rame

1. rame

n.f. [ fém. de l'anc. fr. raim, du lat. ramus, rameau, branche ]
Branche ou perche de bois servant de tuteur à certaines plantes grimpantes cultivées : Soutenir des pois, des haricots avec des rames.

2. rame

n.f. [ de 2. ramer ]
Longue pièce de bois élargie à une extrémité, dont on se sert pour faire avancer une embarcation

3. rame

n.f. [ catalan raima, d'un mot ar. signif. « ballot » ]
1. Ensemble de cinq cents feuilles de papier : Acheter une rame de papier pour l'imprimante.
2. Ensemble de véhicules ferroviaires attelés ensemble : La prochaine rame de métro sera à quai dans deux minutes.

RAME1

(ra-m') s. f.
Petit branchage que l'on plante en terre pour soutenir des plantes grimpantes, et, en particulier, les pois, les haricots.
Les quenouilles du maïs étant destinées à servir de tuteurs ou de rames au légume grimpant [CHATEAUBR., Amér. Moissons.]
Instrument pour sécher et tendre les pièces de drap.
La rame est un long châssis, ou un très grand assemblage de bois aussi large et aussi long que les plus grandes pièces de drap, [, Dict. des arts et mét. Drapier]
Outil de faïencier pour remuer la terre dans les baquets.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Quatre-vingt milliers de reime [DU CANGE, Constantinople, Chartres, p. 26]
    La batoit d'un rain d'aiglentier [, la Violette, p. 212]
    ....moult a dur cuer qui n'aime, Quant il ot [entend] chanter sur la raime As oisiaus les dous chans piteus [, la Rose, 82]
  • XVe s.
    Comme deux raims en une tige [A. CHART., p. 627]
  • XVIe s.
    La palme et raim de louenge immortelle [J. MAROT, V, 221]
    Vous mettrés les olives dans des pots, avec force sel menu, dispersant le fruit et le sel par littées, avec du fenouil en rame parmi [O. DE SERRES, 843]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. rain ; picard, raime ; prov. ram, ramp ; ital. ramo ; du lat. ramus, branche, qui avait donné raim, et, par altération de genre, raime ou rame.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. RAME. Ajoutez :
    Dans l'exploitation des bois du Morvan, rame, résidu de la bûche marchande, susceptible d'être transformé en menuise, en charbonnette et en fagots, [, Mém. de la Soc. cent. d'agriculture, 1873, p. 277]

RAME2

(ra-m') s. f.
Longue pièce de bois avec laquelle on fait marcher une embarcation.
Sa Majesté veut qu'il fasse donner à l'avenir des rames aux vaisseaux qui seront armés contre les corsaires de Salé [SEIGNELAY, à de Seuil, 20 juil. 1680, dans JAL]
Voyez tout l'Hellespont blanchissant sous nos rames [RAC., Iph. I, 5]
Il fallut s'arrêter, et la rame inutile Fatigua vainement une mer immobile [ID., Iph. I, 1]
Nous fîmes les derniers efforts pour aborder, à force de rames, sur la côte voisine de Sicile [FÉN., Tél. I]
Il faut se souvenir qu'il n'y avait pas un Athénien qui ne dût être prêt à manier la rame dans les plus grandes galères [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 544, dans POUGENS]
Le bruit égal et mesuré des rames m'excitait à rêver [J. J. ROUSS., Hél. IV, 17]
Fig.
Qui a donné aux oiseaux et aux poissons ces rames naturelles, qui leur font fendre les eaux et les airs ? [BOSSUET, Élév. sur myst. V, 1]
Chez les anciens, navire à deux rangs de rames, à trois rangs de rames, à quatre rangs de rames, à cinq rangs de rames, dit birème, trirème, quadrirème, quinquérème ; on ne sait plus comment les rames y étaient disposées. Il y avait même des navires à vingt, à quarante rangs de rames.
Dans le moyen âge on se servait de galères qui allaient à la rame, et dont l'usage a subsisté jusque dans le XVIIIe siècle ; les rames y étaient mues par des forçats. Tirer à la rame. Tirer la rame.
Mme d'Aiguillon assiste-t-elle dans un de nos ports ces misérables forçats qui, dans leurs prisons flottantes, gémissent sous le travail de la rame.... [FLÉCH., Aiguillon.]
Mettre à la rame, condamner aux galères.
La révocation de l'édit de Nantes mit nobles, riches, vieillards, gens aisés, faibles, délicats, à la rame et sous le nerf très effectif du comite [SAINT-SIMON, 410, 181]
Mariniers de rames, dits aussi bonnes-voglies (bonnes volontés ; prononcez volle, ll mouillées), se disait autrefois, sur les galères, de ceux qui se louaient pour servir pendant un certain temps, par opposition aux forçats. Être à la rame, être rameur.
Des gens de néant s'emparer de la conduite des grands États, et s'asseoir au timon, bien qu'ils ne dussent être qu'à la rame [BALZ., De la cour, 2e disc.]
Fig. Être à la rame, tirer à la rame, travailler beaucoup, être dans un emploi très pénible.
Toujours, comme un forçat, il faut être à la rame [RÉGNIER, Épître I]
M. de Beauvillier avait ramené Desmarets sur l'eau à force de sueurs, de temps et de rames [SAINT-SIMON, 305, 229]
J'aimerais autant être à la rame, tirer à la rame, se dit lorsqu'on est dans une servitude fâcheuse, ou qu'on est appliqué à un travail fort pénible.
J'ai paré de mon mieux les plus dangereux coups ; Mais tirer à la rame est un métier plus doux [TH. CORN., Baron d'Albikrac, I, 9]

SYNONYME

  • AVIRON, RAME. Ces mots sont synonymes ; seulement aviron est plus ordinairement employé par les marins français du nord, et rame par les marins du Languedoc et de la Provence, JAL.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Ne nos est remis [resté] quirs ès mains De l'angoisse de traire as reins [BENOIT, t. I, p. 54]
  • XVe s.
    Dieu merci, à bon port venimes Par vent, par singles et par rimes [FROISS., Poés. mss. p. 123, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. rem ; espagn. et ital. remo, du lat. remus ; comparez le grec et le sanscr. aritra, qui meut. On a contesté cette étymologie, et dit que remus aurait fait rein ; mais il a fait rein en effet, comme on voit à l'historique.

RAME3

(ra-m') s. f.
Mesure usitée en papeterie et qui est de vingt mains de papier. La rame de papier contient cinq cents feuilles.
Quelques-uns me pourraient objecter que les livres publiés en langage allemand sur ce sujet [la rose-croix] surpassent en hauteur plus de deux rames de papier [NAUDÉ, Rosecroix, VI, 3]
Mettre à la rame, se disait autrefois pour mettre au pilon, en parlant d'un livre.
Terme de tapissier. Vingt rouleaux de papier de tenture.
Réunion de deux porses de la cuve, dans une papeterie.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Pour quatre raymes de papier pour escrire lettres closes [DU CANGE, rama.]
  • XVIe s.
    Si je te voulois instruire et t'informer de tous les preceptes qui appartiennent à la poesie heroique, il me faudroit une rame de papier [RONS., 589]

ÉTYMOLOGIE

  • Espagn. et portug. resma ; ital. risma ; dan. riis ; suéd. ris ; angl. ream ; holl. riem. D'après Souza, ce mot vient de l'arabe rizma, paquet d'habits. M. Dozy, Gloss. p. 333, a mis hors de doute cette étymologie, montrant que rizma signifiait ballot en général, et, en particulier, ballot de papier, rame. Dans le passage en Occident, l's s'est perdue en plusieurs langues. à l'objection de Diez qu'il est contre la vraisemblance que l'Europe eût reçu ce mot des Arabes, il oppose que le papier de coton, qui précéda le papier de chiffon, avait en Espagne des fabriques renommées, d'où les chrétiens le tiraient. Il faut remarquer en outre que l'ancien français est raime, ce qui lève la difficulté de l'a de rame et le met d'accord avec l'i de risma ; rame est une altération de rayme. Avec cela tombe l'étymologie du grec, nombre, proposée par Muratori, et appuyée par Diez.

RAME4

(ra-m') s. f.
Terme de rubanier. Nom des ficelles qui traversent les lisserons et dont le jeu est le principal artifice de tout le travail de la rubannerie.

RAME5

(ra-m') s. f.
Nom d'un convoi de bateaux, sur certains canaux.
La navigation s'y effectue [dans les souterrains du canal Saint-Quentin] par rames ou convois dont le nombre de bateaux est d'ailleurs illimité ; ils sont traversés chaque jour par trois de ces rames, dont deux suivent la direction de Paris [E. GRANGEZ, Voies navig. de Fr. p. 567]

rame

RAME. n. f. Pièce de bois en forme de pelle qui sert à manoeuvrer une embarcation. Il s'emploie surtout en parlant de la Navigation sur les rivières, les lacs; pour la navigation sur mer, on emploie de préférence son synonyme AVIRON. Le plat ou la pale d'une rame. Le manche d'une rame. Manier la rame. Les galères étaient des bâtiments à rames. Galère à trois rangs de rames. Faire force de rames. Lever les rames.

rame

RAME. n. f. Petit branchage que l'on plante en terre pour servir de tuteur à des pois, à des haricots, etc. Un fagot de rames. Il est temps de mettre des rames à ces pois.

rame

RAME. n. f. Réunion de vingt mains de papier. La rame de papier confient cinq cents feuilles. Acheter, vendre du papier à la rame. Ce papier coûte tant la rame.

Il désigne aussi un Convoi de bateaux ou un attelage de plusieurs wagons. Une rame du Métropolitain.

ramé

RAMÉ, ÉE. adj. T. de Chasse. Il se dit d'un Jeune cerf dont le bois pousse. Un cerf ramé.

rame

Une Rame de papier, Scapus chartae.

Une Rame, ou aviron, Remus.

Le bout large d'une rame et aviron, Palmula.

Navire ayant quatre rames pour banc, Quadriremis, huius quadriremis.

rame


RAME, s. f. RAMEAU, s. m. RAMÉE, s. f. [2e e muet au 1er, é fermé au 3e, dout. au sing. du 2d Ramo, lon. au plur. rameaux.] Rame a trois significations, qui n'ont aucune analogie l'une avec l'aûtre. 1°. Petit branchage qu'on plante en terre pour soutenir les pois. Delà le verbe ramer. = 2°. Aviron, dont on se sert pour faire voguer un bateau, une chaloupe, une galère, etc. "Vaisseau qui va à voiles et à rames. = 3°. Vingt mains de papier mises ensemble. "On a employé à cette impression pres de trois mille rames de papier. La rame comprend cinq cents feuilles.
   RAMEAU, au propre, petite branche d'arbre. Il se dit figurément de bien des chôses; des veines, des artéres et des nerfs: "Ils ont plusieurs rameaux; ils se partagent en plusieurs rameaux; des mines qui ont diférentes branches; et en généalogie des diférentes parties d'une même branche d'une famille.
   RAMÉE, 2°. Assemblage de branches entrelacées naturellement, ou par artifice. "Danser sous la ramée. = 2°. Branches coupées avec leurs feuilles vertes. "Voitûre de ramée. "Tapisser une porte avec de la ramée.

Traductions

rame

(ʀam)
nom féminin
barre de bois pour faire avancer un bateau

rame

Ruder, Bahnzug, Eisenbahnzug, Zugoar, train, string, scullroeispaan, riem, roeiriem, spoortrein, trein, riem [500 vel papier], staak, stok [landbouw], treinstelמשוט (ז), מָשׁוֹטåreκουπίremiloremo, resmaairoevezőremusåreremoåraвеслоremoمِجْدَافٌveslovesloオールwiosłoไม้พายkürekmái chèo (ʀam)
nom féminin
ensemble de wagons attachés les uns aux autres une rame de métro

rame

[ʀam] nf
(= aviron) → oar
faire force de rames → to row hard
[métro] → train
[papier] → ream