province

(Mot repris de provinces)

province

n.f. [ lat. provincia ]
1. Ensemble de toutes les régions de France à l'exception de Paris et sa banlieue : Les aéroports de province.
2. Division administrative de nombreux pays, comme la Belgique, le Canada, la Chine.
3. Dans l'Antiquité, pays, territoire conquis hors de l'Italie, assujetti à Rome et administré par un magistrat romain.
La Belle Province,
le Québec.

PROVINCE

(pro-vin-s') s. f.
Terme de l'histoire romaine. Pays conquis hors de l'Italie, assujetti aux lois romaines et administré par un gouverneur romain.
Toutes les Gaules, toutes les Espagnes... la Grèce, la Thrace, la Syrie, l'Égypte, tous les royaumes de l'Asie Mineure... n'ont été durant plusieurs siècles que des provinces romaines [BOSSUET, Hist. III, 6]
Certaine étendue de pays qui fait partie d'un État (ainsi dite en oubliant le sens de pays vaincu qui est attaché étymologiquement à province).
Elle marche comme un général à la tête d'une armée royale, pour traverser des provinces que les rebelles tenaient presque toutes [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
On verra, sous le nom du plus juste des princes, Un perfide étranger désoler vos provinces [RAC., Esth. III, 4]
La même année, le connétable de Luynes mena Louis XIII de province en province [VOLT., Louis XIV, 36]
Mes sujets sont heureux, mes provinces tranquilles [P. LEBRUN, Marie St. III, 4]
Les habitants mêmes d'une province. Plusieurs provinces se soulevèrent.
Anciennement, en France, une certaine étendue de pays qui était gouvernée au nom du souverain par un gouverneur particulier.
M. de Chaulnes amène 4000 hommes à Rennes pour punir cette ville ; l'émotion y est grande et la haine incroyable dans toute la province contre le gouverneur [SÉV., 224]
La ruine de Rennes emporte celle de la province [ID., 227]
Sache quelle province enrichit les traitants, Combien le sel au roi peut fournir tous les ans [BOILEAU, Sat. VIII]
Province rassemblée, les états d'une province.
Je ne crois pas qu'il y ait une province rassemblée qui ait un si grand air que celle-ci [la Bretagne] [SÉV., 73]
Les habitants d'une province.
Je prends part à la tristesse et à la désolation de toute la province [SÉV., 227]
Par extension, contrée.
Je tiens l'éloignement pire que le trépas ; Et la terre n'a point de si douce province Où le jour m'agréât loin des yeux de mon prince [CORN., Clit. IV, 6]
Petit Etat.
.... Ceci montre aux provinces Que, tout compté, mieux vaut, en bonne foi, S'abandonner à quelque puissant roi, Que s'appuyer de plusieurs petits princes [LA FONT., Fabl. VIII, 18]
L'enragé qu'il était [Alexandre], né roi d'une province Qu'il pouvait gouverner en bon et sage prince [BOILEAU, Sat. VIII]
Union des dix-sept Provinces, union que les provinces méridionales des Pays-Bas contractèrent avec les provinces septentrionales, au commencement de l'insurrection contre la domination espagnole. Les sept Provinces-Unies, se dit de la république que formèrent les sept provinces septentrionales des Pays-Bas, et qui fut reconnue par le traité de Westphalie.
Au singulier, tout ce qui, en France, est hors de la capitale (souvent avec l'idée de ce qui est arriéré en fait de mode, de manières, de goût).
Dois-je dans la province établir mon séjour ? [LA FONT., Fabl. III, 1]
Cela est étrange, qu'on ne puisse avoir en province un laquais qui sache son monde [MOL., Comtesse, 2]
Pour Monsieur votre vicomte, quoique vicomte de province, c'est toujours un vicomte [ID., ib. 11]
Mon pauvre mérite, tout médiocre qu'il est, n'est pas encore réduit à se sauver en province comme les mauvais comédiens [SÉV., 69]
La province est l'endroit d'où la cour, comme dans son point de vue, paraît une chose admirable [LA BRUY., VIII]
Vous venez de province ; vous en avez rapporté un air de timidité qui ne sied pas à votre âge [MARIV., Paysan parv. 4e part]
Elle n'était jamais sortie de Paris, et elle avait une horreur invincible pour la province [GENLIS, Veillées du château t. I, p. 3, dans POUGENS]
Il a encore un air de province, se dit d'un homme qui, venu depuis peu de sa province, n'a pas encore le ton, le langage, les manières de la capitale. On dit dans le même sens : accent de province, manières de province, cela sent la province.
Elle avait de beaux yeux pour des yeux de province [GRESSET, Méch. III, 9]
Il se dit quelquefois au pluriel dans le même sens.
M. de Vaugelas nous avertit dans cette remarque qu'il a fait un traité sur les fautes particulières de quelques provinces [VAUGEL., Nouv. Rem. Observ. de M***, p. 640]
C'est une sorte de vie étrange que celle des provinces : on fait des affaires de tout [SÉV., 11 mars 1671]
Était-elle éloignée de la cour, on eût dit qu'elle était née pour les provinces ; sortait-elle des provinces, on voyait bien qu'elle était faite pour la cour [FLÉCH., Duch. de Montausier]
Sais-tu pourquoi mes vers sont lus dans les provinces, Sont recherchés du peuple et reçus chez les princes ? [, Ép. IX]
[Molière, paraissant pour la première fois devant Louis XIV] ajouta que, puisque Sa Majesté avait bien voulu souffrir leur manière de campagne, il la suppliait très humblement d'avoir agréable qu'il lui donnât un de ces petits divertissements qui lui avaient acquis quelque réputation et dont il régalait les provinces [GRIMAREST, Vie de Molière.]
On ne consulte plus le cœur que dans le fond des provinces [Mme DE PUISIEUX, Ridic. à la mode, p. 52, dans POUGENS]
Les habitants de la province. Toute la province en parle.
Je reconnais bien le style et le bavardage des provinces [SÉV., 236]
Les provinces sont peu instruites des devoirs du christianisme [ID., 21 déc. 1672]
On a fait trois éditions de ce petit ouvrage en province ; car la province pense depuis quelques années [VOLT., Lett. d'Alembert, 13 janv. 1769]
Dans l'ancienne circonscription ecclésiastique de la France, province ecclésiastique, toute l'étendue de la juridiction d'un métropolitain. Il y avait dix-huit provinces ecclésiastiques dans le royaume. Absolument. La province de Lyon. La province de Reims.
Nombre de couvents qui sont dans une ou plusieurs provinces de France, et qui sont gouvernés par un religieux dit provincial. Les augustins de la province d'Aquitaine.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Abbasie [Abyssinie] est une grant province, et sachiez qu'elle est la moienne Inde [MARC POL, p. 690]
  • XVe s.
    Si devez sçavoir que ung tel don ie ne perderoye point pour tous les royaulmes de ceste province.... [, Perceforest, t. III, f° 43]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. proensa, prohensa ; espagn. et ital. provincia ; du lat. provincia, de provincere, vaincre précédemment, de pro, et vincere, vaincre.

province

PROVINCE. n. f. Étendue de pays qui fait partie d'un État et qui comprend plusieurs villes, bourgs, villages, etc., sous un même gouvernement. La France était divisée en provinces. La province de Guyenne, de Normandie, etc. Les provinces d'un royaume. Ce prince voyait la plupart de ses provinces au pouvoir de l'ennemi. Les États, les députés de telle province.

Il se dit, par extension, des Habitants mêmes d'une province. Cette province était surchargée d'impôts. Plusieurs provinces se soulevèrent.

En parlant de la France, il se dit, au singulier, par opposition à la Capitale, du Reste du pays. Gens de province. Noblesse de province. Aller en province. Partir pour la province. Se fixer en province. Demeurer en province. La vie de province. Une ville de province.

Il se dit aussi des Habitants des provinces en général. Toute la province en parle. Cet ouvrage a charmé la cour, la ville et la province.

Il a un air de province, se dit d'un Homme venu depuis peu de sa province et qui n'a pas encore pris l'air, les manières, le langage des habitants de la capitale. On dit aussi, familièrement et adjectivement : Il a un air province; Il est très province. On dit encore dans le même sens : Accent de province. Manières de province. Cela sent la province.

Dans l'ancienne circonscription ecclésiastique de la France, Province ecclésiastique, Étendue de la juridiction d'une métropole. Il y avait dix-huit provinces ecclésiastiques dans le royaume. En ce sens on disait aussi Province absolument. La province de Sens. Toute la Bourgogne était de la province de Lyon. La Bretagne était de la province de Tours.

PROVINCE, parmi les Religieux, se dit d'un Certain nombre de monastères soumis à la direction d'un même supérieur, appelé Provincial. Les cordeliers de la province de France. Les augustins de la province d'Aquitaine.

En termes d'Histoire romaine, il désigne un Pays conquis hors de l'Italie, assujetti aux lois romaines et administré par un gouverneur romain. Après la défaite de Persée, la Macédoine fut réduite en province romaine.

province

Province, tout pays loing hors d'Italie, que les Romains avoyent vaincu à force d'armes, ausquels ils envoyoyent apres des gouverneurs de leur ville, Prouincia.

La quatriesme partie d'une province, dont les quatre font le tout, Tetrarchia tetrarchiae.

Province paisible, Pacatissima prouincia.

Province où il y a beaucoup de peine et de travail, Negotiosa et molesta prouincia.

Le Roy et gouverneur de la quatriesme partie d'une province, Tetrarcha tetrarchae.

Qui demeure en une province, Prouincialis.

Administrer soigneusement la province, Curare prouinciam.

En faire une province, In prouinciam redigere.

province


PROVINCE, s. fém. PROVINCIAL, ALE, adj. et subst. PROVINCIALAT, s. m. [Pro-vein-ce, cial, cia-le, cia-la: 2e lon. 3e e muet au 1er.] Province est 1° une étendue considérable de pays, qui fait partie d'un grand État. "Les Provinces Romaines. "La France est divisée en plusieurs Provinces. "Les dix-sept Provinces des Pays-bâs. — Les Provinces Unies; les sept Provinces qui compôsent la République de Hollande. = Province éclésiastique; l'étendue de la Juridiction d'une Métropole. = Provinces parmi les Religieux; plusieurs monastères réunis sous la direction d'un même supérieur, apelé Provincial. = 2°. Ce mot se dit quelque-fois indéfiniment, par oposition à la Capitale: la Province; en Province. "Je sais que vous avez eu des succès en Province; mais en Province, croyez-moi, les Arts et les Lettres sont encôre au berceau. MARM. "En vérité, vous raisonnez comme un Poète de Province. ID. "Je te mettrai auprès de mon neveu, qui arrive de Province. MARIV. "Il a encôre un air de Province; il n'a pas encôre l'air du grand monde, de la Cour. Langage, accent, mot de Province. = En Province. V. EN, prép.
   PROVINCIAL, qui est de Province. "Synode, Concile, Chapitre provincial. Assemblée provinciale. Receveur provincial, Comissaire provincial. (n°. 1°.) Air, langage, style provincial; manières provinciales (n°. 2°.) = Excepté en parlant des Religieux (le Père Provincial, le Provincial) on ne l'emploie substantivement que par mépris et dans le 2e sens. C'est un Provincial, une Provinciale. Ce mot emporte quelque chôse de contraint et d'embarrassé dans les manières, sans compter un mauvais accent et quelque chôse de peu poli et d'irégulier dans le langage. Bouh. Quand on ne veut pas mépriser les persones, on dit, un homme, une Dame de Province. "Le ton provincial, les manières provinciales déplaisent à Paris, dans les maisons même, où règne le plus mauvais ton.
   PROVINCIALAT ne se dit que chez les Religieux de la charge de Provincial, et du tems qu'on l'exerce.

Traductions

province

Provinz, provinceprovinceprovincie, gewest, gouw, plattelandפלך (ז)provinciaprovinciaProvincieprovinsenProvinsจังหวัด (pʀɔvɛ̃s)
nom féminin
région d'un pays, s'opposant à lacapitale vivre en province

province

[pʀɔvɛ̃s] nf
[pays, État] → province
(au singulier) la province → the provinces outside the Paris area
en province → in the provinces
Ils habitent en province → They live in the provinces.