ravaler

(Mot repris de ravalais)

ravaler

v.t. [ de l'anc. fr. avaler, descendre ]
1. Procéder au ravalement de ; nettoyer : Ravaler un monument.
2. Avaler de nouveau : Ravaler sa salive.
3. Garder pour soi ce que l'on s'apprêtait à manifester ; réfréner : Elle ravala sa colère contenir, réprimer
4. Dénigrer la valeur de qqn : Ne ravalez pas vos collaborateurs rabaisser ; valoriser
Faire ravaler ses paroles à qqn,
Fam. l'obliger à se rétracter.

se ravaler

v.pr.
Litt. S'abaisser, s'avilir : Elle s'est ravalée en acceptant cette tâche déchoir, se déshonorer

ravaler


Participe passé: ravalé
Gérondif: ravalant

Indicatif présent
je ravale
tu ravales
il/elle ravale
nous ravalons
vous ravalez
ils/elles ravalent
Passé simple
je ravalai
tu ravalas
il/elle ravala
nous ravalâmes
vous ravalâtes
ils/elles ravalèrent
Imparfait
je ravalais
tu ravalais
il/elle ravalait
nous ravalions
vous ravaliez
ils/elles ravalaient
Futur
je ravalerai
tu ravaleras
il/elle ravalera
nous ravalerons
vous ravalerez
ils/elles ravaleront
Conditionnel présent
je ravalerais
tu ravalerais
il/elle ravalerait
nous ravalerions
vous ravaleriez
ils/elles ravaleraient
Subjonctif imparfait
je ravalasse
tu ravalasses
il/elle ravalât
nous ravalassions
vous ravalassiez
ils/elles ravalassent
Subjonctif présent
je ravale
tu ravales
il/elle ravale
nous ravalions
vous ravaliez
ils/elles ravalent
Impératif
ravale (tu)
ravalons (nous)
ravalez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais ravalé
tu avais ravalé
il/elle avait ravalé
nous avions ravalé
vous aviez ravalé
ils/elles avaient ravalé
Futur antérieur
j'aurai ravalé
tu auras ravalé
il/elle aura ravalé
nous aurons ravalé
vous aurez ravalé
ils/elles auront ravalé
Passé composé
j'ai ravalé
tu as ravalé
il/elle a ravalé
nous avons ravalé
vous avez ravalé
ils/elles ont ravalé
Conditionnel passé
j'aurais ravalé
tu aurais ravalé
il/elle aurait ravalé
nous aurions ravalé
vous auriez ravalé
ils/elles auraient ravalé
Passé antérieur
j'eus ravalé
tu eus ravalé
il/elle eut ravalé
nous eûmes ravalé
vous eûtes ravalé
ils/elles eurent ravalé
Subjonctif passé
j'aie ravalé
tu aies ravalé
il/elle ait ravalé
nous ayons ravalé
vous ayez ravalé
ils/elles aient ravalé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse ravalé
tu eusses ravalé
il/elle eût ravalé
nous eussions ravalé
vous eussiez ravalé
ils/elles eussent ravalé

RAVALER

(ra-va-lé) v. a.
Faire descendre de nouveau ; sens propre, mais vieilli. Ravaler un capuchon sur les épaules. Rabattre.
Et toi, rival des Praxitèle et des Phidias.... inimitable Pigal, ta main se résoudra à ravaler le ventre d'un magot, ou il faudra qu'elle demeure oisive [J. J. ROUSS., Scienc. 2]
Avaler de nouveau (avaler, c'est faire descendre par le gosier). Ravaler sa salive. Fig. et familièrement. Retenir ce qu'on allait dire. Il a bien fait de ravaler ce qu'il voulait dire.
Voilà encore une lettre immense ; je ravale pourtant mille choses que je voudrais vous dire [Mme DU DEFFAND, Corresp. t. I, p. 120, dans POUGENS]
Ravaler ses paroles, s'arrêter sur le point de les dire, ne les pas proférer, et aussi se dédire des discours injurieux que l'on a tenus contre quelqu'un. Je lui ferai ravaler ses paroles, je le forcerai à rétracter ce qu'il a dit.
Terme de jardinage. Couper les branches d'un arbre jusque sur leur empatement ou talon en ménageant les yeux adventifs de ce même talon.
Si l'on a quelques arbres languissants dont la pousse s'arrête, on ne manque pas de les ravaler [GENLIS, Maison rust. t. II, p. 475, dans POUGENS]
Aplanir la terre après le labourage.
Terme de maçonnerie. Crépir une construction de haut en bas ; ainsi dit parce que l'ouvrier avale, c'est-à-dire va en descendant le long du mur. Ravaler un mur. Couvrir de plâtre ou de mortier un tuyau, un pan de bois, une cloison ou un mur.
Terme de menuiserie. Diminuer d'épaisseur le bois en certains endroits, afin de donner du relief aux moulures ou aux champs.
Terme de serrurerie. Rendre ovale l'anneau d'une clef, de rond qu'il était.
Étendre des feuilles d'or ou d'argent sur du métal avec le brunissoir.
Fig. Déprimer, rabaisser.
Ce n'est qu'une pièce de théâtre que je lui présente, mais qui l'entretiendra de Dieu ; la dignité de la matière est si haute, que l'impuissance de l'artisan ne la peut ravaler [CORN., Polyeucte, à la reine régente]
[La raison] Soumettant à ses lois la partie animale, Dont l'appétit grossier aux bêtes nous ravale [MOL., Fem. sav. I, 1]
Vouloir ravaler la dignité de médecin à des emplois de cette nature ? [ID., Méd. malgré lui, II, 9]
Et lorsqu'une cabale, Un flot de vains auteurs follement te ravale [BOILEAU, Ép. VII, à Racine.]
Seulement pour l'argent un peu trop de faiblesse De ces vertus en lui ravalait la noblesse [ID., Sat. X]
La duchesse fut indignée d'un choix qui semblait ravaler son mérite beaucoup plus que les autres [HAMILT., Gramm. 10]
Absolument.
Plus dans leur folle estime il se trouve compris, Plus il ravale de son prix [CORN., Imit. III, 42]
10° V. n. Le blé ravale, il diminue de prix.
11° Terme de vénerie. Se dit de l'état d'un cerf qui devient très vieux, et auquel il pousse des têtes irrégulières et basses.
12° Se ravaler, v. réfl. S'abaisser, s'avilir.
Qu'à des pensers si bas mon âme se ravale ! [CORN., Poly. II, 1]
Dois-je me ravaler jusques à cet époux, Ou dois-je par votre ordre aspirer jusqu'à vous ? [ID., Oth. II, 3]
Le caractère de Valens ressemble trop à celui de Félix dans Polyeucte, et a même quelque chose de plus bas, en ce qu'il se ravale à craindre sa femme [ID., Théod. Examen.]
C'est en vain que vous vous ravalez ; Je sais votre mérite et ce que vous valez [TH. CORN., Feint astrol. III, 2]
Puisque, pour abattre l'arrogance humaine, il ne suffisait pas que le Fils de Dieu descendît du ciel en la terre, si sa majesté ne se ravalait jusqu'à la pauvreté d'une étable [BOSSUET, 5e sermon, Vêture, 1]
J'aimerais bien mieux, disais-je en moi-même, qu'elle connût toute ma misère ; je la lui peignis, mais sans me ravaler [MAINTENON, Lett. à Mme de Chantalon, 11 juill. 1666]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et s'aydoit bien dudit bras en dreçant à mont et en ravalant à sa volonté icelui bras [, Miracles St Loys, p. 173]
  • XIVe s.
    Li assaux fu pesans, et forment demenez ; Vallet et escuyer emplirent les fossez ; Mais de merriens pesans sur les creneaux posez Avoit-on nostre gent laidement ravalez [jeté en bas] [, Guesclin. 8269]
    Par foi, ce dist li princes, je deveroie amer Aucun bon chevalier, s'il est à mon disner, Et il oit [entend] dire chose pour moi à ravaler, Se tost ne le disoit pour ma vie amender [, ib. 13401]
  • XVe s.
    Nous devons bien avoir laissé le royaume de France.... quand nous sommes ainsi ravalés de vilains, et ne nous en veut-on faire droit [FROISS., II, III, 18]
  • XVIe s.
    Martius, seul, ne se monstra onques étonné ny ravalé de courage [AMYOT, Cor. 32]
    Sur ces entrefaittes les vivres d'aventure ravallerent [baissèrent de prix], dont le peuple estant fort aise.... [ID., Pomp. 40]
    Caton lui dit qu'il s'en allast, et qu'il fermast la porte après luy, et se ravalla dedans son lict, comme pour dormir ce qui restoit encore de la nuict [ID., C. d'Utiq. 88]
    .... Dont l'esprit demeure sot, faible, peu capable, plat, ravallé, obscur, tel qu'est la plupart du commun [CHARRON, Sagesse, Préf. de la 2e édit.]
    Elle [la fortune] l'a ravallé [l'ordre de Saint-Michel] et rabaissé jusques à mes espaules et au desoubs [MONT., II, 340]
    Ayant ravalé son sçavoir au service du proufit et du gaing [ID., I, 142]

ÉTYMOLOGIE

  • Re...., et avaler.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • RAVALER. Ajoutez : - REM. Ravaler, au sens de taire, ne pas énoncer ce qu'on voulait dire, se trouve dans Mme de Sévigné : Je vous exhorte à conserver votre modération, et à ravaler le plus que vous pourrez de ce que vous aurez envie de dire, Lett. à Mme de Grignan, 23 mars 1689, dans Lett. inédites, éd. Capmas, t. II, p. 262.

ravaler

RAVALER. v. tr. Avaler de nouveau.

Ravaler sa salive, La retirer en dedans de sa gorge, en dedans de son gosier.

RAVALER se dit, figurément et familièrement, en parlant de la Contrainte qu'on se fait lorsque, étant sur le point de dire quelque chose, on se retient par quelque considération. Il a bien fait de ravaler ce qu'il voulait dire. Ravaler un reproche, une observation.

Fig. et fam., Je lui ferai bien ravaler ses paroles se dit pour exprimer qu'on empêchera quelqu'un de se servir de paroles offensantes, ou qu'on le fera repentir de s'en être servi.

RAVALER signifie encore Rabaisser. On parlait de lui trop avantageusement, mais vous l'avez trop ravalé. Il veut ravaler le mérite de tout le monde. Ravaler la gloire d'une belle action. Ce Philosophe voudrait ravaler l'homme jusqu'à la condition des brutes. Comment peut- il se ravaler à des actions si honteuses?

En termes d'Architecture et de Maçonnerie, il signifie Faire le ravalement d'un mur d'une construction. Ravaler un mur, une façade.

Synonymes et Contraires
Traductions

ravaler

ανακαινίζωringoiare (ʀavale)
verbe transitif
1. nettoyer, réparer ravaler la façade d'un immeuble
2. contenir ravaler sa fierté
3. avaler de nouveau ravaler sa salive

ravaler

[ʀavale] vt
[+ mur, façade] → to restore
(= avaler de nouveau) → to swallow again
(fig) ravaler sa colère → to swallow one's anger
ravaler son dégoût → to swallow one's distaste
ravaler qn au rang de → to reduce sb to the level of