racler

(Mot repris de raclez)

racler

v.t. [ lat. radere ]
1. Enlever les aspérités d'une surface en grattant pour nettoyer, égaliser : Racler la semelle de ses chaussures pour enlever la boue curer, frotter
2. Heurter en frottant : En se garant, il a raclé les pneus contre le trottoir.
Racler les fonds de tiroirs,
Fam. rassembler ses dernières économies.

se racler

v.pr.
Se racler la gorge,
s'éclaircir la voix.

racler


Participe passé: raclé
Gérondif: raclant

Indicatif présent
je racle
tu racles
il/elle racle
nous raclons
vous raclez
ils/elles raclent
Passé simple
je raclai
tu raclas
il/elle racla
nous raclâmes
vous raclâtes
ils/elles raclèrent
Imparfait
je raclais
tu raclais
il/elle raclait
nous raclions
vous racliez
ils/elles raclaient
Futur
je raclerai
tu racleras
il/elle raclera
nous raclerons
vous raclerez
ils/elles racleront
Conditionnel présent
je raclerais
tu raclerais
il/elle raclerait
nous raclerions
vous racleriez
ils/elles racleraient
Subjonctif imparfait
je raclasse
tu raclasses
il/elle raclât
nous raclassions
vous raclassiez
ils/elles raclassent
Subjonctif présent
je racle
tu racles
il/elle racle
nous raclions
vous racliez
ils/elles raclent
Impératif
racle (tu)
raclons (nous)
raclez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais raclé
tu avais raclé
il/elle avait raclé
nous avions raclé
vous aviez raclé
ils/elles avaient raclé
Futur antérieur
j'aurai raclé
tu auras raclé
il/elle aura raclé
nous aurons raclé
vous aurez raclé
ils/elles auront raclé
Passé composé
j'ai raclé
tu as raclé
il/elle a raclé
nous avons raclé
vous avez raclé
ils/elles ont raclé
Conditionnel passé
j'aurais raclé
tu aurais raclé
il/elle aurait raclé
nous aurions raclé
vous auriez raclé
ils/elles auraient raclé
Passé antérieur
j'eus raclé
tu eus raclé
il/elle eut raclé
nous eûmes raclé
vous eûtes raclé
ils/elles eurent raclé
Subjonctif passé
j'aie raclé
tu aies raclé
il/elle ait raclé
nous ayons raclé
vous ayez raclé
ils/elles aient raclé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse raclé
tu eusses raclé
il/elle eût raclé
nous eussions raclé
vous eussiez raclé
ils/elles eussent raclé

RACLER

(ra-klé ; plusieurs prononcent râ-klé, et de même dans les mots qui tiennent à racler) v. a.
Enlever avec un instrument quelques parties de la superficie d'un corps.
Çà, que je racle un peu de tous côtés Votre cuvier, et puis que je l'arrose [LA FONT., Cuvier.]
Ce riche métal [l'or] est si commun dans la contrée [de Bambouk en Afrique], qu'on en peut ramasser presque indifféremment partout, en raclant seulement la superficie d'une terre argileuse, légère et mêlée de sable [RAYNAL, Hist. phil. XI, 16]
On racla les vieux parchemins généralement dans la Grèce pendant les onzième, douzième, treizième et quatorzième siècles [MONGEZ, Inst. Mém. litt. et beaux-arts, t. V, p. 471]
Fig. et famil. Ce vin racle le gosier, il est dur et âpre. Fig. Cela racle les boyaux, se dit de tout breuvage médicinal ou autre, qui donne des tranchées.
Racler une mesure de grain, passer la racloire sur une mesure, pour faire tomber ce qui s'élève au-dessus du bord.
Fig. et familièrement, racler le boyau, mal jouer d'un instrument à cordes. Racler un instrument, même sens.
Il racle de temps en temps une guitare, en chantant des romances de sa composition [LESAGE, Diable boit. 3]
Un petit Français... habit vert-pomme, raclait un violon de poche [CHATEAUBR., Itin. part. 7]
Absolument.
Mes symphonistes raclaient à percer le tympan [J. J. ROUSS., Conf. IV]
On dit de même par dénigrement : racler un air.
Deux méchantes voix dont l'une chantait le dessus et l'autre raclait une basse [SCARR., Rom. com. I, 15]
Ma muse épique.... Sur un vieux luth qu'il faut monter toujours S'en va raclant quelque air mélancolique [VOLT., Poésies mél. 35]
Par assimilation, en parlant du style, avoir un langage dur, raboteux, peu agréable.
Phébus, voyant sa mine constipée [d'un abbé qui récite ses vers], Dit : quelle est donc cette muse éclopée Qui vient ici racler du violon En manteau court ? [J. B. ROUSS., Épigr. en rondeau.]
Ô Chapelain, toi dont le violon De discordante et gothique mémoire, Sous un archet maudit par Apollon, D'un ton si dur a raclé son histoire [de la Pucelle] [VOLT., Puc. I]
Racler les bois, éclaircir les bois taillis qu'on ne veut couper qu'à onze ou quinze ans.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Et soit [l'ongle] raclé de voirre [verre] [B. DE GORDON, Traduction, I, 27]
  • XVe s.
    Oncques nul ne vint au devant, Sinon deux malostrus racletz [tondus] [, Ancien théâtre français, t. II, p. 298]
    Il fut rez, chef, barbe et sourcil, Comme ung navet qu'on racle et pelle [VILLON, Gr. testam. Rond.]
  • XVIe s.
    Les gens y fourmillent, ainsi qu'ils faisoyent dans la comté de Flandres, avant que ces derniers orages eussent raclé ses habitans, ses richesses et ses superbes bourgs [LANOUE, 356]
    Les superstitions sont raclées du monde, afin que la pure religion y florisse [CALV., Instit. 29]
    Les gresles et tempestes raclent tout ce qu'elles rencontrent [ID., ib. 137]
    C'est un point raclé [la chose est faite] [COTGRAVE, ]
    Et n'est gueres homme qui ne se trouble à ce bruit aigre et poignant que font les limes en raclant [MONT., II, 367]

ÉTYMOLOGIE

  • Catal. rasclar ; ital. raschiare ; d'un latin fictif rasiculare, qui provient d'un diminutif du lat. rasus, rasé.

racler

RACLER. v. tr. Gratter, frotter la surface d'un corps avec quelque chose de dur ou de tranchant, de manière à en enlever quelques parties. Racler des peaux, du parchemin. Racler de l'ivoire, de la corne de cerf. Racler des allées.

Racler une mesure de grain, Passer la racloire sur une mesure, pour faire tomber le grain qui s'élève au-dessus des bords.

Fig. et fam., Ce vin racle le gosier, Il est dur et âpre.

Fig. et fam., Racler du violon, du violoncelle, etc., se dit de Quelqu'un qui joue mal du violon, du violoncelle, etc. On dit de même, par dénigrement : Racler un air.

racler

Racler, Radere, Abradere, Corradere, Deradere, Eradere, Interradere, Praeradere.

Racler quelque chose par dessus, Distringere, Superradere.

Racler tout entour, Circunradere.

Oster et racler une lettre d'un mot, Exterere literam.

Qui racle ou raye, Rasor, rasoris.

Instrument à racler, ou couper et tailler, Scalprum.

Raclé, Rasus, Erasus.

racler


RACLER, v. act. RACLEUR, s. m. RACLOIR, s. m. RACLOIRE, s. f. RACLûRE, s. f. [Raclé, cleur, cloar, cloâ-re, clûre: 2e é fer. au 1er, lon. aux 2 dern. — Devant l'e muet l'a est long: il râcle, il râclera, etc.] Racler, c'est ratisser: enlever avec quelque chôse de rude ou de tranchant quelques petites parties de la superficie d'un corps. Racler des peaux, du parchemin, de l'ivoire, etc. "Racler des alées. = En style proverbial, on dit d' un breuvage médicinal, d'un vin trop vert, qu'il râcle les boyaux; et d'un homme qui joûe mal d'un violon, d'un viole, etc. qu'il râcle le boyau. = Racleur ne se dit que par mépris et dans ce dernier sens: c'est un racleur de violon, de guitarre; ou absolument, c'est un racleur.
   RACLOIR, instrument avec lequel on râcle~. = Râcloire, planchette qui sert à racler le dessus d'une mesure de grains, pour que la mesure soit juste et précise, et non pas comble.
   RACLûRE se dit des petites parties qu'on a enlevées en raclant. "Raclûre de parchemin, de corne de cerf, etc.

Synonymes et Contraires

racler

verbe racler
Enlever quelque chose.
Traductions

racler

scrapeגירד (פיעל), גרגר (פיעל), גרף (פ'), קרצף (פיעל), גִּרְגֵּר, גָּרַף, קִרְצֵףafkrabben, krassen, schrapen, schuren, afschrapengrattare, grattare via, raschiare, raspareKratzenskrapa (ʀakle)
verbe transitif
frotter en grattant racler le fond d'une casserole

racler

[ʀɑkle] vt
[+ os, plat] → to scrape; [+ tache, boue] → to scrape off
[chose] (= frotter contre) → to scrape against
(fig) [+ violon, violoncelle] → to scrape on
(autres locutions) racler les fonds de tiroir → to scrape together every last penny