raser

(Mot repris de rasât)

raser

v.t. [ du lat. radere, tondre, racler ]
1. Couper les cheveux, le poil au ras de la peau : Le coiffeur lui rase la nuque tondre
2. Abattre à ras de terre : Le maire a fait raser cet immeuble vétuste démolir
3. Passer tout près de ; effleurer : Elle marchait en rasant les murs frôler, serrer
4. Fam. Importuner, ennuyer : Tu nous rases avec tes conseils fatiguer, lasser

se raser

v.pr.
1. Se couper la barbe, les poils : Il se rase avec un rasoir électrique. Elle s'est rasé les aisselles.
2. Fam. S'ennuyer : Nous nous sommes rasés pendant son exposé.

raser


Participe passé: rasé
Gérondif: rasant

Indicatif présent
je rase
tu rases
il/elle rase
nous rasons
vous rasez
ils/elles rasent
Passé simple
je rasai
tu rasas
il/elle rasa
nous rasâmes
vous rasâtes
ils/elles rasèrent
Imparfait
je rasais
tu rasais
il/elle rasait
nous rasions
vous rasiez
ils/elles rasaient
Futur
je raserai
tu raseras
il/elle rasera
nous raserons
vous raserez
ils/elles raseront
Conditionnel présent
je raserais
tu raserais
il/elle raserait
nous raserions
vous raseriez
ils/elles raseraient
Subjonctif imparfait
je rasasse
tu rasasses
il/elle rasât
nous rasassions
vous rasassiez
ils/elles rasassent
Subjonctif présent
je rase
tu rases
il/elle rase
nous rasions
vous rasiez
ils/elles rasent
Impératif
rase (tu)
rasons (nous)
rasez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais rasé
tu avais rasé
il/elle avait rasé
nous avions rasé
vous aviez rasé
ils/elles avaient rasé
Futur antérieur
j'aurai rasé
tu auras rasé
il/elle aura rasé
nous aurons rasé
vous aurez rasé
ils/elles auront rasé
Passé composé
j'ai rasé
tu as rasé
il/elle a rasé
nous avons rasé
vous avez rasé
ils/elles ont rasé
Conditionnel passé
j'aurais rasé
tu aurais rasé
il/elle aurait rasé
nous aurions rasé
vous auriez rasé
ils/elles auraient rasé
Passé antérieur
j'eus rasé
tu eus rasé
il/elle eut rasé
nous eûmes rasé
vous eûtes rasé
ils/elles eurent rasé
Subjonctif passé
j'aie rasé
tu aies rasé
il/elle ait rasé
nous ayons rasé
vous ayez rasé
ils/elles aient rasé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse rasé
tu eusses rasé
il/elle eût rasé
nous eussions rasé
vous eussiez rasé
ils/elles eussent rasé

RASER

(ra-zé) v. a.
Couper le poil tout près de la peau. Raser la tête. Ils ne se rasent jamais le menton.
Une des plus difficiles entreprises du fondateur [le czar Pierre Ier] fut d'accourcir les robes, et de faire raser les barbes de son peuple ; ce fut là l'objet des plus grands murmures [VOLT., Russie, Anecdotes.]
Absolument, raser se dit pour raser la tête, en parlant des personnages politiques qu'au moyen âge on enfermait dans les couvents.
Après cette réponse favorable [du pape], Pépin fut sacré roi à Soissons par les évêques, avec le suffrage unanime des grands et du peuple, et Childéric rasé et mis dans un monastère [DUMARS., Œuv. t. VII, p. 121]
Les vainqueurs se contentèrent de faire raser l'impératrice, de la mettre en prison en Lombardie.... [VOLT., Mœurs, 23]
Familièrement. Ruiner, anéantir.
Toutes ces belles espérances ont été rasées par une dyssenterie [GUI PATIN, Nouv. lett. t. I, p. 169, dans POUGENS]
Il se dit particulièrement de la barbe, et alors il se dit sans le mot barbe.
Que le prédicateur vienne à paraître ; si.... et que son barbier l'ait mal rasé [PASC., Pens. III, 3, éd. HAVET.]
Il sollicitait l'autre jour à Rennes avec une grande barbe ; quelqu'un lui demanda pourquoi il ne se faisait point raser.... [SÉV., 58]
Absolument. Un perruquier qui rase bien. Ce rasoir rase mal.
Abattre, démolir une construction rez terre.
Si vous ne me remettez Judas lié entre les mains, je raserai jusqu'en terre ce temple de Dieu [SACI, Bible, Machab. II, 14, 33]
Rien ne fut plus capable de flatter ce peuple [romain] que la promptitude avec laquelle le consul Publicola fit raser dans une nuit sa maison, sur quelques murmures qu'on faisait contre sa situation élevée [ROLLIN, Traité des Ét. V, III, 2]
On dit de même : raser une place.
On lui impose [au landgrave de Hesse] pour condition de venir embrasser les genoux de l'empereur, de raser toutes ses forteresses, à la réserve de Cassel ou de Ziegenheim.... [VOLT., Ann. Emp. CharlesQuint, 1547]
Il se dit du canon qui démolit les parties supérieures d'une fortification.
Ceux qui raisonnent croient communément qu'on sera sur la contrescarpe la nuit du samedi au dimanche, après avoir rasé avec le canon une partie des ouvrages [PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 9]
Terme de marine. Raser un navire, lui enlever une certaine partie de ses œuvres mortes pour l'alléger. Lui abattre ses mâts dans un combat.
Passer tout auprès.
Harlay rasait toujours les murailles pour se faire place avec plus de bruit [SAINT-SIMON, 17, 198]
Il [Cassini] avait pris ses mesures si justes, que la méridienne alla raser les deux dangereuses colonnes qui avaient pensé faire tout manquer [FONT., Cassini.]
Je les y menai en rasant la muraille [MARIV., Pays. parv. 5e part.]
....Une lame de couteau ou de verre dont la pointe est rasée par les rayons du soleil dans une chambre obscure ; on sait que les rayons s'infléchissent, se portent vers cette lame.... [VOLT., Nat. du feu. I, 4]
Les rayons du soleil levant rasaient déjà les plaines [J. J. ROUSS., Ém. IV]
D'abord un bruit léger rasant le sol de la terre comme l'hirondelle avant l'orage [BEAUMARCH., Barb. de Sév. II, 8]
Raser la côte, naviguer le long de la côte.
Montons sur ma barque légère, Que ma main guide sans efforts, Et de ce golfe solitaire Rasons timidement les bords [LAMART., Médit. I, 21]
Fig. Raser la terre, se tenir dans une condition humble et retirée.
Je ne fais que raser la terre, et je m'en console [CARACCIOLI, Lett. recréat. et mor. t. I, p. 27, dans POUGENS]
Passer tout auprès avec rapidité. Ce cocher a rasé la borne. La balle du joueur a rasé la corde. Une balle lui rasa le visage, et, familièrement, lui rasa la moustache.
[Mercure] Vient, rasant le bord lybien, Fondre où le prince phrygien, Avec Didon d'amour ravie, Menait une fort laide vie [SCARR., Virg. IV]
Boirude fuit le coup : le volume effroyable Lui rase le visage [BOILEAU, Lutr. V]
Sur l'herbe tendre elles formaient leurs pas, Rasant la terre et ne la touchant pas [VOLT., Ce qui plaît, etc.]
Les hirondelles qui rasent la terre annoncent la pluie [ID., Dict. phil. Augure.]
Je demande s'il n'est pas probable qu'il tombe de temps à autre des comètes dans le soleil, puisque celle de 1680 en a, pour ainsi dire, rasé la surface [BUFF., 1re ép. nat. Œuv. t. XII, p. 79]
[Un oiseau qui] Rase tantôt la rive et tantôt les prairies [DELILLE, Én. XI]
Terme de fauconnerie. Raser l'air, se dit de l'oiseau qui plane.
L'herbe l'aurait portée ; une fleur n'aurait pas Reçu l'empreinte de ses pas ; Elle semblait raser les airs, à la manière Que les dieux marchent dans Homère [LA FONT., Poés. mêl. LXV]
Terme de manége. On dit qu'un cheval rase le tapis, lorsque, dans ses allures, il ne relève pas assez les pieds et semble glisser à la surface du sol.
Terme de métallurgie. Faire raser la tuyère dans un fourneau, en diminuer l'inclinaison.
Dans l'argot des artistes actuels, raser, contraindre quelqu'un à vous écouter en lui tenant des discours ennuyeux ; la métaphore est prise du barbier qui vous tient dans son fauteuil et vous force d'entendre ses bavardages pendant qu'il opère.
10° V. n.En termes de vétérinaire, on dit qu'un cheval rase ou a rasé, lorsque la cavité de ses incisives s'efface ou est déjà effacée ; alors on ne peut plus connaître son âge à ses dents.
11° Se raser, v. réfl. Se faire la barbe. Savoir se raser.
Scipion Émilien fut le premier romain qui se rasa tous les jours [PASTORET, Inst. Mém. hist. et litt. anc. t. III, p. 334]
Il signifie quelquefois se faire raser. Il se rase rarement. Quand voulez-vous vous raser ? Je ne veux me raser que demain.
12° Terme de chasse. Se raser, se dit du gibier qui s'étend à ras le sol pour n'être pas vu. Il se dit d'une semblable attitude chez tout animal.
Il [le tigre] avait pris l'attitude que les chasseurs de tigres et de panthères appellent se raser ; il était resté immobile sous les branches, les yeux fixés sur son ennemi, et le corps aplati contre terre, [ANAÏS SÉGALAS, Feuilleton de l'Écho d'Oran, du 16 mai 1867]
13° En termes de construction de chemin de fer, se raser, suivre le niveau du sol.
Quand on se rase au niveau des vallées, on ne trouve certainement ni tunnel, ni viaduc à faire, [, Moniteur universel, 5 juin 1868, p. 776, 4e col.]

PROVERBE

    Un barbier rase l'autre, se dit de gens qui se soutiennent et se louent réciproquement.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Cil rasarent lor barbes [, Job, p. 446]
    Il i out mis du feu tout rasé un tonel [un tonneau plein de feu à ras] ; Les douves sont emprises, si rompent li cercel [, Sax. IX]
    Mout [ils] ont lor ennemis rasez et damagiez ; Mout ferirent bien tuit [tous] de bonne volenté [, Rou, ms. p. 58, dans LACURNE]
  • XIIIe s.
    Le fort haubert [il] lui dessartit, L'espée lui rase au costé, Si que du cuir lui a osté [, Bl. et Jeh. 4151]
  • XIVe s.
    [à] ung chevallier [il] donna De l'espée tel cop que le bras ly rasa [, Hugues Capet, V. 3799]
    Sire, dit un bourjois, qu'on nommoit Tolomer, Avez-vous si tost fait telle ville raser ? [, Guesclin. 21416]
  • XVe s.
    De venir les queues [tonneaux] raser [racler] [E. DESCH., Poésies mss. f° 474]
    Et fit razer toutes les tours et murailles [COMM., II, 4]
    Le suppliant, pour doute que icellui Jouel ne lui fist pis, se rasa de lui [se rangea], et sacha son espée du fourreau [DU CANGE, rasare.]
  • XVIe s.
    Et ne convient que le los on me rase [enlever, faire perdre], D'avoir passé le haut mont de Caucase [MAROT, IV, 129]
    Aultrement le coup, qui ne lui raza que le dessus de la teste... [MONT., I, 50]
    On leur rasoit les cheveux, on les faisoit aller deschaux [AMYOT, Lyc. 34]
    En parlant des vertus royales, il met ceste-ci au nombre, de raser les meschans de la terre [CALV., Instit. 1199]
    Lansac faisant lever ses ancres fit contenance de descendre en Ré, et en rasant l'isle.... [D'AUB., Hist. II, 294]

ÉTYMOLOGIE

  • Ras 1 ; wallon, rezé. Radere avait donné raire.

raser

RASER. v. tr. Tondre, couper le poil tout près de la peau avec un rasoir. Se raser, se faire raser la barbe. Se faire raser la tête. On condamnait autrefois les femmes convaincues d'adultère à être rasées et enfermées dans un couvent.

Il se dit particulièrement en parlant de la Barbe; et alors il s'emploie toujours absolument. Un coiffeur qui rase bien, qui rase mal, qui ne rase pas assez près. Un rasoir qui rase mal. Se faire raser. Se raser soi-même.

Prov. et fig., Un barbier rase l'autre, se dit Lorsque des gens d'une même profession, ou ayant un intérêt commun, se soutiennent, se louent réciproquement.

RASER, en parlant d'un Édifice, d'un bâtiment, signifie Abattre à ras de terre. Raser une maison. On a rasé les fortifications, les défenses de cette ville. Raser une place.

Raser un vaisseau, Ôter à un vaisseau la partie supérieure de ses oeuvres mortes. On a rasé ce bâtiment pour en faire un ponton.

RASER signifie encore Passer tout auprès, effleurer. Un boulet de canon lui rasa l'épaule. Une balle lui rasa le visage. Une hirondelle qui rase le sol, la surface de l'eau. Ce charretier a rasé la borne. La balle du joueur a rasé la corde, le filet. Le bâtiment rasa un écueil. Nous rasâmes le rocher de bien près.

Raser la côte, Naviguer le long de la côte. La flotte rase la côte.

Raser les murs se dit de Quelqu'un qui, en marchant, passe tout près des murs, afin d'échapper le plus possible aux regards. Figurément, il se dit de Quelqu'un qui essaie de passer inaperçu.

En termes de Manège, Ce cheval rase le tapis, Ses épaules ont peu de mouvement, et il ne relève point assez en marchant; les pieds sont trop près de terre, il va butter.

Absolument, Ce cheval rase, commence à raser, Il ne marque presque plus; la cavité des dents incisives ne paraît plus, ou presque plus.

En termes de Chasse, Se raser, être rasé, se dit d'une Perdrix ou d'un lièvre qui se tapit le plus qu'il peut contre terre pour se cacher. Les perdrix se rasent quand elles aperçoivent l'oiseau. Ce lièvre était rasé dans son gîte.

RASER, dans le langage populaire, signifie Ennuyer par des propos longs et oiseux.

raser

Raser, C'est couper tout ras, et à net. Au 2. livre d'Amadis. Arresta son coup, demeurant l'espée preste à raser, ce qu'il rencontreroit au devaller. Et au mesme livre, Mais le geant tenant encores une partie de son espée luy rasa tout le haut de l'armet avec un peu de la peau et les cheveux de la teste. Il se prend aussi pour raire, Tondere, Attondere, voyez Raire.

¶ Raser une ville, Excidere vrbem, Exscindere, AEquare solo.

Raser une maison, Domum alicuius complanare, Adaequare solo.

Qui ont les testes rases, Ad cutem tonsi. B.

Rasé, Rasus.

râser


RâSER, RâSOIR. Voyez RâS.

Synonymes et Contraires

raser

verbe raser
2.  Passer très près de.

raser (se)

verbe pronominal raser (se)
Traductions

raser

rasieren, barbierenshave, raze, level, grazescheren, doorzagen, met de grond gelijk maken, scheren (langs), vervelen, strijkenגילח (פיעל), נדנד (נפעל), ניג'ס (פיעל), שועמם (פועל), שעמם (פיעל), גִּלֵּחַ, שִׁעֲמֵםskeerafaitarraziafeitar, afeitarseborotválrasare, far la barba, radere, rapare, rasentare, sbarbare, scocciare, seccarebarberegolićbarbear, raspar, fazer a barbaбрить, бритьсяrakaيَحْلِقُholit sebarbere (sig)ξυρίζομαιajaa partabrijati se剃る면도하다โกนtıraş olmakcạo râu剃须бръснене (ʀɑze)
verbe transitif
1. couper les cheveux ou les poils de qqn au ras de la peau raser qqn de près
2. couper au ras de la peau raser la barbe de qqn
3. démolir raser une maison
4. passer très près de qqch raser le sol

raser

[ʀɑze] vt
[+ barbe, cheveux] → to shave off; [+ menton, personne] → to shave
Ray a rasé sa barbe → Ray has shaved off his beard.
(= ennuyer) → to bore
[+ bâtiment] → to raze
(= frôler) → to graze, to skim [ʀɑze] vpr/réfl
→ to shave
se raser la barbe → to shave one's beard off
se raser les jambes → to shave one's legs
(= s'ennuyer) → to be bored stiff >