rabattu, ue

RABATTU, UE

(ra-ba-tu, tue) part. passé de rabattre
Mis plus bas.
Il [un homme distrait] voit que son épée est mise du côté droit, que ses bas sont rabattus sur ses talons [LA BRUY., XI]
Les cornes très courtes, très rabattues, presque appliquées sur le crâne [BUFF., Quadrup. t. V, p. 291]
Chapeau rabattu, chapeau dont les bords retombent.
Ces voyageurs portaient tous une épée à la ceinture, et un large chapeau rabattu leur couvrait à demi le visage [CHATEAUB., D. Abenc.]
Terme de botanique. Rameaux rabattus, rameaux qui pendent vers la terre. Se dit aussi des feuilles dont l'extrémité est tournée vers la terre. Épée rabattue, épée qui n'a ni pointe ni tranchant. Dames rabattues, sorte de jeu qu'on joue sur le tablier d'un trictrac avec les dés et les dames.
Couleurs rabattues, couleurs brunies par le rabat.
Retranché sur un prix, sur une valeur. Tout compté, tout rabattu, tout ayant été bien calculé et compensé.
Tout bien compté, tout rabattu, il n'y a personne en Bretagne qui ait un si bon cœur et de si nobles sentiments [SÉV., 29 nov. 1684]
Tout compté, tout rabattu, je me trouvai court de quatre mille écus [LESAGE, Guzm. d'Alf. VI, 8]
Fig.
Il est sûr qu'il y a une mesure de choses tendres qu'on doit dire ; ce qu'on en dit le jour est au tant de rabattu sur la nuit [FONTEN., Lett. gal. 28]
Nous avons cru ne perdre que des moments inutiles ; et avec eux nous avons perdu des grâces inestimables, qui se trouvent rabattues de celles que la bonté de Dieu nous avait destinées [MASS., Carême, Temps.]
S. f. En terme de marine, rabattue se dit d'un des étages situé au-dessus du plat-bord d'un grand bâtiment.