préparé, ée

PRÉPARÉ, ÉE

(pre-pa-ré, rée) part. passé de préparer
Disposé.
J'ai vu tendre aux enfants une gorge assurée à la sanglante mort qu'ils voyaient préparée [ROTROU, St Genest, II, 7]
Et quoique le bûcher soit déjà préparé, Le nom de la victime est encore ignoré [RAC., Iph. IV, 1]
C'est une terre bien préparée qui n'attend que le grain pour rapporter [J. J. ROUSS., Ém. I]
Il se dit de choses non matérielles.
Ils [les rois] veulent des plaisirs qui ne se fassent point attendre, et les moins préparés leur sont les plus agréables [MOL., Impromptu, I]
Dont on assure l'effet par certaines précautions.
Que dès les premiers vers l'action préparée Sans peine du sujet aplanisse l'entrée [BOILEAU, Art p. III]
... Ce passage heureux et si peu préparé Du rang le plus abject à ce premier degré [VOLT., Oreste, II, 4]
Mis en la disposition convenable, en parlant des personnes.
Ils ne sont pas toujours assez bien préparés pour dire la messe [PASC., Prov. VI]
Cette éloquence, la seule propre à persuader tout à des esprits préparés [VOLT., Louis XIV, 38]
M. de Linné, préparé depuis longtemps à la mort par l'affaiblissement de ses organes [CONDORCET, Linné.]
Bien préparés contre l'admiration, ils allèrent entendre Fléchier, et se virent forcés d'avouer qu'il était vainqueur [D'ALEMB., Éloges, Fléchier.]
Il se dit, dans le même sens, de certains organes.
Que le soleil vienne éclairer tout à coup les habitants d'une caverne obscure, qu'il darde impétueusement ses rayons dans leurs yeux non préparés, il ne fera que les aveugler pour jamais [D'ALEMB., Réflex. sur la poés. Œuv. t. IV, p. 128, dans POUGENS.]
Qui a médité sur quelque sujet.
Sur ce sujet, sans être préparé, Il triomphait [LA FONT., Jum.]
Vous êtes préparé, vous, sur ces matières-là ; vous avez beau jeu contre nous, quand il s'agit des arts et de la littérature [P. L. COUR., Convers. chez la comt. d'Albany.]