profane

1. profane

adj. [ du lat. pro, devant, et fanum, temple ]
Qui ne fait pas partie des choses sacrées, de la religion : Des œuvres profanes laïque ; religieux
n.m.
Ensemble des choses profanes : Le profane et le sacré.

2. profane

n. et adj. [ de 1. profane ]
1. Personne étrangère à une religion, non initiée à un culte.
2. Personne qui ignore les usages, les règles d'une activité : Je suis profane en matière de bande dessinée ignorant, incompétent ; connaisseur, expert

PROFANE

(pro-fa-n') adj.
Qui n'appartient pas à la religion. Les auteurs profanes. Les histoires profanes.
J'entendis un homme chanter un de nos airs profanes [SÉV., 243]
Mais, dans une profane et riante peinture, De n'oser de la fable employer la figure.... [BOILEAU, Art p. III]
Tout profane exercice est banni de son temple [RAC., Ath. II, 7]
Poétiquement et dans le sens ancien, qui n'est pas sanctifié.
Le monarque lui dit : Chétif hôte des bois.... Nous n'appliquerons point sur tes membres profanes Nos sacrés ongles [LA FONT., Fabl. VIII, 14]
Ces accents dont Brama daigne emprunter l'organe, N'iront-ils point frapper une oreille profane ? [C. DELAV., le Paria, II, 2]
Substantivement. Le profane, les choses profanes. Mêler le sacré au profane.
Qui est contre le respect qu'on doit aux choses sacrées. Une conduite, une vie profane.
Aux feux inanimés dont se parent les cieux Il rend de profanes hommages [RAC., Esth. II, 9]
Toute disposition qui nous conduit au péril est profane et criminelle [MASS., Carême, Pâques.]
Substantivement. Celui qui n'appartient pas à l'ordre religieux.
C'est des ministres saints la demeure sacrée ; Les lois à tout profane en défendent l'entrée [RAC., Ath. III, 2]
À mesure que j'entrais dans les pays de ces profanes [les chrétiens aux yeux d'un musulman], il me semblait que je devenais profane moi-même [MONTESQ., Lett. pers. 6]
Chez les anciens, celui qui n'était pas initié à des mystères. Éloignez les profanes ! Fig. Celui qui n'est pas initié aux mystères de quelque science, des lettres, des arts. Il ne comprend rien en peinture, c'est un profane.
Ce sera un sujet de scandale ou plutôt de joie pour les profanes, que des géomètres se partagent [FONTEN., Renau.]
Un jour que je le rencontrais ainsi dans une de ces cours de l'Institut que les profanes traversent irrévérencieusement pour raccourcir leur chemin [SAINTE-BEUVE, Portraits, Charles Nodier.]
Familièrement. Personne qu'on ne veut point admettre dans une société.
Celui qui manque de respect pour les choses de la religion.
Quelques-uns vous diront au besoin Quels dieux du haut en bas renversent les profanes [CORN., Nicom. III, 2]
Si vous entrez partout, ainsi font les profanes [LA FONT., Fabl. IV, 3]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    La maison ainsi baillée par ledit religieux à nostre receveur sera et demourra prophane [séculière], et non admortie [DU CANGE, prophaneitas.]
  • XVIe s.
    Je dedaigne et laisse icy tout ce qu'en peut dire le commun, comme prophane, et trop indigne pour estre ouy en telle chose [CHARRON, la Sagesse, Préf. de la 2e édit.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. profanus, de pro, en avant, et fanum, temple (voy. FANATIQUE) : quod pro fano est, ce qui est devant le temple, en dehors, livré au public, et de là profane.

profane

PROFANE. adj. des deux genres. Il se dit des Choses qui n'appartiennent pas à la religion, par opposition à Celles qui la concernent. Les auteurs profanes. Les histoires profanes. Faire servir les choses sacrées à des usages profanes.

Il signifie encore Qui va contre le respect qu'on doit aux choses sacrées. C'est une action profane et impie. Discours profane.

PROFANE s'emploie aussi comme nom et désigne Celui qui manque de respect pour les choses de la religion. Il n'y a qu'un profane qui puisse parler de la sorte.

Il se disait particulièrement, chez les Anciens, de Celui qui n'était pas initié à des mystères. Éloigner les profanes.

Il se dit figurément de Celui qui n'est pas initié à une science, aux lettres, aux arts. Il n'appartient pas à un profane de parler sur ce sujet. Il n'admire pas ces monuments, c'est un profane. Le profane vulgaire. Dans ce dernier exemple, Profane est employé adjectivement.

Ce sont choses dont l'intelligence est interdite aux profanes, Que ne peuvent comprendre ceux qui n'y sont pas initiés.

PROFANE se dit encore, substantivement et absolument, des Choses profanes. Mêler le profane au sacré.

profane

Profane, Profanus.

profané

Profané, Profanatus.

Synonymes et Contraires

profane

adjectif profane
Étranger aux choses sacrées.

profane

nom profane
Personne inexpérimentée.
expert, initié -littéraire: savant.
Traductions

profane

(pʀɔfan)
adjectif
1. qui n'est ni religieux, ni sacré la musique profane
2. qui ne connaît pas un art ou une technique être profane en peinture

profane

secular, lay, profaneהדיוט (ז), חול (ז), חול (ת), חולין (ז״ר), חֻלִּיןleek, wereldlijk, niet-kerkelijk, ondeskundig, oningewijde, profaan, buitenstaander, wereldsweltlichprofanoпрофанprofano
nom masculin-féminin
personne qui ne connaît pas un art, une technique

profane

[pʀɔfan]
adj
(= non initié) → uninitiated
(RELIGION) (non religieux)secular
l'art profane et l'art sacré → secular art and sacred art
nm/flayman