raisonner

(Mot repris de raisonnez)

raisonner

v.i.
1. Se servir de sa raison pour connaître, pour juger : Pris de panique, il n'arrivait plus à raisonner penser, réfléchir
2. Passer d'un jugement à un autre pour aboutir à une conclusion : Les mathématiques apprennent à raisonner être logique
v.t.
Chercher par des raisonnements, des conseils à amener qqn à une attitude raisonnable : Son projet est trop périlleux, quelqu'un doit la raisonner.
Remarque: Ne pas confondre avec résonner.

se raisonner

v.pr.
Faire appel à sa raison pour dominer ses impulsions : Ils sont très inquiets, mais ils se raisonnent.

raisonner


Participe passé: raisonné
Gérondif: raisonnant

Indicatif présent
je raisonne
tu raisonnes
il/elle raisonne
nous raisonnons
vous raisonnez
ils/elles raisonnent
Passé simple
je raisonnai
tu raisonnas
il/elle raisonna
nous raisonnâmes
vous raisonnâtes
ils/elles raisonnèrent
Imparfait
je raisonnais
tu raisonnais
il/elle raisonnait
nous raisonnions
vous raisonniez
ils/elles raisonnaient
Futur
je raisonnerai
tu raisonneras
il/elle raisonnera
nous raisonnerons
vous raisonnerez
ils/elles raisonneront
Conditionnel présent
je raisonnerais
tu raisonnerais
il/elle raisonnerait
nous raisonnerions
vous raisonneriez
ils/elles raisonneraient
Subjonctif imparfait
je raisonnasse
tu raisonnasses
il/elle raisonnât
nous raisonnassions
vous raisonnassiez
ils/elles raisonnassent
Subjonctif présent
je raisonne
tu raisonnes
il/elle raisonne
nous raisonnions
vous raisonniez
ils/elles raisonnent
Impératif
raisonne (tu)
raisonnons (nous)
raisonnez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais raisonné
tu avais raisonné
il/elle avait raisonné
nous avions raisonné
vous aviez raisonné
ils/elles avaient raisonné
Futur antérieur
j'aurai raisonné
tu auras raisonné
il/elle aura raisonné
nous aurons raisonné
vous aurez raisonné
ils/elles auront raisonné
Passé composé
j'ai raisonné
tu as raisonné
il/elle a raisonné
nous avons raisonné
vous avez raisonné
ils/elles ont raisonné
Conditionnel passé
j'aurais raisonné
tu aurais raisonné
il/elle aurait raisonné
nous aurions raisonné
vous auriez raisonné
ils/elles auraient raisonné
Passé antérieur
j'eus raisonné
tu eus raisonné
il/elle eut raisonné
nous eûmes raisonné
vous eûtes raisonné
ils/elles eurent raisonné
Subjonctif passé
j'aie raisonné
tu aies raisonné
il/elle ait raisonné
nous ayons raisonné
vous ayez raisonné
ils/elles aient raisonné
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse raisonné
tu eusses raisonné
il/elle eût raisonné
nous eussions raisonné
vous eussiez raisonné
ils/elles eussent raisonné

RAISONNER

(rè-zo-né) v. n.
Faire usage de la raison.
Pourquoi ne nous fâchons-nous pas si on dit que nous avons mal à la tête, et que nous nous fâchons de ce qu'on dit que nous raisonnons mal ? [PASC., Pens. V, 10, éd. HAVET.]
C'est sans raisonner qu'un enfant qui tète ajuste ses lèvres et sa langue de la manière la plus propre à tirer le lait qui est dans la mamelle [BOSSUET, Conn. V, 3]
Soutenons bien nos droits ; sot est celui qui donne ; C'est ainsi devers Caen que tout Normand raisonne [BOILEAU, Ép. II]
Dans une nation libre, il est très souvent indifférent que les particuliers raisonnent bien ou mal ; il suffit qu'ils raisonnent [MONTESQ., Esp. XIX, 27]
Raisonner avec les enfants était la grande maxime de Locke ; c'est la plus en vogue aujourd'hui, son succès ne me paraît pas pourtant fort propre à la mettre en crédit ; et pour moi je ne vois rien de plus sot que ces enfants avec qui l'on a tant raisonné [J. J. ROUSS., Ém. II]
Fig.
Lorsque l'on vient à voir vos célestes appas, Un cœur se laisse prendre et ne raisonne pas [MOL., Tart. III, 3]
Familièrement. Raisonner comme une pantoufle, voy. PANTOUFLE. On dit quelquefois aussi : raisonner comme un tambour mouillé, très mal raisonner (jeu de mots entre raisonner et résonner). S. m. Manie de raisonner.
On a banni les démons et les fées ; Sous la raison les grâces étouffées Livrent nos cœurs à l'insipidité ; Le raisonner tristement s'accrédite ; On court hélas ! après la vérité : Ah ! croyez-moi, l'erreur a son mérite [VOLT., Ce qui plaît aux dames.]
Je suis pour ses tragédies [de Corneille] ce que la Couture était pour les sermons ; il disait qu'il n'aimait pas le brailler, et qu'il n'entendait pas le raisonner [ID., Lett. d'Alemb. 19 déc. 1764]
Particulièrement. Parvenir, au moyen de rapports connus, à des rapports qu'on ne connaissait pas.
Raisonner, c'est prouver une chose par une autre [BOSSUET, Connaiss. I, 13]
Raisonner est se servir de deux jugements pour en faire un troisième, comme, lorsqu'ayant jugé que toute vertu est louable, et que la patience est une vertu, j'en conclus que la patience est louable [DUCLOS, Œuv. t. IX, p. 53]
L'art de raisonner consiste à comparer ensemble deux choses par le moyen d'une troisième [D'ALEMB., Mél. etc. t. V, p. V]
L'art de raisonner se réduit à une langue bien faite [CONDILL., Traité des syst. ch. 3]
Raisonner, c'est comparer des idées afin de passer, des rapports qui sont connus, à la découverte de ceux qui ne le sont pas [ID., Hist. anc. III, 26]
Chercher et alléguer des raisons touchant une affaire, une question, etc. discourir sur quelque chose.
Je suis bien sot de m'amuser à raisonner avec vous [MOL., D. Juan, III, 1]
Tout en raisonnant, je crois que nous sommes égarés [ID., ib. III, 1]
Voilà par où commence l'esprit de révolte : on raisonne sur le précepte, et l'obéissance est mise en doute [BOSSUET, Hist. II, 1]
Et la troupe, à l'instant cessant de fredonner, D'un ton gravement fou s'est mise à raisonner [BOILEAU, Sat. III]
Vous devez choisir, non pas l'homme qui raisonne le mieux sur les lois, mais celui qui les pratique avec la plus constante vertu [FÉN., Tél. VI]
J'envisage le siècle de Louis XIV comme celui du génie, et le siècle présent comme ce lui qui raisonne sur le génie [VOLT., Frag. sur l'hist. XX]
Répliquer, alléguer des excuses, au lieu de recevoir docilement des ordres ou des réprimandes.
Je suis reine ; et qui sait porter une couronne, Quand il a prononcé, n'aime point qu'on raisonne [CORN., Sertor. IV, 2]
Ce ne sont pas des conseils que je vous demande ; faites ce que je vous dis, sans tant raisonner [GENLIS, Théât. d'éduc. Tendr. matern. sc. 4]
Ne raisonnez pas tant ; vous raisonnez, je crois ; si vous raisonnez davantage, phrases qui se disent à un enfant, à une personne inférieure, quand on veut mettre fin à ses répliques.
Terme de marine. Raisonner à la chaloupe, se dit d'un vaisseau, lorsqu'il est obligé de montrer ses passe-ports à la chaloupe qui vient les reconnaître, et de lui rendre compte de sa route. Cela se dit aussi, sur les fleuves, des bureaux de péage.
Examinez si l'on ne pourrait pas mettre le payement de tous ces péages en un seul droit, pour épargner aux barques qui voiturent sur le Rhône la peine qu'ont les conducteurs de raisonner en tous les bureaux où ces péages se lèvent [, Corresp. de Colbert, II, 139]
V. a. Appliquer le raisonnement à quelque chose. Il raisonne tout ce qu'il fait. Raisonner quelqu'un, chercher à l'amener à une sage résolution.
Non, vous avez beau faire et beau me raisonner, Rien de ce que je dis ne peut me détourner [MOL., Mis. V, 1]
Raisonner métaphysique, politique, etc. converser sur la métaphysique, la politique, etc.
Je voudrais bien raisonner métaphysique avec un Gaulois [VOLT., Dial. XXIX, 12]
Se raisonner, v. réfl. Soumettre son esprit à la raison.
C'est en vain qu'il veut se vaincre et se raisonner ; un tremblement universel agite tout son corps [GENLIS, Vœux témér. t. III, p. 170, dans POUGENS]
Être raisonné, être soumis au raisonnement.
Il y a des idées qui veulent être relevées ; il y en a qui veulent que l'image les abaisse au ton du style familier ; ce grand art n'a point de règles, et ne saurait se raisonner [MARMONTEL, Œuv. t. VIII, p. 183]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Car la corde en la bouche ne la laisse raisnier [parler] [, Berte, XI]
  • XIVe s.
    Le raisonna par telles paroles [lui tint ce discours] [, Chr. de St-Denis, t. I, f° 26, dans LACURNE]
  • XVe s.
    Une chose faisoit à raisonner [à considérer] ; l'yver approchoit.... [FROISS., liv. III, f° 348]
  • XVIe s.
    S'ils condamnoient ou louoient ce personnage ou ce faict, il falloit raisonner leur dire [MONT., I, 151]

ÉTYMOLOGIE

  • Raison ; provenç. razonar, rasonar ; catal. rahonar ; espagn. razonar ; portug. razoar ; ital. ragionare. Raisnier, qui est la forme ancienne, avait surtout la signification de parler.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    RAISONNER.
    Répliquer, alléguer des excuses. Ajoutez :
  • Avec un régime indirect.
    Comment ventrebleu, dit le Sultan, si j'en veux faire usage ? je commence par vous, si vous me raisonnez [DIDEROT, Bijoux indiscrets, I, 5]

raisonner

RAISONNER. v. intr. Se servir de sa raison pour connaître, pour juger. C'est le propre de l'homme de raisonner.

Il signifie également Faire un syllogisme, une suite d'arguments qui s'enchaînent. Raisonner juste. Raisonner faux. Raisonner de travers.

Fig. et fam., Raisonner comme une pantoufle, Raisonner de travers.

RAISONNER signifie également Chercher et alléguer des raisons pour éclaircir une affaire, une question, pour appuyer une opinion, etc. Nous avons beaucoup raisonné sur cette affaire. La loi ne raisonne pas, elle commande.

Il signifie encore Répliquer, alléguer des excuses, au lieu de recevoir docilement des ordres ou des réprimandes. Je n'aime pas les enfants qui raisonnent. Il ne s'agit pas de raisonner, mais d'obéir.

Ne raisonnez pas tant, Si vous raisonnez davantage... se dit pour faire taire les gens qui vous importunent par leurs fastidieux bavardages, par leurs répliques.

RAISONNER s'emploie aussi transitivement et signifie Appliquer le raisonnement à quelque chose. C'est un homme qui raisonne toutes ses actions, toutes ses démarches.

Il signifie encore Chercher à faire entendre raison à quelqu'un. J'ai eu beau le raisonner, il n'a rien voulu entendre.

RAISONNER, en termes de Marine, signifie Reconnaître un bâtiment, s'enquérir de sa nationalité, de son chargement, de sa route. Faire raisonner un bâtiment. On dit aussi Arraisonner.

SE RAISONNER signifie Se soumettre à la raison, écouter la voix de la raison. Il se raisonna et fit taire sa passion. Il essaya en vain de se vaincre et de se raisonner.

Le participe passé RAISONNÉ est aussi adjectif et signifie Qui est appuyé de raisons et de preuves. Requête raisonnée. Projet raisonné.

Il se dit encore de Toute méthode ou traité qui rend raison des règles d'un art, d'une science. Arithmétique raisonnée. Grammaire raisonnée.

raisonner

Raisonner, Ratiocinari.

Synonymes et Contraires

raisonner

verbe intransitif raisonner
1.  Se servir de sa raison.
2.  Faire des raisonnements.

raisonner

verbe transitif raisonner
Rappeler à la raison.
Traductions

raisonner

räsonieren, schließen, urteilenredeneren, beredeneren, discussiëren, oordelen, praten (over), tegenstribbelen, tot rede brengen, theoretiserenreasonהתפלסף (התפעל), שקשק (פיעל), הִתְפַּלְסֵף, שִׁקְשֵׁקraonarrezonirazonarragionareเหตุผล (ʀɛzɔne)
verbe intransitif
penser, réfléchir

raisonner

[ʀɛzɔne]
vi
(= penser) → to reason
(= argumenter, discuter) → to argue
vt [+ personne] → to reason with [ʀɛzɔne] vpr/vi → to reason with oneself