rebuter

(Mot repris de rebutait)

rebuter

v.t. [ de buter, repousser du but ]
1. Susciter le découragement, le dégoût ; lasser : Elle a refusé ce poste, car faire les trois-huit la rebute décourager, démoraliser ; enchanter, enthousiasmer
2. Inspirer de l'antipathie, de l'aversion à : Sa façon de parler me rebute déplaire ; convenir, plaire à

rebuter


Participe passé: rebuté
Gérondif: rebutant

Indicatif présent
je rebute
tu rebutes
il/elle rebute
nous rebutons
vous rebutez
ils/elles rebutent
Passé simple
je rebutai
tu rebutas
il/elle rebuta
nous rebutâmes
vous rebutâtes
ils/elles rebutèrent
Imparfait
je rebutais
tu rebutais
il/elle rebutait
nous rebutions
vous rebutiez
ils/elles rebutaient
Futur
je rebuterai
tu rebuteras
il/elle rebutera
nous rebuterons
vous rebuterez
ils/elles rebuteront
Conditionnel présent
je rebuterais
tu rebuterais
il/elle rebuterait
nous rebuterions
vous rebuteriez
ils/elles rebuteraient
Subjonctif imparfait
je rebutasse
tu rebutasses
il/elle rebutât
nous rebutassions
vous rebutassiez
ils/elles rebutassent
Subjonctif présent
je rebute
tu rebutes
il/elle rebute
nous rebutions
vous rebutiez
ils/elles rebutent
Impératif
rebute (tu)
rebutons (nous)
rebutez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais rebuté
tu avais rebuté
il/elle avait rebuté
nous avions rebuté
vous aviez rebuté
ils/elles avaient rebuté
Futur antérieur
j'aurai rebuté
tu auras rebuté
il/elle aura rebuté
nous aurons rebuté
vous aurez rebuté
ils/elles auront rebuté
Passé composé
j'ai rebuté
tu as rebuté
il/elle a rebuté
nous avons rebuté
vous avez rebuté
ils/elles ont rebuté
Conditionnel passé
j'aurais rebuté
tu aurais rebuté
il/elle aurait rebuté
nous aurions rebuté
vous auriez rebuté
ils/elles auraient rebuté
Passé antérieur
j'eus rebuté
tu eus rebuté
il/elle eut rebuté
nous eûmes rebuté
vous eûtes rebuté
ils/elles eurent rebuté
Subjonctif passé
j'aie rebuté
tu aies rebuté
il/elle ait rebuté
nous ayons rebuté
vous ayez rebuté
ils/elles aient rebuté
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse rebuté
tu eusses rebuté
il/elle eût rebuté
nous eussions rebuté
vous eussiez rebuté
ils/elles eussent rebuté

REBUTER

(re-bu-té) v. a.
Rejeter avec dureté.
Je lui demandai s'ils ne décideraient pas formellement que la grâce est donnée à tous, afin qu'on n'agitât plus ce doute ; mais il me rebuta rudement, et me dit que ce n'était pas là le point [PASC., Prov. I]
Diogène, étant connu à Athènes, alla trouver Antisthène, qui le rebuta fort.... [ROLLIN, Hist. anc. liv. XXVI, 1re part. II, 6]
Les prétextes dont vous vous servez tous les jours pour rebuter ces pauvres errants.... [MASS., Carême, Mauv. riche.]
Pascal, abusant de ce principe [qu'il ne faut aimer que Dieu], traitait sa sœur avec dureté et rebutait ses services, de peur de paraître aimer une créature [VOLT., Rem. Pens. Pascal, X]
Il se dit des choses qu'on repousse.
Vous rebutiez toujours nos fidèles avis [TRISTAN, Marianne, II, 8]
Vous rebutez mes vœux et me poussez à bout [MOL., Éc. des femm. V, 4]
Qu'ils [vos confrères] vous deviennent plus chers à mesure que vous voyez qu'ils s'égarent ; ne vous rebutez pas, quoiqu'ils paraissent rebuter eux-mêmes vos douces remontrances [MASS., Confér. Retraite pour des curés]
Pourrait-il rebuter les pleurs des malheureux ? [VOLT., Orphel. III, 1]
Écarter.
On rebute ceux qui ne sont bons que pour eux [J. J. ROUSS., Hél. IV, 10]
Il se dit des femmes qui refusent l'hommage d'un amant.
Mais Alphée aujourd'hui n'est pas tant rebuté ; Vous ne fuyez plus sa présence [QUIN., Proserp. II, 5]
Assez coquette pour ne rebuter personne [HAMILT., Gramm. VI]
J'ai rebuté Damis : quelle honte de retourner à lui ! [D'ALLAINVAL, École des bourgeois, III, 5]
Il signifie quelquefois simplement refuser. Rebuter une pièce de monnaie qui est de mauvais aloi. Ne pas vouloir d'une chose.
Avant qu'un peu de terre obtenu par prière Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière, Mille de ses beaux traits aujourd'hui si vantés Furent des sots esprits à nos yeux rebutés [BOILEAU, Ép. VII]
Il [l'oiseau royal] rebute celui [riz] qui n'est pas de bonne qualité [BUFF., Ois. t. XIV, p. 21]
Si la fonte ne pesait pas au moins cinq cent vingt livres le pied cube, on rebuterait la pièce comme non recevable [ID., Hist. min. introd. part. exp. Œuv. t. VIII, p. 143]
Décourager, dégoûter par les difficultés, par les obstacles.
Si cette cruauté ne rebute un amant, Il a beaucoup d'ardeur ou peu de sentiment [ROTR., Bélis. III, 2]
Il est vrai, son humeur a rebuté la mienne [LA FONT., Florent. I, 8]
Ce qui rebute les mauvais chrétiens de la pratique de la vertu.... [FLÉCH., Serm. Samarit.]
Le péril ne vous rebute point : cela est fier, cela est héroïque [REGNARD, la Sérénade, 7]
L'opération de ranger les mots dans leur ordre naturel au milieu des inversions latines demande une contention d'esprit qui fait une véritable peine à leur cerveau [des enfants], et par conséquent qui les rebute [DUMARS., Œuv. t. I, p. 8]
J'étais facile à rebuter [J. J. ROUSS., Confess. II]
Il se dit avec de et un infinitif.
On la rebute de venir voir son nourrisson [J. J. ROUSS., Ém. I]
Absolument.
Ce n'est point un honneur qui rebute en deux jours ; Et qui règne un moment aime à régner toujours [CORN., Sophon. III, 6]
Il se dit de soldats qui refusent de continuer le combat.
Nos troupes semblent rebutées autant par la résistance des ennemis que par l'effroyable disposition des lieux [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Ils vinrent plusieurs fois à la charge ; mais ils perdirent tant de monde, qu'ils furent enfin rebutés [FLÉCH., Hist. de Théodose, II, 14]
M. de Luxembourg était, dit-on, quelque chose de plus qu'humain, volant partout, et même s'opiniâtrant à continuer les attaques dans le temps que les plus braves étaient rebutés [RAC., Lett. à Boileau, 36]
Les Abydéniens se défendirent quelque temps avec beaucoup de courage, et ils ne désespéraient pas même de rebuter les ennemis [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. VIII, p. 205, dans POUGENS]
Terme de manége. Rebuter un cheval, exiger de lui plus qu'il ne peut faire, et finir par le rendre insensible aux aides et au châtiment.
Choquer, déplaire, dégoûter par la répugnance. Cet homme a des manières qui rebutent ceux qui ont affaire à lui.
Rien ne le rebuta, ni sa vue éraillée [de la femme qu'il voulait épouser], Ni sa masse de chair bizarrement taillée [BOILEAU, Sat. X]
Des mœurs grossières peuvent être comiques ; mais c'est un comique local, dont la peinture ne peut amuser que le peuple à qui elle ressemble, et qui rebutera un siècle plus poli, une nation plus cultivée [MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 397]
Absolument.
Les vers les mieux pensés et les plus exacts rebutent quelquefois ; on en ignore la raison ; elle vient du défaut d'harmonie [VOLT., Comm. Corn. Rem. Rod. I, 2]
Se rebuter, v. réfl. Se décourager.
Vous ne vous rebutez point, et, pied à pied, vous gagnez mes résolutions [MOL., Bourg. gent. III, 18]
Voyez, parlez, pressez ; pourquoi vous rebuter ? [TH. CORN., Comtesse d'Orgueil, III, 5]
Je suis éloigné de me rebuter de vos faiblesses [BOSSUET, Lett. Corn. 118]
Il n'était pas homme à se rebuter pour un refus [HAMILT., Gramm. 9]
Il [Voltaire] fut occupé huit années entières à leur faire rendre justice [aux Sirven], et ne se rebuta jamais ; il en vint à bout [VOLT., Comm. Œuv. aut. Henriade.]
Plus sensible au souvenir des bienfaits qu'à celui des outrages, il [le chien] ne se rebute pas par les mauvais traitements [BUFF., Quadrup. t. I, p. 311]
Généralement les hommes sont moins constants que les femmes, et se rebutent plutôt qu'elles de l'amour heureux [J. J. ROUSS., Ém. V]
Se rebuter de, avec un infinitif.
Celle [la profession] de perruquier, qui n'est jamais nécessaire, et qui peut devenir inutile d'un jour à l'autre, tant que la nature ne se rebutera pas de nous donner des cheveux [ID., ib. III]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Blanceflor saut, avant s'est mise ; Et Floires la reboute arriere [, Fl. et Bl. 2978]
    Et ce ne pot fere cil qui ne pot parler, et por ce doit il estre reboutés de estre arbitres [BEAUMANOIR, XLI, 10]
  • XVe s.
    Quand messire Hue de Cavrelée se vit ainsi rebouté de cel evesque qui estoit de grand lignage [FROISS., II, II, 207]
    D'entour lui [il] doit touz menteurs rebouter [E. DESCH., Des vertus nécess. au prince]
    Seigneurs, ce present ne fait pas à rebouter, puisque c'est envoy de pucelle [, Perceforest, t. V, f° 60]
    Il n'est homme qui n'en fust rompu et rebuté [d'éternels pâtés d'anguille] [LOUIS XI, Nouv. X]
  • XVIe s.
    Peu de temps après, il vint à demander le consulat, et fleschissoit desja la commune à sa requeste, ayant aucunement honte de rebuter et esconduire un tel personnage [AMYOT, Cor. 19]
    Il attenta par deux et trois fois de surprendre ce port de Piroee, ne se rebutant point pour avoir failly une fois [ID., Aratus, 41]
    Les appetits charnels, rebutez et endormis [MONT., I, 283]
    La priere me gaigne, la menace me rebute [ID., IV, 68]

ÉTYMOLOGIE

  • Rebuter est le même que rebouter, de re..., et bouter : bouter arrière, repousser.

rebuter

REBUTER. v. tr. Rejeter, repousser avec dureté, avec rudesse. Quand je lui parlai de cette affaire, il me rebuta. Rien ne lui plaît, il rebute tout. Rebuter une proposition.

Il signifie encore Décourager, dégoûter par des obstacles, par des difficultés, etc. La moindre chose le rebute. Il a été rebuté par les mauvais procédés dont on a usé envers lui. Il ne faut pas se rebuter si vite. Prenez garde que ce cheval ne se rebute.

Il signifie aussi Choquer, déplaire. C'est un air, une mine qui rebute. Cet homme a des manières qui rebutent tous ceux qui ont affaire à lui.

rebuter

Rebuter, voyez Rebuté.

Synonymes et Contraires

rebuter

verbe rebuter
2.  Ne pas être attirant.
dégoûter, déplaire, écœurer, répugner -familier: révulser.
Traductions

rebuter

נמאס (נפעל)rebuffscoraggiare (ʀəbyte)
verbe transitif
causer le dégoût, décourager La difficulté du jeu le rebute.

rebuter

[ʀ(ə)byte] vt → to put off