querelle

querelle

[ kərɛl] n.f. [ du lat. querela, plainte en justice, de queri, se plaindre ]
1. Contestation amenant des échanges de mots violents : Des querelles de voisinage ont éclaté altercation, scène
2. Débat dans lequel des thèses s'opposent vivement : La querelle des partisans et des adversaires de la mondialisation controverse, polémique
Chercher querelle à qqn,
le provoquer.

QUERELLE

(ke-rè-l') s. f.
Dispute animée où il y a combat soit de corps ou de parole, soit de plume.
Le temps guérit les douleurs et les querelles, parce qu'on change, on n'est plus la même personne [PASC., Pens. VI, 42, édit. HAVET.]
Voyez les apôtres du Fils de Dieu ; autrefois ils étaient toujours en querelle au sujet de la primauté [BOSSUET, 2e sermon, Pentec. 2]
Une misérable querelle de littérature dans un café fut la première origine de ce fameux procès de Jean-Baptiste Rousseau le poëte [VOLT., Dict. phil. Quisquis.]
Je ne me mêle point de ces querelles [des parlements] ; je songe à celles que nous avons avec la nature [ID., Lett. Mme du Deffant, 8 août 1770]
Si l'on comptait les meurtres que le fanatisme a commis depuis les querelles d'Athanase et d'Arius jusqu'à nos jours [ID., Mœurs, 180]
Il est vrai que Fontenelle avait auprès de Despréaux et de Racine un tort irrémissible, celui d'être le complice de Charles Perrault dans la querelle sur les anciens [D'ALEMB., Éloges, J. Text. de Mauroy, note 4]
Tel est le naturel des hommes : s'ils n ont pas de grands sujets de querelles, ils s'en font des petits qui ont les effets des grands [ANQUETIL, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. I, p. 19]
Delaunay et Mlle Favart [deux acteurs] sont charmants dans cette querelle d'amoureux vieille comme le monde et toujours jeune [TH. GAUTIER, Monit. univ. 30 nov. 1868]
Chercher querelle à quelqu'un, entamer une querelle avec lui, le provoquer.
Quand est-ce que je m'en suis moqué ? tu cherches querelle [FÉN., Dial. des morts, Dial. XIV (Hérodote, Lucien).]
Prendre querelle, avoir un démêlé avec quelqu'un.
Il passa par Poitiers, où nous primes querelle [CORN., le Ment. IV, 1]
Il a pris querelle contre quelqu'un [MOL., le Mar. forcé, 6]
Il a pris querelle pour des femmes. - L'Olive : Non pas, madame, il n'est pas si bête ; ce sont des femmes qui ont pris querelle pour lui [DANCOURT, Foire de Besons, sc. 12]
Faire querelle, même sens que chercher querelle.
Peut-être qu'orgueilleux d'être avec cette belle, Il serait assez vain pour me faire querelle [CORN., Illus. com. II, 2]
Alcippe cependant m'accuse d'inconstance, Me fait une querelle où je ne comprends rien [ID., le Ment. III, 3]
....vous aimez les gens pour leur faire querelle [MOL., Mis. II, 1]
C'est lui qui.... s'ingère de recueillir l'argent de chacun des spectateurs, et qui fait querelle à ceux qui, étant entrés par billets, croient ne devoir rien payer [LA BRUY., Théophr. VI]
Le public, qui, soit humeur, soit justice (car nous ne voulons ici lui faire ni compliment ni querelle), ne joint pas toujours sa voix à celle des académiciens [dans les choix] [D'ALEMB., Éloges, St-Aulaire.]
Entrer dans une querelle, y prendre parti. Querelle d'Allemand, querelle faite sans sujet.
En me faisant, mais très injustement, Quoique Français, querelle d'Allemand [SCARR., Poés. div. Œuv. t. VII, p. 93, dans POUGENS]
Si cela nous ennuie [de nous écrire sans nous gronder], nous serons toujours sur nos pieds pour nous faire quelque petite querelle d'Allemand [SÉV., à Bussy, 16 févr. 1671]
Terme de droit romain. Querelle d'inofficiosité, voy. INOFFICIOSITÉ.
Il se dit de la querelle considérée en un seul côté, et comme le parti d'un des querellants.
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire... Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ! [CORN., le Cid, I, 7]
Chimène, remets-tu ta querelle en sa main ? [ID., ib. IV, 5]
S'il fallait aujourd'hui venger votre querelle [ID., D. Sanche, II, 4]
Il est temps que d'autres mains s'arment pour sa querelle [de la grâce efficace] [PASC., Prov. II]
Voilà donc quels vengeurs s'arment pour ta querelle, Des prêtres, des enfants, ô Sagesse éternelle ! [RAC., Athal. III, 7]
Embrasser, épouser la querelle de quelqu'un, prendre parti pour lui contre ceux avec qui il a querelle.
Si quelque audacieux embrasse sa querelle, Qu'à la fureur du glaive on le livre avec elle [RAC., Athal. V, 6]
Prendre querelle pour quelqu'un, faire de sa querelle la sienne, et aussi se faire son champion, malmener ceux qui sont contre lui.
Elle [Rome] vous a banni, j'ai pris votre querelle [CORN., Sertor. IV, 2]
Britannicus mourant excitera le zèle De ses amis, tout prêts à prendre sa querelle [RAC., Brit. IV, 3]
Débats entre les peuples, entre les souverains, guerres.
Rome aujourd'hui m'a vu père de quatre enfants, Trois en ce même jour sont morts pour sa querelle [CORN., Hor. V, 3]
Amour, tu perdis Troie ; et c'est de toi que vint Cette querelle envenimée Où du sang des dieux même on vit le Xanthe teint [LA FONT., Fabl. VII, 13]
Se peut-il rien de plus plaisant, qu'un homme ait droit de me tuer parce qu'il demeure au delà de l'eau, et que son prince a querelle contre le mien, quoique je n'en aie aucune avec lui ? [PASC., Pens. III, 8]
Ce roi [Mithridate] qui.... Vengeait de tous les rois la querelle commune [RAC., Mithr. I, 1]
Il y avait dans ces temps-là comme deux mondes séparés : dans l'un combattaient les Carthaginois et les Romains ; l'autre était agité par des querelles qui duraient depuis la mort d'Alexandre [MONTESQ., Rom. 5]
La bataille de Platée qui termina la grande querelle de la Grèce et de la Perse [BARTHÉL., Anach. ch. 52]
Louis calme la terre ; il me rend à moi-même ; Je ne vends plus mon temps aux querelles des rois [ST-LAMBERT, Élégie.]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et aussi en pesa au soudant ; car il avoit plus en la queriele que tout li autre [, Chr. de Rains, 99]
    Et il otroia la dite court, sauf carelle de sanc et carelle de quoi l'en pert vie [, Ass. de J. I, 26]
    Et souvent avient que les simples gens qui ont bonnes querelles et loiax, laissent perdre lor querelles, porce qu'il ne les ozent maintenir par devant tex baillis, por lor felonie, por doute de plus perdre [BEAUMANOIR, I, 4]
  • XVe s.
    Artevelle, qui preschoit sa querelle de desheriter le comte Louis leur naturel seigneur.... et heriter le fils du roi d'Angleterre [FROISS., I, I, 247]
    Car j'ay laissé Marion esplorée Dedans son parc, où l'humble pastorelle Fait (j'en suis seur) lamentable querelle [plainte] [MAROT, I, 313]
    Il restoit à trouver une querele d'Alemagne pour collorer ce nouveau changement [D'AUB., Hist. I, 341]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. quairaille, quairelle ; provenç. querela, querella ; ital. querela ; du lat. querela, plainte, de queri, se plaindre, avec le suffixe e-la formant des noms d'action et de chose agissante, loquela, sequela, candela, etc.

querelle

QUERELLE. n. f. Contestation, démêlé, dispute mêlée d'aigreur et d'animosité. Vieille querelle. Querelle de famille. Querelle héréditaire. Querelle de ménage. Avoir querelle avec quelqu'un. Être en querelle avec quelqu'un. Chercher querelle à quelqu'un. Se prendre de querelle avec quelqu'un. Susciter une querelle à quelqu'un. Exciter une querelle. Ils prirent querelle au jeu, sur le jeu. Terminer, apaiser une querelle. Réveiller une querelle. L'origine de la querelle. Vider une querelle.

Entrer dans une querelle, S'intéresser dans une querelle, y prendre parti.

Embrasser, épouser la querelle de quelqu'un, Prendre le parti de quelqu'un contre ceux avec qui il a un différend, un démêlé.

Fig., Querelle d'Allemand, Querelle de mauvaise foi. Il lui cherchait une querelle d'Allemand. Il m'a fait une querelle d'Allemand.

querelle

Une Querelle, Controuersia, Contentio, Iurgium, Dissensio, Dissidium.

Une vieille et ancienne querelle qui dure il y a long temps, Dissidium inueteratum.

Pensée pleine de querelles, In querelis mens.

De petits procez aucunesfois grandes querelles, E trioboli litibus grandes tragoediae aliquando, inexpiabilesque discordiae, B.

Avoir querelle avec aucun, Simultatem cum aliquo gerere,

Debatre une querelle à l'espée, Disceptare armis de controuersia.

Desmesler une querelle à coups d'espée, et à force d'armes, Ferro vel armis decernere.

Donner charge de desmesler une querelle, et resister à l'entreprinse de l'ennemi, Decertationem aliquarum rerum committere.

Entrer en querelle, Ingredi in causam.

Ils demandoient qu'ils ne les fist point entrer en cette querelle, Petebant ne se temere in causam deduceret.

Faire son propre fait de la querelle d'autruy, Litem suam facere.

Laisser la querelle et debat, Contentionem remittere.

Ne poursuivre plus une querelle, ou poursuite, Deponere causam.

Prendre une querelle, Causam complecti.

Prendre querelle et se courroucer, Iras gerere.

Je porte cette querelle à ma femme, Porto hoc iurgium ad vxorem.

Qui soustient la querelle du menu peuple, Plebicola.

Suivir du tout une querelle, In causam se demittere penitus.

querelle


QUERELLE, s. f. QUERELLER, v. act. QUERELLEUR, EûSE, adj. et subst. [Ke-rèle, rélé, ré-leur, leû-se: 1re e muet, 2e è moy. au 1er, é fer. aux 3 autres; 3e e muet au 1er, é fer. au 2d, lon. au dern. = Richelet avertit de prononcer krelle, krélé, kréleur, excepté en vers: cette prononciation n'est pas aprouvée du grand nombre. = Il met querelleur et querelleux: le 1er est le seul bon.] Querelle, contestation, démélé, dispute avec aigreur et animosité. Quereller, faire querelle à... Querelleur, qui fait souvent querelle. "Grande, grosse, sanglante, ou petite, légère querelle. Avoir querelle ou être en querelle avec: faire, chercher querelle, susciter une querelle à: entrer dans une querelle: embrasser, épouser, prendre la querelle de; prendre parti pour, etc. Voy. DIFFÉREND. = "Il est venu nous quereller bien mal-à-propos: ils se sont querellés, — "C'est un homme fort querelleur: "C' est un grand querelleur: une querelleûse perpétuelle. = Fénélon dit querelleux. "Il étoit encôre plus querelleux et plus brutal, qu'il n'étoit fort et vaillant. Télém.
   Quereller signifie aussi réprimander aigrement. "Il querelle sans cesse ses valets; et neutralement: "il aime fort à quereller: ne querellons point.
   REM. Faire, chercher querelle, et avoir querelle se disent sans article. "L'Empereur regarda cette acusation pour (comme) une querelle que le Duc Rodolphe vouloit lui chercher. Père Barre, Hist. d'Angleterre. Il falait dire: l' Empereur pensa que par cette acusation, le Duc voulait lui chercher querelle. = Se prendre de querelle avec, n'est tout au plus que du style médiocre. "Tu te prendrois de querelle avec un homme, pour un poil de plus ou de moins que toi à la barbe. Traduction de Shakespear. = En style proverb. Faire une querelle d'Allemand à quelqu'un, l'ataquer sans sujet et de gaîté de coeur pour une bagatelle. = On done quelquefois, à querelle, l'épithète de grosse, mais seulement dans le st. famil. plais. ou critique. "Ce jeûne fut le sujet d'une grosse querelle entre les Grecs et les Arméniens. Let. Édif.

Synonymes et Contraires

querelle

nom féminin querelle
Traductions

querelle

quarrel, argument, squabble, dispute, feud, altercation, controversy, wrangleruzie, heibel, herrie, twistהתקוטטות (נ), מדון (ז), מדנים (ז״ר), מריבה (נ), קטטה (נ), ריב (ז), תגרה (נ), מְרִיבָה, תִּגְרָה, מָדוֹן, הִתְקוֹטְטוּת, רִיב, קְטָטָהargument, rusiespor, hádkaskænderikverelopelea, riñaveszekedésrifrildilite, bisticcio, alterco, baruffa, bega, contesa, disputa, litigio仲違い, 口論말싸움, 말다툼krangelkłótniaquerela, disputaссораgräl, kiv, tvistсперечатисяcãi nhau, sự tranh cãiFehde, Hader, Querele, Streitκαβγάςشِجَارriitasvađaการทะเลาะวิวาทkavga吵架 (kəʀɛl)
nom féminin
dispute

querelle

[kəʀɛl] nfquarrel
chercher querelle à qn → to pick a quarrel with sb [kəʀele] vpr/récip → to quarrel