rebellé

(Mot repris de rebella)

rebelle

REBELLE. adj. des deux genres. Qui refuse obéissance à une autorité légitime. Un sujet rebelle. Rebelle au roi. Rebelle aux ordres du prince. Rebelle à la république. On l'a déclaré rebelle. Rebelle à la justice. Un fils rebelle. Esprit rebelle. Une terre rebelle. Substantivement, C'est un rebelle. Punir les rebelles.

Les esprits rebelles, Les anges déchus, les démons.

REBELLE se dit encore des Choses et signifie Qui résiste à un effort. Une mèche de cheveux rebelle.

Une fièvre, une humeur, un ulcère, etc., rebelle aux remèdes, Une fièvre, une humeur, un ulcère, etc., qui ne cède point aux remèdes.

REBELLE signifie aussi Qui est impropre à une chose, qui n'a pas de dispositions pour une chose. Esprit rebelle à tout raisonnement. Rebelle à la musique.

Fig., Un sujet, une matière rebelle à la poésie, Un sujet, une matière qui ne peut pas se traiter ou ne peut se traiter que fort difficilement en vers.

rebelle

Rebelle, Rebellis, Contumax.

Fort rebelle et contemnant ses superieurs, Percontumax.

Sur peine d'estre declaré rebelle, Qui contra fecisset, contra Regis imperium fecisse visum iri. B.

rebelle


REBELLE, adj. SE REBELLER, v. réc. REBELLION, s. f. [L'usage est partagé sur la première syllabe re: les uns n'y mettent point d' accent, les autres écrivent avec l'accent aigu, rébelle, etc. D'autres enfin ne le mettent point à l'adjectif et le mettent au verbe et au substantif, comme Trév. par ex. Il semble que l'analogie exige l'accent; ces mots n'étant pas réduplicatifs; mais l'usage le plus autorisé ne permet pas de le mettre; l'e est muet. Rebèle, se rebéler, rebélion: 2e è moy. au 1er, é fer. au 2d et au 3e. = Quelques Auteurs, déjà un peu anciens, ont écrit au masculin, rebel.] Rebelle, qui se révolte. Il s'emploie, ou sans régime: esprit rebelle; et substantivement: un rebelle, les rebelles; ou avec le datif (la prép. à) rebelle au Roi, à ses supérieurs, à la Justice, aux volontés du Prince. Dans le Journ. de Mons. on lui fait régir à devant l'infinitif. "Il a cru qu'il falloit forcer les suffrages du Public, rebelle à l'admirer. — Ce régime est une nouveauté. = Figurément, il se dit des chôses. Qui ne cède point: fièvre, humeur, maladie, rebelle aux remèdes.
   Rem. Rebelle, substantif, s'emploie sans régime; adjectif, il régit le datif (la prép. à.) Maimbourg fait toujours régir au substantif le génitif (la prép. de.) "Les Visconti et les aûtres rébelles de l'Église: c'est une double faûte.
   SE REBELLER, se révolter. Il est ordinairement suivi de la préposition contre. "Il s'est rebellé contre son Souverain. Et fig. Les sens, les passions se rebellent contre la raison. On l'emploie quelquefois sans régime. "Plusieurs villes se rebellèrent. = Il est moins usité que se révolter, mais il parait plus énergique: et c'est un mot qu'il ne faut pas laisser perdre. Nous avons trop peu de synonymes; il ne faut pas nous priver de ceux qui nous restent. = Se révolter est de tous les styles; se rebeller n'est, ce me semble, que du style soutenu, et de la poésie.
   Si contre cet arrêt le siècle se rebelle,
   À~ la postérité dabord il en apelle.
       Boil.
REBELLION, révolte, soulèvement. Dompter la rebellion. — Figurément, la rebellion des sens contre la raison. Rebellion, Révolte (synon.) Le premier marque la désobéissance et le soulèvement; le 2d, la défection et la perfidie. Le rebelle s'élève contre l'autorité qui le presse: le révolté s'est tourné contre la société à laquelle il étoit voué... La rebellion secoue le joug; la révolte l'a brisé. Extrait des Synon. Fr. de M. l'Abé Roubaud.