ramper

(Mot repris de rampai)

ramper

v.i. [ du germ. ]
1. En parlant de certains animaux, progresser sur le ventre grâce à des mouvements divers du corps : Les serpents, les vers, les escargots rampent.
2. En parlant de qqn, avancer le ventre au contact du sol et en s'aidant des quatre membres : L'enfant rampe sous le lit pour récupérer ses billes.
3. En botanique, s'accrocher à un support, ou se développer au sol : Une magnifique passiflore rampait sur le mur.
4. Fig. Se montrer soumis, servile, devant qqn : Il rampe devant le directeur.

ramper


Participe passé: rampé
Gérondif: rampant

Indicatif présent
je rampe
tu rampes
il/elle rampe
nous rampons
vous rampez
ils/elles rampent
Passé simple
je rampai
tu rampas
il/elle rampa
nous rampâmes
vous rampâtes
ils/elles rampèrent
Imparfait
je rampais
tu rampais
il/elle rampait
nous rampions
vous rampiez
ils/elles rampaient
Futur
je ramperai
tu ramperas
il/elle rampera
nous ramperons
vous ramperez
ils/elles ramperont
Conditionnel présent
je ramperais
tu ramperais
il/elle ramperait
nous ramperions
vous ramperiez
ils/elles ramperaient
Subjonctif imparfait
je rampasse
tu rampasses
il/elle rampât
nous rampassions
vous rampassiez
ils/elles rampassent
Subjonctif présent
je rampe
tu rampes
il/elle rampe
nous rampions
vous rampiez
ils/elles rampent
Impératif
rampe (tu)
rampons (nous)
rampez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais rampé
tu avais rampé
il/elle avait rampé
nous avions rampé
vous aviez rampé
ils/elles avaient rampé
Futur antérieur
j'aurai rampé
tu auras rampé
il/elle aura rampé
nous aurons rampé
vous aurez rampé
ils/elles auront rampé
Passé composé
j'ai rampé
tu as rampé
il/elle a rampé
nous avons rampé
vous avez rampé
ils/elles ont rampé
Conditionnel passé
j'aurais rampé
tu aurais rampé
il/elle aurait rampé
nous aurions rampé
vous auriez rampé
ils/elles auraient rampé
Passé antérieur
j'eus rampé
tu eus rampé
il/elle eut rampé
nous eûmes rampé
vous eûtes rampé
ils/elles eurent rampé
Subjonctif passé
j'aie rampé
tu aies rampé
il/elle ait rampé
nous ayons rampé
vous ayez rampé
ils/elles aient rampé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse rampé
tu eusses rampé
il/elle eût rampé
nous eussions rampé
vous eussiez rampé
ils/elles eussent rampé

RAMPER

(ran-pé) v. n.
Se traîner sur le ventre, en parlant des serpents, des vers et autres animaux semblables. Les vers qui rampent sous l'herbe.
J'ai plus d'horreur de vous que des feux, que des fers Et de tous les serpents qui rampent aux enfers [TRISTAN, M. de Chrispe, III, 4]
Fig.
Tu n'as point d'aile, et tu veux voler : rampe [VOLT., Pauvre diable.]
Fig. Ramper sur la terre, y vivre dans un état comparé à celui des animaux rampants.
Je sais bien que cette profession [le commerce] est méprisée de nos petits-maîtres ; mais vous savez aussi que nos petits-maîtres et les vôtres sont l'espèce la plus ridicule qui rampe avec orgueil sur la surface de la terre [VOLT., Zaïre, Ép. dédic. à Falkener.]
On a dit substantivement, en parlant de la vipère : Son ramper n'est pas aussi rapide que celui de plusieurs autres serpents.
En parlant des plantes, s'étendre sur la terre, s'attacher aux branches des arbres.
Son palais est enrichi de colonnes dorées où rampe tout du long une vigne d'or [VAUGEL., Q. C. VIII, 9]
Que la vigne en rampant gagne ces colonnades, Monte à ces chapiteaux et pende à ces arcades [DELILLE, Hom. des ch. Var. et add. ch. IV]
En anatomie, se montrer, se dessiner avec un cours sinueux.
L'anatomiste a très bien démêlé des vaisseaux sanguins qui rampent sur la surface de ces tubules [BONNET, Contempl. nat. Œuv. t. VIII, p. 43]
Il se dit des animaux, de l'homme, qui se traînent sur le ventre.
C'était un beau sujet de guerre Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant ! [LA FONT., Fabl. VII, 16]
Les Groenlandais assurent que, quand ils veulent sortir pour mettre leurs canots à l'abri, ils sont obligés de ramper sur le ventre, de peur d'être le jouet des vents [BUFF., Add. et corr. Théor. terre, Œuv. t. XIII, p. 32]
Il [le chien] vient en rampant mettre aux pieds de son maître son courage, sa force, ses talents [ID., Quadrup. t. I, p. 310]
Il arrive [Néron], les pieds et les vêtements déchirés par les ronces, aux murs du jardin de l'affranchi ; il y entre en rampant [DIDER., Claude et Néron, I, 112]
Cheminer lentement.
Cela [aller dans la lune] vaudrait bien mieux que d'aller d'ici au Japon, c'est-à-dire de ramper avec beaucoup de peine d'un point de la terre sur un autre pour ne voir que des hommes [FONTEN., Mondes, 3e soir.]
Être gisant sur la terre.
Des théâtres croulants, dont les frontons superbes Dorment dans la poussière ou rampent sous les herbes [LAMART., Médit. I, 18]
Terme d'architecture. Pencher suivant une pente donnée.
Fig. Être dans un état humble, bas.
J'aurais quelque chagrin à vous traiter de reine ....S'il me fallait ramper dans un degré plus bas [CORN., Agésil. I, 1]
Elle [l'âme fidèle] y [sur la terre] voit une sagesse souveraine qui se plaît, ce semble, à se jouer des hommes, en les élevant les uns sur les ruines des autres ; en dégradant ceux qui étaient au haut de la roue, pour y faire monter ceux qui rampaient, il n'y a qu'un moment, devant eux [MASS., Avent, Bonh. des justes.]
On m'ignore, et je rampe encore à l'âge heureux Où Corneille et Racine étaient déjà fameux [PIR., Métrom. III, 9]
Ils rampaient à mes pieds, ils sont ici mes maîtres [VOLT., Olymp. II, 6]
Je rampe sous la chaîne Du plus modique emploi [BÉRANG., Vocation.]
Par extension.
Si les sciences se sont trop élevées vers le ciel, s'il a été avantageux de les rappeler vers la terre, il ne faut point les condamner à y ramper [CONDORCET, Duhamel.]
S'humilier.
Il rend honneur au prochain.... il ne refuserait pas, s'il le fallait, de ramper sur la poussière, et sous les pieds du prochain [BOURDAL., Pensées, t. II, p. 178]
Ils [les premiers chrétiens] ne connaissaient rien de plus grand que de ramper dans la boue [MASS., Pet. carême, Caract. de la grand. de J. C.]
Fig. S'abaisser d'une façon abjecte devant la puissance, la richesse.
Du même fond d'orgueil dont on s'élève fièrement au-dessus de ses inférieurs, l'on rampe vilement devant ceux qui sont au-dessus de soi [LA BRUY., VI]
Je vous avertis qu'il est fort vain : il aime à voir ramper devant lui les autres domestiques [LESAGE, Gil. Bl. III, 3]
Nous n'avons que deux jours à vivre ; ce n'est pas la peine de les passer à ramper sous des coquins méprisables [VOLT., Lett. Helvétius, 16 juillet 1760]
Comme le peuple est également dangereux, soit qu'il rampe devant les autres, soit qu'on rampe devant lui, il ne faut pas qu'il possède exclusivement le droit de juger et qu'il confère toutes les magistratures [BARTHÉL., Anach. ch. 62]
Vous rampiez tous, ô rois qu'on déifie [BÉR., Le Dieu des bonnes gens.]
Poétiquement.
Beaux-arts, dieux bienfaisants.... Sur le front des époux de l'aveugle Fortune Je n'ai point fait ramper vos lauriers trop jaloux [A. CHÉN., Élég. XVI]
En parlant d'un écrivain, du style, être bas, sans élévation.
Ils [certains poëtes] rampent bassement, faibles d'inventions [RÉGNIER, Sat. IX]
Si nous ne nous permettions quelque chose de plus ingénieux que le cours ordinaire de la passion, nos poëmes ramperaient souvent [CORN., Cid, Examen.]
L'autre a peur de ramper et se perd dans la nue [BOILEAU, Art p. I]
Ses vers plats et grossiers, dépouillés d'agrément, Toujours baisent la terre et rampent tristement [ID., ib. II]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    À tant la roche passerent en rampant [, Rois, p. 46]
  • XIIIe s.
    La mers et toutes les choses rampanz loer doivent Dieu [, Psautier, f. 82]
    Par foi, dist Belin le moton, Je n'apris onques à ramper. Dist Bernars : je ne sai monter [, Ren. 13395]
    Uns des barons de l'ost en contre-mont rampoit, Et li autre trestout, chascuns d'eus le sivoit [, Ch. d'Ant. VI, 254]
    Ses cuers [son cœur, de l'ambitieux] n'est onques à sejour, Ains tire au ramper nuit et jour Amont, et dist : je ramperai, Et haut en chiere seray [BAUDOUIN DE CONDÉ, t. I, p. 471]
  • XIVe s.
    Tant burent de bon vin no gent en assaillant, Qu'il en furent plus fier que nul lyon rampant [, Guesclin. 20139]
    Chascune de ces ulceres sont dites ambulatives, quant il [elles] rampent et s'estendent d'un lieu en autre [H. DE MONDEVILLE, f° 75, bis, verso.]
    Serpigo est une aspreté qui rampe çà et là [LANFRANC, f° 43]
  • XVe s.
    Les Escots establis sur deux croupes de montagnes, là où l'on ne peut bonnement monter ni ramper pour eux assaillir [FROISS., I, I, 41]
  • XVIe s.
    Qui rocs et montz comme lyons ramperent [J. MAROT, V, 27]
    D'ung sault persoyt ung foussé, montoyt six pas encontre une muraille, et rampoyt en cette faczon à une fenestre de la haulteur d'une lance [RAB., Garg. I, 23]
    Y apparoissoyent, on demy jour, aulcuns limassons en ung lieu, rampans sur les raisins ; en aultres.... [ID., Pant. V, 38]
    Soudain la renommée à l'aile bien agile, Dessus le mur rampée, espouvanta la ville [RONS., 672]
    Et à ceux qui pourront vivement empescher De ramper l'heresie à force de prescher [ID., 695]
    Nostre langue encores rempante à terre [DU BELL., I, 10, verso.]
    Rampant au limon de la terre, je ne laisse pas de remarquer jusques dans les nues la haulteur inimitable d'aulcunes ames heroïques [MONT., I, 263]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. rapar. On serait tenté de chercher l'étymologie dans le latin repere. Mais le sens s'y oppose, puisque ramper dans l'historique veut aussi bien dire grimper que ramper. Il faut donc le rattacher, avec Diez, au germanique : flamand, rapen, saisir, attirer à soi (l'italien rampare, signifie donner des coups de griffe) ; bavarois, rampfen. La série des sens est s'accrocher, grimper, aller à quatre pattes, ramper.

ramper

RAMPER. v. intr. Se traîner sur le ventre. Il ne se dit au propre que des Serpents, des couleuvres, des vers, etc. Dieu condamna le serpent à ramper. Les couleuvres, les vers rampent.

Il se dit, par extension, des Plantes qui n'ont pas la tige assez forte pour se soutenir et dont les branches se couchent, s'étendent sur la terre ou s'attachent aux arbres, comme le lierre, la vigne. Le lierre rampe à terre, rampe contre les murailles, rampe autour des arbres.

Il se dit encore, par extension, des Animaux, de l'homme, lorsqu'ils se traînent sur le ventre. L'entrée de la grotte était très basse, il pénétra en rampant.

Il se dit figurément de Ceux qui s'abaissent devant les gens puissants et Influents. C'est un homme qui rampe devant les ministres.

ramper

Ramper, Repere, Reptare.

Toute beste qui rampe et se traine, Reptile.

Rampement et trainement sur le ventre, ou pieds sur terre, Reptatus, huius reptatus.

ramper


RAMPER, v. n. RAMPANT, ANTE, adj. RAMPEMENT, s. m. [Ranpé, pan, pante, peman: 1re lon. 2e é fer. au 1er, e muet au dern. lon. aux deux aûtres.] Ramper, au propre, se traîner sur le ventre, comme font les serpens, etc. = Par extension et similitude, on le dit des plantes, qui s'étendent sur terre, ou s'atachent aux arbres, comme le lierre, la coulevrée, etc. = Au figuré, être dans un état abject et humiliant: "Élevé autrefois, il rampe aujourd'hui.
   Je rampais inconnu dans la foule importune.
= Plus ordinairement encôre, s'abaisser excessivement devant les Grands. "Après avoir rampé devant ceux, qui sont au dessus de soi, l'on voudrait faire ramper devant soi ceux, au dessus de qui l'on croit être. Il faut s'humilier devant l'esclâve, pour parvenir à ramper devant le maître. = En parlant de discours et de style, ne dire, n'écrire rien que de bâs. "C'est un Auteur, qui rampe toujours: son style rampe. "Que votre discours, toujours clair et toujours coulant ne rampe jamais, Bouh.
   RAMPEMENT ne se dit qu'au propre. "Figûre du serpent, dont le rampement tortueux étoit une vive image des détours fallacieux de l'esprit malin. Boss.
   RAMPANT se dit au propre et au figuré. "Animal, insecte rampant. "Le lierre rampant, plante rampante. — Style rampant, bâs et plat. Âme rampante, bâsse, vile et méprisable. = Cet adjectif suit ordinairement le substantif, surtout en prôse. En vers, le féminin peut précéder.
   Comment nommer la rampante vermine
   Des chifoniers de la double colline? Rouss.

RAMûRE
RAMûRE, s. f. [2e lon. 3e e muet.] 1°. Le bois d'un cerf, d'un daim. "La ramûre du cerf est ronde; celle du daim est plate. = 2°. Toutes les branches d'un arbre collectivement prises, une belle ramûre.

Synonymes et Contraires

ramper

verbe ramper
Se montrer servile.
Traductions

ramper

kriechen, schleichencrawl, creep, ramp, wormkruipen, sluipenהזדחל (התפעל), התרפס (התפעל), זחל (פ'), רמש (פ'), הִזְדַּחֵל, הִתְרַפֵּס, זָחַל, רָמַשׂkruiparrossegar-se, enfilar-se, reptarkrybe, kravlerampiarrastrarse, reptar, gatear, moverse lentamente, moverse sigilosamenterepere, serpererastejar, arrojar-se, serpear, andar devagar, arrastar-se, engatinhar, gatinharлакействовать, раболепствовать, угодничать, красться, ползать, ползтиkrypa, kräla, smygaέρπω, σέρνομαιstrisciare, strisciarsi, avanzare furtivamenteيَزْحَفُplazit se, plížit sehiipiä, ryömiägmizati, puzati, šuljati seこっそり歩く, はう, 這う기다, 살금살금 움직이다krypepełzać, skradać sięเคลื่อนที่อย่างช้าๆ, คลานemeklemek, geçmek, sessizce çıkmakbò, bò trườn悄悄地缓慢前进, 爬行 (ʀɑ̃pe)
verbe intransitif
se déplacer le ventre appuyé au sol

ramper

[ʀɑ̃pe] vi
[reptile, animal] → to crawl
[plante] → to creep