenu du pourpoint [P. L. COUR., Simple disc.]
Il y a laissé le moule du pourpoint, de son pourpoint, se dit d'un homme qui a été tué en quelque occasion.
Pourpoint de sental, cotte d'armes en taffetas, rembourrée, qui se portait sous l'armure, dans le moyen âge.
Il s'est dit d'un morceau d'un lapin, d'un lièvre.
M. de Chevreuse se hâtait de manger quelque pourpoint de lapin, quelque grillade, enfin ce qui avait le moins de suc [SAINT-SIMON, 336, 156]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Qui lor veïst d'une part et d'autre haubiers roller.... pourpoins et quiries et escus enarmer [, Chr. de Rains, p. 76]
  • XIVe s.
    Pour la façon de certains pourpoints et joyaux qu'il fit faire pour le roy, pour son voyage de Saint-Omer, où le roy d'Angleterre devoit estre en personne [DE LABORDE, Émaux, p. 473]
  • XVe s.
    Ma peine pers comme fait maint.... Je sens où mon pourpoint m'estraint [CH. D'ORL., Rondeau.]
    Il avoit si tres-grand haste de bien fournir son pourpoint [de manger], qu'il ne disoit mot [LOUIS XI, Nouv. LXXXIII]
  • XVIe s.
    Ce lourd grossissement de pourpoincts, qui nous faict touts aultres que nous ne sommes [MONT., I, 338]

ÉTYMOLOGIE

  • Part. passé pris substantivement de l'anc. verbe pourpoindre, de pour et poindre : poindre, piquer à travers (le pourpoint étant piqué, brodé) ; bourg. porpoint, prepoint ; provenç. perpong, perpoing, perponh ; espagn. perpunte.

pourpoint

POURPOINT. n. m. Partie de l'ancien habillement français qui couvrait le corps depuis le cou jusqu'au-dessous de la ceinture. Collet, manches, basques de pourpoint. Pourpoint de satin. Boutonner un pourpoint. Se mettre en pourpoint. Pourpoint tailladé.

Tirer un coup à brûle-pourpoint, Le tirer à bout portant ou de très près.

À brûle-pourpoint s'emploie aussi figurément tomme locution adverbiale. Voyez BRÛLE-POURPOINT.

pourpoint


POURPOINT, s. m. [Pour-poein: 2e lon.] Ancien habillement français, qui ne couvrait le corps que depuis le cou jusqu'à la ceintûre. = On apèle, proverbialement, le corps, le moule du pourpoint.
   De plus hupés que vous, pour ne vous flater point,
   Y laissent, bien souvent, le moule du pourpoint.
       Ducerc.
À~ brûle pourpoint, adv. Au propre, à bout portant. "Tirer un coup à brûle pourpoint. Au figuré, st. famil. crûment, grossièrement, sans ménagement. "Il le lui a reproché à brûle pourpoint. = On dit d'un homme qui devient grôs et grâs, qu'il commence à remplir son pourpoint; et de celui qui a fait un bon repâs, qu'il a bien rempli son pourpoint; et, populairement, d'un homme qu'on a mis en prison, qu'on lui a doné un pourpoint de pierre de tâille.

Traductions

pourpoint

камзол