quoi


Recherches associées à quoi: quoi que

1. quoi

[ kwa] pron. relat. [ lat. quid, de quis, quel ]
1. (Après une prép.) Représente un pronom de sens indéterminé (ce, rien, quelque chose) : Voici ce à quoi j'ai pensé.
2. Représente un énoncé déjà exprimé : Elle avait pris ses précautions, grâce à quoi tout s'est bien passé.
Avoir de quoi (+ inf.),
avoir ce qui est suffisant, ce qui est nécessaire pour : J'ai de quoi acheter ce CD. Avoir de quoi vivre.
Il n'y a pas de quoi,
il n'y a pas de raison pour : Il n'y a pas de quoi s'inquiéter ; formule de politesse qui répond à un remerciement : « Je vous remercie. — Il n'y a pas de quoi »
cela n'en vaut pas la peine

quoi que

loc. relat. indéf.
(Suivi du subj.) Introduit une proposition relative marquant une nuance concessive : Quoi que vous pensiez, c'est elle qui a raison
quelle que soit la chose que : Quoi qu'il advienne, il faut continuer. S'il se produit quoi que ce soit d'anormal, prévenez-moi.
Remarque: Ne pas confondre avec quoique.
Quoi qu'il en soit,
en tout état de cause, en tout cas.

2. quoi

[ kwa] pron. interr. [ lat. quid, de quis, quel ]
(Dans l'interrogation directe ou indirecte) Quelle chose : Il s'est trompé, mais quoi dire ?
que : À quoi pensez-vous ? Je me demande de quoi ils ont parlé.

quoi

adv. exclam.
1. Exprime la surprise, l'indignation, l'impatience : Quoi, à cette heure-ci rien n'est prêt ! Répondez-moi, quoi !
2. Sert à souligner une affirmation : Il m'a raconté sa journée, comme d'habitude quoi !
adv. interr.
Demande la répétition de ce qui vient d'être dit : « Il m'a préparé une poutine. — Quoi ? »
Ou quoi,
Fam. ou non : Vous venez, ou quoi ?
Quoi de,
qu'y a-t-il de : Quoi de neuf dans l'entreprise ?

QUOI

(koi) , pronom conjonctif indéclinable, signifiant quelle chose ou laquelle chose, servant pour les deux genres et les deux nombres, mais employé comme complément et non pas comme sujet ; on ne s'en sert pas en parlant des personnes ; il ne prend l'emploi de sujet que dans la locution composée quoi que, quoi qui.
Il s'emploie avec les noms indéterminés. Ce à quoi nous pensons. Ce sur quoi nous disputons. C'est en quoi vous vous trompez. Il n'est rien à quoi je ne sois disposé.
C'est tout ce de quoi j'ai besoin [MALH., V, 7]
Et tel blâme en autrui ce de quoi je l'estime [RÉGNIER, Sat. V]
Ce contre quoi vous devez être plus en garde, c'est contre cet état de tiédeur et de négligence dans les fonctions qui en anéantit tout le fruit [MASS., Confér. Zèle contre les scandales]
Il s'emploie d'une manière indéterminée aussi, pour représenter toute une proposition. Vous avez cité Cicéron, en quoi vous vous êtes trompé.
Flatter ceux du logis, à son maître complaire ; Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons [LA FONT., Fabl. I, 5]
Un marchand grec en certaine contrée Faisait trafic ; un bassa l'appuyait, De quoi le Grec en bassa le payait [ID., ib. VIII, 18]
Il [renard] relevait sa queue, il la faisait briller, Et cent mille autres badinages, Pendant quoi nul dindon n'eût osé sommeiller [ID., ib. XII, 18]
En termes de palais, quoi faisant, en quoi faisant, en faisant laquelle chose. Le tout quoi, tout ce dont il s'agit.
L'Académie dit que quoi s'emploie quelquefois pour le pronom relatif lequel, laquelle, tant au singulier qu'au pluriel, tant au masculin qu'au féminin. On s'en sert avec les mots chose, point, qui ont quelque chose d'indéterminé.
En bonne foi, ce point sur quoi vous me pressez Est une affaire aussi qui m'embarrasse assez [MOL., le Dép. II, 1]
L'éducation des enfants est une chose à quoi il faut s'attacher fortement [ID., Fourber. II, 1]
Il y a de certaines choses sur quoi on se trouve disposé à souffler du bonheur, comme du temps des fées [SÉV., 29 déc. 1679]
Voilà de bien belles choses à quoi saint Clément ne pense pas [BOSSUET, Nouv. myst. 14]
Deux points à quoi je m'attache, et que je voudrais imprimer profondément dans vos esprits [BOURDAL., myst. Ascens. de J. C. t. I, p. 393]
On s'en sert aussi quand on peut assimiler la chose ou l'idée dont il s'agit à quelque chose d'indéterminé.
C'est donc la pensée qui fait l'être de l'homme, et sans quoi on ne le peut concevoir [PASC., dans COUSIN]
C'est un infortuné.... qui, retombant sur son propre cœur, n'y trouve que lui-même, c'est-à-dire ses peines, ses dégoûts, ses inquiétudes, ses terreurs, avec quoi il puisse s'entretenir [MASS., Carême, Prière 2]
La somme de 39238 livres de France, à quoi se monte le total des deux envois [VOLT., Lett. à Cath. 81]
Nous perdons l'unité de notre existence, en quoi consiste notre tranquillité [BUFF., Morc. choisis, p. 66]
C'est encore ici une des raisons pour quoi je veux élever Émile à la campagne [J. J. ROUSS., Ém. I]
La mort seule, à quoi les athées veulent tout réduire, a besoin qu'on écrive en faveur de ses droits ; car elle a peu de réalité pour l'homme [CHATEAUBRIAND, Génie, I, V, 1]
Enfin, dans le XIIe siècle, en n'hésitait pas à employer quoi avec tous les noms de chose comme le conjonctif ordinaire, et cet usage, loin d'être à rejeter, est aussi logique qu'élégant et rapide.
C'est l'assidu travail à quoi je me soumets [RACAN, Ps. 29]
Ce blasphème, seigneur, de quoi vous m'accusez [CORN., Andromède, I, 2]
....Avec une adresse vigoureuse à quoi il ne s'attendait pas, je lui tirai le cimeterre du fourreau [SCARR., Rom. com. II, 14]
Est-ce un sujet pour quoi Vous fassiez sonner vos mérites ? [LA FONT., Fabl. IV, 3]
Ce n'est pas le bonheur après quoi je soupire [MOL., Tart. III, 3]
Je trouve que je manque à faire plusieurs choses à quoi je suis obligé présentement [PASC., Lett. à Mlle de Roannez, 7]
Nous sommes en peine de savoir si vous riez quand on vous harangue ; c'est une incommodité à quoi je craignais que vous ne fussiez sujette [SÉV., 26]
M. de Longueville.... ouvre la barrière derrière quoi ils étaient retranchés [les Hollandais], et tue le premier qui se trouve sous sa main [ID., 3 juill. 1672]
Mme de Coulanges.... voulut bien nous faire part des contes avec quoi l'on amuse les dames de Versailles [ID., 6 août 1677]
Il en a fait une autre [lettre] qui, en vérité, est plus plate que la feuille de papier sur quoi elle est écrite [ID., 16 oct. 1676]
Faites-vous envoyer les Fables de la Fontaine ; elles sont divines.... c'est une manière de narrer et un style à quoi l'on ne s'accoutume point [ID., à Bussy, 20 juill. 1679]
Cette censure du monde à quoi, malgré nous, vivants et mourants, nous sommes livrés.... [BOURDAL., Carême, t. I, p. 254]
Quoi non précédé d'un substantif, s'emploie pour joindre deux propositions. Dites-moi en quoi je puis vous servir.
Voilà sur quoi je veux que Bajazet prononce [RAC., Bajaz. I, 3]
À l'inquisition l'on force bien l'accusé de deviner de quoi on l'accuse, mais on ne le juge pas sans dire sur quoi [J. J. ROUSS., Lett. de la Mont. 6]
Absolument.
Toujours une soif et un besoin d'argent, en paix comme en guerre c'est [le jeune Sévigné] un abîme de je ne sais pas quoi ; car il n'a aucune fantaisie [SÉV., 429]
Ne connaître qui ni quoi (proprement, ni quelle personne, ni quelle chose), ne faire attention à rien.
Comme vous êtes roi, vous ne considérez Qui ni quoi.... [LA FONT., Fabl. V, 18]
Ni quoi ni qu'est-ce, aucune chose. Il ne dit ni quoi ni qu'est-ce.
Sans dire quoi ni qu'est-ce, au mépris de sa flamme, Le causeur est allé lui chanter même gamme [TH. CORN., l'Amour à la mode, V, 2]
De quoi...., ce qui est nécessaire pour.... capable de...
Cléopâtre a de quoi vous mettre tous en poudre [CORN., Pomp. II, 2]
J'ai de quoi me défendre et de quoi vous répondre [ROTR., Vencesl. I, 1]
Là, cette femme [une devineresse] emplit sa bourse, Et, sans avoir d'autre ressource, Gagne de quoi donner un rang à son mari [LA FONT., Fabl. VII, 15]
C'est un garçon de quarante ans, qui a de quoi vivre [LESAGE, Diable boit. 10]
Sa fille [de Charles 1er], depuis mariée au frère de Louis XIV, restait au lit, n'ayant pas de quoi se chauffer [VOLT., Louis XIV, 4]
Lorsque nous sommes méchants, nous avons de quoi devenir meilleurs [CONDIL., Traité anim. II, 9]
Il était dans l'âge où l'on est sensé, quand on a de quoi l'être [MARMONTEL, Cont. mor. Bonne mère.]
Avoir de quoi, avoir le pouvoir de, avec un nom de chose pour sujet.
Sa mort a de quoi vous apprendre La honte qu'il prévient et qu'il vous faut attendre [CORN., Pomp. IV, 1]
Voici de quoi détruire et de quoi renverser Ce colosse orgueilleux si fort à terrasser [ROTROU, Bélis. IV, 5]
On ne partait qu'à trois heures ; c'était de quoi dormir la grasse matinée [SÉV., 375]
Une telle imposture a de quoi me surprendre [VOLT., Mérope, IV, 2]
Absolument.
Ne vous inquiétez pas ; en vérité, il n'y a pas de quoi [GENLIS, Théât d'éduc. la Bonne mère, III, 4]
Il n'y a pas de quoi, se dit, dans le langage familier, pour se défendre d'un remercîment qu'on trouve trop grand.
Il n'en ordonne pas moins des prières pour remercier Dieu de ce qu'il n'y a eu que trois ou quatre cents malheureux qui aient été brûlés ; je m'imagine que Dieu répondra qu'il n'y a pas de quoi [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 9 janv. 1773]
De quoi, pris substantivement.
Où pourrai-je trouver de quoi te faire un don Qui puisse tenir lieu d'une reconnaissance ? Je l'ai, mon Dieu, j'ai ce de quoi Te faire une agréable offrande [CORN., Imit. IV, 13]
De quoi, ce qui suffit.
Ils trouvaient aux champs trop de quoi [LA FONT., Fabl. I, 8]
Et que, tant que le jeu me laissera de quoi, Si tu prends à crédit, j'irai payer pour toi [TH. CORN., Galant doublé, V, 3]
Un huissier.... Qui vend table et couchette Et trouve encor de quoi Pour le roi [BÉRANG., On s'en fiche.]
Populairement. Avoir de quoi, être dans l'aisance.
Vous devriez, ma fille, en l'âge où je vous voi, être riche, contente, avoir fort bien de quoi [RÉGNIER, Sat. XII]
Il faut aider les malheureux qui n'ont pas de quoi [CARMONTELLE, Prov. le Lièvre, sc. 2]
Substantivement. De quoi, l'avoir.
L'on ne m'a pas donné depuis trois années la moitié de ce qu'il m'a fallu pour subsister, et j'ai consommé mon petit de quoi, [, Lettres de Chénier, ingénieur des mines, à Colbert, 20 nov. 1668, Lettres, etc. de Colbert, IV, 582]
De quoi, de ce que.
Je ne m'étonne plus de quoi je gagne tant [CORN., Gal. du Palais, IV, 13]
Voilà bien de quoi ! ce n'est pas la peine de tant se récrier.
Hé bien ! qu'est-ce que cela, soixante ans ? voilà bien de quoi ! c'est la fleur de l'âge [MOL., l'Av. II, 6]
Est-ce là tant de quoi ? est-ce une chose si grave ? est-ce là de quoi faire tant de bruit ?
Angélique : Hé bien, ta perfidie est-elle en évidence ? - Alidor : Est-ce là tant de quoi ? Angélique : Tant de quoi ! l'impudence ! Après mille serments il me manque de foi, Et me demande encor si c'est là tant de quoi [CORN., Place Roy. II, 3]
Comme quoi, voy. COMME, n° 4.
Je ne sais quoi, voy. SAVOIR.
10° Quoi que, quelque chose que, toutes les choses que. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il en soit.
Quoi que c'en soit... je craindrais fort de vous être indifférent [BALZ., liv. IV, lett. 16]
Prête à souffrir un siége et soutenir pour vous Quoi que du ciel injuste eût osé le courroux [CORN., Sophon. III, 6]
À quoi qu'en reprenant on soit assujettie, Je ne m'attendais pas à cette repartie [MOL., Mis. III, 5]
Tu crois, quoi que je fasse, Que mes propres périls t'assurent de ta grâce [RAC., Bajaz. II, 1]
Enfin, quoi que ce puisse être que le soleil, il ne paraît nullement propre à être habité [FONT., Mond. 4e soir.]
Souvenez-vous, quoi que le cœur vous dise, De ne former jamais nulle hantise Qu'avec des gens dans le monde approuvés [J. B. ROUSS., Épît. II, 6]
Quoi que, avec de et un substantif.
Et, quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir, Je ne consulte pas pour suivre mon devoir [CORN., Cid, III, 3]
Quoi qu'on ait pour soi-même ou d'amour ou d'estime [ID., Tite et Bérén. I, 2]
Cette façon de parler n'est pas française, il fallait dire, quelque pouvoir que mon amour ait sur moi [, Acad. sentim. Cid]
Cet arrêt ne peut être ratifié. La tournure est logique et bonne. Quoi que ce soit, avec une négation, rien. Il n'a pu réussir à quoi que ce soit.
Je n'en témoignai quoi que ce soit [de ce que je savais], et je demeurai dans ma conduite ordinaire à l'égard de M. le cardinal [Mazarin] [RETZ, II, 74]
11° Quoi qui, quelque chose qui.
Dans chaud, le d ne se prononce jamais, quoi qui suive [CHIFFLET, Gramm. p. 212]
Quoi qui vous afflige, soyez toujours constant [ID., ib. p. 64]
Il est dommage que cette tournure soit tombée en désuétude.
12° Quoi interrogatif, quelle chose ? En quoi différons-nous d'avis ? à quoi de fâcheux devons-nous nous attendre ?
Hélas ! de quoi me sert ce dessein salutaire, Si pour en voir l'effet tout me devient contraire ? [CORN., Héracl. I, 1]
Il [Dieu] leur donne [aux illustres païens] pour récompense la gloire des hommes ; récompense qui ne vient pas jusqu'à eux, qui s'efforce de s'attacher, à quoi ? peut-être à leurs médailles ou à leurs statues déterrées [BOSSUET, Louis de Bourbon]
Mais à quoi auraient abouti tant de qualités héroïques, si Dieu ne l'avait éclairé ? [FLÉCH., Turenne]
À quoi vous divertissez-vous, à quoi passez-vous le temps ? vous demandent les sots et les gens d'esprit [LA BRUY., XXII]
Si j'allais dire la même chose [qu'elle est jolie] à une demoiselle comme vous, elle me recevrait bien, je crois. - Émilie : C'est selon. - Hubert : C'est selon quoi ? [TH. LECLERCQ, Prov. dram. les Préventions, sc. 23]
Quoi.... que ? quelle chose.... si ce n'est... ?
À quoi vous y occupez-vous, qu'a des inutilités dont votre foi gémit en secret ? [MASS., Avent, Concept.]
À quoi se réduit l'Évangile tout entier qu'à cette vérité ? [ID., Mystères, Visitat.]
De quoi, pourquoi, d'où ? (locution vieillie).
Revenez, belles fugitives ; De quoi versez-vous tant de pleurs ? [MALH., II, 4]
De quoi donc connaissez-vous monsieur ? [MOL., Am. méd. II, 2]
De quoi, pour en quoi ? (locution vieillie).
De quoi peut satisfaire un cœur si généreux Le sang abject et vil de ces deux malheureux ? [CORN., Pomp. IV, 2]
13° Quoi pris elliptiquement peut être considéré comme sujet. Quoi ? que dit-il ? On sait ce que c'est, quoi ? Quoi de plus heureux que ce qui vous arrive ? Dict. de l'Acad.
Quand on dit que le chaud n'est que le mouvement de quelques globules.... cela nous étonne ; quoi ? que le plaisir ne soit que le ballet des esprits ? [PASC., Pens. XXV, 10 éd. HAVET.]
C'est cet usage qui justifie Lamartine d'avoir fait de quoi un sujet dans une phrase où il n'est pas pris elliptiquement : Quoi donc était hier ce qu'il sera demain ? Jocel. 2e époque.
14° Quoi ! interjection qui marque l'étonnement, l'indignation, etc.
Quoi ! mes plus chers amis ! quoi ! Cinna ! quoi ! Maxime ! Les deux que j'honorais d'une si haute estime ! [CORN., Cinna, IV, 1]
Son pays le crut fou, petits esprits ! mais quoi ! Aucun n'est prophète chez soi [LA FONT., Fabl. VIII, 26]
Le roi voulait le faire arrêter dans Vaux : Quoi ! au milieu d'une fête qu'il vous donne ? lui dit la reine [RAC., Fragm. hist. Fouquet.]
Quoi donc ! répondit Télémaque, pouvais-je refuser à Calypso de lui raconter mes malheurs ? [FÉN., Tél. IV]
Quoi ! ce sénat n'avait fait évanouir tant de rois que pour tomber lui-même dans le plus bas esclavage de quelques-uns de ses plus indignes citoyens ! [MONTESQ., Rom. 15]
On y ajoute quelquefois l'interjection eh. Eh quoi ! vous n'êtes pas encore parti !

REMARQUE

  • 1. Ce pronom quoi a donné occasion à plusieurs de la compagnie de demander si cette manière de parler ordinaire à plusieurs auteurs : quoi de plus noble ? quoi de plus glorieux ? devait être tolérée, Acad. observ. sur Vaugel. p. 68, dans POUGENS. L'Académie condamna cette locution ; condamnation qui n'a pas été ratifiée.
  • 2. Corneille l'a dit d'une personne, avec un sens indéterminé :
    On vous les a nommés, mais sans vous les prescrire ; On vous obéira, quoi qu'il vous plaise élire [CORN., D. Sanche, I, 2]
    Voy. à l'historique des exemples de cet emploi dans Perceforest, dans Commines et dans Montaigne.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Et dist al rei : de quei avez pesance [chagrin] ? [, Ch. de Rol. LXV]
  • XIIe s.
    N'ai fil ne fille de quoi fasse mon hoir [, Ronc. p. 122]
    [Son beau visage] Par quoi mes cuers [mon cœur] se mist en l'acointance [, Couci, XVII]
    Bele Yolans, je vous chastoi ; Ma fille estes, faire [je] le doi. - Ma dame mere, es-vous de coi ? [, Romancero, p. 53]
    Mere, de coi me chastoiez ? Est-ce de coudre ou de tailler ? [, ib. p. 54]
    Li plus hardis des trois voussist [voudrait] estre à Paris, Pour coi Mansel [les Manceaux] ne fussent de lor vies saisi [maîtres] [, Sax. XXIV]
  • XIIIe s.
    Ma volonté ferez, quoi qu'il doie couster [, Berte, CXII]
    Dont [il] i a bien de quoi je me doie esmaier [, ib. XXXIX]
    [Impôts établis] De quoi la povre gent estoit moult malbaillie [, ib. LX]
    Coi ! dist une autre, c'avés dit ? [, Lai d'Ignaurès]
    Bel-acueil ne s'ose complaindre, Ne dire li [à elle] quoi ne comment [, la Rose, 12764]
    L'ocoison pour quei il sont bani, Bibl. de chartes, 2e sér. t. III, p. 423. Et le roy me respondi que il n'avoit de quoy [JOINV., 212]
  • XIVe s.
    À quoi le savez-vous ? dist la dame erranment ; Et celle li a dist : je le sais vraiement. [, Guesclin. 148]
  • XVe s.
    Ceux de Calais virent bien que le secours en quoi ils avoient fiance leur estoit failli [FROISS., I, I, 320]
    Les manieres des assauts, comment et de quoi, je le vous veux declarer, et pleinement deviser [ID., I, I, 257]
    Et se retrairent les François à leur logis et passerent la nuit à paix et aise ; ils avoient bien de quoi [sujet] [ID., II, III, 23]
    Donnez-lui du vostre largement ; s'il vous demande quoi que ce soit, accordez-lui tout ; car c'est la voie par laquelle vous le gagnerez [ID., III, IV, 50]
    Et faisoit on plusieurs exactions, specialement sur ceux qu'on sçavoit avoir de quoy [JUV., Charles VI, 1418]
    [L'avocat au client :] Amis, fay la geline pondre, Et apporte assez, c'est de quoy ; Car en ton faict goute ne voy [E. DESCH., dans Hist. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 416]
    Andromata, qui estoit assise au plus près de Blanche, pour quoy la journée se faisoit.... [, Perceforest, t. III, f° 8]
    Les gens de quoy ils s'estoient faitz forts n'y estoient point joinctz [COMM., I, 3]
    Le roy envoya devant faire excuse audit connestable de quoy il l'avoit tant fait attendre [ID., III, 11]
    Ainsi ala Guillaume Bernard parler au comte, lequel le mena en sa chambre et luy demanda quoy nous ne savons [, le Jouvencel, f° 66, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Diogenes interrogé à quelle heure doibt l'homme repaistre, respondit : Le riche, quand il aura faim ; le paoure, quand il aura de quoy [RAB., Pant. IV, 64]
    La nation de quoy estoit le conte [MONT., I, 22]
    Ces circonstances à quoy ils veulent asservir leur foi [ID., I, 36]
    À quoi faire fuit on la servitude des courts, si.... ? [ID., I, 51]
    Quoy qu'il en soit, je ne vouldrois pas.... [ID., I, 59]
    Mais quoy ? les.... [MONT., I, 73]
    L'un se plainct de quoy [de ce que] la mort lui rompt le train.... [ID., I, 79]
    N'avoir de quoy payer [ID., I, 119]
    Je sçay bon gré à la fortune dequoy ce feut un gascon que.... [ID., I, 118]
    Ces vers ont je ne sçay quoy de plus vif [ID., I, 222]
    L'ame a de quoy recevoir et de quoy donner [ID., I, 279]
    Ce Labienus, de quoy je parle, eut plusieurs envieux de sa vertu [ID., II, 89]
    Ils voyent que rien ne rend les hommes subjects à sa cruauté [du tyran], que les biens ; qu'il n'y a aucun crime envers luy digne de mort, que le de quoy [l'avoir] [LA BOËTIE, 67]
    [Le peuple] estant encor pincé par la subtile main des financiers, c'est merveille dequoy il subsiste [LANOUE, XIII]
    ....Et c'est dequoy. nous parlerons à la fin [ID., 21]
    Solon estoit filz d'Excestides, homme qui avoit dequoy moyennement [AMYOT, Solon, 1]
    Sa mere estoit cousine germaine de la mere de Pisistratus ; au moyen dequoy il y eut du commencement amitié grande entre eulx [ID., ib.]
    Je ne te dis chose, que je ne te montre de quoy, si tu veux venir en mon cabinet [PALISSY, 46]
    Le tout quoy, pour obvier aux abus, sera reprins.... [, Coust. génér. t. II, p. 976]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. quei ; du lat. quid (portant l'accent tonique), neutre de quis, qui.

quoi

QUOI. Pronom relatif invariable, qui tient lieu de Lequel, laquelle, tant au singulier qu'au pluriel, lorsqu'il est précédé d'une préposition; il ne se dit que des Choses. Ce sont des choses à quoi vous ne prenez pas garde. Il n'y a rien sur quoi l'on ait tant disputé. La raison pour quoi.

Il s'emploie aussi absolument et signifie Quelle chose. Voilà de quoi je voulais vous parler. Je devine à quoi vous pensez. Il y a dans cette affaire je ne sais quoi qui me semble louche. Dites-moi en quoi je puis vous servir. Voici sur quoi je veux le questionner.

Il a manqué à son ami, à son bienfaiteur, en quoi il est doublement coupable, En cela il est doublement coupable. C'est en quoi vous vous trompez, C'est en cela que vous vous trompez.

De quoi, Ce qui est nécessaire pour, ce qu'il faut pour. J'ai de quoi vous répondre. Cette prétention a de quoi me surprendre. Donnez-moi de quoi écrire. Nous avons de quoi vivre, de quoi nous amuser.

Pop., Avoir de quoi, Avoir de l'argent, être dans l'aisance. C'est un homme qui a de quoi.

Il n'y a pas de quoi me remercier, Il n'y a pas un sujet suffisant de me faire des remerciements. On dit aussi familièrement dans ce sens : Il n'y a pas de quoi.

Moyennant quoi, À cette condition. On a demandé à ce prisonnier sa parole de ne pas s'évader, moyennant quoi il a été laissé en liberté.

En termes de Procédure, Quoi faisant, en quoi faisant, En faisant laquelle chose.

Je ne sais quoi ou, substantivement, Un je ne sais quoi, se dit d'une Qualité, d'un sentiment indéfinissable. Elle a un je ne sais quoi, ce je ne sais quoi qui charme, qui séduit. Je ne sais quoi m'avertissait que je devais me défier de lui.

Fam., Comme quoi, Comment. Prouvez-lui comme quoi il se trompe.

Quoi que, Quelque chose que. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il en soit. Quoi que vous fassiez. Quoi qu'on en dise.

QUOI est aussi pronom interrogatif et signifie Quelle chose? Quoi de plus heureux que ce qui vous arrive? De quoi est-il question? À quoi pensez-vous? En quoi puis-je vous être utile? Sur quoi vous fondez-vous? Absolument, Quoi? que dites-vous? Eh bien, quoi?

À quoi bon? À quoi cela sert-il? Pourquoi? À quoi bon l'interroger? Il ne répondra rien.

QUOI est aussi exclamatif et sert à marquer l'étonnement, l'indignation, etc. Quoi! vous avez fait cette imprudence! Quoi donc! vous osez me braver en face! On y ajoute quelquefois l'interjection Eh. Eh quoi! vous n'êtes pas encore parti!

quoi


QUOI, pronom relat. [Koa, monos.] Quelle chôse. Il tient souvent lieu du pronom lequel, laquelle. "À~ quoi pensez-vous? Ce sont des chôses à quoi vous ne prenez pas garde. = 1°. On ne l'emploie jamais au nominatif comme pronom relatif. Il n'est sujet de la phrâse que quand il est pronom absolu, & quand il peut être tourné par, qu'y a-t-il. "Quoi de plus agréable pour des parens, que des enfans vertueux & bien élevés? — On ne le dit guère qu'avec le superlatif. "Les cercles des hommes ont aussi leurs inconveniens, sans doute. Quoi d'humain n'a pas les siens. Ce quoi d'humain a un air sauvage, qui surprend & qui choque. = Le câs ou quoi est le plus en usage, c'est le datif. "Le bonheur éternel est l'unique objet à quoi nous devons nous apliquer: réfléchissez à quoi vous vous exposez. — On peut néanmoins dans la plupart des occasions, où l'on emploie à quoi, se servir également des datifs auquel, à laquelle, etc. et c'est à l'oreille à juger lesquels de ceux-ci ou de l'aûtre ont plus de grâce et d'harmonie dans le discours. Le datif à quoi n'est d'un usage indispensable, que quand il a pour antécédent ce ou rien. "C'est à quoi je vous exhorte. "Il n'y a rien à quoi je ne sois disposé. = Pour le génitif et l'ablatif, ce pronom ne se dit qu'avec c' est: "C'est de quoi je vous rendrai compte: c'était de quoi je me plaignais. = À~ l'acusatif, on ne le dit qu' avec des prépositions. On ne doit pas dire avec l'Ab. Gauchat: Quoi te dire, cher ami. Ni avec un traducteur de Fielding: "Si elle se taisoit, ce n'étoit pas manque de savoir quoi dire. Mais on dit: le principe sur quoi je me fonde: la chôse en quoi il a manqué, etc. — Il est encore libre, dans toutes ces ocasions, de se servir des acusatifs lequel, laquelle, si l'on trouve qu'ils aient plus de grâce. = Dans les régimes des verbes, au lieu de quoi, on se sert de que à l' accusatif et au nominatif. On ne dit pas: quoi dites-vous? quoi est-ce? mais on dit: que dites-vous? qu'est-ce? Ainsi, les Auteurs cités auraient dû dire, que te dirai-je, cher ami? "Ce n'était pas manque de savoir que dire. = De quoi est un aûtre acusatif, dont on se sert pour signifier, moyen, faculté, matière: "Donez moi de quoi écrire: il n'a pas de quoi faire cette dépense, etc. Il régit l'infinitif. De quoi, tout seul, signifie du bien, de l'argent. "Avoir de quoi, c'est être riche. Regn. Il n'est que du st. famil. = 2°. Quoi ne se dit que des chôses inanimées. * Montagne parle des chiens, de quoi se servent les aveugles. Il ne devait dire, ni de quoi, ni de qui, mais dont = 3°. Quoi est aussi une interjection, employée dans les exclamations. "Quoi! toute la nature ne frémit-elle pas! Fonten. dans Thétys et Pelée. Le tour n'étant pas interrogatif, il ne falait pas mettre le pronom elle aprês le verbe: l'Auteur devait dire: quoi! toute la natûre ne frémit pas! = 4°. Quoi, suivi d'un que, qui en est séparé, et qu'il ne faut pas confondre avec quoique, conjonction, ne se dit que des chôses, et peut toujours se tourner par quelque chôse que. Il est masculin sans pluriel, et prend l'article indéfini: "Quoi qu'il puisse m'en arriver: de quoi qu'on l'acûse, il se défendra bien: à quoi qu'on vous destine, vous devez être soumis: je ne crains rien, quoiqu'on fasse pour me perdre. — Il est quelquefois mieux, pour l'harmonie et pour la clarté, de préférer quelque chôse que à quoi que. Rest. = * L'Acad. reprit aûtrefois, dans Corneille, ce vers:
   Et quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir.
Tourné par quelque chôse que, ce vers n'aurait pas de sens: quelque chôse que mon amour ait sur moi de pouvoir. Il falait dire: quelque pouvoir que mon amour ait sur moi. Sentim. sur le Cid. Voy. QUOIQUE, Rem. à la fin. = 5°. Quoique ce soit, ou quelquefois, quoi que ce fût ne se dit que des chôses, au singulier du masculin, et se décline avec l'article indéfini sans négation; et suivi de que ou de qui, il signifie quelque chôse que ou qui: "Quoi que ce soit, qui vous ait retenu; de quoi que ce soit que l'on parle; à quoi que ce soit que vous vous destiniez, etc. — Avec une négation, il signifie rien: "On ne m'a appris quoi que ce soit de nouveau: je ne me plains de quoi que ce soit: cela n'est bon à quoi que ce soit. = 6°. Quoi qu'il en soit (et non pas quoi qui en soit, comme disent certains) régit l'ablatif: quoi qu'il en soit de ce que je viens de dire. — Le plus souvent, on l'emploie sans régime; et il sert alors de conjonction et de transition pour passer d'une phrâse à l'autre. = * Aûtrefois, on disait, quoi que c'en soit, ou quoique ce soit: "Quoi que c'en soit, c'étoit dans des rencontres de cette nature, que ses inquiétudes rassuroient ses Soldats. P. Rapin "Quoi que ce soit, on peut voir en cela la grandeur de la Fortune, etc. Voit. = Vaugelas trouvait quoi que c'en soit aussi bon que quoi qu'il en soit; mais l'usage ne tarda pas de changer; et Th. Corneille condamne le premier, et n'admet que le second. = * Bossuet, suposant aparemment que le pronom en tient lieu de l'ablatif (de la prép. de) le retranche, quand il y a régime. "Quoi qu'il soit de l' imputation, etc. Il faut: quoi qu'il en soit de, etc. = 7°. Je ne sais quoi, espèce de substantif, qui régit la prép. de devant les adjectifs. Il signifie, quelque chôse: "Il crut apercevoir en moi je ne sais quoi d'heureux, qui vient des dons du Ciel. Télém. "Le jour n'inspire point je ne sais quoi de triste et de passioné comme la nuit. Fonten. — Il se dit aussi sans régime, mais il est toujours suivi du pronom relatif. "Il avait je ne sais quoi dans ses yeux perçans, qui me faisoit peur. Télém. — On dit même, un je ne sais quoi.
   Ce qui va droit au coeur, un trait brillant, qui pique,
   Est un je ne sais quoi, qui ne peut s'expliquer,
   Mais que les Maîtres seuls savent bien remarquer.
       Du Resnel.
= Comme je ne sais quoi, adv. Grandement. Locution populaire. "Elle est méchante comme je ne sais quoi. Th. d'Éduc.
   Rem. Il y a des phrâses où à quoi a bien mauvaise grâce. "Des lois à quoi il soit obligé d'obéir: la complaisance à quoi il avoit obligé les Évêques. Hist. du Droit Eccl. Fr. Il falait dire auxquelles, à laquelle. Voy. n°. 1°. = Il est aussi des prépositions avec lesquelles quoi ne s'alie pas bien. * Bossuet a dit pendant quoi, pour dire, pendant lequel tems; quoi plus, pour, que dirai-je de plus. = Par quoi est vieux aussi, et n'est plus bon que pour le marotique. On dit aujourd'hui, c'est pourquoi. Comme quoi, pour comment, se dit encore dans le style familier. "Voilà tout justement comme quoi je suis ici. Mariv.
   De narrer comme quoi la pièce
   Y sonna par tout le toscin.
       Gresset.

Traductions

quoi

(kwa)
pronom relatif
1. désigne une chose C'est ce à quoi je pensais. Je ne sais pas quoi dire.
2. quelle que soit la chose que quoi que je dise quoi qu'il arrive
3. de toute façon
4. sinon

quoi

waswhat, who, thatwatkioκάτιquéche cosa什麼CoHvadמה무슨Vad
pronom
quelle chose À quoi penses-tu ?

quoi

[kwa] pron
(interrogatif) → what
C'est quoi, ce truc? → What's this thing?
À quoi penses-tu? → What are you thinking about?
quoi faire? → what's to be done?
quoi de neuf? → what's new?
en quoi puis-je vous aider? → how can I help you?, How may I help you?
à quoi bon? → what's the use?, what's the point?
et puis quoi encore! → what next!, whatever next!
(relatif) il y a de quoi être fier → that's something to be proud of
il n'y a pas de quoi s'énerver → there's no reason to get worked up
il n'a pas de quoi se l'acheter → he can't afford it, he hasn't got the money to buy it
je n'ai pas de quoi acheter une voiture → I can't afford to buy a car
as-tu de quoi écrire? → have you got anything to write with?
ce pour quoi il a été choisi → that's why he was chosen
(autres locutions) quoi qu'il arrive → whatever happens
quoi qu'il en soit → be that as it may
quoi que ce soit → anything at all
sans quoi (= ou sinon) → otherwise
il n'y a pas de quoi → don't mention it, not at all