ravage

ravage

n.m. [ de ravir ]
1. Dommage ou dégât matériel important, causé par l'action des hommes, par des agents naturels : Les ravages de la guerre dévastation destruction
2. Effet désastreux de qqch sur qqn, sur l'organisme, dans la société : Les ravages du sida. Le chômage continue son ravage.
Faire des ravages,
Fam. susciter des passions amoureuses.

RAVAGE

(ra-va-j') s. m.
Dégât fait avec violence et rapidité.
Le ravage des champs, le pillage des villes [CORN., Cinna, I, 3]
J'aurais appliqué bien naturellement le ravage d'Érisichthon dans les bois consacrés à Cérès, au ravage que mon fils a fait au Buron, qui est à moi ; je crois qu'il suivra en tout l'exemple de ce malheureux, et qu'enfin il se mangera lui-même [SÉV., 19 juin 1680]
Le Jourdain ne voit plus l'Arabe vagabond, Ni l'altier Philistin, par d'éternels ravages, Comme au temps de vos rois, désoler ses rivages [RAC., Ath. II, 5]
Les feux vont s'allumer, et le fer est tout prêt ; Rien ne peut de leur temple [des Juifs] empêcher le ravage [ID., ib. III, 3]
Familièrement. Faire ravage dans une maison, y faire beaucoup de désordre, beaucoup de fracas.
Dégât violent causé par les tempêtes, les orages, les pluies, les vents, etc. La grêle a fait bien du ravage dans les vignes.
De même qu'une eau débordée ne fait pas partout les mêmes ravages [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Écoulement rapide et fougueux d'une eau ; sens qui est tombé en désuétude.
Que je trouve doux le ravage De ces fiers torrents vagabonds Qui se précipitent par bonds Dans ce vallon vert et sauvage ! [THÉOPHILE, Œuvres, 3e part. p. 199, dans LACURNE]
Il se dit de l'action funeste des épidémies, des épizooties. Cette épidémie a fait de grands ravages dans le canton.
Il se dit du mal que font les humeurs débordées.
La furie de votre sang qui vous a fait si souvent du ravage [SÉV., 8 oct. 1684]
Fig. Désordre causé par les choses morales.
L'intérêt est un monstre qui fait bien du ravage [PATRU, Plaid. 2, dans RICHELET]
Quels ravages ne causent point dans l'imagination des jeunes personnes ces nudités indécentes que les sculpteurs et les peintres se permettent si communément ? [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 1re part. p. 202, dans POUGENS.]
Les ravages de la superstition qui naît de l'ignorance et qui la reproduit à son tour [D'ALEMB., Disc. prélim. Encycl. Œuv. t. I, p. 250, dans POUGENS.]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Non pas par maniere de juste bataille ou de guerre ordenée, mais par maniere de pille et de ravage [BERCHEURE, f° 11, verso.]
  • XVIe s.
    Soudainement il tumba un grand ravage de pluyes, avec tonnerres et temps obscur [AMYOT, Alc. 58]
    Les ravages des uns et des autres attiroient chacun à la deffence du sien [D'AUB., Hist. I, 141]
    En Russie, l'armée que l'empereur Bajazet y avoit envoyée feut accablée d'un si horrible ravage de neige.... [MONT., I, 367]

ÉTYMOLOGIE

  • Ravage est l'équivalent du provençal rabeg, rabey, torrent, rapidité, et vient, comme lui, du lat. rapere, avec le sens qui est dans ravine. Le XIVe siècle (voy. du Cange, raina) disait aussi ravace, dans le sens de ravage d'eau.

ravage

RAVAGE. n. m. Dommage, dégât fait avec violence et rapidité. Les ennemis font de grands ravages dans la campagne. Les sangliers, les renards ont fait de grands ravages, beaucoup de ravage dans ce pays.

Il se dit également des Dommages que causent les tempêtes, les orages, les pluies, les vents, etc. Les orages ont fait d'énormes ravages. Le débordement de la rivière a fait beaucoup de ravages. La tempête a fait d'affreux ravages sur la côte. La gelée, la grêle a fait bien du ravage dans les vignes. Fig., Rien n'est à l'abri des ravages du temps.

Il se dit de même en parlant des Maladies. Cette épidémie a fait de grands ravages dans la contrée.

Il se dit, figurément, du Désordre que les passions causent. Les passions font de grands ravages dans le coeur des hommes. La soif du pouvoir et des richesses fait de grands ravages dans les États.

ravage

Faire un Ravage, Impetum facere in agros inimicorum.

ravage


RAVAGE, s. m. RAVAGEANT, ANTE, adj. RAVAGEMENT, s. m. RAVAGER, v. act. RAVAGEUR, s. m. [ravage, jan, jante, geman, , geur: 3e e muet au 1er et au 4e é fer. au 5e, lon. au 2d et au 3e.] Ravage est en général domage et dégât fait avec violence et rapidité, tels que ceux que causent les gens de guerre, les bêtes féroces, les orages, les pluies, les vents, les maladies. = Il se dit figurément du désordre des passions. "Les passions font de grands ravages dans le coeur des jeunes gens. "Le luxe fait de grands ravages dans les États. = Dans le st. famil. faire ravage (sans article) ou faire du ravage dans une maison; y faire beaucoup de bruit, de fracâs, de désordre.
   RAVAGER, faire du ravage, ne se dit qu'au propre. "Les énemis ravagèrent toute la Province. "Le débordement des eaux a ravagé la campagne. = Ravager, désoler, dévaster~, sacager (syn.) L'idée rigoureûse de ravager est d'enlever, renverser, emporter, entraîner; celle de désoler est de dissiper, chasser, exterminer; celle de dévaster est de tout moissoner, détruire; celle de sacager est de livrer au carnage, etc. Les torrens, les flammes, les tempêtes ravageront les campagnes. La guerre, la peste, la famine désoleront un pays. Des inondations de Barbares dévasteront un Empire. Des soldats éfrénés, des vainqueurs féroces sacageront une Ville prise d'assaut. Extr. des Synon. Fr. de M. l'Ab. Roubaud. = Quelques Auteurs ont fait ravager neutre; et l'Auteur des remarques sur Vaugelas l'aprouve. "L' énemi est venu ravager sur nos terres. Trév. Voy. plus bâs, Rem.
   * Ravagement, action de ravager: le ravagement de la terre Sainte. Anon. Ravageant, qui ravage. "La petite vérole est quelquefois aussi ravageante que la peste. Tissot. = Ravageur, celui qui ravage. "Ce fut peu après le Déluge que parurent ces ravageurs de Provinces, que l' on a nommés conquérans. Boss. Hist. Univ. "Ces ravageurs dispersés regagnèrent chacun leur pays comme ils purent. Hist. d'Angl. "Ces ravageurs enhardis par la pussillanimité de leurs adversaires, etc. Ib. Le traducteur, en cet endroit, a mis le mot en italique. Ravageur ne fait bien que dans la phrâse de Bossuet. M. l'Ab. Boulogne l'a employé tout récemment. "Les ravageurs des Provinces. "Je ne dis rien de ravageurs, dit un des Auteurs de l'Ann. Litt. C'est au public, c'est à l'usage à décider. Nous en disons autant de ravagement et de ravageant, mais il est permis, je crois, de souhaiter que la décision du public et de l'usage leur soit favorable, ces~ mots~ seraient utiles. Ravagement dit plus que dégât et domage: dailleurs, ceux-ci ayant le sens passif ne sauraient exprimer la même chôse que celui-là qui a le sens actif. Ravageur se dirait des personnes, et ravageant des chôses. Cependant en vers et dans la prôse poétique, on pourrait dire: les orages, les torrens, etc. ravageurs.
   Rem. M. Moreau et le P. Barre font ravager neutre. "À~ la tête d'une armée, il étoit venu piller et ravager jusqu'aux bords du Rhin. "Les Normands ne vouloient que ravager: ils le firent impunément, Moreau. "Toute la Nation prit les armes et vint ravager sur les frontières des Gaules. "Ils recommencèrent à ravager plus que jamais. P. Barre. Ce dernier Auteur dit, dans le même sens, faire le ravage, pour faire le dégât. "Il fit le ravage par-tout où il pâssa. Cette dernière expression me parait mauvaise; pour ravager neutre, il faut en apeler à l'usage.

Synonymes et Contraires

ravage

nom masculin ravage
1.  Dégât matériel important.
2.  Effet désastreux.
Traductions