ramas

RAMAS

(ra-mâ) s. m.
Action de ramasser, de recueillir.
Sans doute qu'il [Sénèque] croyait qu'en ne disant rien d'incompatible.... il ne pouvait être blâmé au choix ni au ramas qu'il faisait des bonnes pensées de ceux qui avaient philosophé devant lui, sans s'engager servilement à toutes leurs fantaisies [LA MOTHE LE VAYER, Vertu des païens, II, Sénèque.]
Terme de forestier. Enlèvement non autorisé de feuilles mortes, de glands, etc.
Assemblage d'objets divers, mais, en général, sans grande valeur. Un ramas de vieux livres. Fig.
Mon livre n'étant qu'un ramas de sottises, j'espère que chaque sot y trouvera un petit caractère de ce qu'il est [SCARR., Rom. com. I, 9]
C'est [le Talmud] un ramas des traités et des sentences de leurs anciens maîtres [des Juifs] [BOSSUET, Hist. II, 8]
Un vieil infortiat, Grossi des visions d'Accurse et d'Alciat, Inutile ramas de gothique écriture [BOILEAU, Lutr. V]
C'est [la Gazette ecclésiastique] un ramas de petits faits concernant des bedeaux de paroisse, des refus de sacrements.... [VOLT., Russe à Paris, notes.]
Après avoir bien réfléchi à soixante ans de sottises que j'ai vues et que j'ai faites, j'ai cru m'apercevoir que le monde n'est que le théâtre d'une petite guerre continuelle, ou cruelle, ou ridicule, et un ramas de vanité à faire mal au cœur [ID., Lett. Mme du Deffant, 6 mars 1761]
Les langues ne sont pas un ramas d'expressions prises au hasard, ou dont on ne se sert que parce qu'on est convenu de s'en servir [CONDIL., Lang. calc. Préamb.]
Il se dit de troupes, d'hommes en un sens péjoratif.
Il était difficile de régler sous de mêmes lois ce ramas de tant de peuples différents [FLÉCH., Hist. de Théod. II, 34]
Mais de nos saints autels qu'elle tienne éloignée D'un ramas d'étrangers l'indiscrète fureur [RAC., Athal. V, 2]
Les Ukraniens, qu'on nomme Cosaques, sont un ramas d'anciens Roxelans, de Sarmates, de Tartares réunis [VOLT., Russ. I, 1]
Ils [les flibustiers] eurent toutes les aventures heureuses et malheureuses que pouvait attendre un ramas d'hommes sans loi, venus de Normandie et d'Angleterre dans le golfe du Mexique [ID., Mœurs, 152]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Ramas [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. RAMASSER 1.

ramas

RAMAS. n. m. Assemblage de diverses choses. Il n'est guère usité qu'en parlant d'objets qu'on regarde comme étant de peu de valeur. Il a fait un ramas de toutes sortes de livres, de vieux bibelots.

Il s'emploie aussi au figuré. Ce discours n'est qu'un ramas de lieux communs. Cette histoire n'est qu'un ramas d'impostures.

Il se dit aussi en parlant des Personnes. Un ramas de bandits, de vagabonds.

ramas

Ramas, m. acut. Et meslange de plusieurs choses ensemble, Cinnus.

ramâs


RAMâS, s. m. RAMâSSE, s. f. RAMASSER, v. act. RAMâSSEUR, s. m. RAMâSSIS, s. m. [Ramâ, mâce, ceur, ci. 2e lon. 3e e muet au 2d, é fer. au 3e.] Ramâs est un assemblage de diverses choses de peu de considération. Pour les choses considérables, on dit amâs. "Faire un ramâs de toute sorte de livres, de tableaux bons ou mauvais. "On avoit fait un grand amâs d'armes, de munitions, etc.
   RAMâSSE, espèce de traineau, dans lequel les voyageurs descendent des montagnes où il y a de la neige.
   RAMâSSER, c'est, 1°. Faire un ramâs. "Il s'est apliqué à ramâsser tout ce que les Anciens ont dit de plus curieux sur cette matière. = 2°. Rejoindre, rassembler ce qui était épars. "On a ramâssé tout ce qu'on a pu trouver de soldats. — Ramâsser ses cartes. Figurément, ramâsser ses forces. = 3°. Prendre ce qui est à terre. "Ramâsser ses gants, son chapeau, ses papiers, un livre. "Ramâsser les épis qui sont restés à terre. = * Ménage remarque qu'une Dame de la ville dit à son laquais: ramâssez ma coîfe; au lieu qu'une Dame de la Cour dira: amâssez ma coîfe. RICH. condamne avec raison cette remarque: il prétend que l'usage de la Cour y est contraire: il a pour lui l'Acad. = 4°. Maltraiter. Il est populaire. "S'il se trouve sous sa main, il le ramâssera d'une étrange sorte. = 5°. Traîner dans une ramâsse. "On le ramâssa, il se fit ramâsser.
   Ramâssé, ée, particip. et adj. "Gens ramâssés de tous côtés. Vaug. Q. C. "Vieilles équivoques ramâssées parmi les boues des halles. Mol. = Trapu et robuste. "Corps ramâssé, taille ramâssée. "Ils ont le corps plus fort et plus ramâssé que le reste des Allemands. D'Ablanc.
   RAMâSSEUR ne se dit proprement que de celui, qui conduit une ramâsse. L'Acad. ne le met pas même en ce sens. Dans le style plaisant ou critique, on peut le dire de celui, qui fait des ramâs. Le P. Daniel dit d' Escobar que: c'est un grand ramasseur peu exact et qui cite à faux de tems en tems, faûte d'y avoir pris garde.
   RAMâSSIS, Assemblage de chôses ramâssées sans choix. "Un ramâssis de papiers inutiles, d'anecdotes peu intéressantes, de vers et de prôse insipides, etc.

Traductions

ramas

Ramsch