propre


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1. propre

adj. [ lat. proprius ]
1. Qui est net, sans salissure : Avoir les cheveux propres malpropre, sale immaculé, impeccable ; maculé pimpant ; négligé
2. Qui est fait avec soin, application ; correct, convenable : Une réparation très propre méticuleux, soigné
3. Se dit d'une personne qui prend soin de son hygiène corporelle et des choses qui l'entourent : Permettre aux sans-abri de rester propres net ; crasseux
4. Se dit d'un enfant, d'un animal domestique qui contrôle ses sphincters.
5. Qui ne pollue pas : L'énergie solaire est une énergie propre.
6. Fig. Qui est d'une probité irréprochable ; honnête : C'est un homme propre intègre, probe ; malhonnête, véreux
Nous voilà propres !,
Fam. nous sommes dans une situation fâcheuse, désagréable.
n.m.
Ce qui est propre, sans saleté : Une odeur de propre.
C'est du propre !,
Fam. se dit de ce que l'on désapprouve fortement.
Mettre au propre,
mettre sous forme définitive ce qui n'était qu'un brouillon.

2. propre

adj. [ lat. proprius ]
1. Qui appartient spécifiquement à qqn, à qqch : Avec la fougue propre à la jeunesse caractéristique, particulier ; universel distinctif, intrinsèque ; commun
2. (Avant le n.) Qui appartient à la personne même dont il est question, ou qui émane d'elle : Dans votre propre intérêt, triez les déchets. Ce sont ses propres mots textuel ; approximatif
3. Se dit d'un mot, d'une expression qui convient exactement : C'est le terme propre pour nommer son attitude approprié, exact, juste
4. (à) Qui convient pour : Des mesures propres à endiguer la violence capable de, susceptible de
Avoir qqch en propre,
être le seul à le posséder.
Bien propre,
dans la langue juridique, bien qui fait partie du patrimoine personnel de l'un des époux (par opp. à acquêt).
Nom propre,
en grammaire, nom qui désigne un être ou un objet considéré comme unique (par opp. à nom commun).
Remettre qqch en main propre ou en mains propres,
à la personne même, et non à un intermédiaire.
Sens propre,
sens premier d'un mot, d'une expression, le plus proche du sens étymologique (par opp. à sens figuré).
n.m.
En propre,
en propriété particulière : Posséder qqch en propre.
Le propre de,
la qualité particulière, spécifique de qqn, de qqch : « Mieux est de ris que de larmes écrire / Pour ce que rire est le propre de l'homme » [Rabelais] apanage, particularité essence, propriété

PROPRE

(pro-pr') adj.
Qui appartient exclusivement à une personne, à une chose (en ce sens il se met d'ordinaire avant son substantif).
Et de quel front, seigneur, prend-il une couronne, S'il ne peut disposer de sa propre personne ? [CORN., Sophon. V, 7]
Sganarelle : Je veux savoir de vous si je ferai bien de me marier. - Géronimo : Qui, vous ? - Sganarelle : Oui, moi-même en propre personne [MOL., Mar. forcé, 2]
Mais enfin je veux songer pour la première fois de ma vie à mes propres intérêts [SÉV., 410]
Les Juifs vivent en paix et en liberté sous la puissance des rois de Syrie, et ils n'avaient guère goûté une telle tranquillité sous leurs propres rois [BOSSUET, Hist. II, 5]
Vous allez voir une reine qui, à l'exemple de David, attaque sa propre grandeur [ID., Mar.-Thér.]
Le meurtre de Virginie, que son père aima mieux tuer de sa propre main que de la laisser abandonnée à la passion d'Appius [ID., Hist. I, 8]
Tellement qu'elle a perdu pour son propre bien cette puissance qu'elle avait pour le bien des autres [ID., Reine d'Anglet.]
Une reine fugitive à qui sa propre patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil [ID., ib.]
Et qui vont tous les jours, d'une importune voix, T'ennuyer du récit de tes propres exploits [BOILEAU, Disc. au roi.]
Je prétends vous traiter comme mon propre fils [RAC., Athal. II, 7]
Notre raison est ce qui nous est le moins propre, et ce qu'on doit croire le plus emprunté [FÉN., Exist. 56]
Crispin : Est-ce là M. Oronte, mon illustre beau-père ? - La Branche : Oui, vous le voyez en propre original [LESAGE, Crispin rival, 8]
Préparez-vous à voir ces oppresseurs Dans les accès de leur rage ennemie Vous barbouiller de leur propre infamie [J. B. ROUSS., Ép. I, 6]
Quand on a bien cherché le bonheur, on ne le trouve jamais que dans sa propre maison [VOLT., Lett. Elie de Beaumont, 7 juin 1771]
On ne voit dans le Nord aucune femme régner de son chef jusqu'à Marguerite de Valdemar, qui gouverna quelques mois en son propre nom, vers l'an 1377 [ID., Dict. phil. Loi salique.]
Un de ces vaisseaux avait été construit de ses propres mains [le czar Pierre] [ID., Charles XII, 7]
Il se met aussi quelquefois après son substantif. Soyez tranquille sur le succès de votre demande, j'en fais mon affaire propre.
Les deux lettres que j'aurai soin de rendre en main propre [BOSSUET, Lett. abb. 8]
Dieu demande-t-il de vous que vous commenciez par corriger les passions d'autrui, ou par pleurer vos passions propres ? [MASS., Carême, Pâques.]
Un zèle qui cherche les périls n'est pas un zèle du salut d'autrui, mais une indifférence criminelle pour son salut propre [ID., ib.]
Les rois de France avaient alors pour revenus leurs biens propres et non ceux des peuples [VOLT., Mœurs, 58]
On dit aussi : le caractère propre, la valeur propre, les qualités propres, le mérite propre, etc. d'une chose.
On remarque, dans l'Écriture sainte, que Dieu donne aux maisons royales certains caractères propres [BOSSUET, Mar.-Thér.]
Se rendre propre, s'approprier une chose.
Plusieurs écrivains qui ne sont plus, ou qui se distinguent parmi les modernes, ont chacun un caractère que notre langue s'est peu à peu rendu propre [CONDILL., Conn. hum. II, I, 15]
Amour-propre, voy. AMOUR.
Nom propre, voy. NOM, n° 16.
Le sens, la signification propre d'un mot, le sens naturel et primitif d'un mot, par opposition à sens figuré.
Terme d'astronomie. Le mouvement propre d'un astre, le mouvement réel d'un astre, par opposition à son mouvement apparent. Terme de géographie ancienne. La Grèce propre, la partie de la Grèce, dite par les Romains Achaïe, et qui comprenait l'Attique, la Béotie, la Phocide, la Locride, l'Étolie et l'Acarnanie. La Grèce propre signifie aussi la Grèce proprement dite, par opposition à la Grande Grèce et aux autres colonies grecques situées hors de la mère patrie.
Exactement semblable, même ; en ce sens, il s'emploie par énergie, et se met avant le substantif. Vous demeurez dans la propre maison où il logeait.
Avant ce jour fini, ces mains, ces propres mains Laveront dans mon sang la honte des Romains [CORN., Hor. III, 6]
Ce sont ses propres mots [MOL., Éc. des mar. II, 11]
Voilà l'aventure de mon pauvre fils [danger couru à la bataille de Senef, livrée lorsque la paix était déjà faite] ; et c'est ainsi que l'on en usa le propre jour que la paix commença [SÉV., 23 août 1678]
C'était un samedi, c'était le propre jour de la disgrâce de ce pauvre homme [ID., 29 nov. 1679]
Le pape [Grégoire VII] était alors dans la forteresse de Canosse sur l'Apennin avec la comtesse Mathilde, propre cousine de l'empereur [VOLT., Ann. Emp. Henri IV, 1077]
Cet ancien auteur phénicien avoue en propres mots qu'il a tiré une partie de son histoire des écrits de Thaut [ID., Déf. de mon oncle, 21]
Particulier. La poésie et la prose ont chacune une harmonie qui leur est propre.
Nous y trouvons des choses que l'esprit propre qui nous fait agir n'y a pas formées [PASC., dans COUSIN]
Autant admirateur du mérite, que s'il lui eût été moins propre et moins familier [LA BRUY., II]
Les passions, qui d'ordinaire sont la source des dégoûts de la vertu, ont cela de propre que plus on les réprime, plus elles deviennent dociles [MASS., Carême, Dégoûts.]
Sucs propres, sucs colorés qui appartiennent à certains végétaux seulement, et vaisseaux propres, les espaces qui les renferment. Pédoncules, pétioles propres, dernières divisions d'un pédoncule et d'un pétiole communs, formant le support immédiat de la fleur et de la feuille.
Convenable à quelqu'un ou à quelque chose. Les qualités propres au commandement. Cela est propre à toutes sortes de gens.
Quand on songe que c'est une affaire qui dépend de M. Colbert, on tremble, en sorte que, si je trouvais un autre hasard qui nous fût propre, je le prendrais [SÉV., 14 juill. 1677]
Aimez-moi tous deux, car votre amitié est pour moi une chose admirable ; je vous renvoie vos mêmes paroles, je les ai trouvées très propres pour ce que je pense [ID., à M. et Mme de Guitaut, 21 sept. 1675]
Elle [la fille aînée de Mme de Grignan] serait abbesse ; cette place est toute propre aux vocations un peu équivoques : on accorde la gloire et les plaisirs [ID., 9 juin 1680]
Ce texte [tout est vanité], qui convient à tous les états et à tous les événements de la vie, par une raison particulière devient propre à mon lamentable sujet [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Quelle autre créature fut jamais plus propre à être l'idole du monde ! [ID., ib.]
Les hommes, par leurs soins et par de bonnes lois, ont rendu la terre plus propre à être leur demeure [MONTESQ., Esp. XVIII, 6]
Si on avait eu un théâtre libre, propre pour l'action, tel qu'il est chez toutes les autres nations de l'Europe [VOLT., Sémiram. Dissert. sur la tragéd. part. 2]
Seul convenable à, réservé à. Le midi est l'exposition propre de cet arbuste. Le sable est le terrain propre de cette plante.
En parlant des personnes, qui a l'aptitude, les qualités nécessaires pour quelque chose.
Un homme de votre âge, de votre humeur, si propre à la société et à rendre une femme heureuse [SÉV., 25 sept. 1689]
Je ne songe point encore au voyage de Nantes ; j'y fais exécuter des gens qui me doivent : je serais peu propre à ces sortes de choses [ID., 26 juin 1689]
Je vous écris peu de nouvelles.... d'ailleurs je n'en sais point ; je serais toute propre à vous dire que M. le chancelier a pris un lavement [Séguier, qui n'allait jamais au conseil sans avoir pris un lavement] [ID., 13 mars 1671]
Durant douze ans qu'elle fut dans le monastère, on lui voyait tant de modestie et tant de sagesse, qu'on ne savait à quoi elle était le plus propre, ou à commander, ou à obéir [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Un enfant est peu propre à trahir sa pensée [RAC., Ath. II, 6]
Descartes les jugeait [les femmes] plus propres que nous à la philosophie, et une princesse malheureuse a été son plus illustre disciple [D'ALEMB., Lett. à J. J. Rouss. Œuv. t. v, p. 351, dans POUGENS.]
On pensa à moi pour une place ; mais par malheur j'y étais propre [BEAUMARCH., Mar. de Fig. v, 3]

PROVERBE

    Qui est propre à tout n'est propre à rien, ou, simplement, propre à tout, propre à rien.
Il est propre à tout, disent ses amis ; ce qui signifie toujours qu'il n'a pas plus de talent pour une chose que pour une autre, ou, en d'autres termes, qu'il n'est propre à rien [LA BRUY., II]
Un de ces esprits indéterminés qui ne sont propres à tout que parce qu'ils ne sont propres à rien [DUBOS, Réfl. poés. et peint. II, 6]
Quand on veut tout savoir, que peut-on savoir bien ? Qui se croit propre à tout, souvent n'est propre à rien [PICARD, Entrée dans le monde, I, 2]
S. m. Populairement. Un propre à rien, un homme qui n'a d'aptitude ni de goût pour aucune sorte de travail.
Qui peut servir à. Ce bois est propre à bâtir. Ce remède est propre à telle maladie.
C'est [Port Royal des Champs] un vallon affreux, tout propre à faire son salut [SÉV., 26 janv. 1674]
Les Rochers sont tranquilles et tout propres à vous conserver votre chère mère pour vous revoir [ID., 24 juill. 1689]
La presse n'est pas grande à soupirer pour elle [la charge de Ch. de Sévigné], quoiqu'elle soit propre à faire soupirer [ID., 12 avr. 1680]
Vous aurez M. de Coulanges.... Grignan est tout propre pour le charmer [ID., 15 juin 1680]
Le bec de la frégate, très propre à la proie, puisqu'il est terminé par une pointe perçante et recourbée [BUFF., Ois. t. XVI, p. 160]
Propre à, suivi d'un verbe actif avec le sens passif.
Cet avis est plus propre à donner à la reine [CORN., Nicom. III, 3]
Il se dit aussi, en mauvaise part, de ce qui peut produire un effet fâcheux. La conduite de son fils est propre à lui causer un violent chagrin. Ce remède est propre à augmenter la maladie.
10° Mal propre, qui n'est pas propre à, qui ne convient pas (locution tombée en désuétude à cause de la confusion de sens, mal propre signifiant sale aussi).
Et nous parlons peut-être avec trop d'imprudence Dans un lieu si mal propre à notre confidence [CORN., Cinna, II, 2]
Monsieur, je suis mal propre à décider la chose [MOL., Mis. I, 2]
Je me sens mal propre à bien exécuter ce que vous souhaitez de moi [ID., Am. magn. I, 2]
11° Le mot propre, l'expression propre, le mot, l'expression qui seule convient et rend précisément la pensée.
L'on doit avoir une diction pure, et user de termes qui soient propres, il est vrai ; mais il faut que ces termes si propres expriment des pensées nobles, vives, solides [LA BRUY., I]
Le grand malheur de tant d'auteurs est de n'employer presque jamais le mot propre ; ils sont contents pourvu qu'ils riment ; mais les connaisseurs ne sont pas contents [VOLT., Pauvre diab. note.]
Que le mot propre est rare, mais qu'il est nécessaire ! [ID., Comm. Corn. Rem. Héraclius, II, 6]
Les mots propres, répondit Euclide, forment le langage de la raison ; les expressions figurées, celui de la passion [BARTHÉL., Anach. ch. 58]
D'où vient que les malheureux trouvent avec tant de facilité le secret d'attendrir et de déchirer nos âmes ? c'est que leurs accents et leurs cris sont le mot propre de la douleur [ID., ib. ch. 27]
Cette langue n'a point de mot propre, de terme propre, pour désigner telle chose, elle n'a point de mot, de terme qui soit particulièrement destiné à désigner telle chose.
12° Bien soigné, bienséant, bien arrangé (par une extension facile à concevoir du sens de convenable).
Comment, monsieur Jourdain, vous voilà le plus propre du monde ! [MOL., Bourg. gent. III, 4]
Populairement. Il est propre, il est dans de mauvaises affaires. Il se dit aussi des choses. Ses habits sont toujours fort propres.
Je fis mon lundi gras avec la princesse : un petit dîner aussi bon, aussi délicat, aussi propre qu'il est possible [SÉV., 7 mars 1685]
On dit de même : Son écriture est propre et bien rangée. Par dénigrement. C'est quelque chose de propre que vous m'offrez là. Substantivement et dans le même sens de dénigrement, le peuple dit : C'est du propre ! En voilà du propre !
13° Net, par une extension facile du sens de bien rangé, de soigné ; il est opposé à sale. Cet escalier n'est pas propre. Propre sur soi, dont la personne est très nette ainsi que le vêtement.
Quoique très pauvre, il [Socrate] se piquait d'être propre sur soi et dans sa maison [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 355, dans POUGENS]
14° S. m. Qualité distinctive.
Le propre des os est de tenir le corps en état, et de lui servir d'appui [BOSSUET, Conn. II, 7]
Le propre de ce spectacle [l'opéra] est de tenir les esprits, les yeux et les oreilles dans un égal enchantement [LA BRUYÈRE, I]
C'est le propre des grands hommes d'avoir de méprisables ennemis [VOLT., Louis XIV, écrivains, Fontenelle.]
Si le propre du génie est de créer en grand, celui de l'esprit dans les petits ouvrages est d'imaginer, celui du talent est de mettre en œuvre, et celui du goût de mettre en place [D'ALEMB., Éloges, Saint-Aulaire.]
Les définitions et les analyses sont proprement des périphrases dont le propre est d'expliquer une chose [CONDIL., Art d'écr. II, 3]
Le propre des hommes est de s'instruire beaucoup plus par l'épreuve des maux que par la jouissance des biens [RAYNAL, dans GIRAULT-DUVIVIER]
Ce qui appartient particulièrement à.... Le propre des jeunes gens est d'être légers.
Si c'est le propre des rois de juger les peuples, il n'est pas moins vrai que c'est le propre de Dieu de juger les rois [BOURD., Jugem. dern. 1er avent, p. 49]
Le propre de la justice est de conformer le châtiment à l'offense [ID., Serm. 19e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. IV, p. 164]
15° Le propre, le sens primitif, naturel d'un mot. Prendre un mot au propre. Le propre et le figuré.
Il parle ordinairement au propre et seulement pour être entendu [J. J. ROUSS., Ém. IV]
16° Terme de jurisprudence. Immeuble qui appartient à une personne par succession. Ce bien était un propre.
Clagny, bâti par Mme de Montespan en son propre, passa à M. le duc du Maine [SAINT-SIMON, 410, 151]
Ainsi s'établit, malgré la disposition du droit romain et de la loi salique, cette règle du droit français : propres ne remontent point [MONTESQ., Esp. XXXI, 34]
Dans un pays où une coutume locale a disposé des propres, Bodin dit très bien qu'il ne faudrait confisquer que les acquêts [ID., ib. V, 15]
Fig.
Ma nièce, monsieur, ne peut s'aliéner ; C'est comme un propre ; enfin on va vous chicaner [DUFRÉNY, Réconc. norm. IV, 5]
Propre ancien, bien immeuble qui vient de l'aïeul ou au-dessus. Propre naissant, bien immeuble qui faisait partie des acquêts de celui dont on hérite. Il se dit aussi des biens du mari ou de la femme qui n'entrent pas en communauté.
Il serait bon que les femmes sussent ce que c'est que propre, ce que c'est que communauté [FÉN., t. XVII, p. 99]
Propres par stipulation, se dit, par exemple, d'une dot qui consiste en argent, ce qui se nomme aussi propre fictif.
17° Dans le langage général, ce qui appartient à quelqu'un.
Qu'ils ont comme leur propre en leur grange entassé ! [RÉGNIER, Sat. III]
Ils ne possèdent point de biens en propre [BOSSUET, Var. 11]
Gnathon.... oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie ; il se rend maître du plat, et fait son propre de chaque service [LA BRUY., XI]
Le roi.... lui conta que l'extrême besoin de ses affaires l'avait forcé à de furieux impôts.... qu'à la fin il s'en était ouvert au P. Tellier, qui lui avait demandé quelques jours pour y penser, et qu'il était revenu avec une consultation des plus habiles docteurs de Sorbonne qui décidait nettement que tous les biens de ses sujets étaient à lui en propre [SAINT-SIMON, 284, 110]
Sans compter la jument Borac sur laquelle il [Mahomet] monta au ciel ; mais il ne l'avait que par emprunt, elle appartenait en propre à l'ange Gabriel [VOLT., Dict. phil. Alcoran.]
La première idée qu'il faut lui donner [à l'enfant] est moins celle de la liberté que de la propriété ; et, pour qu'il puisse avoir cette idée, il faut qu'il ait quelque chose en propre [J. J. ROUSS., Ém. II]
Fig.
Cette louange [du courage, en Louis XIV, vieux et malheureux] eut du moins le mérite que n'avaient pas eu tant d'autres ; elle appartenait en propre au monarque, et n'était ni basse, ni exagérée [D'ALEMB., Éloges, Saint-Aulaire.]
Fig. De son propre, de son propre fond, de sa propre intelligence, connaissance, etc.
Je n'entreprendrais pas de vous porter ce secours [consolations] de mon propre [PASC., Lett. sur la mort de son père.]
18° Terme de liturgie catholique. Le propre du temps et le propre des saints forment la division des fêtes de l'année liturgique de l'Église romaine. Le propre du temps est l'ensemble des offices qui se font conformément à l'esprit du temps où l'on se trouve. Le propre du temps se divise en cinq grandes époques appelées : le temps de l'Avent, le temps de Noël et de l'Épiphanie, le temps de la Septuagésime et du Carême, le temps pascal et les dimanches après la Pentecôte. Le propre des saints est l'ensemble des offices qui se font conformément à l'esprit des fêtes que l'Église a instituées en l'honneur des mystères de la sainte Vierge et des saints ; on le divise en trois classes de fêtes : les fêtes de la sainte Vierge ; les fêtes des anges ; les fêtes des saints. Propre de certaines églises, ce qui ne se dit qu'en certains lieux.
19° Dans la scolastique, le propre ou la propriété était un des cinq universaux.
20° Propres s'est dit au pluriel, au sens de proches, de parents.
M. Vautier qui n'a jamais fait de bien à personne, pas même à ses propres [GUI PATIN, Lett. t. II, p. 603]

REMARQUE

  • 1. Les propres termes sont les mêmes mots sans y rien changer. Des termes propres sont des mots qui expriment bien et selon l'usage de la langue ce que l'on veut dire.
  • 2. Il a été dit que, dans le sens du 1°, propre se met d'ordinaire avant son substantif. Le fait est que jadis il n'y avait point d'usage à cet égard, et que propre se mettait, suivant l'oreille, tantôt avant, tantôt après. Mais à mesure que le sens de net s'est davantage attaché à propre, l'usage a montré de la tendance à le mettre avant son substantif, au sens du 1°. Cependant l'on doit dire qu'on peut user de l'ancienne liberté, toutes les fois qu'il n'y aura pas lieu à une confusion ridicule avec le sens de net.
  • 3. Dans le sens de net, propre suit le substantif : un habit propre, une femme propre.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Li burgeis qui ad en soun propre chatel [un bien, un avoir] demi marc vailant [, Lois de Guill. 18]
  • XIIIe s.
    Et sor tout ce doit li parleres [l'orateur] user moz propres biaus et acostumez [BRUN. LATINI, Trésor, p. 521]
    Trestuit pareil [égaux] estre soloient, Ne riens propre avoir ne voloient [, la Rose, 8486]
    C'est la coutume au roi de France que, s'il va en ost sour aucun baron, çou qu'il conquest par force li demeure propre à tous jors [, Chr. de Rains, 195]
  • XIVe s.
    Il dit en aucuns textes que le jeune de aage ou de meurs n'est pas propre auditeur de polithiques [ORESME, Eth. 1111]
  • XVe s.
    Malgré le proprel roi et tous ses aidans [FROISS., I, I, 22]
    Les fruits et feuilles et fleurs furent si proprement faitz, qu'ils sembloient proprement arbres et propres fruits, et les faisoit très beau voir [O. DE LA MARCHE, Mém. II, p. 583, dans LACURNE]
    Comme luy mesmes propre m'a compté [COMM., III, 5]
  • XVIe s.
    Si je me veux monstrer innocent, ma bouche propre me condamnera [CALV., Instit. 596]
    Voire contre sa propre creance [MONT., I, 21]
    L'argument le plus propre au temps et au lieu [ID., I, 41]
    Elle estoit cousue à un ruban propre à rattacher soubs le menton [ID., I, 95]
    Le propre jour que le roy mourut.... [ID., I, 202]
    Le roy François fut au propre [à même] d'eslire, ou de.... ou de.... [ID., I, 235]
    Que ne plaist il un jour à nature nous faire veoir au propre ses moyens ? [ID., II, 279]
    Le mari ne pouvant directement ou indirectement obliger les propres de sa femme [LOYSEL, 114]
    Le premier des noms que portoient les Romains, comme Caius, estoit leur propre : le second, comme Martius, estoit le nom de la famille et maison [AMYOT, Cor. 15]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. prôpe ; provenç. propri ; espagn. propio ; ital. proprio ; du lat. proprius, qui se rattache à prope : ce qui approche, ce qui touche. Propre a passé de son sens primitif à celui de con venable, puis, devenant tout à fait spécial. à celui de net ; cette dernière acception ne paraît pas ancienne ; on en trouvera un exemple du XVIe siècle à l'historique de proprement.

propre

PROPRE. adj. des deux genres. Qui appartient exclusivement à une personne ou à une chose. C'est son propre fils. Il y a mis son propre bien. Ses propres amis étaient contre lui. Il n'entend pas ses propres affaires, ses propres intérêts. Je l'ai vu de mes propres yeux. Je l'ai entendu de mes propres oreilles. Je le sais par ma propre expérience. Écrire de sa propre main. Remettre quelque chose à quelqu'un en mains propres. Il a fait cela de son propre mouvement. On ne peut être juge dans sa propre cause. La poésie a son charme propre. La prose a une cadence qui lui est propre. J'en fais mon affaire propre. Dans cette dernière phrase, il est employé par une sorte de redondance pour donner plus d'énergie à la phrase.

En termes de Grammaire, Nom propre, Nom qui ne convient qu'à une seule personne ou à une seule chose; il est opposé à Nom commun. Les noms de famille, de pays, de fleuves, de montagnes, etc., comme Buffon, Paris, la Seine, les Alpes, etc., sont des noms propres.

Le sens, la signification propre d'un mot, Le sens réel d'un mot, à la différence du Sens figuré, Celui qu'un mot ne reçoit que par métaphore. Dans le sens propre, ce mot signifie telle chose et dans le sens figuré telle autre. On dit aussi absolument et substantivement : Le propre. Le propre et le figuré. Prendre un mot au propre.

Le mot, l'expression, le terme propre, Le mot, l'expression, le terme qui seul rend exactement l'idée. Il s'est servi du mot propre. Trouver l'expression propre, le mot propre.

Cette langue n'a pas de mot propre, de terme propre pour désigner telle chose, Elle n'a pas de mot qui soit particulièrement destiné à désigner telle chose.

En termes d'Astronomie, Le mouvement propre d'un astre, Le mouvement réel d'un astre, par opposition au Mouvement apparent.

Amour-propre. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

PROPRE signifie encore Même, exactement semblable. Il a dit cela en ces propres termes. C'est, en propres termes, ce qu'il a répondu. Je vous rapporte ses propres paroles.

PROPRE se dit des Personnes et signifie Qui a l'aptitude, les qualités, les talents nécessaires pour réussir en quelque chose. Propre à la guerre. Substantivement et familièrement, Un propre à rien.

Prov., Quand on est propre à tout, on n'est propre à rien ou, simplement, Propre à tout, propre à rien.

PROPRE se dit aussi des Choses et signifie Qui est convenable à quelqu'un ou à quelque chose. Rien n'est plus propre à les réunir que votre présence. Il n'a aucune des qualités propres au commandement.

Il signifie spécialement Qui peut servir, qui est d'usage à certaines choses. Ce bois est propre à la construction. Cette herbe est propre aux usages médicinaux. Le calme de la campagne est propre à calmer les nerveux.

Il s'emploie encore en parlant de Ce qui peut produire un effet fâcheux, nuisible. Ce remède n'est propre qu'à le rendre encore plus malade.

Il signifie quelquefois non seulement Convenable, mais encore Seul convenable. Le sable est le terrain propre de cette plante.

PROPRE signifie aussi Qui est bien nettoyé, bien lavé, bien tenu. Cet enfant est très propre, n'est pas propre. Avoir les mains propres. Mettre une chemise propre. Être propre sur soi. Cette chambre, cet escalier n'est pas propre. Fig., Cette affaire n'est pas propre.

PROPRE s'emploie encore comme nom masculin et se dit de la Qualité particulière qui désigne un sujet et qui le distingue de tous les autres. C'est le propre de notre espèce de penser et de parler. Rire est le propre de l'homme.

Il se dit aussi de Ce qui convient particulièrement à chaque profession, à chaque caractère, à chaque âge, etc. Le propre de l'esprit scientifique est la curiosité et l'amour du vrai. C'est le propre des jeunes gens d'être entiers dans leurs jugements.

Il se dit encore de Ce qui appartient en particulier à quelqu'un. Posséder un bien en propre. Les religieux n'ont rien en propre.

Il se dit, en termes de Jurisprudence, des Biens qu'une personne tient de ses parents. Les propres paternels et maternels. Les propres du côté du père, du côté de la mère.

Propres anciens, Les biens immeubles qui étaient déjà des propres dans la main de celui à qui on succède. Propre naissant, Bien qui faisait partie des acquêts de celui dont on hérite.

PROPRE se dit également, par rapport à la communauté conjugale, des Biens du mari ou de la femme qui n'entrent pas en communauté. Cette femme demande le remplacement de ses propres, que son mari a aliénés.

En termes de Liturgie catholique, Propre du temps, Série des offices spéciaux pour les différents temps de l'année. Propre des saints, Série des offices spéciaux pour les différentes fêtes. Propre de certains diocèses, Série des offices spéciaux pour certains lieux. Le propre du diocèse.

PROPRE s'emploie encore comme nom masculin dans l'expression ironique et familière : C'est du propre, dont on se sert pour donner son sentiment sur une chose malpropre matériellement ou figurément.

propre

Propre, com. C'est ce qui appartient à un seul par divis. Selon ce on dit, Le nom propre par imposition de quelque chose, et la qualité propre (qu'on dit autrement proprieté) de chaque chose, Nomen impositione proprium, Qualitas rei cuiusque propria, Propre aussi est ce qui peculierement appartient à plusieurs choses d'une mesme espece, selon ce les philosophes dient estre proprement à tout homme la faculté de rire, et à tout cheval de hennir. Ce qui est dit pour le regard de l'unité de l'espece, et non pour le regard de la pluralité des individus d'icelle. Le commun usage attribue aussi ce mot propre à ce qui peculierement appartient à plusieurs especes d'un mesme genre, comme, Il est propre à tout animal de geindre quand il est oultré de maladie, ce qui est dit aussi, eu esgard à l'unité du genre, et non ja à la pluralité des especes d'iceluy. Propre aussi est le patrimoine d'aucun à luy advenu par succession de ses majeurs, qu'on appelle autrement propres heritages dont l'opposite est Conquest.

Gaspiller son propre, Suum prodigere.

De ma propre malice, Meapte malitia.

Propre et peculier, Praecipuum.

Le propre d'un chacun, ou qui appartient à aucun particulierement, Priuum.

De sa propre main, Sua manu.

De ton propre esprit, Tuopte ingenio.

De leur propre force, Suamet vi.

Ce propre jour là que, etc. Eo ipso die quo, etc.

De son propre conseil, sans qu'aucun luy en eust rien conseillé, Priuato consilio.

¶ Propre à quelque chose, Appositus, Concinnus, Accommodatus Accommodus, Habilis, Idoneus.

C'est une fleur bien propre pour teindre les vestemens, Idoneus tingendis vestibus flos.

Fort propre et convenant, Peridoneus.

Fort propre et convenable à quelque chose, Perappositus.

Il n'en trouvera point de plus propre et advenant à faire tout cela, Ad omnia haec magis opportunus nemo est.

Mal propre, Improprius.

Mal propre et convenant, Mal à poinct, Inopportunus, Alienus.

Mal propre et habile à faire quelque chose, Inhabilis.

Mal propre à la vie rustique, et ne luy duit point, Alienissimus rusticae vitae.

Qui n'est point propre aux lettres, Amusus.

Qui n'est point propre à la guerre, Imbellis.

propre


PROPRE, adj. PROPREMENT, adv. PROPRET, ETTE, adj. PROPRETÉ, s. f. PROPRIÉTÉ, s. f. PROPRIÉTAIRE, subst. [Propre, preman, prè, prète, preté, prié-té, tère: 2e e muet au 1er, 2d et 5e, é fer. au 6e et 7e: 3e é fer. au pénult. è moy. et long au dern.] Propre a plusieurs significations: 1°. Qui apartient à quelqu'un, à l'exclusion de tout aûtre: "C'est son propre fils: je l'aime comme mon propre frère: écrire de sa propre main: doner en main propre: Faire quelque chôse de son propre moûvement, etc. = Amour propre, l'amour déréglé de soi-même. Voy. AMOUR, à la fin. = 2°. Même: en propres termes: ce furent ses propres paroles. = 3°. En Gramaire, qui convient particulièrement à chaque mot. "Le nom, le mot, le terme propre. "Dans cette langue, il n'y a point de terme propre, pour signifier telle chôse. Prendre un mot dans le sens propre, ou, substantivement, au propre, dans le sens litéral, comme oposé au sens figuré et métaphorique. = 4°. Convenable à. Il régit le datif: cela lui serait extrêmement propre: cela est propre à toutes sortes de chôses. = 5°. Qui peut servir à, qui est d'usage pour: "Bois propre à bâtir; herbe propre à faire un tel médicament; propre à guérir les brûlûres. = Propre à et propre pour. La prem. de ces locutions désigne plutôt un pouvoir éloigné; et la seconde, un pouvoir prochain. L'homme propre à une chôse, a des talens relatifs à la chôse: l'homme propre pour la chôse a le talent même de la chôse. Un homme propre à tout, n'est pas également propre pour tout.... Un objet est propre pour faire, et propre à devenir. Ext. des Synon. Fr. de M. l'Abé Roubaud. = 6°. Net: Homme qui est três-propre, qui n'est pas propre. = 7°. Bien-séant, bien arrangé. "Il est fort propre dans ses habits, dans ses meubles: il a toujours des habits fort propres: il ou elle est propre jusqu'à l'excês. = 8°. S. m. Qualité, qui distingue un sujet de tous les aûtres. "Le propre des oiseaux, c'est de voler: c'est le propre de l'envie, non-seulement de se réjouir du mal, mais encore, d'en suposer, et d'en faire. Cerutti. Apol. de l'Instit. = 9°. Au plur. et en termes de Jurisprudence, les propres, les biens du mari ou de la femme, qui n'entrent point en comunauté.
   Rem. Cet adjectif a quelquefois un sens diférent, selon qu'il est placé devant, ou aprês le substantif. "Les propres termes, ce sont les mêmes mots, sans y rien changer; (n°. 2°.) Des termes propres, sont des mots qui expriment bien, et suivant l'usage, ce qu'on veut dire, (n°. 3°.) — La justesse dans le langage, dit M. Beauzée, exige que l'on choisisse scrupuleûsement les termes propres: la confiance dans les citations dépend de la fidélité à raporter les propres termes des livres, ou des actes qu'on allègue. = Dans le 1er sens, il doit marcher devant le substantif: c'est son propre bien. Rousseau dit à Dieu:
   Mes jours sont ta propre cause,
   Et c'est toi seul, que j'opose
   À~ mes jaloux énemis.
* Quelques Auteurs l'ont placé mal-à-propôs aprês. Corneille dit, de ma main propre, pour, de ma propre main.
   Et tu dédaignes la victoire,
   Que j'ai~ de ma main propre atachée à tes pas.
La mesûre du vers a ocasioné cette construction irrégulière. "Votre expérience propre; MASC. "Le voilà vaincu, de son aveu propre; BOSS. "Le P. Robert de Nobilibus, neveu propre du Cardinal Bellarmin. Let. Édif. — L'Académie elle-même a dit aûtrefois, dans ses Sentim. sur le Cid: "Il n'y avoit pas d'aparence de s'imaginer que Chimène se résolût à faire cette vengeance avec ses mains propres. L'équivoque de ces mains propres, (nettes) rend cette dernière transposition presque ridicule. Il faut, de ses propres mains; le propre neveu; de son propre aveu; votre propre expérience. = Corneille, dans deux vers, qui se suivent, le met une fois aprês, et une fois devant.
   Il veut de sa main propre enfler sa renomée,
   Voir de ses propres yeux l'état de son armée.
On serait plus exact et plus délicat aujourd'hui. = Dans le sens marqué n°. 5°, il régit à et l' infinitif: Mallebranche y substitûe toujours la prép. pour. "Une disposition de cerveau propre pour (à) recevoir des traces fort profondes. = Propre, employé substantivement, n'a pas pourtant tous les privilèges des substantifs. Il régit, comme la plupart, la prép. de; mais je ne crois pas qu'on puisse, comme avec les aûtres noms, la remplacer par des pronoms possessifs. On dit, c'est le propre de la vertu, de forcer ses énemis mêmes à la respecter: mais je ne crois pas qu'on puisse dire des passions: leur propre est de voiler l'esprit du bandeau le plus épais.
   EN PROPRE, adv. "Tous ceux qui ont des terres en propre (n°. 1°.) les font valoir par eux-mêmes. Hist. du Japon. "Les Religieux n'ont rien en propre.
   PROPRET, ne se dit que dans le 7e sens de propre, dont il est le diminutif: vieillard propret; personne proprette. = S. m. "C'est un propret.
   PROPREMENT a le 2d sens de propre: la Grèce, l'Asie, l'Afrique proprement dite; et le 3e sens: Cet homme parle, s'exprime proprement: ce mot se dit proprement dans un tel sens. = À~ proprement parler, et proprement dit; le 1er s'unit aux verbes, et le 2d aux noms. * Le Traducteur de l'Histoire d'Angl. emploie l'un pour l'aûtre. "Ils (les Députés) ne composoient pas, proprement dit, une partie essentielle du Parlement. Il devait dire: ne composaient pas, à proprement parler. "La retenûe des biens de Lancaster ne fut, proprement dit (à proprement parler) que la révocation d'une grâce, etc. "Ailleurs, il dit, proprement parlant. "Ce fut, proprement parlant, le 1er vaisseau de la Marine Anglaise. Proprement parlant, ne vaut guère mieux que proprement dit, avec les verbes. = Proprement signifie encôre, nettement, avec propreté, (n°. 6°. et 7°.) "On mange proprement chez lui: doner proprement à manger. = Avec adresse, ou d'une manière agréable. "Chanter, danser, travailler proprement. "Être habillé, mis, meublé proprement.
   PROPRETÉ et PROPRIÉTÉ ont des sens diférens: l'un correspond au n°. 6°. et 7°. et l'aûtre, au n°. 1°. et 3°. de propre. "La propreté du corps contribûe à la santé. "Il est d'une grande propreté sur sa persone. — "La propriété des biens, la propriété des mots.
   * Autrefois on le disait pour propreté. "Le soin qu'on doit avoir pour la propriété et bienséance de toutes les chôses sacrées. Saint François de Sales. = Propriété, est aussi qualité, vertu: la propriété des plantes, de l'aimant. = Qualité essentielle. "L'impénétrabilité est une propriété de la matière dans son état naturel.
   PROPRIÉTAIRE ne s'emploie que dans le 1er sens; celui, celle qui possède en propre. "Le propriétaire de cette maison, de cette campagne. "Le propriétaire et l'usufruitier. Le propriétaire doit faire jouir le locataire, etc.

Synonymes et Contraires

propre


propre

adjectif propre
1.  Qui n'est pas taché.
2.  Qui est honnête.

propre

nom masculin propre
Traductions

propre

eigen, rein, sauber, blank, reinlich, adrettown, clean, personal, pure, neat, proper, untainted, decent, tidyeigen, schoon, zuiver, louter, puur, netjes, zindelijk, helder, bekwaam, eigendom, eigenschap, fatsoenlijk, geschikt, kenmerk, kenmerkend, typisch (voor), eigenlijk, proper, reinחף (ת), טהור (ת), יאה (ת), נקי (ת), עצמי (ת), טָהוֹר, נָקִי, עַצְמִי, יָאֶה, חַףeie, skoon, suiwernet, propi, purčistý, vlastníegen, renκαθαρός, παστρικός, γνώρισμα, ιδιότητα, χαρακτηριστικός, δικό μουpropra, puralimpio, propio, puro, neto, peculiar, idóneooma, puhdastisztaeigin, hreinnproprio, pulito, puro, lindocastus, purus, putusren, egenczysty, własnylimpo, próprio, peculiar, pessoal, puroчистый, собственныйren, gedigen, idel, lutter, oblandad, pur, ram, egensafitemiz, arı, halis, saf, kendiمُلْكَه, نَظِيفčist, vlastit清潔な, 自分自身の깨끗한, 자기 자신의ที่เป็นของตัวเอง, สะอาดcủa chính mình, sạch sẽ清洁的, 自己的 (pʀɔpʀ)
adjectif
1. nettoyé, sans saleté une vaisselle propre
2. soigné, bien entretenu une ville propre
3. qui est caractéristique les qualités propres de l'homme
4. qui convient une eau propre à la consommation
5. pour renforcer la possession Ce sont ses propres termes.
6. non polluant une voiture propre
7. gagné avec honnêteté de l'argent propre
8. signification première d'un mot

propre

[pʀɔpʀ]
adj
[mouchoir, vêtements] → clean
Ce mouchoir n'est pas propre → This handkerchief isn't clean.
[chien, chat] → house-trained; [enfant] → toilet-trained
[travail] → neat, tidy
(possessif)own
de ses propres mains → with one's own hands
Gordon l'a fabriqué de ses propres mains → Gordon made it with his own hands.
[sens] → literal
au sens propre → in the literal sense
propre à qn/qch → peculiar to sb/sth, characteristic of sb/sth
C'est une coutume propre au Berry → It's a custom peculiar to the Berry region.
propre à (= apte à) → likely to
des déclarations propres à rassurer les investisseurs → statements likely to reassure investors, statements that will reassure investors
nm
(= particularité) être le propre de → to be peculiar to, to be unique to
être le propre de l'homme → to be peculiar to human beings, to be unique to human beings
recopier qch au propre → to make a fair copy of sth
(DROIT) appartenir à qn en propre → to belong exclusively to sb
propre à rien nmfgood-for-nothing
un propre à rien → a good for nothing