rature

rature

n.f. [ du lat. radere, racler, tondre ]
Trait tracé sur ce que l'on a écrit pour l'annuler : Un manuscrit plein de ratures biffure

RATURE

(ra-tu-r') s. f.
Synonyme de raclure. Quand on voulait faire l'essai d'une masse d'argent, on en tirait quelques grains, par le moyen d'un petit instrument nommé échoppe ; on mettait cette petite quantité d'argent sur des charbons ardents, et on jugeait de son titre par sa couleur plus ou moins blanche ; cette méthode s'appelait faire l'essai à la rature ou à l'échoppe, Dict. des arts et mét. Essayeur. Ce qu'on enlève des peaux en les raturant. Les ratures servent à faire de la colle. Terme de potier d'étain. Petite bande qu'on enlève en tournant l'étain sur la roue.
Par extension, trait de plume passé sur ce qu'on a écrit (le trait ainsi passé étant comparé à une raclure).
J'ai vu son manuscrit original [Télémaque de Fénelon], il n'y a pas dix ratures [VOLT., Louis XIV, 32]
Les actes seront inscrits sur les registres de suite, sans aucun blanc ; les ratures et les renvois seront approuvés et signés de la même manière que le corps de l'acte [, Code Nap. art. 42]
Fig.
Que vous servira d'avoir tant écrit dans ce livre [une grande vie], d'en avoir rempli toutes les pages en beaux caractères, puisque enfin une seule rature doit tout effacer ? encore une rature laisserait-elle quelques traces, du moins, d'elle-même ; au lieu que ce dernier moment [la mort], qui effacera d'un seul trait toute votre vie, s'ira perdre lui-même avec tout le reste dans ce gouffre du néant [BOSSUET, Sermons, la Mort, 1]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Rature [raclure] d'estaux de boucherie [DU CANGE, ratura.]
  • XVIe s.
    Et fut la cuirace attainte, qui neantmoins demoura en son entier, et à peine y feit le traict une petite rature, qui n'apparoissoit comme point, non plus que si elle eust esté faitte d'un petit burin ou poinçon à escrire [AMYOT, Démétr. 26]

ÉTYMOLOGIE

  • L'ancien verbe rater, qui signifiait effacer : XIVe siècle : Et aussi rata le dit prestre une lettre scellée du grant scel, DU CANGE, rattare ; Il rata et osta un x sur la somme de xij c. frans, ID. ib. Rature a aussi bien le sens de racler que celui de raturer. Ratter ou rater représente phonétiquement un dérivé du lat. raptus, enlèvement, qui, en effet, avait donné rat ; il signifierait enlever ; mais de là à racler, effacer, les intermédiaires manquent. D'un autre côté, l'ancienne langue a raté, rongé par les rats ; d'où rature a pu signifier rongeure de rat, comme le provençal ratonadura ; mais là aussi les intermédiaires manquent. Toutefois rater, ronger, est plus voisin de racler, que ne le serait rater, enlever, s'il existait. Quelques-uns pensent que rater est pour gratter.

rature

RATURE. n. f. Action d'éffacer par des traits de plume ce qu'on à écrit ou Résultat de cette action. Faire des ratures. Un écrit tout plein de ratures, chargé de ratures. Un acte plein de ratures. Le notaire et les parties ont approuvé les ratures de l'acte. Dans les manuscrits de cet auteur on trouve à peine quelques ratures.

rature

Rature de barbe, Rasura barbae.

rature

Rature, voyez en Raser.

ratûre


RATûRE, s. f. RATURER, v. act. [L'u est long dans le substantif: dans le verbe, il est bref, devant la syll. masculine, nous raturons, je raturai, raturé, etc. Long devant l'e muet: il ratûre, ratûrera, etc.] Ils expriment l'action d'éfacer ce qui est écrit, en pâssant quelque trait de plume sur ce qu' on a écrit. "Écrit plein de ratûres. "Le Notaire et les Parties ont aprouvé les ratûres. "Il est dificile de composer correctement sans raturer beaucoup. Acad. Voy. BIFFER.

Synonymes et Contraires

rature

nom féminin rature
Trait tracé pour raturer.
Traductions

rature

טשטוש (ז)afschrapsel, doorhalingμουτζούραalteration, deletioncancellatura溫度 (ʀatyʀ)
nom féminin
trait sur ce qui est écrit faire une rature

rature

[ʀatyʀ] nf → crossing-out, deletion
un texte sans ratures → a text without any crossings-out