rabattre


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rabattre

v.t.
1. Ramener qqch vers le bas, l'appliquer sur autre chose : Elle rabat le col de son imperméable baisser ; relever replier, retourner
2. Amener dans une direction, dans une position plus basse : Le vent rabat la fumée vers le jardin.
3. Consentir un rabais : Le commerçant rabat dix euros sur le prix de départ diminuer, minorer, réduire ; majorer
4. À la chasse, pousser le gibier vers les chasseurs.
Remarque: Ne pas confondre avec rebattre.
En rabattre,
réduire ses prétentions : En voyant le niveau des autres candidats, il en a rabattu.
v.i. ou

se rabattre

v.pr.
Quitter soudain une direction pour en prendre une autre : Ils rabattirent à travers bois. La moto s'est rabattue devant la voiture.

se rabattre

v.pr.
(sur) Accepter, choisir qqch, qqn, faute de mieux : Comme il n'y avait plus de tarte, nous nous sommes rabattus sur la crème caramel.

rabattre


Participe passé: rabattu
Gérondif: rabattant

Indicatif présent
je rabats
tu rabats
il/elle rabat
nous rabattons
vous rabattez
ils/elles rabattent
Passé simple
je rabattis
tu rabattis
il/elle rabattit
nous rabattîmes
vous rabattîtes
ils/elles rabattirent
Imparfait
je rabattais
tu rabattais
il/elle rabattait
nous rabattions
vous rabattiez
ils/elles rabattaient
Futur
je rabattrai
tu rabattras
il/elle rabattra
nous rabattrons
vous rabattrez
ils/elles rabattront
Conditionnel présent
je rabattrais
tu rabattrais
il/elle rabattrait
nous rabattrions
vous rabattriez
ils/elles rabattraient
Subjonctif imparfait
je rabattisse
tu rabattisses
il/elle rabattît
nous rabattissions
vous rabattissiez
ils/elles rabattissent
Subjonctif présent
je rabatte
tu rabattes
il/elle rabatte
nous rabattions
vous rabattiez
ils/elles rabattent
Impératif
rabats (tu)
rabattons (nous)
rabattez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais rabattu
tu avais rabattu
il/elle avait rabattu
nous avions rabattu
vous aviez rabattu
ils/elles avaient rabattu
Futur antérieur
j'aurai rabattu
tu auras rabattu
il/elle aura rabattu
nous aurons rabattu
vous aurez rabattu
ils/elles auront rabattu
Passé composé
j'ai rabattu
tu as rabattu
il/elle a rabattu
nous avons rabattu
vous avez rabattu
ils/elles ont rabattu
Conditionnel passé
j'aurais rabattu
tu aurais rabattu
il/elle aurait rabattu
nous aurions rabattu
vous auriez rabattu
ils/elles auraient rabattu
Passé antérieur
j'eus rabattu
tu eus rabattu
il/elle eut rabattu
nous eûmes rabattu
vous eûtes rabattu
ils/elles eurent rabattu
Subjonctif passé
j'aie rabattu
tu aies rabattu
il/elle ait rabattu
nous ayons rabattu
vous ayez rabattu
ils/elles aient rabattu
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse rabattu
tu eusses rabattu
il/elle eût rabattu
nous eussions rabattu
vous eussiez rabattu
ils/elles eussent rabattu

RABATTRE

(ra-ba-tr') v. a.Il se conjugue comme battre.
Mettre plus bas, faire descendre. Le vent rabat la fumée. Rabattre le collet de son habit.
Je mis un chapeau dont je rabattis le voile [GENLIS, Mères riv. t. III, p. 71 dans POUGENS]
On sait que quelques fleurs radiées rabattent pendant la nuit leurs fleurons extérieurs [DE CANDOLLE, Instit. Mém. scienc. ph. et math. Sav. étr. t. I, p. 343]
Terme d'escrime. Rabattre un coup, le parer en rabaissant le fer de son ennemi. Fig. Rabattre les coups, adoucir, apaiser des gens qui se querellent. Ils se disputaient avec violence ; je fis tout ce que je pus pour rabattre les coups. Rabattre les coups, se dit aussi des bons offices que l'on rend auprès d'un homme puissant en faveur de quelqu'un contre qui il était prévenu. Le préfet était indisposé contre vous, mais votre ami a rabattu les coups. Enfin, rabattre les coups signifie préserver de périls, de mauvaises affaires.
Et, s'il s'obstine à suivre un injuste courroux, Nous saurons, ma princesse, en rabattre les coups [CORN., Médée, II, 4]
Le parlement d'Angleterre nous hait fort ; mais le roi rabat les coups [BUSSY, Lett. t. III, p. 273, dans POUGENS]
Et quel charme assez fort, apaisant leur courroux, A détourné l'orage et rabattu les coups ? [TH. CORN., Galant doub. III, I]
Aplatir. Rabattre les plis. Rabattre une couture, faire un léger rempli à un des côtés de l'étoffe restée au-dessus de la couture, par exemple le côté droit, le plier à plat sur le côté gauche, et l'assujettir par un point d'ourlet de manière que la coupure de l'étoffe ne se voie ni ne se défile. Populairement et fig. Rabattre les coutures à quelqu'un, le frapper sur le dos ou sur les épaules, et, en général, sur les parties du corps recouvertes d'un vêtement. Terme de labourage. Rabattre les avoines, faire passer un rouleau dessus, lorsqu'elles sont déjà levées. Rabattre les ornières, les sillons, y rejeter la terre qui est sur le bord et les remplir
Terme de jardinage. Rabattre un arbre, le couper jusqu'à la naissance des branches ; le but de cette opération est de le rajeunir en le forçant à pousser de nouvelles branches. Rabattre une branche, la raccourcir.
Dégrossir le marbre avec le rabot. Couper en biseau la sertissure d'un bouton. Abaisser les côtes trop marquées d'une pièce d'orfévrerie. Former la tête d'un clou. Terme de serrurerie. Synonyme de parer. Effacer à petits coups les inégalités que le marteau a laissées sur une pièce de serrurerie. Se dit de l'action du maréchal qui frappe sur le fer rouge qu'il forge. Rabattre en premier, se dit lorsqu'il y a trois frappeurs à l'enclume. Rabattre en second, se dit lorsqu'il y en a quatre. Rabattre court, frapper le plus promptement possible après le premier frappeur. Terme de tonnelier. Rabattre un fût, en resserrer les ais.
Terme de manége. Rabattre les courbettes, forcer un cheval qui travaille à courbettes, de poser à terre, en un seul et même temps, les deux pieds à la fois. Absolument. Ce cheval rabat bien, il rabat bien ses courbettes. Terme de manége. Le cavalier rabat l'impétuosité d'un cheval, lorsqu'il parvient à le subjuguer.
Terme de chasse. Rabattre le gibier, battre la campagne pour forcer le gibier à aller à l'endroit où sont les chasseurs. Absolument.
On ne me vit jamais prodigue de louanges ; Mais ils ont rabattu comme de petits anges [COLLIN D'HARLEV., M. de Crac, sc. 5]
Terme de jeu de quilles. Abattre des quilles du lieu où s'est arrêtée la boule qui, lancée du but, a abattu des quilles À la longue paume, rabattre, renvoyer la balle à la partie adverse, le plus près de terre qu'il est possible.
Terme de palais. Le juge rabat un défaut quand, à l'audience, il révoque le défaut qu'il avait donné contre une des parties, faute par elle d'avoir comparu.
10° Fig. Mettre au-dessous.
Quelques philosophes, entre autres Descartes et Malebranche, ont voulu rabattre la puissance animale au-dessous de la végétale [BERN. DE ST-P., Harmon. liv. v.]
Réprimer, humilier, rabaisser.
Je saurai bien rabattre une humeur si hautaine [CORN., Cid, II, 6]
Le pyrrhonisme est le remède à ce mal [les opinions des philosophes], et rabattra cette vanité [PASC., Pens. XXV, 34, éd. HAVET.]
Puisque l'arrogance, compagne ordinaire d'une condition si éminente, est si fortement rabattue par ce spectacle [la mutation des empires] [BOSSUET, Hist. III, 1]
Une parabole qui les regarde et qui devrait rabattre leur confiance [BOURDAL., Pensées, t. II, p. 447]
Ce qui rabattrait les idées favorables que nous avons conçues de nos avantages et de nos perfections [ID., t. III, p. 208]
Il n'est pas mal de rabattre un peu l'orgueil des Anglais, qui se croient souverains du théâtre comme des mers, et qui mettent sans façon Shakespeare au-dessus de Corneille [VOLT., Lett. Duclos, 20 janv. 1672]
Je détestais cet art de rabattre tous les élans, et de désenchanter tous les amours [STAËL, Corinne, XII, 1]
Familièrement. Rabattre le caquet, Voy. RABAISSER.
....Savez-vous, monsieur du lansquenet, Que j'ai de quoi rabattre ici votre caquet ? [REGNARD, Joueur, III, 11]
11° Faire quelque réduction sur le prix d'une chose qu'on veut vendre. Il n'en rabattrait pas un sou. Faire quelque réduction sur le prix d'une chose qu'on veut acheter ou qu'on paye. Il rabattit tant sur la facture. Absolument.
Ceux qui voudront acheter tâcheront de rabattre sur tous ces profits ; et ils rabattront avec d'autant plus de facilité, que les marchands, en plus grand nombre, seront plus pressés de vendre [CONDIL., Comm. gouv. I, 8]
Offrir moins que le marchand ne veut vendre.
Nous avons affaire de lui ; ne lui rabattez rien [DANCOURT, Vend. Surène. SC. 7]
Absolument.
C'est que nous ne sommes pas convenus du prix, vous surfaites, et nous rabattons [DANCOURT, Fêtes du cours, SC. 13]
Diminuer un impôt, une charge.
Il nous a rabattu vingt écus de taille [DANCOURT, Vendanges, SC. 1]
Il se dit aussi d'une retenue qu'on fait.
S'il se casse quelque chose, je m'en prendrai à vous, et le rabattrai sur vos gages [MOL., l'Avare, III, 1]
Fig.
Un petit baiser seulement, en rabattant sur notre mariage [MOL., G. Dand. II, 1]
Fig. Rabattre une chose à sa juste valeur, la réduire à ce qu'elle vaut effectivement.
Quand on ne reçoit pas sur parole des maximes gigantesques, on rabat à leur juste valeur tous les lieux communs dont on étourdit notre enfance [MIRABEAU, Lett. orig. t. II, p. 357]
Ne rien rabattre, ne rien diminuer, amoindrir.
Vous la voulez sentir à longs traits [la douleur d'une mort], sans en rien rabattre, sans aucune distraction [SÉV., 123]
Je suis tout à vous, sans qu'il y ait à ce compliment aucune chose à rabattre [ID., 12 févr. 1672]
Toute cette jeunesse a fait le carnaval sans en rien rabattre [ID., merc. des cendres 1680]
Il fut sensible à Luther de voir non plus des particuliers, mais des Églises entières se soulever contre lui ; mais il n'en rabattit rien de sa fierté [BOSSUET, Var. 2]
Il n'y a rien à rabattre, il faut prendre la chose telle qu'elle est.
Que s'il y avait la moindre chose à faire, il ne penserait pas à quitter, et l'on voit qu'il dit vrai ; il n'y a rien à rabattre [SÉV., 611]
N'en vouloir rien rabattre, ne vouloir rien diminuer de ses prétentions.
C'est un homme de condition qui m'est prédit pour époux, et je n'en rabattrai rien [MARIVAUX, Jeux de l'am. et du has. I, 7]
J'en rabats beaucoup, se dit d'une personne qu'on vient à estimer moins qu'on ne faisait auparavant.
Je ne doute point qu'ils ne disent alors comme cet ami de la Brinvilliers à qui on apprenait qu'elle avait empoisonné son père : si cela est, j'en rabats beaucoup [D'ALEMB., Lett. au roi de Pr. 2 janv. 1772]
On a dit dans le même sens : j'en rabats la moitié, j'en rabats de moitié. J'en rabats quinze, j'ai perdu beaucoup de l'estime que j'avais pour lui.
12° Diminuer un nombre quelconque.
Elle le répéta vingt fois [qu'il y avait eu douze cents volailles servies à une noce], et n'en voulut jamais rabattre un seul poulet [SÉV., 68]
Votre monsieur d'Aix a une abbaye de six mille livres de rente.... il vous dira qu'elle en vaut douze ; rabattez la moitié [ID., 20 nov. 1689]
Retrancher.
Basilide met tout d'un coup sur pied une armée de trois cent mille hommes, il n'en rabattrait pas une seule brigade [LA BRUY., X.]
Pour n'avoir rien voulu rabattre de nos profusions [MASS., Avent, Jugem. univ.]
Il sait bien que le Seigneur a son poids et sa mesure, et qu'il n'appartient pas à l'homme d'en rabattre [ID., Carême, Impén.]
Fig.
De ces sortes de louanges-là on en rabat quelque chose, pour les réduire à une mesure un peu plus raisonnable ; mais à la vérité on n'en rabat guère, et on se fait à soi-même une bonne composition [FONTEN., Dial. 1, Morts anc. mod.]
J'ai su par moi-même ce qu'il y avait à rabattre des relations faites par des gens déterminés à l'admiration avant que d'avoir vu [DUCLOS, Œuv. t. VII, p. 3]
13° Terme de teinturier. Corriger une couleur trop vive.
....[Pour les couleurs d'olives] étant passés en couleur de vert, seront rabattus avec suie de cheminée ; et, selon l'œil qu'il leur faut, le teinturier leur donnera le rabat [, Règlement sur les manuf. août 1669, Teinturiers en laine, art. 27]
Terme de tanneur. Mettre les peaux dans un plain-mort, de huit en huit jours pour les ramollir.
14° V. n. Rabattre de, ne pas conserver à un même degré.
De moment en moment, son âme plus humaine Abaisse sa colère et rabat de sa haine [CORN., Médée, III, 2]
Les Athéniens, depuis la perte des deux batailles de Délie et d'Amphipolis, avaient beaucoup rabattu de leur fierté [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 589, dans POUGENS]
Nous les exhortons.... à rabattre de leur austérité [MASS., Avent, Épiphan.]
La très fidèle duègne, qui me reprocha malicieusement que j'avais bien rabattu de ma diligence [LESAGE, Gil Bl. IV, 2]
Si elles savaient avec quelle impudence l'auteur a menti, elles rabattraient de leurs louanges [VOLT., Lett. d'Argental, 18 sept. 1768]
Un vieux prêtre me trouvait déjà tant d'esprit.... qu'il prétendait que je serais un jour docteur de Sorbonne ; il aurait depuis bien rabattu de ses espérances [DUCLOS, Œuv. t. X, p. 18]
Rabattre de l'estime qu'on avait pour quelqu'un, ne plus l'estimer autant.
Oh ! quand on est fripon, je rabats de l'estime [GRESSET, Méchant, I, 1]
Il en faut rabattre, on ne peut plus conserver les mêmes prétentions.
Il en fallut rabattre, et dès lors, adieu la tranquillité [J. J. ROUSS., Confess. III]
15° Se détourner tout d'un coup de son chemin pour en prendre un autre. Vous rabattrez à main droite. Fig.
En ce cas je pourrais rabattre sur la veuve, La comtesse sa sœur [REGNARD, Joueur, I, 6]
16° Se rabattre, v. réfl. Être rabattu. Les nuages chargés de pluie se rabattent. Le col de cet habit se rabat sur les épaules.
17° Se détourner tout d'un coup d'un chemin pour passer dans un autre. L'armée, après divers mouvements, se rabattit sur la ville.
Dans l'hiver elles se rabattent sur les rivières et les fontaines chaudes ; elles y vivent de cresson et de cerfeuil sauvage [BUFF., Ois. t. XVII, p. 384]
En me rabattant ensuite sur ma gauche, je me rendis à Bowood [MORELLET, Mém. t. I, p. 206 dans POUGENS]
Fig.
Nous laissons courir après les chimères de la philosophie les gens qui ne les connaissent pas, et nous nous rabattons sur ce qu'il y a de réel [FONTEN., Dial. Platon, Marg.]
18° Fig. Changer tout à coup de propos dans la conversation. Il se rabattit sur les nouvelles du jour.
Pour me rabattre au sujet dont il s'agit, il suffira de savoir qu'aux entrées, il y a eu souvent des disputes entre les duchesses et les princesses étrangères pour la préséance [SAINT-SIMON, 64, 62]
19° Se borner, se restreindre.
On se rabat à un genre de vie plus à portée des sens [MASS., Prof. rel. 2]
Il se rabattit à demander qu'au moins il eût le commandement... [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 204, dans POUGENS]
Lorsque les levrauts lui manquent [au renard], il se rabat sur les rats [BUFF., Morc. choisis, p. 243]
20° Terme de chasse. Un limier se rabat lorsqu'il donne quelque connaissance à celui qui le mène (Almanach du chasseur).

REMARQUE

  • Il ne faut pas confondre rabattre et rebattre. Rebattre, c'est répéter souvent.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Se il sont au marchié en tele maniere que on rabatist un denier, ou plus ou mains.... [, Liv. des mét. 18]
    Se li sergans requiert à son segneur qu'il rabate de ses rechoites [recettes] aucuns paiements ou aucunes depenses [BEAUMAN., XXIX, 6]
  • XIVe s.
    Toutes autres choses reffusées et rabattues [, Ménagier, 1, 9]
    Donnons en mandement à nos amez et feaux les gens tenans nostre parlement, qu'il facent rabattre [biffer] de nos registres le ban.... [DU CANGE, rabattere.]
    Au Liegeois pour aller.... quatre sols le jour et ses frais, rabatut ce que on rent à.... [CAFFIAUX, Régence d'Aubert de Bavière, p. 35]
    Vous contés sans rabatre, si ait m'ame pardon [, le Bastart de Bullion, V. 3990, dans Hist. litt. t. XXV, p. 607]
  • XVe s.
    Tel compte haut qui après en rabat [AL. CHART., le Déb. des deux fort.]
    Portoit chascun d'eux une espée rabatue en sa main ; lesquelles espées furent presentées aux juges, pour sçavoir si elles estoyent rabatues et coupées en pointe comme il appartenoit [O. DE LA MARCHE, Mém. liv. II, p. 587]
  • XVIe s.
    Vous avez beau vivre, vous n'en rabattrez rien du temps que vous avez à estre mort [MONT., I, 87]
    À Athenes on apprenoit à bien dire, et icy [à Sparte] à bien faire ; là.... à rabattre l'imposture des mots captieusement entrelacez, icy.... à rabattre d'un grand courage les menaces de la fortune et de la mort [ID., I, 152]
    Et lors mesme que l'espée est desgainée sur luy, il rabat le coup d'un seul regard de ses yeulx [AMYOT, Marius et Pyrrh. 16]
    Le recouvrement de ces deniers leur fut fort dur, tant pour la briefveté du temps qui leur fut prefix, que pource qu'il ne fut jamais possible d'en rien rabattre [ID., Démétr. 33]
    Une espée rabbattue, au bout de laquelle y avoit un bouton rond et plat [PARÉ, Mumie, 9]
    Tout le matin se passe à rabattre une beste ; Puis au diner se fait le rapport de la queste [AM. JAMYN, Poésies, p. 65, dans LACURNE]
    La principale chose que doit apprendre un chien pour bien se rabattre, c'est de ne laisser passer ny coulées faux-fuyantes ny nulles sentes sans y mettre le nez [CHARLES IX, Chasse roy. 28]

ÉTYMOLOGIE

  • Re..., et abattre ; wallon, rabatt

rabattre

RABATTRE. (Il se conjugue comme BATTRE.) v. tr. Rabaisser, faire descendre. Rabattre ses cheveux sur son front. Le vent rabat la fumée. La fumée se rabat. Un col de chemise qui se rabat sur les épaules.

Rabattre les plis d'une robe, Les aplatir.

Couture rabattue, Celle sur laquelle on a rabattu le bord de, l'étoffe.

Col rabattu, Col qui se replie et se rabat sur lui-même. Des cols droits et des cols rabattus.

En termes d'Escrime, Rabattre un coup, Le détourner, le rompre en rabaissant le fer de son ennemi. On lui porta un coup d'épée, et il le rabattit.

En termes de Labourage, Rabattre les avoines, Faire passer le rouleau sur les avoines déjà levées, pour aplanir la terre.

Rabattre les ornières, les sillons, Les remplir de la terre qui s'est élevée au bord.

Rabattre un arbre, Le couper de manière qu'il ne soit plus aussi élevé. On dit de même : Rabattre une branche, La couper afin que la partie conservée produise un rameau plus vigoureux.

RABATTRE s'emploie figurément et signifie Abaisser, réprimer. Rabattre l'orgueil, la hauteur, le ton, la fierté de quelqu'un.

Fam., Rabattre le caquet de quelqu'un, à quelqu'un, Le faire taire.

RABATTRE signifie aussi Diminuer, retrancher de la valeur d'une chose, du prix qu'on en demande. Il faut rabattre beaucoup du prix que vous demandez. Un marchand qui vend sa marchandise sans en rien rabattre. Il n'en rabattrait pas un sou. Fig., Rabattre de l'estime qu'on avait pour quelqu'un. Il y a beaucoup à rabattre de ce qu'il dit. Il faut en rabattre de moitié.

Il n'en veut rien rabattre se dit d'un Homme qui, dans une affaire, ne veut rien diminuer de ses prétentions.

Fig. et fam., J'en rabats beaucoup, se dit en parlant d'une Personne qui a donné lieu de l'estimer moins qu'on ne faisait auparavant.

Fig. et fam., Il faut bien en rabattre, Il faut bien revenir sur ce que l'on pensait, sur ce qu'on avait espéré, sur ce que quelqu'un a dit.

Tout compté, tout rabattu ou Tout bien compté et rabattu, Tout bien examiné.

En termes de Procédure, Rabattre un défaut, se dit lorsque, à l'audience, le juge révoque le défaut qu'il avait donné contre une des parties, faute par elle d'avoir comparu.

RABATTRE signifie encore Ramener vivement vers un endroit. Le général rabattit l'ennemi sur ses positions. L'armée ennemie se rabattit sur telle place. Les perdrix se sont rabattues dans cette pièce de blé.

En termes de Chasse, Rabattre le gibier, Battre la campagne pour pousser le gibier vers des filets ou des panneaux tendus, ou vers la ligne des chasseurs. Il s'est fait rabattre le gibier. On lui a rabattu le gibier.

RABATTRE est aussi intransitif, et alors il signifie Quitter un chemin et se détourner tout d'un coup pour passer dans un autre. Quand vous serez en tel lieu, vous rabattrez à main droite. Il faut rabattre par tel endroit.

SE RABATTRE se dit aussi au figuré, de Celui qui, après avoir parlé de quelque matière, change tout d'un coup de propos. Après avoir parlé quelque temps de choses indifférentes, Il se rabattit sur la politique.

Il signifie encore Se borner, se restreindre. Après avoir exigé telles et telles conditions, il se rabattit à demander simplement que...

rabattre


RABATTRE ou RABATRE, v. act. 1°. Rabaisser, faire descendre: le vent rabat la fumée. Son emploi n'est pas fort étendu dans ce sens. = 2°. Diminuer du prix. "Ce Marchand ne veut rien rabatre du prix qu'il demande: il n'en rabatrait pas un sou. = Figurément: "Il ne veut rien rabatre de ses prétentions. = 3°. Rabatre un coup, le détourner, le rompre en le parant. — Fig. rabatre les coups, apaiser, adoucir des gens aigris les uns contre les aûtres. = 4°. En parlant des plis et des coutûres, les aplatir. = 5°. Dans le style figuré, rabaisser: "Rabatre l'orgueil, la fierté de quelqu'un; il lui a bien rabatu son caquet: ce dernier est du style familier. = 6°. Neutre ou réciproque: se rendre en un lieu, par un endroit. "Quand vous serez en tel lieu, vous rabatrez par un tel endroit, à main droite, etc. "Les perdrix se rabatirent dans une pièce de blé. = Avec la prép. par, le neutre vaut mieux: avec la prép. dans, on doit préférer le réciproque. * "Il rabatit dans cette ville. Charlev. Je crois que, il se rabatit dans, aurait mieux valu. = On dit aussi, se rabatre sur, au propre et au figuré: "L'Armée se rabatit sur cette place: "Aprês avoir parlé de diverses chôses, il se rabatit sur la politique. "Il se rabatit enfin sur les procédés, ne pouvant rien dire de solide sur le fond de l'afaire.
   On dit proverb. Tout compté, tout rabatu, tout bien examiné.

Synonymes et Contraires

rabattre

verbe rabattre
3.  Littéraire. Ramener à un degré moindre.

rabattre (se)

verbe pronominal rabattre (se)
Quitter soudain une direction.
Traductions

rabattre

pull down, driveribaltare, ribattereFoldพับ (ʀabatʀ)
verbe transitif
1. faire descendre plus bas rabattre un store
2. rabaisser qqch rabattre le capot d'une voiture
3. réduire une somme rabattre un tiers du prix
4. diriger le gibier vers les chasseurs

rabattre

[ʀabatʀ] vt
[+ couvercle, siège] → to pull down
[+ col] → to turn down
[+ couture] → to stitch down
[+ gibier] → to drive
(= déduire) → to take off, to knock off
(TRICOT) → to decrease
(autres locutions) rabattre l'orgueil de qn → to humble sb
rabattre ses prétentions → to lower one's sights [ʀabatʀ] vpr/vi
(= s'abaisser) [bords] → to fold down; [couvercle] → to shut
[véhicule, coureur] → to cut in
(faute d'alternative) se rabattre sur → to fall back on