qui

1. qui

[ ki] pron. relat. [ mot lat. ]
1. Dans une proposition relative, assure la fonction de sujet représentant une personne ou une chose : C'est elle qui a gagné. Une expérience qui sera une première.
2. Dans une proposition relative, assure la fonction de complément prépositif désignant une personne : Les amies à qui j'ai posé la question. La femme avec qui vous parliez lequel
3. Sans antécédent, assure la fonction de sujet ou de complément indéterminé représentant toute personne : « Rira bien qui rira le dernier » [proverbe] celui qui rira le dernier quiconque
Qui... qui...,
Litt. l'un..., l'autre... ; les uns..., les autres... : Ils ont tous participé, qui avec son matériel, qui avec sa compétence.

qui que

loc. relat. indéf.
(Suivi du subj.) Introduit une proposition relative à nuance concessive : Qui que vous invitiez, il sera le bienvenu quelle que soit la personne que

2. qui

[ ki] pron. interr. [ lat. quis ]
(Dans l'interrogation directe et indirecte) Quelle personne : Qui est là ? Qui fabrique ces produits ? Je sais qui a fait cela. Par qui l'a-t-elle su ? Je me demande qui les a prévenus. On m'a dit qui vous êtes.

QUI

(ki) , pronom relatif, ou mieux conjonctif, des deux genres et des deux nombres.
Il unit un substantif à une proposition subordonnée ; en cet emploi, il n'est jamais le régime direct d'un verbe, bien qu'il puisse être le régime d'une préposition. Les femmes qui vous parleront. Vos sœurs avec qui j'ai fait connaissance. Les roses qui fleurissent.
Les médecins, sans qui on avait mis l'emplâtre, ne dirent point ce qu'ils en pensaient [SÉV., 24 nov. 1664]
L'amour avidement croit tout ce qui le flatte [RAC., Mithr. III, 4]
Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui l'on vient de donner [LA BRUY., IV]
Il faut que nous soyons des enfants ingrats et dénaturés qui aient attiré la colère de Dieu [FÉN., t. XVIII, p. 488]
Cet air de guerre hautain et hardi qui se prend si aisément et qu'on trouve qui sied bien [FONTEN., Ressons.]
Qu'on aime peu un maître et un ami, à qui on ne trouve jamais rien à dire ! [MASS., Carême, Prière 1]
L'âme du souverain est un moule qui donne la forme à tous les autres [MONTESQ., Lett. pers. 99]
Qui, précédé d'une préposition ne s'emploie pas en parlant des choses. Ne dites pas : la chose de qui vous parlez, mais dont vous parlez ; l'exemple sur qui vous vous réglez, mais sur lequel.
On ne dirait : le bâton sur qui je m'appuie, la plante à qui je crois le plus de vertu ; on dira ; le bâton sur lequel je m'appuie, la plante à laquelle je crois... [D'OLIVET, Ess. gramm. III, 3]
Cela ne s'applique pas aux cas où l'on personnifie un objet inanimé.
La gloire à qui je me suis dévoué [VAUGEL., dans GIRAULTDUVIVIER]
Rochers à qui je me plains, bois à qui je compte mes peines [MARMONTEL, dans GIRAULT-DUVIVIER]
On fait aussi une exception pour les animaux. On a conclu que l'usage permettait souvent à qui hors des personnes, surtout en parlant des animaux domestiques, comme : c'est un chien à qui elle fait mille caresses, Acad. Observ. sur Vaugel. p. 67, dans POUGENS. Cependant en poésie, on s'affranchit souvent de cette règle ; et même en prose, les auteurs du XVIIe siècle sont loin de l'observer.
Tel qu'à vagues épandues Marche un fleuve impétueux, De qui les neiges fondues Rendent le cours furieux [MALH., II, 2]
Cette contrainte ruinerait la naïveté, à qui j'oserais donner la première place parmi toutes les perfections du style [VAUGEL., Rem. not. Th. Corn. t. I, p. 190, dans POUGENS]
Trop rigoureux effets d'une aimable présence, Contre qui mon devoir a trop peu de défense [CORN., Poly. II, 2]
Soutiendrez-vous un faix sous qui Rome succombe ? [ID., Pomp. I, 1]
Il y a des choses sur qui le poëte n'a jamais aucun droit [ID., 2e disc.]
Deux pivots sur qui roule aujourd'hui notre vie [LA FONT., Fabl. V, 1]
...Un bien [la liberté] Sans qui les autres ne sont rien [ID., ib. IV, 13]
J'ai conçu, digéré, produit un stratagème Devant qui tous les tiens, dont tu fais tant de cas, Doivent sans contredit mettre pavillon bas [MOL., l'Ét. II, 14]
Votre mérite a qui chacun se rend [ID., Éc. des mar. II, 9]
Une de ces injures pour qui un honnête homme doit périr [ID., D. Juan, III, 3]
Il court parmi le monde un livre abominable, Et de qui la lecture est même condamnable [ID., Mis. V, 1]
Ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies [ID., Scap. I, 2]
Votre vie est pour moi d'un prix à qui tout cède [RAC., Phèdre, III, 3]
Ai-je connu jamais ces noms brillants de gloire Sur qui tu viens sans cesse arrêter ma mémoire ? [A. CHÉN., Élég. VIII]
Mépris des préjugés sous qui rampe la terre [LAMART., Harold, 11]
Qui, correspondant à nul, aucun, premier, second, dernier, etc. ou à personne, guère, rien, etc. veut au subjonctif le verbe de la proposition subordonnée.
Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise [LA BRUY., XI]
Il n'y a aucun de ses sujets qui ne hasardât sa propre vie pour conserver celle d'un si bon roi [FÉN., Tél. VIII]
Il y a peu de rois qui sachent chercher la véritable gloire [ID., ib. XI]
Racine est le premier qui ait su rassembler avec art les ressorts d'une intrigue tragique [LA HARPE, Él. de Rac.]
Cependant on peut aussi mettre l'indicatif ; c'est l'intention qui en décide : si l'idée est, comme plus haut, indécise, on se sert du subjonctif ; si elle est positive, affirmative, on se sert de l'indicatif. Ce livre est le dernier qu'il a fait contre ses adversaires.
Émile est le seul qui n'y a rien compris [J. J. ROUSS., Ém. v.]
Qui veut le verbe de la proposition subordonnée à la même personne que le nom ou le pronom auquel il se rapporte.
N'accuse point mon sort, c'est toi seul qui l'as fait [CORN., Cinna, III, 4]
Si le maître des dieux assez souvent s'ennuie, Lui qui gouverne l'univers, J'en puis bien faire autant, moi qu'on sait qui le sers [LA FONT., Fabl. XII, 11]
Ouais ! serait-ce bien moi qui me tromperais ? [MOL., Méd. malg. lui, I, 6]
Fille d'Agamemnon, c'est mol qui, la première, Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père [RAC., Iphig. IV, 4]
C'est vous seuls [les riches et les puissants] qui donnez à la terre des poëtes lascifs, des auteurs pernicieux, des écrivains profanes [MASS., Pet. carême, Vices et vertus des gr.]
Je ne vois que nous deux qui soyons raisonnables [COL. D'HARLEV, dans GIRAULT-DUVIVIER]
Mais qui pouvant être considéré comme étant de la troisième personne, ce que font plusieurs langues, par exemple l'allemand, on a accordé, pour la personne, le verbe non avec le substantif, mais avec qui ainsi considéré. Cette construction est aujourd'hui complétement abandonnée, et c'est une faute de la suivre.
Je n'ai trouvé que vous qui fût digne de moi [MOL., Psyché, IV, 3]
Hélas ! que ne veut-on aussi me marier ! Ce ne serait pas moi qui se ferait prier ! [ID., Sgan. II]
Je vous demande si ce n'est pas vous qui se nomme Sganarelle. - .... En ce cas, c'est moi qui se nomme Sganarelle [ID., Méd. malg. lui, I, 6]
Nous chercherons partout à trouver à redire, Et ne verrons que nous qui sachent bien écrire [ID., Femm. sav. III, 2]
Britannicus est seul : quelque ennui qui le presse, Il ne voit dans son sort que moi qui s'intéresse [RAC., Brit. II, 3]
Je ne vois plus que vous qui la puisse défendre [ID., Iphig. III, 5]
Avouez qu'il n'y a que vous qui pût rendre de ces services d'ami [VOLT., Lett. d'Argental, 12 juill. 1740]
Quand qui est précédé d'un substantif ou d'un adjectif tenant lieu d'un substantif, on peut mettre le verbe de la proposition subordonnée ou à la personne du sujet ou à la troisième personne. Je suis le premier qui ait fait cela ou qui aie fait cela. Vous êtes le seul qui connaisse ce sujet ou qui connaissiez ce sujet.
Pour moi, je ne suis qu'un particulier qui ne me mêle de rien [RETZ, III, 373]
De tels secrets je ne me pique, Comme homme simple et qui vit à l'antique [LA FONT., Or.]
Comme un homme qui n'ai d'autre vue que.... [BOSSUET, Lett. 245]
êtes-vous encore ce même grand seigneur qui venait souper chez un misérable poëte ? [BOILEAU, Lett. à M. de Vivonne, 2]
Je suis Diomède, roi d'Étolie, qui blessai Vénus au siége de Troie [FÉN., Tél. XX]
Je suis tenté de croire que vous êtes Minerve, qui êtes venue, sous une figure d'homme, instruire sa ville [ID., Dial. Timon et Socr.]
Souviens-toi que je suis le seul qui t'a déplu [ID., Dial. Pith. et Denis.]
Nous sommes ici plusieurs qui nous souvenons des grands succès que nous eûmes dans la dernière guerre [DACIER, Vie d'Annibal.]
N'êtes-vous plus cet Ulysse qui a combattu tant d'années pour Hélène contre les Troyens ? [Mme DACIER, Odyss. XXII]
Tu étais le seul qui pût me dédommager de l'absence de Rica [MONTESQ., Let. pers. dans GIRAULT-DUVIVIER]
Je fus le premier qui fis connaître aux Français quelques morceaux.... [VOLT., Ess. sur la poésie ép. IX]
Je pense que vous et moi nous avons été les seuls qui aient prévu que la destruction des jésuites les rendrait [les jansénistes] trop puissants [VOLT., dans GIRAULT-DUVIVIER]
C'est d'après cette construction que Bossuet, traduisant le mot de la Bible, a dit de Jéhovah : Je suis celui qui suis. Après : un homme comme vous, comme moi, on suit ou ne suit pas l'accord des personnes, suivant l'idée. J'en crois un homme comme vous qui a vu par ses yeux ou qui avez vu par vos yeux, suivant qu'on fait rapporter qui à vous ou à homme.
Qui ne se peut rapporter à un nom qui n'a point d'article, quand le nom n'est pas susceptible de recevoir en ce cas le nombre pluriel. On ne peut dire : Il a fait cela par avarice, qui est capable de tout ; il faut dire : par avarice, passion qui est capable de tout. Il y a des phrases où le substantif, sans un article, peut recevoir après lui le qui conjonctif ; c'est quand le substantif y est susceptible de pluralité. Il agit en politique qui sait gouverner. Il est coupable de crimes qui méritent châtiment. Il n'y a homme qui ne sache cela. Une sorte de bois qui est fort dur. Ce sont gens habiles qui m'ont dit cela.
La construction ordinaire veut que qui ne soit pas séparé de son antécédent ; quelquefois pourtant on les sépare ; en ces cas, ce sont le goût et l'oreille qui décident ; surtout il faut prendre garde à ne pas rendre obscure la phrase.
Et le fils dégénère, Qui survit un moment à l'honneur de son père [CORN., Cid, II, 2]
Un loup survint à jeun, qui cherchait aventure [LA FONT., Fabl. I, 10]
Sans ce trait falot Un homme l'emmenait, qui s'est trouvé fort sot [MOL., l'Ét. II, 14]
La tête d'une femme est comme la girouette Au haut d'une maison, qui tourne au moindre vent [ID., Dép. am. IV, 2]
Tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse, De qui l'humeur coquette et l'esprit médisant Semblent si fort donner dans les mœurs d'à présent [ID., Mis. I, 1]
La déesse en entrant qui voit la nappe mise [BOILEAU, Lutr. I]
Phénix même en répond, qui l'a conduit exprès Dans un fort éloigné du temple et du palais [RAC., Andr. V, 2]
Cette construction est moins bonne dans les exemples suivants.
Il lui faut aussi un cheval pour monter son valet, qui coûtera bien trente pistoles [MOL., Scap. II, 8]
Il a eu raison d'interdire un prêtre pour toute sa vie, qui, pour se défendre, avait tué un voleur d'un coup de pierre [PASC., Prov. XI]
On ne parlait qu'avec transport de la bonté de cette princesse, qui, malgré les divisions trop ordinaires dans les cours, lui gagna d'abord tous les cœurs [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Qui se rapportant à un pronom qui ne le précède pas immédiatement. Le voici qui vient. Il est là qui fait le démon.
Voilà monsieur, je l'entends qui monte [A. DUVAL, Jeun. de Richel. III, 6]
Absolument, qui, en parlant des personnes, se dit pour celui qui, celle qui, ceux qui, celles qui.
Qui se laisse outrager mérite qu'on l'outrage [CORN., Héracl. I, 2]
Qui creuse la fosse y tombera, et qui rompt la haie sera mordu du serpent [SACI, Bible, Ecclésiaste, X, 8]
Jamais la vérité, cette fille timide, Pour entrer chez les rois ne trouve qui la guide [ROTR., Antig. IV, 6]
Qui ne voit pas la vanité du monde est bien vain lui-même [PASC., Pens. VI, 59 bis, éd. HAVET]
Qui ne mourrait pour conserver son honneur, celui-là serait infâme [ID., ib. II, 1]
Qui a vu la cour a vu du monde ce qui est le plus beau, le plus spécieux, le plus orné ; qui méprise la cour après l'avoir vue, méprise le monde [LA BRUY., VIII]
Qui n'est que juste est dur ; qui n'est que sage est triste [VOLT., Épît. XLIX.]
Malheureux qui se voue aux nymphes du Permesse, S'il ne possède pour richesse Qu'un grand cœur et son Apollon ! [GILB., Ode au roi.]
Il me faut qui m'estime ; il me faut des amis.... [A. CHÉN., Élég. XI]
N'avoir qui..., n'avoir personne à.
C'est là que, loin du monde et de sa vaine pompe, Je n'aurai qui tromper, non plus que qui me trompe [CORN., Place Roy. V, 8]
Dans cette construction, le membre qui a qui en tête peut se mettre par inversion après le verbe du membre de phrase principal.
Il passe pour tyran quiconque s'y fait maître [à Rome], Qui le sert, pour esclave, et qui l'aime, pour traître [CORN., Cinna, II, V]
Comme eux [Ésope, Homère] ne ment pas qui veut [LA FONT., Fabl. IX, 1]
Écrive qui voudra ; chacun à ce métier Peut perdre impunément de l'encre et du papier [BOILEAU, Sat. IX]
Le [Cicéron] blâme qui voudra d'avoir répandu dans le sein de l'amitié les douleurs qu'il cachait à ses persécuteurs ; je l'en aime davantage [VOLT., Rome sauv. Préf.]
Qui, employé absolument, c'est-à-dire sans antécédent énoncé, est le sujet du verbe suivant ; le second verbe ne peut point avoir de sujet énoncé ; c'est cet antécédent sous-entendu qui en est le sujet. Ainsi ne dites pas : qui est fidèle à sa parole, il est estimé. Cependant dans le XVIIe siècle on ne craignait pas cette tournure.
Et qui veut m'affliger, il faut qu'il me conseille De ne m'affliger pas [MALH., V, 21]
Qui se contraint au monde, il ne vit qu'en torture [RÉGNIER, Sat. X]
Qui dit prude, il dit laide [LA FONT., Or.]
Qui prendrait garde au vent de si près, jamais il ne sèmerait [BOSSUET, Serm. Quinq. 2]
En un mot qui voudrait épuiser ces matières, Peignant de tant d'esprit les diverses manières, Il compterait plutôt combien dans un printemps Guénaud et l'antimoine ont fait mourir de gens [BOILEAU, Sat. IV]
Qui se dit absolument aussi en parlant des choses. Voici qui me convient. Voilà qui vous plaira. Qui plus est. Qui pis est.
Bacchus le déclare hérétique, Et janséniste, qui pis est [BOILEAU, Chanson à boire.]
10° Quelquefois deux membres de phrase sont liés l'un et l'autre à une phrase principale par un pronom relatif, et l'un sert de déterminatif à l'autre. C'est l'homme qui porte un chapeau, qui a fait la commission.
Il n'y a qu'une affliction qui dure, qui est celle de la perte des biens [LA BRUY., VI]
11° Qui, précédé d'une préposition, pris elliptiquement pour celui qui, ceux qui, celles qui.
J'ai dû cette vengeance à qui m'a mise au jour [CORN., Cid, V, 7]
Mais j'ai tort d'en parler à qui ne peut m'entendre [ID., Poly. V, 3]
Faire réponse en reine et comme le mérite Et de qui l'on me parle et qui m'en sollicite [ID., Nic. III, 1]
À quel droit voulez-vous que cette haine cesse Pour qui lui disputa ce trône et sa maîtresse ? [ID., Othon, III, 5]
Le bonheur appartient à qui fait des heureux [DELILLE, Pitié, II]
À qui exprime aussi la compétition, la rivalité.
Et tous trois à l'envi s'empresser ardemment à qui dévorerait ce règne d'un moment [CORN., Othon, I, 1]
C'était à qui avait vu le diable, ou à qui le verrait ; tout cela était un sujet de conversations inépuisables [VOLT., Dict. phil. Possédés.]
12° On rencontre la locution plus.... plus..., jointe à un membre de phrase par un qui, lequel se trouve n'avoir point de verbe à lui en propre.
Si la répugnance qu'on a pour les devoirs était un titre d'exemption, où est le fidèle qui, plus il sentirait de corruption dans son cœur, plus il n'y trouvât sa justification et son innocence ? [MASS., Carême, Pardon.]
Ces exécrables mystères, dit-il [saint Léon], qui plus ils sont impurs plus on a soin de les cacher, sont communs aux manichéens et aux priscillianistes [VOLT., Dict. philos. Zèle.]
[Un esprit divin].... Qui, plus il a compté de soleils et de jours, Plus il se sent d'élan pour s'élancer toujours [LAMART., Rép. aux adieux de W. Scott.]
C'est d'une façon analogue que Racine dit : Avez-vous pu penser qu'au sang d'Agamemnon Achille préférât une fille sans nom, Qui de tout son destin ce qu'elle a pu comprendre, C'est qu'elle sort d'un sang.... Iph. II, 5.
13° Au XVIIe siècle, on pouvait faire rapporter qui à un participe pris absolument, de sorte que le membre de phrase subordonné continuait par un autre sujet que qui.
On vit en eux [les apôtres] une véritable foi, et, dans cette foi, une véritable justice, qui étant l'ouvrage du Saint-Esprit, il s'ensuit qu'il donna au monde une parfaite conviction de la justice [BOSSUET, Méd. sur l'Évang. 2e part. 20e jour.]
14° Un des hommes qui ont.... ou qui a..., voy. UN.
15° Qui pris substantivement. Les qui, les quand, les quoi.
Prendre garde qu'un qui ne heurte une diphthongue [RÉGNIER, Sat. IX]
16° Emploi archaïque de qui pour si l'on, si quelqu'un.
Qui lui pourrait un peu tirer les vers du nez, Que nous verrions demain des gens bien étonnés ! [CORN., Veuve, IV, 6]
Qui pourrait toutefois en détourner Lysandre, Ce serait le plus sûr [ID., Gal. du Pal. IV, 1]
Un loup.... Aperçut un cheval qu'on avait mis au vert ; Je laisse à penser quelle joie : Bonne chasse, dit-il, qui l'aurait à son croc [LA FONT., Fabl. V, 8]
L'on ne saurait les faire obéir, qui ne les bat rudement [CHIFFLET, Gramm. p. 134]
Voilà ce qu'il faut aux gens doctes ; qui leur égayerait tout cela par des réflexions, par des traits ou de morale, ou même de plaisanterie, ce serait un soin dont ils n'auraient pas grande reconnaissance [FONTEN., Oracles, Préface]
Il est dommage que cette tournure vive et légère tombe en désuétude.
17° Emploi archaïque de qui pour ce qui.
Elle y coupe la courbe à angles droits, qui est ce qu'il fallait faire [DESC., Géom. 2]
Elle fut admonestée, qui est une très légère peine [SÉV., 422]
Vous pensâtes ne me pas trouver, qui eût été une belle chose [ID., 4 nov. 1676]
On préfère ce que l'on sent, qui promet plus de succès [FONTEN., Malezieu.]
Qui pour ce que dans une phrase dubitative.
Je ne sais qui je dois admirer davantage, Ou de ce grand amour ou de ce grand courage [CORN., Illus. com. V, 3]
18° Emploi archaïque de qui, avec un que antécédent, voy QUE 1, n° 8.
Cette madame Quintin que nous disions qui vous ressemblait [SÉV., 69]
19° Qui ni quoi, voy. QUOI.
20° Qui que ce soit, qui que ce puisse être, etc. signifie quiconque, quelque personne que ce soit. Qui que ce soit qui ait fait cela, c'est un habile homme. À qui que ce soit que nous parlions, nous devons être polis.
Mais comme il est permis Contre qui que ce soit de servir ses amis [CORN., Nicom. II, 3]
Qui que ce soit, avec la négation, signifie nul, nulle personne. Je n'y ai trouvé qui que ce soit. Je n'envie la fortune de qui que ce soit. On ne doit jamais mal parler de qui que ce soit en son absence.
21° Qui qu'il soit, quel qu'il soit.
Et le combat fini, m'amenez le vainqueur ; Qui qu'il soit, même prix est acquis à sa peine [CORN., Cid, IV, 5, édit. de 1682]
Il voudra, ce rival, qui que l'on puisse élire, S'assurer par l'hymen de vos droits à l'empire [ID., Pulch. I, 1]
Eh bien ! je l'ennoblis, Quelle que soit sa race, et de qui qu'il soit fils [ID., Don Sanche, I, 3]
Toi donc, qui que tu sois, ô père de famille ....T'attendre aux yeux d'autrui quand tu dors, c'est erreur [LA FONT., Fabl. XI, 3]
Oh ! qui que vous soyez, excusez mon audace [VOLT., Mérope, III, 2]
Qui que tu sois, voici ton maître [l'Amour, dont il montre la statue] ; Il l'est, le fut ou le doit être [ID., Poés. mêlées, X]
22° Interrogativement. Quelle personne.
Qui a fait cela ? Qui demandez-vous ? Contre qui plaidez-vous ? Chimène : Qui l'eût cru !... - Rodrigue : Chimène, qui l'eût dit !... - Chimène : Que notre heur fût si proche, et si tôt se perdît !... [CORN., Cid, III, 4]
Le marquis de Grana demanda à M. de Luxembourg, qui était un escadron qui avait soutenu, deux heures durant, le feu de neuf de ses canons.... c'était les Gendarmes-Dauphin [SÉV., 23 août 1678]
Qui est celui qui vient le premier de tous, nonchalamment appuyé sur son écuyer ? [BOILEAU, les Héros de romans.]
Nous séparer ? qui ? moi ? Titus de Bérénice ? [RAC., Bérén. III, 3]
Et qui sait ce qu'un jour ce fils peut entreprendre ? [ID., Andr. I, 2]
Vous, m'offenser ? qui, vous ? ah ! ne le craignez pas [VOLT., Sémir. III, 5]
Elle [une maladie] lui ôtait souvent [à Charles VI] l'usage de la raison ; des antipapes divisaient l'Église et l'Europe ; par qui le monde a-t-il été gouverné ! [ID., Ann. Emp. Venceslas, 1391]
Dites-moi, je vous prie, lui demanda Clorinde, qui sont ces jeunes gens ? [J. J. ROUSS., Olinde et Sophr.]
On dit aussi : qui est-ce qui... Il faudrait demander à l'auteur qui est-ce qui lui a révélé ce qui a été résolu dans les conseils libres de Dieu [FÉN., t. III, p. 11]
Qui interrogatif est toujours du masculin. Toutefois la Fontaine l'a fait avec raison du féminin : Qui fut bien empêchée ? Ce fut Clitie... Faucon. En effet il ne peut être ici question que d'une femme ; il était donc impossible de faire rapporter à qui un adjectif masculin. Qui interrogatif est toujours du singulier ; cependant il s'emploie quelquefois au pluriel dans des phrases analogues à celles-ci :
Entre tant d'animaux qui sont ceux qu'on estime ? [BOILEAU, Sat. v.]
À la différence de qui relatif, qui interrogatif ou employé interrogativement peut être régime direct. Qui demandez-vous ? Je ne sais qui vous demandez.
23° Qui se dit pour quel, quelle, sans interrogation.
Si vous observez avec soin qui sont les gens qui ne peuvent louer, qui blâment toujours.... [LA BRUY., V]
Il faut que je sois le plus maladroit des hommes, si je ne le rends d'avance passionné sans savoir de qui [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Familièrement. Un je ne sais qui, un homme de néant. Il est toujours avec je ne sais qui.
24° Qui... que dans le sens de qui... si ce n'est ?
Qui put les [les Sarrasins] y avoir appelés que les Juifs ou les Romains ? [MONTESQ., Espr. XXVIII, 7]
Qui.... qui.... tournure archaïque signifiant quel est celui qui... de telle façon que.
Qui sera si ridicule Qui ne confesse qu'Hercule Fût moins Hercule que toi ? [MALH., II, 2]
25° Qui répété et employé distributivement signifie les uns, les autres, ceux-ci, ceux-là.
Qui lance un pain, un plat, une assiette, un couteau ; Qui pour une rondache empoigne un escabeau [RÉGNIER, le Festin.]
Ils cherchèrent la source du mal, qui d'un côté, qui d'un autre, et pas un ne la trouva [BALZ., 3e disc. s. la cour.]
Elle a bien pu réduire en poudre Le pauvre Ajax d'un coup de foudre, Jeter les Grecs qui çà qui là [SCARR., Virg. I]
Les médecins ont raisonné là-dessus, et ils n'ont pas manqué de dire que cela procédait, qui du cerveau, qui des entrailles, qui de la rate, qui du foie [MOL., Méd. m. lui, II, 9]
Chacun y est en action, qui à bâtir, qui à l'agriculture, qui.... [BOSSUET, Serm. Quinq. 2]

HISTORIQUE

  • IXe s.
    Nul plaid, qui cist mon fradre Karle in damno sit [, Serment]
  • Xe s.
    Qu'elle Deo raneiet [renie] chi maent [réside] sus en ciel [, Eulalie]
    Chi sil [si le] feent [font] eum faire lo deent [doivent]. [, Frag. de Valenc. p. 469]
  • XIe s.
    N'i ad castel ki devant lui remaigne [, Ch. de Rol. I]
    Qui ce vous loe [conseille] que cest plait dejetun [repoussions] Ne lui chaut... [, ib. X]
    Seit ki l'ocie, toute pais puis auriumes [, ib. XXVIII]
    Et d'Apollin, cui [de qui] saintes leis [nous] tenons [, ib. XXX]
    Qui donc oït Montjoie demander, De vasselage [vaillance] lui peüst remembrer [, ib. X]
    Ki qu'el compert [paye], venu en sont ensemble [aux mains] [, ib. CXXII]
    Ki mult est las, il se dort contre terre [, ib. CLXXVIII]
    Signur baron, qui i enveierons ? [, ib. XVII]
  • XIIe s.
    Cume le fust [l'arbre] qued est planted de juste les ewes [, Liber psalm. p. 1]
    Se j'en travail [souffre], je n'en sai que blasmer [, Couci, II]
    Et je, qui sui au mourir, Ne sai qu'un mot, tant [je] le desir : Merci [, ib. IV]
    Ne je ne truis [trouve] qui de moi ait pitié [, ib. VII]
    Et dites lui [que] de male hore [je] fui nez, [moi] Qui toujours aim et qui jà n'iert [ne serai] amez [, ib. XI]
    Cele cui j'ai tousjours en remembrance [, ib. XVI]
    Ma douce dame en qui j'ai ma fiance [, ib.]
    Dites, amanz, qui vaut mieux par raison, Loial folie ou sage traïson ? [, ib.]
    Et qui mal quiert, il doit bien mal souffrir [, ib. X]
    Et maugré tout mon lignage [je] Ne quier ochoison trouver ; D'autre fasse mariage ; Folz est qui j'en oi [ouis] parler [, Dame de Faiel, dans Couci]
    Qui que le tiene à sens, je le tien à folor [, Sax. XXVII]
  • XIIIe s.
    Dieux ! tant avons esté preus par huiseuse [dans l'oisiveté] ; Or verra-on qui à certes ert [sera] preus [QUESNES, Romanc. p. 94]
    Li rois de Hongrie nous tolt Jadres en Esclavonie, qui est une des plus fors cités del monde [VILLEH., XXXVIII]
    Devers le roi de Hongrie cui [de qui] sereur il avoit à feme [ID., CXII]
    Et li marchis de Montferrat, en la cui garde li rois d'Alemaigne.... l'avoit mis [ID., LVII]
    Et cil des grans nés [nefs] entrerent es barques, et saillirent hors qui ains ains, qui miels miels [ID., LXXIX.]
    La dame fu au bois, qui durement plora [, Berte, XX]
    Qui sui et qui je quiers, jà ne vous ert [sera] celé [, ib. XLV]
    Forment [il] se merveilla qui l'ot là amenée [, ib. XLVI]
    Qui bien la regardast à droit et à loisir, Bien deïst que plus belle ne peüst on choisir [voir] [, ib. LXIII]
    Bele, qui estes-vous ? dites seürement [, ib. XLVII]
    Ditesmoi, s'il vous grée, Qui est ceste pucele que j'ai ci ramenée [, ib. CXV]
    Qui lors veïst vilain venir Et fremier par le boscage, Qui portent tinel, et qui hache, Qui flael, qui baston d'espine [, Ren. 1038]
    Car en la fin, quant mort seront, à cui que soit le lesseront [l'argent], Qui liement le despendra, Ne jà nul preu ne lor rendra [, la Rose, 5192]
  • XIVe s.
    Item chescune chose qui est, elle est aucun bien [ORESME, Eth. VI]
    Vienne qui puet venir ! pensons de chevauchier [, Guesclin. 18273]
  • XVe s.
    Et se partirent par une autre porte que par celle devant qui les Flamands estoient venus [FROISS., I, I, 141]
    Et s'il n'estoit fort pour ce faire. il s'en devroit retraire au roi d'Angleterre, en qui main [en la main de qui] ces convenances et alliances estoient dites et jurées... [ID., I, I, 125]
    Ils se traïrent au plus tost qu'ils purent chacun vers son hostel, qui put entrer dedans [ID., I, I, 31]
    La put on voir dames noblement parées et richement atournées, qui eut loisir [ID., I, I, 31]
    Et de soi mesme estoit large, honorable et courtois, et qui volontiers voyoit le sien despendre [ID., Prol.]
    Qui que s'en loue ou s'en vueille blasmer, Y a trop plus du doulx que de l'amer [AL. CHART., Le débat des deux fortunes]
    Parle qui veult, ou qui vouldra se taise [ID., Complainte contre la mort]
    ...Dieu vous gard, dame. - Ho plus bas. - Et quoy ? bon gré m'ame ! - Où est-il ? - Las ! où doit-il estre ? - Le qui ? [, Patelin]
    Qui [ce qui] me sembloit ung bien bon signe [COMM., I, 3]
    Les fruictz de la terre estoient longs et forts, qui les empeschoyent à aller [ID., I, 3]
    Il dist [le roi d'Angleterre] que, qui [si quelqu'un] feroit la guerre en Bretaigne, il repasseroit une autreffois pour la deffendre [ID., IV, 10]
    À qui que ce soit est bien de craindre de mettre son estat au hasard... [ID., II, 2]
    Aux autres ne faut qui ne quoy ; Car assez ont pain et pitance [VILLON, Grand testam.]
  • XVIe s.
    Tout vient à point qui peut attendre [MAROT, II, 328]
    Il est assez maistre du corps, Qui a le cueur à sa commande [ID., II, 331]
    Vous estes cil qui pouvez subvenir Facilement à mon cas et affaire [ID., II, 370]
    Par dieu, qui fera la canne, je le fays moyne en mon lieu [RAB., Garg. I, 42]
    Comment pourroys je gouverner aultruy, qui moy mesme gouverner ne scauroys ? [ID., ib. I, 52]
    Il n'estoyt arbre sur terre qui eust ny fueille ni fleur [ID., Pant. II, 2]
    Par dieu, ilz se feront mal, qui ne les departira [ID., ib. II, 29]
    Je suis l'Eternel ton Dieu, qui t'ay retiré de la terre d'Egypte [CALV., Instit. 280]
    Ils voudroyent sous ombre de ces mots, qui les croiroit, faire les saincts intercesseurs [ID., ib. 702]
    Ce privilege appartient à lui seul, de cognoistre qui sont les siens [ID., ib. 819]
    La parole de l'Evangile, de qui qu'elle soit preschée, est la propre sentence de Dieu [ID., ib. 973]
    Je suis, dit il, le pain de vie, qui suis descendu du ciel [ID., ib. 1099]
    Que vostre nom se lise en mes papiers, Cela ne peut augmenter vostre gloire [à vous] Qui de la main des filles de Memoire Avez receu les plus doctes lauriers [DU BELL., III, 45, recto.]
    ...Et combien nuit d'attendre au lendemain Ce qu'aujourd'huy se presente à la main [ID., III, 51, verso.]
    Jamais rien ne me desplaira, Qui vous soit aggreable [ID., III, 55, recto.]
    Un chascun d'eux la fuyte precipite, Qui çà, qui là [ID., IV, 23, recto.]
    Un rocher suis de foy, et de constance, Qui fais aux vents et ondes resistance [ST-GEL., 41]
    J'espere que nous en irons tous ensemble, quy [ce qui] me fera fort grant plaisir [MARG., Lett. 97]
    Moy qui m'espie comme celuy qui n'ay pas fort à faire ailleurs [MONT., II, 323]
    Nul ne feut veu si abattu, qui n'essayast de... [ID., I, 5]
    Qui a apprins à mourir, il a desapprins à servir [ID., I, 77]
    Gagnons cet advantage, qui pourra [gagne... qui...] [ID., I, 83]
    Qui que je regarde avecques attention, m'imprime quelque chose du sien [ID., III, 356]
    En hyver tous s'accordent de faire du feu, qui a du bois [LA BOÉTIE, 232]
    Et qui est la personne bien née qui ne se resjouisse quand elle void reluire de si beaux exemples ? [LANOUE, 44]
    Le bon renom qu'acquiert celui qu'on void qui se porte en toute douceur et facilité avec ses semblables [ID., 47]
    Hé ! qui nous a troublés et divisez, sinon les opinions de la religion ? [ID., 53]
    Qui a voulu voir l'image de tous maux, il a fallu qu'il ait contemplé la France [ID., 54]
    Mon intention est bien autre, qui tend plustost de les arracher de la memoire de tous [ID., 57]
    Et qui est celui, tant barbare puisse il estre, qui ne porte... ? [ID., 72]
    Si y eut debat pour ce tripié, premierement entre les pescheurs et les estrangers, à qui l'auroit [AMYOT, Solon, 7]
    Je suis le troisieme capitaine romain, qui ay desfait et occis de ma propre main le roy et chef de l'armée des ennemis [ID., Marcel. 8]
    Ny luy, ny autre Italien, qui qu'il soit, ne s'esjouira jà de s'estre attaché à moy [ID., Pyrrh. 35]
    Et estoit toute l'Asie, comme la ville de qui parle Sophocles [ID., Anton. 27]
    Qui est le corps si robuste et si fort, qui par oysiveté et delicatesse n'aille perdant sa force ? [ID., Com. nourr. les enf. 5]
    Il ne pardonne à homme qui vive [ID., Com. discern. le flatt. 33]
    Et jamais le mestier en qui l'homme est expert, Abandonnant l'ouvrier, par l'age ne se pert [RONS., 702]
    Je suis celuy qui fait mouvoir les cieux... Qui le premier hors de la masse esclos Donnay lumiere et fendi le chaos [ID., 757]
    Je suis errant vagabond estranger, Qui vais cherchant en tous lieux le danger [ID., 760]
    .. Chez moy qui le tiendra [tiendrai] comme un hoste estranger [ID., 801]
    Tu n'es pas seul qui pleures pour ta dame [ID., 956]
    C'est à vous, mon Odet, à qui je me veux plaindre [ID., 973]

ÉTYMOLOGIE

  • Saintong. chi ; provenç. qui ; ital. chi ; du lat. qui ; goth. hvas. Dans l'ancienne langue, la règle est de mettre qui pour le sujet, et cui pour le régime ; mais, comme ces mots se prononçaient probablement de même, l'orthographe les confond souvent. Dans les plus anciens textes, on trouve une forme que, qued, employée avec les noms de chose, et qui répond au quod latin.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    QUI. Ajoutez : - REM.
  • 1. On lit dans Saint-Simon : La Bretesche se sut bon gré de ne m'avoir pas cru, qui lui avais conseillé de défaire sa jambe de bois, 29, 88. Cette tournure se range à côté de celles où qui est séparé de son antécédent (voy. n° 7) ; elle n'a donc rien qui doive la faire rejeter.
  • 2. Le même Saint-Simon a dit : Dans une affaire si odieuse, où par qui d'où le bruit vînt, son neveu était l'attaqué, le roi.... 327, 28. Cela est tout à fait incorrect ; il fallait par qui que le bruit vînt.

qui

QUI. Pronom relatif des deux genres et des deux nombres. Lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. L'homme qui raisonne. La femme qui a soin de son ménage. Les livres qui traitent de cette matière. Les personnes qui m'ont parlé. Voici ce qui est arrivé. Il se rapporte quelquefois à un nom ou à un pronom qui ne le précède pas immédiatement. Le voici qui vient. Un homme est là qui est déjà venu. Je l'entendais qui parlait avec chaleur.

Précédé d'une préposition, il ne s'emploie ordinairement qu'en parlant des Personnes. Celui, celle de qui je parle, à qui j'ai donné cela. Les gens à qui j'ai appris cette nouvelle, à qui j'ai dit votre affaire. Celui pour qui, contre qui je plaide. C'est vous à qui je parle. On dit plus ordinairement : C'est à vous que je parle. Il s'emploie aussi en parlant des Objets inanimés personnifiés. Rochers à qui je me plains. Il s'emploie également en parlant des Animaux. Un chien à qui elle fait mille caresses.

Qui que ce soit, qui que ce puisse être, etc., Quiconque, quelque personne que ce soit, etc. Qui que ce soit, qui que ce puisse être qui ait fait cela, c'est un habile homme. Qui que ce soit qui vous l'ait dit, il s'est trompé. Quand il est employé avec la négative, il signifie Nul, aucune personne. Il n'y a qui que ce soit. Je n'y ai trouvé qui que ce soit.

QUI se dit aussi, par ellipse, pour Celui qui, celle qui. Aimez qui vous aime. Je croirai qui vous voudrez. Vous trouverez à qui parler. Jouera qui voudra. On ne sait qui vit ni qui meurt. Qui observera les commandements de Dieu sera sauvé. C'est à qui l'aura. Quelqu'un est arrivé à l'improviste : devinez qui. J'ignore qui a fait cela. Il tient cela de je ne sais plus qui.

À qui mieux mieux, À l'envi l'un de l'autre.

QUI s'emploie aussi, par ellipse, pour Ce qui, en parlant des Choses. Voilà qui est beau. Voici qui me plaît. Qui plus est. Qui pis est.

QUI est aussi pronom interrogatif et signifie Quel homme, quelle personne? Qui d'entre vous oserait? À qui pensez-vous parler? Avare, pour qui amassez-vous tant d'argent? Je connais un homme capable d'en prendre soin; et qui? me dit-il. Qui l'aurait cru? Qui vous l'a dit? Qui est là? Qui va là? Qui vive? Qui sont ceux qui prétendent à cette place? Qui demandez-vous? Qui a fait cela?

QUI, répété, est distributif et signifie Ceux- ci... ceux-là, les uns... les autres. Qui d'un côté, qui de l'autre. Ils coururent aux armes et se saisirent qui d'une épée, qui d'une lance qui d'une hache.

qui

Qui, com. gen. Quis, interrogatiue, et qui relatiue.

Qui que tu voudras, Quiuis, Quilibet.

D'un ou d'autre qui que ce soit, Abs quiuis homine.

Qui ferois-tu? Quid facias?

Qui est-ce qui est en, etc. Heus ecquis in villa est?

Qui est cet homme là? Quisnam homo est?

Qui est celuy qui ne commence ainsi? Quis tam procul a literis quin sic incipiat?

Qui est-ce qui me demande? Quis me vult?

A qui es-tu? Cuius es?

A qui est ce bestiail? Cuium pecus?

Il n'y a personne de nous qui ne l'ait fait, Nemo est nostrum quin fecerit.

Voire et dedans la Cour qui plus est, Intra moenia, atque adeo in senatu videtis.

Qui est la seule chose que les bons desirent, Quod vnum boni desyderant.

Qui çà qui là, Diuersi. comme, Ils sont allez qui çà qui là pour appaiser la sedition, Diuersi ad seditionem sedandam profecti sunt. Liu. lib. 22.

qui


QUI, pronom. [Ki.] Il est tantôt relatif, tantôt absolu. I. Quand il est relatif, il est de deux genres et de deux nombres, et il se dit également au nominatif des persones et des chôses: un homme qui aime la vertu: une histoire qui plait. — Dans les aûtres câs, il ne se dit que des persones: on ne l'emploie point pour les chôses inanimées, ni même pour les animaux: on se sert de dont, duquel, auquel, desquels, auxquels, au lieu d'employer, de qui, à qui. On dit bien: "Combien de grands hommes, de qui les belles actions sont dans l'oubli: il faut bien choisir les amis à qui l'on veut doner sa confiance; mais on ne dirait pas: la maison de qui j'ai fait l'aquisition: les sciences à qui je m'aplique. On doit dire dont et auxquelles. Voy. DONT. = Quant à l'acusatif, on ne se sert de qui, que quand il est régi par des prép. en qui, sur qui. Encôre cela ne s'étend-il pas au-delà des persones, ou de ce qui est regardé comme persone; car on ne dirait pas le cheval sur qui je montai: il faudrait dire, sur lequel. * Molière dit de l' Avâre: "Doner est un mot pour qui il a tant d'aversion, qu' il ne dit jamais, je vous done, mais je vous prête le bon jour. Il faut, pour lequel Wailly. "Quitter les moeûrs, à qui l'on doit ses victoires, pour prendre celles des vaincus, c'est une conduite qu'on ne peut excuser. Rollin. Dites, auxquelles.
   Ce sont là les vrais sacrifices,
   Par qui nous pouvons étoufer
   Les semences de tous les vices,
   Qu'on voit ici bas triompher.
       Rousseau.
En vers, par qui est bien, parce que lequel ne vaut rien en vers: mais en prôse, il faudrait dire, par lesquels. De même, en vers, on peut dire également, de qui et dont.
   De qui nulle vertu n'acompagne l' audace.
       Racine, Mithrid.
De qui fait pourtant de la peine, quand il est à l'ablatif.
   Choisissez les fleurs les plus belles,
   De qui la campagne se peint.
       Malherbe.
Ménage remarque que, de qui se dit ordinairement des chôses animées, mais qu'il se dit aussi (et particulièrement en vers) des inanimées. Il faut ôter particulièrement, et avertir qu'il ne se dit qu'en vers, et au génitif, régi par des noms, et non pas à l'ablatif, régi par des verbes. Tout le monde même n'acorde pas cette licence aux Poètes. Dans le Journ. de Mons. on critique ces vers de M. de Florian.
   Au pied de ces monts sourcilleux,
   Remparts de l'antique Italie,
   De qui la cime énorgueillie,
   S'élève et se perd dans les cieux.
De qui, dit le Critique, est réservé aux persones; pour les chôses inanimées, on met dont. Je pense qu' on doit excepter les vers, comme l'ont pensé d'excellens Critiques. = Dans les interrogations, qui ne se dit que des persones: pour les chôses, on dit quel. "Qui est cet homme, dont vous parlez? Quel est le livre qui m'apartient? — * "Qui sont les Sacremens de la Loi Nouvelle? Confér. d'Ang. Il faut: quels sont les Sacremens, etc.
   Quand ce pronom est régi par des verbes act. c. à. d. en régime simple (à l'acusatif) il faut se servir de que: l'homme que j'ai vu, la maison que j'ai achetée. = Quelquefois on se sert de que, au lieu de à qui ou de qui; mais ce n'est que quand l'antécédent est au datif ou à l'ablatif: c'est à vous que je parle; c'est de vous qu'on parle; et non pas, à qui l'on parle, de qui l'on parle.
   REM. 1°. Qui est tantôt explicatif, tantôt déterminatif. Il est explicatif, quand il ne fait qu'expliquer ou déveloper ce qu'on supose déja dans le nom auquel il se raporte, alors il peut se tourner par parce que: "Dieu, qui est infiniment bon, ne permet pas que nous soyions tentés au-delà de nos forces. Le qui déterminatif restreint et détermine la signification du mot auquel il se raporte. "On ne sauroit assez estimer les Juges, qui sont intègres. — Pour rendre le qui déterminatif, sans équivoque, il faut quelquefois placer ceux ou celles devant l'antécédent de qui. "Il récompensa ceux de ses serviteurs, qui l'avoient bien servi. Si l'on disait simplement: il récompensa ses serviteurs, qui l'avaient bien servi, cela signifierait, qu'il les récompensa tous, parce que tous l'avaient bien servi. Vaugelas, Acad. Wailli. = 2°. Qui, comme les autres pronoms relatifs, ne doit pas se raporter à un nom pris indéfiniment. "On fit trève pour trois mois, qui ne dura pourtant que trois jours. Il faut dire: on fit pour trois mois, une trève, qui ne dura pourtant que trois jours. Vailly. = 3°. Une des principales atentions de ceux qui écrivent, doit être de ne pas trop éloigner le qui relatif de son antécédent. Les mauvaises constructions en ce genre mettent toujours de l'embârrâs, et souvent de l'obscurité et de l'équivoque dans les phrâses. * "En quoi Le Tasse est fort défectueux, qui mêle dans son poème le caractère badin avec le sérieux. P. Rapin. "La vraie éloquence est forte et vigoureûse, qui ne s'amuse point aux fleurettes, et qui ne recherche point de vains ornemens. Id. Dans cette dernière phrase, au lieu de qui, dites elle. Dans la 1re, il faut changer la construction, et dire: "c'est le défaut du Tasse qui, etc. * "Je m'éloignois de Mde. de V..., par nécessité, qui me perdoit de vue, sans en pénétrer la raison. Anon. Dites: je m' éloignais par nécessité de Mde. de V.... qui, etc. "Dieu en paroit plus admirable qui a fait avec tant de profusion un nombre infini de miracles, en les produisant (les insectes.) Mallebr. Il falait raprocher qui de Dieu, et dire, c'est en quoi nous devons admirer encore plus ce grand Dieu qui, etc. = M. l'Abé Richard a fait souvent cette faûte dans ses Mémoires d'Italie, écrits plus agréablement, que correctement. Je ne citerai que cette phrâse, où dont, génitif de qui, mal placé, ocasione un contresens, ou du moins un sens équivoque: "Le St. Père annula le testament... et rendit le bien du Cardinal à sa famille, dont les meubles et les tableaux font aujourd'hui le plus bel ornement de ce palais. De la manière dont le relatif dont est placé, il semble que ce sont les meubles et les tableaux de la famille; et l'Auteur veut parler de ceux du Cardinal. Pour ôter l'équivoque, il faut changer la construction, et dire que: "Le St. Père rendit à la famille le bien du Cardinal, dont les meubles, etc. = M. l'Abé d'Olivet, dans ses Remarques sur Racine, a relevé un pareil défaut de construction.
   Phénix même en répond, qui l'a conduit exprès
   Dans un fort éloigné du Temple et du Palais.
Il y a une séparation totale entre le qui et son substantif. Boileau dit aussi dans le Lutrin.
   La Déesse, en entrant, qui voit la nape mise.
C'est la même faûte. = On peut faire une exception, qui n'en est pas une, à l'égard des phrâses, ou qui forme une répétition: par exemple: "Un Auteur, qui est sensé, qui sait bien sa langue, qui médite bien son sujet, qui travaille à loisir, qui consulte ses amis, est presque sûr du succês. Tous ces qui, par le moyen du premier, touchent immédiatement leur substantif, et par conséquent il n'y a rien que de conforme à la règle générale. = Du reste, ajoute d'Olivet, quoique ce qui ne puisse être séparé de son substantif, cela n'empêche pas qu'il ne rentre, par raport au verbe, dont il est suivi dans tous les droits des aûtres nominatifs; c. à. d. qu'il peut, et même avec grâce, être séparé de son verbe, non seulement par de simples apositions, mais par des phrâses entières, qu'on apèle incidentes. Racine en fournit un exemple.
   Ne descendez-vous pas de ces fameux Lévites,
   Qui, lorsqu'au Dieu du Nil le volage Israël,
   Rendit, dans le désert un culte criminel,
   De leurs plus chers parens saintement homicides,
   Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides.
       Athalie.
Dans cet exemple, qui touche immédiatement son substantif, Lévites; mais il est séparé de son verbe, consacrèrent, par une phrâse suspendûe, lorsqu'au Dieu du Nil, etc. et par une aposition, de leurs plus chers parens, etc. Rien de plus régulier, et la clarté nait de la régularité. D'Olivet. = 4°. Racine fournit un exemple d'un qui, dont le verbe ne parait point.
   Avez-vous pu penser qu'au sang d'Agamemnon
   Achille préférât une fille sans nom,
   Qui, de tout son destin, ce qu'elle a pu comprendre,
   C'est qu'elle sort d'un sang, etc.
       Iphigenie.
Cette façon de parler parait dabord irrégulière; mais l'usage l'autorise, et c'est un de ces gallicismes, un de ces tours propres de notre Langue, qui donent souvent une grâce toute particulière au discours. D'Oliv. = 5°. On ne doit pas mettre de suite deux qui, quand il ne se raportent pas au même nom. Je crois pouvoir trouver à redire à ces vers de Crébillon. (Sémiramis, Acte II, Scène 1re) Agénor dit:
   Souffre que j'en excepte une Princesse aimable,
   Qui soumit d'un coup-d'oeil un courage indomptable,
   Qui peut-être auroit moins fait pour Sémiramis,
   Si le sort à mes yeux n'eût offert Ténésis.
Le premier qui se raporte à Princesse, et le second à courage. Outre l'obscurité que cela jette dans la phrase, ces deux qui employés de la sorte, rendent ces vers lâches et prosaïques. = M. l'Abé Richard dit aussi: "le Milanois, qui est si fort à la bienséance du Roi de Sardaigne, et qui, dês qu'il en eut été le maître, n'eut pas manqué de préférer Milan à Turin. Ces deux qui unis par la conjonction et, se raportent tous deux à Milanois, par la construction, et suivant le sens, le 2d qui se raporte à Roi de Sardaigne. C'est une grande incorrection de style. = 6°. Aprês que, pronom, qui se met quelquefois à la place de qu'il, ou quelle: "Et cent aûtres rêveries, que je m'étone qui n'aient pas perdu de réputation toute l'Antiquité. Fonten. "Cette anciène animosité, qu'ils avoient intérêt d'empêcher, qui ne s'éteignît. Révol. Rom. "L'étranger qu'on disoit qui étoit venu avec Narbal. Télémaque. et non pas, qu'il étoit venu. Que s'il y avait, de qui l'on disait, il faudrait dire alors, qu'il était venu. = 7°. Qui, par une construction renversée, se met quelquefois à la tête de la phrâse, et est suivi de c'est, que suit l'antécédent. "Qui est assez malade, et dont je suis bien en peine, c'est de Mde. de Louvois. M. De Coul. Il fait raporter c'est à dont: voilà pourquoi il met de: il vaudrait mieux le faire raporter à qui, et retrancher de: "Qui est assez malade, et dont je suis en peine, c'est Mde. de Louvois. = 8°. Qui relatif doit s'acorder avec son antécédent, en nombre et en persone: non pas qu'il change rien à sa terminaison; mais il régit le verbe dont il est le nominatif, au nombre et à la persone de son antécédent: moi qui veux, lui qui veut, nous qui voulons, eux qui veulent, etc. = Molière a péché contre cette règle, quand il a dit:
   Ce ne seroit pas moi, qui se feroit prier.
au lieu de, qui me ferois prier. = 9°. Le qui relatif, aprês une interrogation ou une négation, régit le verbe au subjonctif. "Qu'a-t'il fait? ou il n'a rien fait, qui promette un avenir glorieux. * Leibnitz emploie mal-à-propos l'indicatif. "Il n'y a point de Ministre, à présent, qui voudroit, etc. Il faut dire, qui voulût. = 10°. Aprês un superlatif ou un pronom négatif, qui régit aussi le subjonctif: "Le meilleur parti qui se puisse trouver: le plus beau, qui soit: "Il n'en est aucun qui ne le sache, etc. = On peut même dire, assez généralement, que ce pronom relatif qui, placé entre deux verbes, dont le premier marque le desir, la convenance, le besoin, le conseil, etc. régit le second au subjonctif. "Je souhaiterois trouver un homme, qui fît mes afaires. "Il convient que vous preniez quelqu' un qui ait soin de vos biens: il faut des Magistrats, qui fassent leur devoir: prenez un ami, que vous estimiez, dont vous soyiez assuré. Buf.
   II. Qui, quand il est pronom absolu, ne se dit que des persones, au nominatif, comme dans les aûtres cas; et on peut toujours le tourner par, quelle persone. "Qui vous a dit cela? De qui est cette histoire? À~ qui l'avez-vous ouï dire? Je sais de qui vous voulez parler. Je comprends qui vous a dit cela, etc. Alors, il faut toujours qui à l'acusatif.
   Rem. 1°. Ce pronom, étant toujours pris dans une signification indéterminée, ne s'emploie ordinairement qu'au singulier et au masculin: c. à. d. que les adjectifs, qui peuvent s'y raporter, sont au masc. et au sing. Qui sera assez hardi pour m'ataquer? Il est pourtant suivi quelquefois de noms qui marquent un féminin et un pluriel; comme quand on dit à une femme: qui choisissez-vous pour compagnes; et à un homme: qui choisissez-vous pour compagnons? = 2°. Il y a encre une autre façon d'employer le pronom absolu, qui, en disant, qui est-ce qui, avec interrogation ou sans interrogation: qui est-ce qui est venu? Dites-moi, qui est-ce qui est venu? Alors c'est le premier qui, lequel est absolu: le 2d est relatif, et a le premier pour antécédent. = * M. Moreau, quoique três-habile Ecrivain, dit, qui est-ce qui, des chôses, au lieu de qu'est-ce qui: "Qui est-ce qui, parmi nous, a toujours mis les moeurs en contradiction avec les lois? Qui est-ce qui a causé dans certains États, des inconséquences bisarres et des troubles importuns? c'est la diférence des systèmes, que chacun se forme, et dont il part. Il falait, qu'est-ce qui a mis, etc. Qu'est-ce qui a causé, etc. * Rousseau a dit qui tout seul, pour qu'est-ce qui?
   Donc, qui met l'homme en estime et crédit?
   Richesse d'âme et cultûre d' esprit.
Cela ne peut être bon que dans le marotique. Hors de là il faut dire, qu'est-ce qui met, etc. = Qui est-ce qui régit l'indicatif. Leibnitz lui fait régir le subjonctif: "Qui est-ce qui puisse être toujours sur ses gardes dans un si grand ouvrage? Il devait dire: qui est-ce qui peut, etc. = 3°. Qui, est tantôt sujet (au nominatif); tantôt régime simple (à l'acusatif); on reconait qu'il est sujet, quand il peut se tourner par, quel est celui qui; et qu'il est régime simple, quand on peut le tourner par, quel est celui que:
   Qui pourra se charger d'une action si belle?
   Qui pourrez-vous charger d'une action si belle?
Dans le 1er vers, qui se tourne par quel est celui qui pourra se charger, etc. Dans le 2d, quel est celui que vous pourrez charger, etc. "J'ai choisi qui j'ai voulu: je renverrai qui il me plaira. * "Les femmes (à Venise) jouïssent de la plus grande liberté: elles reçoivent chez elles qui leur plait. L'Abé Richard. Dans cette dernière phrâse, le verbe plait n'a point de nominatif. Qui ne l'est certainement pas: il est le régime de reçoivent. l'Auteur, ou l'Imprimeur, a oublié il. "Elles reçoivent chez elles, qui il leur plait: on sous-entend, de recevoir. = 4°. Qui, au comencement d'une période, est relatif, quoique l'antécédent ne paraisse pas; et il équivaut à celui qui. Ainsi l'on dit: qui me dirait cela, je le regarderais comme un menteur. En ce sens, il n'est d'usage qu' au nominatif, au génitif et datif. Qui doit, a tort: c'est l'excuse ordinaire de qui n'en a point de bone: il le dit à qui veut l'entendre. = Il a cela de particulier, dans cette signification, qu'étant mis entre deux verbes, il est régi par le premier, et il régit le second; car de qui et à qui, sont le câs d'excuse et de dit, et le nominatif de à~ et de veut. = 5°. Dans un raport alternatif, on met le verbe, dont qui est le sujet, tantôt au singulier, tantôt au pluriel. On le met au singulier, quand les deux membres de l'alternative sont au singulier, ou qu'il y en a au moins un en ce nombre. Qui de vous ou de moi remportera le prix? Qui d'eux ou de mon frère obtiendra la victoire? — Mais quand tous les deux sont au pluriel, le verbe doit prendre ce nombre, aussi bien que l'adject.
   Qui d'eux ou de mes fils ont été les plus sages?
= 6°. Qui précède ordinairement le verbe; mais il est un tour de phrâse, dans le style familier, où c'est le verbe qui marche devant: "Joua qui voulut, et qui voulut aussi prêta l'oreille à un joli concert. M. de Coul. "Travaillait qui pouvait: persone ne s'entendait: persone ne comandait, dit Volt. "Y croyoit qui vouloit. Font. "Pilloit qui vouloit, mais emportoit qui pouvoit. Lett. Edif.Qui, dans ce tour de phrâse, sert de nominatif aux deux verbes, dont l'un précède, et l'aûtre suit. = 7°. Qui redoublé, n'est pas aprouvé par Vaugelas; mais l'Acad. ne le condamne point. L. T. "Ils couroient, qui d'un côté, qui de l'aûtre: ils passèrent la rivière, qui à la nage, qui en bateau. "Nous nous séparâmes, qui un jour plutôt, qui un jour plus tard. M. de Coul. — Dans le style relevé, on doit dire: les uns... les aûtres. "Les uns fuyoient d'un côté; les aûtres fuyoient de l'aûtre; les uns à la nage, les aûtres en bateau, etc. = 8°. Qui se met quelquefois pour si "Qui eût manqué à un seul point du cérémonial; il n' y avoit pas moins que la peste ou la famine à craindre. Hist. du Ciel, c. à. d. si l'on eût manqué, etc. "Qui l'obligeroit à dire toujours des chôses nouvelles, on le reduiroit peut-être à une demi-douzaine de dialogue, etc. Fonten. = 9°. C'est à qui le fera; c. à. d. on se dispute à qui le fera. "Cet empire de ma raison ne laissoit pas d'être flateur à mon âge; mais c' étoit à qui me l'enlèveroit. Marm.
   10°. Qui que ce soit, ou quelquefois, qui que ce fût, ne se dit que des persones, au singulier du masculin; et il se décline avec l'article indéfini. Sans négation, il signifie la même chôse que quiconque. "Qui que ce soit qui me demande, dites que je suis en afaire; à qui que ce soit que vous vous adressiez, etc. On voit qu'alors il est toujours suivi du qui, ou du que relatif, et qu'il régit le subjonctif. — Qui que ce soit, avec une négation exprimée par ne, signifie persone, pronom: "Qui que ce soit ne m'a parlé de vous; c. à. d. persone ne m'a parlé, etc. "Je ne l'ai ouï dire à qui que ce soit; c. à. d. à persone.

Traductions

qui

(ki)
pronom relatif
désigne qqn ou qqch C'est mon voisin qui m'a prévenue. J'ai remplacé l'ampoule qui était cassée.

qui

wer, das, der, die, welche, welcher, welcheswho, which, thatwie, welke, dat, die, hetwelk, die/dat, hetgeen, wat, wat?, wie?אשר (מ חיבור), זו (מ חיבור), ש-, זוֹbahwaquem, queποιοςchi, che, cuiمَنْkdosomquiénkukatko누구hvemktoктоvemใครkimai
pronom
désigne qqn et sert à interroger Qui est-ce ? À qui dois-je demander ? Pour qui est-ce ?

qui

[ki]
pron relatif
(= personne: sujet) → who
C'est André qui l'a vu → It was André who saw him.
qui que ce soit → whoever it may be
(= personne: objet) → who, whom (soutenu)
Amenez qui vous voulez → Bring who you like., Bring whoever you like.
(= personne: après une préposition) → whom
mes parents, sans qui je n'y serais pas arrivé → my parents, without whom I would never have succeeded
C'est la personne à qui j'ai parlé hier → It's the person I spoke to yesterday., It's the person whom I spoke to yesterday.
(chose, animal) → that, which
Le tableau qui ornait l'entrée a disparu → The painting that was in the entrance hall has disappeared.
Donne-moi la veste qui est sur la chaise → Give me the jacket that's on the chair.
qu'est-ce qui ...? → what ...?
Qu'est-ce qui est sur la table? → What's on the table?
Qu'est-ce qui te prend? → What's the matter with you?
pron interrogatif
(questions directes) → who
Qui a téléphoné? → Who phoned?
qui est-ce que ...? → who ...?
Qui est-ce que tu as vu à cette soirée? → Who did you see at the party?
qui est-ce qui ...? → who ...?
Qui est-ce qui t'emmène au spectacle? → Who's taking you to the show?
(après une préposition)whom
Avec qui ...? → Who with ...?, With whom ...?
À qui parlais-tu? → Who were you talking to?
À qui est ce sac? → Whose bag is this?
Chez qui allez-vous? → Whose house are you going to?
(questions indirectes, sujet)
Je me demande qui est là → I wonder who is there.; (objet)
Elle ne sait à qui se plaindre → She doesn't know who to complain to.