pourri, ie

POURRI, IE

(pou-ri, rie) part. passé de pourrir
Qui a pourri. Un corps pourri.
Allons fouler aux pieds ce foudre ridicule Dont arme un bois pourri ce peuple trop crédule [CORN., Poly. II, 6]
Ses ais demi-pourris [du lutrin], que l'âge a relâchés, Sont à coups de maillet unis et rapprochés [BOILEAU, Lutr. III]
Le bois mort, altéré sur la terre de différentes manières, et connu sous le nom de bois pourri, est un des plus singuliers résultats de la décomposition putride des végétaux [FOURCROY, Connaiss. chim. t. VIII, p. 223, dans POUGENS]
Fig.
Je ne vois rien en vous qu'un lâche, un imposteur.... Et d'un tronc fort illustre une branche pourrie [BOILEAU, Sat. v.]
Pot pourri, voy. POT, n° 10. Fig. C'est une planche pourrie, se dit d'une personne sur qui on ne peut compter. S'appuyer, se fixer sur une planche pourrie, s'assurer sur une chose incertaine, sur des espérances mal fondées, sur une personne qui peut manquer. S. m. Le pourri, ce qui est pourri. Ce fromage sent le pourri. Ôter le pourri d'une pomme.
Il se dit des parties du corps attaquées de gangrène ou d'ulcération.
Les remèdes que l'on applique n'ont point assez de puissance pour enlever le mal : que sert-il de tailler le doigt si le bras est pourri ? [POUSSIN, Lett. 16 août 1648]
Il [Vivonne] est mort en un moment, dans un profond sommeil.... et, entre nous, aussi pourri de l'âme que du corps [SÉV., à Bussy, 21 sept. 1688]
Un homme pourri d'ulcères, un homme rongé d'ulcères, et, absolument, un homme pourri, homme atteint profondément de maux syphilitiques ou scrofuleux.
Fig. Se dit des choses morales.
La sagesse des scribes sera corrompue et pourrie [PASC., Passages omis, proph. éd. FAUGÈRE.]
C'est un membre pourri, c'est un homme dangereux, ou qui est une cause de déshonneur. Cœur pourri, homme bas et corrompu. Substantivement, les pourris, s'est dit, dans la Révolution française, de membres du parti de Danton.
Bourg pourri, voy. BOURG.
Un temps pourri, un temps humide et malsain.
Se dit d'un filon composé d'argile qui provient de la décomposition sur place des roches qui le remplissaient.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Le garder [un troupeau de moutons] du pourry et de la clavelée, De charme, de venin et d'herbe ensorcelée [R. BELLEAU, Bergeries, t. I, p. 109]