pyrrhonien, ienne

PYRRHONIEN, IENNE

(pi-rro-niin, niè-n') adj.
Qui appartient au pyrrhonisme.
Voilà la guerre ouverte entre les hommes, où il faut que chacun prenne parti, et se range nécessairement ou au dogmatisme ou au pyrrhonisme ; car qui pensera demeurer neutre, sera pyrrhonien par excellence [PASC., Pens. VIII, 1, édit. HAVET.]
Ceux qui ont lu Montaigne savent assez que cet auteur affectait de passer pour pyrrhonien, et qu'il faisait gloire de douter de tout [MALEBR., Rech. II, III, 5]
Par extension, qui doute ou affecte de douter de tout.
En fait de science, les hommes sont nés dogmatiques et hardis, et il leur en coûte plus d'efforts pour être timides et pyrrhoniens [FONTEN., Méry.]
Ce sont là [la négation des effets extérieurs et de la cause] les pas les plus hardis que peut faire le plus pyrrhonien de tous les esprits : quand il [Hume] en est là, il s'arrête en dépit de soi [VILLEMAIN, Littér. fr. 18e siècle, 2e part. 3e leçon.]
Substantivement.
Il faut avoir ces trois qualités, pyrrhonien, géomètre, chrétien soumis ; et elles s'accordent et se tempèrent, en doutant où il faut, en assurant où il faut, en se soumettant où il faut [PASC., Pens. XIII, 2]
Que fera donc l'homme ? doutera-t-il de tout ?... on n'en peut venir là, et je mets en fait qu'il n'y a jamais eu de pyrrhonien effectif parfait ; la nature soutient la raison impuissante, et l'empêche d'extravaguer jusqu'à ce point [ID., ib. VIII, 1]
Les principales forces des pyrrhoniens, je laisse les moindres, sont que nous n'avons aucune certitude de la vérité de ces principes [la conformité des hommes sur certaines choses], hors la foi et la révélation, sinon en ce que nous les sentons naturellement en nous ; or ce sentiment naturel n'est pas une preuve convaincante de leur vérité.... [ID., ib. VIII, 1]
On m'accuse de matérialisme, disait un jour un pyrrhonien ; c'est à peu près comme si on accusait un constitutionnaire de jansénisme [D'ALEMB., Ab. de la crit. Œuv. t. IV, p. 255, dans POUGENS]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. PYRRHONISME.