prononcé, ée

PRONONCÉ, ÉE

(pro-non-sé, sée) part. passé de prononcer
Déclaré avec autorité, en vertu d'une autorité.
L'arrêt de mort était prononcé contre le Fils de Dieu, et toutes choses étaient préparées pour l'exécution [BOURDAL., Exhort. sur J C. portant sa croix, t. II, p. 136]
S. m. Le prononcé du jugement, etc. la décision prononcée par le tribunal.
Le prononcé [de l'arrêt contre le jésuite la Valette] fut reçu du public avec des applaudissements et des battements de mains incroyables [VOLT., Hist. parl. LXVIII]
Débité, récité.
On croit assez communément que, jusqu'au temps de Cicéron, il n'y eut point d'éloges prononcés en l'honneur des vivants, et presque pas en l'honneur des morts [MARMONTEL, Œuvr. t. VI, p. 7]
Dont on exprime, fait entendre les sons. Des mots bien prononcés. Absolument. Il s'est dit quelquefois pour articulé avec soin.
Harlay, toujours en robe, mais étriqué, une parole lente, pesée, prononcée [SAINT-SIMON, 173, 47]
Terme de peinture. On dit que les parties d'un tableau sont bien prononcées, pour dire qu'elles sont distinguées avec beaucoup de force et de netteté. Muscles trop prononcés, muscles trop fortement, trop durement marqués.
Qui a une expression forte et très marquée. Des traits prononcés.
Voilà ce que sait faire un grand poëte ; les mœurs, soit bonnes, soit mauvaises, de ses principaux personnages sont si marquées, et, pour me servir d'un terme de peinture dans notre langue, si prononcées, qu'elles nous préparent à ce qui doit arriver [L. RACINE, Traité de la poés. dram. x, 2]
Ce caractère aimable et volage est si prononcé chez ce peuple [les Siminoles] qu'il peut à peine prendre un maintien digne dans les assemblées politiques [CHATEAUBR., Amér. les Muscogulges.]
Je ne vous recommande point de ne pas faire étalage d'opinions trop prononcées [TH. LECLERCQ, Prov. t. I, p. 362, dans POUGENS]