refuge

refuge

n.m. [ lat. refugium, de fugere, fuir ]
1. Lieu où l'on se retire pour échapper à un danger : Cette cave leur a servi de refuge abri asile
2. Abri de haute montagne : Les randonneurs ont dormi dans un refuge.
3. Emplacement aménagé au milieu d'une voie large et passante, permettant aux piétons de se mettre à l'abri de la circulation.
4. (Employé en appos.) Qui constitue un moyen de se préserver contre tel ou tel danger : Les œuvres d'art sont des valeurs refuges.

REFUGE

(re-fu-j') s. m.
Lieu où l'on s'enfuit, où l'on se retire pour être en sûreté.
Mais chercher ton asile en la maison du mort ! Jamais un meurtrier en fit-il son refuge ? [CORN., le Cid, III, 1]
Il [Dieu] sera votre juge : Vous ne trouverez point devant lui de refuge [ID., Poly. V, 2]
Les coupables du même crime cherchent naturellement un même refuge [BOSSUET, Déf. Var. 1er disc. 40]
Dans cette inconstance des choses humaines.... celui-là me semble heureux qui peut avoir un refuge [ID., Sermons, Amour des plaisirs, 2]
Là [dans la tour de Montlhéri], depuis trente hivers un hibou retiré Trouvait contre le jour un refuge assuré [BOILEAU, Lutr. III]
Lieu où se rendent des gens qui ne sont guère reçus ailleurs.
Votre maison est le refuge ordinaire de tous les fainéants de la cour [MOL., Critique, 1]
Fig. Appui, soutien, en parlant des personnes qui servent de refuge.
Tous nos maux en ce monarque Ont leur refuge et leur secours [MALH., II, 4]
Ce lion ayant été contraint pour quelques raisons d'État de sortir de Libye avec toute sa famille.... je crois que vous ne trouverez pas indigne de vous d'être le refuge des lions affligés [VOIT., Lett. 41]
Dieu est notre refuge et notre force [SACI, Bible, Psaumes, XLV, 2]
Promettez.... Que, sévère aux méchants et des bons le refuge, Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge [RAC., Athal. IV, 3]
Il se dit aussi des choses.
N'a - t - on point de présent à faire, Point de pourpre à donner, c'est en vain qu'on espère Quelque refuge aux lois... [LA FONT., Fabl. XI, 7]
La reine voulait que les rebelles trouvassent leur refuge dans sa parole [BOSSUET, Reine d'Angl.]
Fig. Prétexte pour s'excuser, raison apparente dont on cherche à se couvrir. On l'a poursuivi dans tous ses refuges.
Vous voulez dire que la cour ne se connaît pas à ces choses ; et c'est le refuge ordinaire de vous autres messieurs les auteurs [MOL., Critique, sc. 7]
C'était le dernier refuge des manichéens [BOSSUET, Nouv. myst. 16]
Maison de refuge ou, simplement, refuge, maison d'asile pour les indigents, ou de correction pour des femmes qu'on veut retirer du désordre.
Je me trouve fort offensée de la proposition de ce milieu entre le monde et le refuge [MAINTENON, Lett. à Mme de Villette, 13 août 1708]
Ordre du refuge, ordre de religieuses fondé à Nancy en 1617 et établi pour la retraite des femmes et des filles dérangées.
Chez les Hébreux, refuges ou villes de refuge, villes où se retiraient ceux qui avaient commis un meurtre involontaire.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    E faiz est li sires refuges al povre [, Liber psalm. p. 9]
    Pur ceo vos requerum merci, De defendement suffraitus, Et de refuge besoignus [BENOÎT, II, 293]
    Ne il ne poent contre lui Aver defense ne refui [, Grégoire le Grand, p. 60]
    Pur ço est France franche, par les sainz ù je fui, Que cil ki mestier unt i viengent à refui [, Th. le mart. 54]
    Il est mis escudz [mon bouclier] e ma salveted ; il me eslieved, e il est mun refui [, Rois, p. 205]
  • XIIIe s.
    Sont en terre establi li juge Por estre deffense et refuge à cel cui li monde forfet [, la Rose, 5486]
  • XIVe s.
    Il cuident et tienent que en tel cas le seul et singulier refuge c'est à ses amis [ORESME, Eth. 229]
  • XVe s.
    Il connoissoit bien les adreces et les refuges du pays, comme celuy qui en estoit [FROISS., liv. I, p. 91]
    Au fort, puisqu'en ce point je suy, Je porterai ma grant penance, Ayant vers loyauté refui, Où j'ay mis toute ma fiance [CH. D'ORL., Ball. 17]
  • XVIe s.
    Il fut contraint de se retirer pour son dernier refuge par devers luy [AMYOT, Marius, 14]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. refug, refuy, refuch, refut ; espagn. refugio ; ital. rifugio ; du lat. refugium, de refugere (voy. REFUIR). On remarquera les deux formes refui et refuge.

refuge

REFUGE. n. m. Asile, retraite, lieu où l'on cherche un abri. Refuge assuré. Lieu de refuge. Chercher un refuge. Sa maison est le refuge de tous les malheureux.

Maison de refuge ou simplement Refuge, Nom de certaines maisons d'asile pour les indigents, et quelquefois pour les filles repenties.

REFUGE se dit encore d'un Terre-plein au milieu de la voie publique où les piétons peuvent se garer des voitures.

Il se dit, figurément, de Ceux dont on attend, dont on implore la protection, le secours. Dieu est mon unique refuge. Vous êtes mon seul refuge, Il est le refuge des misérables. Voilà mon dernier refuge.

Il se dit aussi des Choses. Les lois sont le refuge du faible.

Il se dit encore, figurément, des Prétextes, des raisons apparentes sous lesquelles l'erreur ou la mauvaise foi cherche à se mettre à couvert. Quel misérable refuge que ce prétexte! La dénégation est son refuge ordinaire. On l'a poursuivi dans tous ses refuges.

refuge

Refuge, Subsidium, Diffugium, Profugium, Refugium, Perfugium.

Ton camp estoit le refuge et lieu de sauveté à tout le monde, Fugae portus erat in tuis castris, et subsidium salutis in tuo exercitu.

Avoir son refuge au senat, Deuenire ad senatum.

Tu avois ton refuge à ces, etc. Ad haec inimicissima iura tam cupide decurrebas.

Nous n'avons autre refuge ne moyen pour nous sauver, Vnicam hanc habemus arcem, B.

Venir au refuge de faits nouveaux, Rem ad triarios redire, B.

Faire cession de biens pour le dernier refuge, Cessionem bonorum, quasi naufragij tabulam, apprehendere, Bud.

réfuge


RÉFUGE, s. m. [1re é fer. dern. e muet. L'Acad. ne met point d'accent à la 1re de refuge, et elle écrit réfugier avec un accent. On ne voit pas la raison de cette diférence. L' analogie et, ce me semble, l'usage le plus autorisé demande l' accent dans ces deux mots: re n'y est point réduplicatif. Dans le Rich. Port. on met l'accent au substantif comme au verbe.] Asile, lieu où l'on se met en sûreté. "Lieu de réfuge: sa maison est le réfuge de tous les malheureux. = Au Fig. on le dit des persones. "Vous êtes mon réfuge. Dieu est mon seul réfuge. "La Sainte Vierge est apelée, le réfuge des Pécheurs. "Viens, ô mon Dieu, viens à mes cris; viens sois mon réfuge et mon salut. L. F. Poème de S. Grég. de Naz.

Synonymes et Contraires

refuge

nom masculin refuge
1.  Lieu où l'on se réfugie.
abri, asile, retraite, sanctuaire -littéraire: antre.
2.  Littéraire. Lieu tranquille.
oasis, retraite -littéraire: havre, port, réceptacle.
3.  Littéraire. Ce qui réconforte.
Traductions

refuge

Zuflucht, Asyl, Freistätte, Hort, Hospiz, Zufluchtsstätte, Tierheimrefuge, asylum, place of refuge, shelter, island, sanctuary, traffic islandtoevluchtsoord, vluchtheuvel, asiel, schuilplaats, toeverlaat, heenkomen, reservaat, toevlucht, toevluchtsoort, vrijplaats, berghut, steun, verzamelplaats, rustpuntאי-תנועה (נ), בית-מחסה (ז), דירת מחסה (נ), חוף מבטחים (ז), חסות (נ), מבטח (ז), מחסה (ז), מסתור (ז), מעוז (ז), מפלט (ז), מקלט (ז), נמל מבטחים (ז), קורת גג (נ), מַחְסֶה, מִבְטָח, מָעֹז, מִפְלָט, חוֹף מִבְטָחִים, קוֹרַת גַּג, חָסוּת, מִקְלָטútočiště, ochrana, ostrůvek, refýžrefugiorifugio, salvagenteمَلْجَأtilflugtsstedκαταφύγιοturvapaikkautočište避難所피난처tilfluktschronienierefúgioубежищеtillflyktที่หลบภัยsığınaknơi trú ẩn庇护убежище (ʀəfyʒ)
nom masculin
1. lieu où il n'y a pas de danger trouver refuge sous un arbre
2. petite maison en montagne dormir dans un refuge

refuge

[ʀ(ə)fyʒ] nm
(= abri) → refuge
demander refuge à qn → to ask sb for refuge
trouver refuge → to find refuge
Elle a trouvé refuge dans les livres → She found refuge in reading.
(en montagne) → (mountain) refuge
(pour piétons) → (traffic) island