railler

(Mot repris de raillées)

railler

v.t. [ du lat. ragere, rugir ]
Tourner en ridicule ; se moquer de ; persifler : Cet humoriste raille les travers des hommes politiques brocarder [litt.], ridiculiser

railler


Participe passé: raillé
Gérondif: raillant

Indicatif présent
je raille
tu railles
il/elle raille
nous raillons
vous raillez
ils/elles raillent
Passé simple
je raillai
tu raillas
il/elle railla
nous raillâmes
vous raillâtes
ils/elles raillèrent
Imparfait
je raillais
tu raillais
il/elle raillait
nous raillions
vous railliez
ils/elles raillaient
Futur
je raillerai
tu railleras
il/elle raillera
nous raillerons
vous raillerez
ils/elles railleront
Conditionnel présent
je raillerais
tu raillerais
il/elle raillerait
nous raillerions
vous railleriez
ils/elles railleraient
Subjonctif imparfait
je raillasse
tu raillasses
il/elle raillât
nous raillassions
vous raillassiez
ils/elles raillassent
Subjonctif présent
je raille
tu railles
il/elle raille
nous raillions
vous railliez
ils/elles raillent
Impératif
raille (tu)
raillons (nous)
raillez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais raillé
tu avais raillé
il/elle avait raillé
nous avions raillé
vous aviez raillé
ils/elles avaient raillé
Futur antérieur
j'aurai raillé
tu auras raillé
il/elle aura raillé
nous aurons raillé
vous aurez raillé
ils/elles auront raillé
Passé composé
j'ai raillé
tu as raillé
il/elle a raillé
nous avons raillé
vous avez raillé
ils/elles ont raillé
Conditionnel passé
j'aurais raillé
tu aurais raillé
il/elle aurait raillé
nous aurions raillé
vous auriez raillé
ils/elles auraient raillé
Passé antérieur
j'eus raillé
tu eus raillé
il/elle eut raillé
nous eûmes raillé
vous eûtes raillé
ils/elles eurent raillé
Subjonctif passé
j'aie raillé
tu aies raillé
il/elle ait raillé
nous ayons raillé
vous ayez raillé
ils/elles aient raillé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse raillé
tu eusses raillé
il/elle eût raillé
nous eussions raillé
vous eussiez raillé
ils/elles eussent raillé

RAILLER

(râ-llé, ll mouillées, et non râ-yé) v. a.
Tourner en ridicule avec quelque acerbité.
Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue [BOILEAU, Art p. I]
Il y a de petits défauts qu'on abandonne volontiers à la censure, et dont nous ne haïssons pas à être raillés : ce sont de pareils défauts que nous devons choisir pour railler les autres [LA BRUY., v.]
Quand on est sage, on ne raille ni les grands, ni ceux qu'il y a danger de railler, ni ses amis, ni un ordre, ni une nation [THIERS, Des jeux, ch. 4]
Vous avez si souvent loué le célibat, Vous avez tant raillé, déploré la folie De tout homme d'esprit qui pour jamais se lie [DESTOUCH., Phil. marié, III, 2]
Je sais bien que je suis pauvre ; mais il n'est pas nécessaire de m'en railler, non plus que des secours qu'on a bien voulu me donner [MARIV., Marianne, 2e part.]
Absolument.
Il y a une manière de railler délicate et flatteuse qui touche seulement les défauts que les personnes dont on parle veulent bien avouer, qui sait déguiser les louanges qu'on leur donne sous des apparences de blâme, et qui découvre ce qu'elles ont d'aimable, en feignant de le vouloir cacher [LA ROCHEFOUC., Réfl. div. p. 118, dans POUGENS]
Votre petit esprit se mêle de railler [MOL., F. sav. I, 2]
Pour badiner avec grâce et rencontrer heureusement sur les plus petits sujets, il faut trop de manières, trop de politesse, et même trop de fécondité : c'est créer que de railler ainsi, et faire quelque chose de rien [LA BRUY., V]
Et railla bien qui railla le dernier [LAMOTTE, Fabl. IV, 6]
Tous ceux que j'ai raillés vont railler à leur tour [DESTOUCH., Phil. marié, IV, 4]
V. n. Il se dit des personnes qu'on raille.
Vous savez que, dans les triomphes, les soldats ont accoutumé de railler avec leurs empereurs [VOIT., Lett. 66]
De choquer un auteur qui choque le bon sens, De railler d'un plaisant qui ne sait pas vous plaire, C'est ce que tout lecteur eut toujours droit de faire [BOILEAU, Sat. IX]
Ne raillons point ici de la magistrature [RAC., Plaid. II, 13]
Il se dit aussi des choses.
Pourquoi railler de la conversion de cet homme ? ce qu'il fait, c'est ce qu'il faudra que vous fassiez vous-même un jour [BOURDAL., Pensées, t. I, p. 385]
Ne pas parler sérieusement, badiner. Ne raillez point.
Je vous parle sans feindre, et ne sais point railler, Lorsqu'au salut commun il nous faut travailler [CORN., Pulch. IV, 4]
Se railler, v. réfl. Se moquer.
C'est une méchante raillerie que de se railler du ciel [MOL., D. Juan, I, 2]
Il n'y a maintenant qu'à nier d'un certain air le péché originel, l'immortalité de l'âme, ou se railler de quelque sentiment reçu dans l'Église, pour acquérir la rare qualité d'esprit fort parmi le commun des hommes [MALEBR., Rech. vér. II, III, 2]
De là vient qu'on s'est raillé de Gorgias pour avoir appelé Xercès le Jupiter des Perses, et les vautours des sépulcres animés [BOILEAU, Longin, Subl. ch. 2]
Se moquer l'un de l'autre.
Vous aviez épuisé tout votre voisinage [pour s'en moquer], Et la disette enfin allait nous obliger à nous railler l'un l'autre [COLLIN D'HARLEVILLE, Malice pour malice, I, 2]
Badiner, ne pas parler sérieusement.
Cet homme se raillait assez hors de saison [LA FONT., Fabl. III, 16]

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Lequel d'estre plaisant raillart Eut le bruyt lorsque jeune estoit ; On tiendroit à fol et paillart Vieil, si à railler se mettoit [VILLON, Ball. en vieux langage.]
    Le suppliant et icelui Breton en rasglant et devisant comme ilz avoient accoustumé de faire [DU CANGE, raffarde.]

ÉTYMOLOGIE

  • Diez en rapproche l'espagnol rallar, racler ; du lat. rallum, racloir ; de sorte que railler serait proprement racler, frotter. Cela est confirmé par la forme rasgler. Il y avait un substantif raille, signifiant moquerie :
    Se truiffler en raille, en moquerie [DU CANGE, trufare.]

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • RAILLER. - ÉTYM. Ajoutez : Railler est le même mot que érailler ; et, comme il est probable que érailler a pour origine eradiculare, il est probable aussi que radiculare est l'origine de railler (voy. ÉRAILLER au Supplément).

railler

RAILLER. v. tr. Plaisanter quelqu'un, lui parler avec moquerie. Railler quelqu'un agréablement, finement, grossièrement. Il ne peut souffrir qu'on le raille. Il raille ses meilleurs amis. On l'a beaucoup raillé là-dessus. Il s'emploie absolument. Il raille sans cesse.

Il signifie aussi simplement Badiner, ne pas parler sérieusement. On ne sait s'il raille ou s'il parle sérieusement. Je ne raille point. Tout en raillant, cela pourrait bien être.

SE RAILLER signifie Se moquer. Il se raille de tout ce qu'on peut lui dire. Qu'est-ce que vous me proposez là? vous vous raillez de moi. Absolument, Ne voyez-vous pas qu'il se raille? Vous vous raillez, je crois.

railler

RAILLER. (On ne prononce qu'une L dans ce mot et les suivants.) v. tr. Rassembler, réunir, remettre ensemble. Il se dit principalement en termes de Guerre et de Tactique navale. Rallier des troupes. Rallier un bataillon. Les premiers escadrons avaient été rompus, mais le général les rallia. Rallier des vaisseaux, une flotte. Ils se rallièrent derrière l'infanterie. Les vaisseaux égarés se sont ralliés au reste de l'escadre.

Il se dit aussi dans le langage ordinaire, surtout au figuré. Les esprits étaient divisés, cette proposition les a ralliés.

Il signifie aussi Rejoindre. La patrouille, après avoir accompli sa mission, rallia le gros de la troupe.

En termes de Marine, Rallier son poste, Manoeuvrer pour le reprendre, après l'avoir quitté. Rallier un vaisseau, Le rejoindre. Rallier au vent, rallier le vent, Serrer le vent, gouverner aussi près de la source du vent que le bâtiment le permet. Rallier la terre, S'approcher de terre.

SE RALLIER signifie Se rattacher à un gouvernement, à un parti, à une opinion. Il quitta l'opposition et se rallia au ministère.

railler

Railler, et se gaudir d'aucun, Iocari, Dicta dicere in aliquem.

Se railler de quelque chose, Cauillari aliquid, B.

Sans plus railler ou mocquer, Omissis iocis.

Qui se raille et dit aucunes paroles par jeu et gaudisserie, Iocans, Ioculans.

En raillant, Ioculariter.

râiller


RâILLER, v. act. et n. RâILLERIE, s. f. RâILLEUR, EûSE, adj. et s. m. et f. [Râ-glié, glie-ri-e, glieur, glieû-ze: 1re lon. 2e é fer. au 1er, e muet au 2d, lon. au dern.] Râiller, c'est 1°. plaisanter quelqu'un, le tourner en ridicule. Il est actif et neutre. Il se dit, ou avec le seul régime direct: "Râiller quelqu'un agréablement, délicatement, adroitement, ou grossièrement: il ne faut pas râiller les Grands; ou avec l'ablatif pour 2d régime: "C'est de quoi tout le monde le râille; ou avec le seul ablatif: râiller des chôses Saintes; de tout le monde, de ses meilleurs amis: il râille de tout, et de la Religion même: ou comme réciproque, avec le pronom personel et l'ablatif: "Vous vous râillez de moi: c'est se râiller du monde, que de faire de pareilles propositions. "Peut-être les Stoïciens se râillent-ils de nous, lorsqu'ils nous prêchent de n'être point affligés de la perte de nos biens, de l' exil, d'une prison. Mallebr. "Le troisième se râilloit de la science magique de l'un, et des jeûnes de l'aûtre. Anon. = Se râiller me paraît un peu vieux. Il me semble qu'on dit plutôt, se moquer. L' Acad. le met sans remarque. = Quand il est sans régime, il signifie simplement badiner, ne pas parler sérieûsement. "On ne sait s'il râille, ou s'il parle sérieûsement. "Ne pensez pas vous râiller; cela pourroit bien arriver. "Ne voyez-vous pas qu'il se râille?
   RâILLERIE, plaisanterie, action de râiller. Voy. Plaisanterie. "Fine, agréable, inocente râillerie, ou râillerie piquante, ofensante, froide, méchante, fade, insipide. "Tourner la chôse en râillerie. = Cela passe la râillerie: cette expression a deux sens: la râillerie est trop forte; ou bien, la chôse dont il s'agit est sérieûse et considérable. — On dit, dans ce dernier sens: il n'y a pas de râillerie; et dans le 1er, en style proverbial: cette râillerie pâsse jeu. = La râillerie en est-elle? Est-il permis de râiller? = Râillerie à part, adverbe: pour parler sérieûsement. Il se met à la tête de la phrâse, pour corriger ce qu'on a dit auparavant, où l'on a paru râiller, plaisanter.
   Rem. Il ne faut pas confondre, entendre râillerie et entendre la râillerie: l'un signifie prendre bien ce qu' on nous dit; l'aûtre, c'est entendre l'art de râiller: ne pas entendre râillerie sur, c'est ne pas pardoner les manquemens. Dans le 1er sens et dans le 3e, il se dit toujours sans article. * Mde. de Sévigné l'emploie avec l' article indéfini. "Soyez en repos de ma santé.... je sais que vous n'entendez pas de râillerie là-dessus. La négative pas, qui est ordinairement suivie de la prép. de, a ocasioné cette irrégularité. Cette préposition est déplacée dans cette ocasion; car dans les expressions composées, où les mots s'emploient sans article dans le sens afirmatif, ils ne l'exigent pas non plus, quand le sens devient négatif. On dit: vous n'avez pas raison, il n'a pas tort, je n' en ai pas besoin; et non pas, vous n'avez pas de raison; il n'a pas de tort, je n'en ai pas de besoin. Il faut donc dire: vous n'entendez pas râillerie, et non pas de râillerie.
   RâILLEUR, EûSE, qui est porté à la râillerie; esprit râilleur, humeur râilleûse. = Qui est plein de râillerie: discours, ton râilleur, paroles râilleûses. = S. m. Qui aime à râiller, qui râille souvent. "Un agréable râilleur, ou un mauvais, un froid, un fade râilleur. = Qui ne parle pas sérieûsement. "Vous êtes un râilleur. = Le proverbe dit: souvent les râilleurs sont râillés: on se moque souvent de ceux qui se moquent des aûtres.

Synonymes et Contraires

railler

verbe railler
Traductions

railler

aufsuchen, ausschauen nach, suchen, ausschauen, spotten

railler

opzoeken, snorren, zoeken, uitkijkennaar, uitziennaar, uitkijken, uitzien, beschimpen

railler

גחך (פ'), גיחך (פיעל), היתל (פיעל), הלעיז (הפעיל), התל (הפעיל), התקלס (התפעל), לגלג (פיעל), לעג (פ'), ניגח (פיעל), קרקס (פיעל), שחק (פ'), שם ללעג, הִלְעִיז, לִגְלֵג, גִּחֵךְ, לָעַג, הֵתֵל, הִתְקַלֵּס, קִרְקֵס

railler

soek

railler

buscar, cercar

railler

søge, spotte

railler

serĉi

railler

etsiä, pilkata

railler

leta, söka, glufsa i sig

railler

posmívat se

railler

podrugivati se

railler

あざける

railler

비웃다

railler

håne

railler

zadrwić

railler

พูดเยาะเย้ย

railler

chế giễu

railler

嘲笑

railler

[ʀɑje] vt → to scoff at, to jeer at