prétexte


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prétexte

n.m. [ lat. praetextus, de praetexere, border, pourvoir de, de texere, tisser ]
Raison apparente qu'on met en avant pour cacher le véritable motif d'une manière d'agir : Cet incident a servi de prétexte à la rupture des négociations motif, occasion, raison
Sous aucun prétexte,
en aucun cas.
Sous prétexte de, que,
en prenant pour prétexte : Sous prétexte de faire des courses, il a rejoint ses camarades. Il se vautre devant la télévision sous prétexte qu'il est fatigué.

PRÉTEXTE1

(pré-tèk-st') adj. f.
Terme d'antiquité romaine. Robe prétexte, ou, substantivement, la prétexte, robe blanche bordée de pourpre, qui était à Rome une des marques de dignité.
La tragédie et la comédie portaient le nom de praetextata, quand on y introduisait des personnes de haute condition, dont l'habit distinctif était la prétexte [BERNARDI, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. VIII, p. 274]
Longue robe blanche garnie d'une petite bande de pourpre, que les enfants de famille patricienne portaient jusqu'à l'âge de puberté.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Pretexte estoit une maniere de noble vestement, de quoy usoient entre les Romains ceux qui estoient constituz en office [BERCHEURE, f° 3]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. praetexta, sous-entendu toga, robe bordée, de prae, au bord, et texere (voy. TISSER).

PRÉTEXTE2

(pré-tèk-st') s. m.
Cause supposée, raison apparente dont on se sert pour cacher le motif réel d'un dessein, d'une action.
Seigneur, ne donnez point de prétexte à César [CORNEILLE, Pomp. II, 4]
Il lui convenait de me faire servir de prétexte quelquefois à ce qu'il faisait, et presque toujours à ce qu'il ne faisait point [RETZ, Mém. t. III, liv. IV, p. 187, dans POUGENS]
Henriette, entre nous, est un amusement, Un voile ingénieux, un prétexte, mon frère, à couvrir d'autres feux dont je sais le mystère [MOL., Femmes sav. II, 3]
Ils couvrent leur prudence humaine du prétexte d'une prudence divine [PASC., Prov. V]
Cette raison, honnête à dire, est fort aisée à comprendre ; elle n'a point l'air d'un prétexte, après tant de preuves de votre bonne volonté et de votre magnificence [SÉV., 508]
La peur de se ruiner est un prétexte au goût breton [au désir de Ch. de Sévigné de se fixer en Bretagne] [ID., 13 mars 1680]
Ce serait un commencement de prétexte à me mal payer [ID., 17 juill. 1693]
Ceux qui sont instruits des affaires, étant obligés d'avouer que le roi [Charles Ier] n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacriléges dont nous abhorrons la mémoire... [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Tu crois ce qu'elle dit ? c'est un prétexte pour avoir raison d'être toujours dehors [DANCOURT, Bourg. à la mode, IV, 6]
S'il est vrai que vous ne désiriez qu'une bonne paix, la voilà qui se présente à vous, et qui vous ôte tout prétexte de reculer [FÉN., Tél. X]
Un des prétextes dont on se servit pour accabler Bayle et pour le réduire à la pauvreté, fut son article de David dans son utile Dictionnaire [VOLT., Dict. phil. Philosophe.]
Le jeune prince était le prétexte des visites [du roi] ; la gouvernante [Mme de Maintenon] en était le véritable objet [GENLIS, Mme de Maintenon, t. I, p. 55, dans POUGENS]
Il n'y a pas de prétexte à cela, et absolument, il n'y a pas de prétexte, il n'y a pas même de raison apparente pour.... Sur un prétexte, en se fondant, en s'appuyant sur un prétexte.
Sur ce prétexte, il demanda au sénat le gouvernement de cette province [VERTOT, Révol. rom. XIV, 307]
Il cherche querelle sur le moindre prétexte [, Dict. de l'Acad.]
Sous un prétexte, en se couvrant d'un prétexte.
On prenait pour prétexte qu'il était nécessaire à Cadix, car on ne lui pouvait nuire que sous des prétextes honorables [FONTEN., Renau.]
Sous prétexte, loc. prép. Sous prétexte de maladie.
Xénophon [un médecin], sous prétexte de faciliter le vomissement, se sert d'une plume enduite d'un poison plus violent, et Claude expire [DIDER., Claude et Nér. I, 33]
Sous prétexte que, loc. conj.
Sous prétexte qu'ils adoraient le Dieu d'Israël [BOSSUET, Hist. I, 8]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    La raison accusant nostre lascheté de craindre chose si soubdaine, si inevitable, si insensible [la mort], nous prenons cet aultre pretexte [la douleur] plus excusable [MONT., I, 302]
    Soubs quelque pretexte [ID., I, 59]
    C'estoit un bien rusé preteste que M. le connestable inventoit pour demeurer seul auprès du roy [CARL., II, 5]
    Le capitaine ayant abandonné la place sur le pretexte qu'il prit (fort mauvais, toutefois) d'aller.... [CASTELN., 241]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. praetextus, prétexte, de praetexere, tisser devant, et, de là, placer en avant, alléguer (voy. PRÉTEXTE 1).

prétexte

PRÉTEXTE. n. m. Cause simulée, supposée; raison apparente dont on se sert pour cacher le véritable motif d'un dessein, d'une action. Prétexte spécieux, plausible. Servir de prétexte. Donner prétexte. Cela lui a fourni un prétexte pour s'en aller. Il prend prétexte de sa santé pour refuser toutes les invitations. Il n'attend qu'un prétexte pour s'en aller. Il cherche querelle sous le moindre prétexte. L'amour du bien public n'est pas le véritable motif de leur conduite, il n'en est que le prétexte. Il ne cherche qu'un prétexte à se plaindre. Il ne demande qu'un prétexte pour rompre. Il a pris là un mauvais prétexte.

Il n'y a pas de prétexte à cela, il n'y a aucun prétexte à cela, Il n'y a pas même de raison apparente pour dire ou pour faire la chose dont il s'agit.

SOUS PRÉTEXTE DE, loc. prép. Sous prétexte de justice, il poursuit une vengeance. Sous prétexte de mener une enquête, il s'est offert un agréable voyage.

SOUS PRÉTEXTE QUE, loc. conj. Sous prétexte qu'il a besoin de se ménager, il refuse de venir.

prétexte

PRÉTEXTE. n. f. T. d'Antiquité romaine. Robe blanche bordée d'une large bande de pourpre, et qui était une marque de dignité. Les consuls prenaient la prétexte le premier jour qu'ils entraient en charge.

Il se dit aussi d'une Robe longue et blanche, bordée par le bas d'une petite bande de pourpre, et que les enfants de familles libres portaient jusqu'à l'âge de puberté.

Dans l'un et dans l'autre sens, on dit aussi adjectivement : Robe prétexte, toge prétexte.

pretexte

Pretexte, Praetextus, huius praetextus.

Sous ce pretexte, ou sous ceste couleur, Hoc praetextu.

Bailler quelque pretexte, ou couleur ou couverture, Aliquid praetexere.

prétexte


PRÉTEXTE, s. m. et f. PRÉTEXTER, v. act. [Prétèkste~, tèksté: 1re é fer. 2e è moy. 3e e muet au 1er, é fer. au 2d.] Prétexte est fém. quand il signifie une robe bordée par le bâs d'une large bande de pourpre, et qui était une marque de la dignité Consulaire chez les Romains. = Il est masculin dans son sens le plus ordinaire, et où il signifie une caûse simulée et suposée, dont on se sert pour cacher le véritable motif d'un dessein, d'une action. Prétexte spécieux, plausible, {C262a~} faux, léger. "Cela lui a servi de prétexte; lui a doné prétexte de s'en aler. Prendre prétexte de; ou prendre une chôse pour prétexte. "Il ne cherche qu'un prétexte de se plaindre. = On dit beaux prétextes, pour dire, prétextes spécieux; et cela se dit ordinairement par ironie. "Un regard de Mentor lui ôtoit la parole, et faisoit disparoître tous ses beaux prétextes. Télém.
   Rem. 1°. Racine fait régir à prétexte la prép. à devant l'infinitif.
   Quoi! de vos ennemis devenez-vous l'apui?
   Pour trouver un prétexte à vous plaindre de lui.
En prôse, on dirait, de vous plaindre. "Il vouloit trouver quelque prétexte de dire au Roi que nous étions Phéniciens. Télém. = 2°. Sous le prétexte et sur le prétexte se disent presque également: mais quand on retranche l'article, il faut toujours mettre sous. "Sous prétexte de le secourir, il l'a ruiné. — Ces expressions adverbiales régissent de devant les noms et les verbes, ou que avec l'indicatif. "Sous prétexte de dévotion: sur le prétexte, ou sous prétexte d'aler aux eaux; sous prétexte qu'il est mon ami. L'Académie ne met d'exemple que de, sous prétexte, avec le régime des noms: sous prétexte de justice, de zèle, de piété. = Avec le régime de la conjonction que; il semble que sous prétexte est plus usité que, sous le prétexte, ou sur le prétexte; cependant des Ecrivains estimables ont employé ceux-ci. "Sous le prétexte qu'il (Courtin) traite de la paresse et de l'emploi du tems, il parle de tout. L'Abé Des Font. "Sur le prétexte que les traités sont anéantis. Target. = Quand prétexte est sans régime, je pense que sur vaut mieux que sous. "Un homme, qui sous le moindre prétexte, se faisoit une maligne joie d'atenter à la liberté des étrangers. Ann. Litt. — Je voudrais dire, sur le moindre prétexte.
   PRÉTEXTER, c'est, 1°. couvrir d'un prétexte. "Ce Magistrat prétexte ses violences de l'amour du bien public. "Les peuples prétextèrent leur révolte du zèle de la Religion. = 2°. Avec le seul régime direct, (l'acusatif) prendre pour prétexte. "Il prétexta une maladie, un voyage. = V. n. Il régit que et l'indicatif. "Il prétexta qu' il avoit la goutte, pour ne pas se trouver à cette assemblée. Trév. = * Un Auteur moderne lui fait régir de et l'infinitif. "Il prétexta d'être révolté des principes contenus dans ce {C262b~} Mandement. — Ce régime est inusité. L'Auteur devait dire: il prétexta qu'il était révolté, etc.
   REM. Vaugelas n'aprouvait pas ce verbe: mais dês la fin du siècle pâssé, au témoignage d'Andry, il était employé par nos meilleurs Auteurs. Il cite cet exemple: Il prétexte des raisons pour ne pas se mettre à table. Aujourd'hui ce mot est si bien établi, qu'on ne soupçone pas qu'il ait soufert la moindre dificulté de la part de l'usage.

Synonymes et Contraires

prétexte

nom masculin prétexte
2.  Occasion d'agir.
Traductions

prétexte

Vorwand, Ausflucht, Umschweifpretext, excuse, pretence, pleavoorwendsel, dekmantel, smoes, draaierij, smoesje, aanleiding, alibi, pretextאליבי (ז), אמתלה (נ), כסות עיניים (נ), עילה (נ), עלילה (נ), פתחון פה (ז), תואנה (נ), תירוץ (ז), עִלָּה, אֲמַתְלָה, תֵּרוּץpretextpåskudpretekstopretextodalihpraetextus, toga praetextapretextoförevändning, undanflykt, undflyktbahaneπρόφασηпредлогpretesto, appiccagnolo, uncinoحُجَّةzáminkatekosyyizgovor口実핑계påskuddpretekstข้ออ้างcớ借口藉口 (pʀetɛkst)
nom masculin
raison donnée pour justifierqqch trouver un prétexte pour faire qqch Il ne vient pas sous prétexte qu'il pleut. sous prétexte de travailler
en aucun cas Ne faites cela sous aucun prétexte !

prétexte

[pʀetɛkst] nmexcuse
Il avait un prétexte pour ne pas venir → He had an excuse for not coming.
sous aucun prétexte → on no account
Ne le dérangez sous aucun prétexte → On no account must you disturb him.
sous prétexte de → on the pretext of
sous prétexte que → on the pretext that