prétérit

(Mot repris de prétérits)

prétérit

[ preterit] n.m. [ du lat. praeteritum, passé ]
En grammaire, forme verbale exprimant le passé : Le prétérit de l'anglais correspond à l'imparfait et au passé simple du français.

PRÉTÉRIT

(pré-té-ri ; d'après l'Académie on prononce un peu le t ; mais ne pas le prononcer du tout est plus usuel ; le t se lie : un pré-té-ri-t irrégulier ; au pluriel, l's se lie : des pré-té-ri-z irréguliers) s. m.
Terme de grammaire. Temps passé.
Dans les narrations historiques, on peut passer avec grâce du prétérit au présent [, Acad. Observ. sur Vaugel. p. 450, dans POUGENS]
Ce qui passe a été et sera, et passe du prétérit au futur par un présent imperceptible [FÉN., Exist. II, 2, Éternité.]
Prétérit imparfait (je lisais). Prétérit défini ou prétérit simple (je lus). Prétérit indéfini (j'ai lu). Prétérit antérieur (j'eus lu).

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Il n'entendi pas la raison Des presens ne des preteriz [, Bat. des sept arts]
    malement l'a deceüe Jonesce, qui tout a gite Son preterit en vanité [, la Rose, 4550]
  • XVIe s.
    La cause absente et le temps preterit [PARÉ, IX, 8]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. preterit ; espagn. et ital. preterito, du lat. praeteritum, de praeter, au delà, et itum, supin de ire, aller (voy. IRAI (J')).

prétérit

PRÉTÉRIT. (On prononce le T final.) n. m. T. de Grammaire. Il se disait des Temps passés et ne se dit plus guère aujourd'hui que du Passé simple.

preterit

Preterit, Praeteritus.

prétérit


PRÉTÉRIT, s. m. [1re et 2e é fer.] Terme de Gramaire. Inflexion du verbe, par laquelle on marque le tems pâssé. = Il y a dans les verbes quatre tems, apelés prétérits. Le prétérit simple ou défini, que plusieurs apèlent aoriste, marque une chôse pâssée dans un tems dont il ne reste plus rien, et dans lequel on n'est plus: je fus malade l'année pâssée. Je reçus votre lettre hier. = Le prétérit indéfini marque une chôse pâssée dans un tems, que l'on ne désigne point; ou dans un tems désigné, dont il reste encôre quelque partie à écouler. Exemple du premier: il a pâssé par Rome: il est venu de Paris. Je ne désigne point le tems. Exemple du second: je suis venu ce matin: j'ai été malade cette semaine. Je désigne un tems qui n'est pas entièrement écoulé. = * Plusieurs, parmi les étrangers, parmi les Créoles et même parmi les Auteurs, confondent ces deux prétérits; et cette confusion met de l'équivoque dans le discours, outre qu'elle est contre les règles. Le P. Barre tombe habituellement dans cette faûte, qui est grossière. Il dit de Louis de Bavière, mort en 1347: "La manière dont il est mort, pour la manière dont il mourut. "Gunther, qui a disputé l'empire à Charles IV, au lieu de dire, qui disputa. — Bossuet dit aussi, en parlant des Vaudois: "L'Abé de Fontcaud, qui en a vu les comencemens, en marque l'élévation. Le prétérit indéfini est là bien mal employé, parce que le tems dont parle Bossuet, est écoulé depuis long-tems. Il faut, dans des phrâses pareilles, se servir du plusque parfait. "L'Abé de Fontcaud, qui en avait vu les comencemens, en a marqué l'élévation. — Cet illustre Auteur dit âilleurs: le seul Childebert s'échapa, et l'on ne sait ce qu'il est devenu: on dit qu'il pardona à~ Mérovée, mais depuis on n'a plus entendu parler de lui. Dans cette phrâse, Bossuet est inconséquent; car la raison qui lui fait dire, s'échapa et pardona, aurait dû lui faire dire aussi: on ne sait ce qu'il devint, on n'entendit plus parler de lui. Que si l'Auteur veut dire que l'histoire n'en parle plus, aprês cette époque, il est toujours vrai de dire qu'il s'est mal exprimé, et qu'on ne dit point d' un Prince mort, il y a mille ans pâssés, qu'on ne sait ce qu'il est devenu, qu'on n'a plus entendu parler de lui. = Citons encôre Leibnitz, Duclos et Velly: "C'est de ce pays que les Français ont fait (firent) depuis des courses dans les provinces romaines. Leibn. Il parle du 3e siècle. "Il ne pouvait pas être question du mariage du Comte de Charolois avec la Princesse d'Angleterre, quoiqu'il l'ait épousée (l'épousa) dans la suite. Duclos. Hist. de Louis XI. "Le Roi a souvent dit depuis, que si les Princes se fussent emparés de Paris, il ne lui restoit d'aûtre ressource que de passer en Suisse ou à Milan. Id. Ibid. Ne semble-t' il pas que l'Auteur parle du Roi régnant. "C'est de ce mariage qu'est né le Grand Clovis. Velly. Dites, que naquit. = Cette faûte est comune dans nos Îles Françaises de l'Amérique, où en racontant une histoire anciène, on dit, il est alé, il est venu, il a dit, comme si la chôse s'était pâssée le jour même; et où l'on dit au contraire, je fis ce matin, je dis cette semaine, au lieu de, j'ai fait, j'ai dit. = L'Acad. reprit aûtrefois cette faûte dans Corneille.
   Quand je lui fis l'afront, etc.
Il n'a pu dire, je lui fis; car l'action vient d'être faite. Il falait dire, je lui ai fait, puisqu'il ne s'était point pâssé de nuit entre deux. Sent. sur le Cid.
   Rem. Quand on met le prétérit défini ou l'aoriste dans un membre de la phrâse, on ne doit pas mettre l'indéfini dans l'aûtre. "Saturne ne fut pas le seul, à qui l'antiquité ait doné la faucille pour symbole. Il falait dire, n'est pas le seul à qui l'antiquité ait doné, etc. Que si c'était une chôse pâssée dans un tems, dont il ne restât plus rien, il faudrait mettre le prétérit défini dans l'un et l'aûtre membre de la phrâse: "Cicéron ne fut pas le seul qu'Antoine immola à sa fureur. = Par la même raison, quand on s'est servi, au comencement, du prétérit composé ou indéfini, on doit employer, dans la suite de la phrâse, le présent et non pas l'aoriste ou le prétérit simple et défini. "L'Empereur irrité de ce que celui-ci l'a trompé, fut sur le point de faire sa paix avec les Normans. Moreau. Il falait, indigné de ce qu'il l'avait trompé, fut sur le point, etc. ou bien, indigné de ce qu'il l'a trompé, est sur le point, etc.
   Le 3e prétérit est nomé antérieur: il exprime une chôse pâssée avant une aûtre, dans un tems, dont il ne reste plus rien. "Quand j'eus reçu mon argent, je m'en allai. Ce prétérit est presque toujours dans le même sens à la suite des conjonctions, quand, lorsque, dês que, aussi-tôt que, aprês que, etc. et alors il est toujours suivi du prétérit défini. Que si l'on avait besoin dans le 2d membre, du prétérit indéfini (le tems dont on parle n'étant pas tout-à-fait écoulé) il faudrait le mettre aussi dans le 1er: ainsi, si l'on parlait du jour même, on dirait: quand j' ai reçu mon argent, je m'en suis allé: ou bien on se servirait du prétérit antérieur défini, dont nous allons parler. = Le prétérit antérieur simple ou défini se forme du prétérit défini des verbes auxiliaires avoir ou être, et du participe passif du verbe. "Quand j'eus reçu, dês que je fus arrivé, j'allai, je fis, etc.
   Le 4e prétérit peut être nomé prétérit antérieur indéfini, ou préterit sur-composé; il marque une chôse pâssée avant une aûtre, dans un tems, qui n'est pas tout-à-fait écoulé. "Je suis sorti ce matin, quand j'ai eu achevé ma lettre. Il est composé du prétérit indéfini des verbes auxiliaires avoir ou être, et du participe passif du verbe, et il est suivi ou précédé du prétérit indéfini, dans l'aûtre membre de la phrâse. Ainsi, dans l'exemple cité, on peut dire indiféremment, dês que j'ai eu achevé, je suis sorti; ou bien, je suis sorti dês que j'ai eu achevé; et dans le 2d exemple aporté dans l'article précédent, il est aussi indiférent qu'on dise: quand j'ai eu reçu mon argent, je m'en suis allé; ou, je m'en suis allé, quand j'ai eu reçu mon argent. = Ce prétérit antérieur~ indéfini est moins usité que les aûtres prétérits. On y suplée, en se servant de la préposition aprês, suivie du prétérit de l'infinitif: "Aprês avoir achevé ma lettre, je suis sorti. Il y a pourtant des ocasions où ce prétérit antérieur indéfini rend plus précisément l'idée qu'on veut exprimer; par ex. il a quité la compagnie, aprês avoir diné, ne dit pas autant que: "Il a quité la compagnie, dês qu'il a eu diné.

Traductions

prétérit

עבר (ז)

prétérit

preterite

prétérit

Präteritum