relâche

1. relâche

n.f.
1. Suspension momentanée des représentations d'un théâtre : Le lundi est le jour de relâche.
2. Litt. Interruption dans un travail, un exercice : Vous devriez vous accorder un moment de relâche détente, pause, répit
Remarque: Ce nom était autrefois masculin.
Sans relâche,
sans interruption ; continuellement : Le jeune gymnaste s'entraîne sans relâche constamment

2. relâche

n.f.
En parlant d'un navire, action de s'arrêter en un lieu pour s'approvisionner ou se faire réparer ; lieu où l'on s'arrête : Ce navire fait relâche à Chypre escale

RELÂCHE1

(re-lâ-ch') s. m.
Interruption d'une étude, d'un travail, d'un exercice.
Votre majesté connaît.... ces relâches de la vertu qui ne s'opiniâtre pas toujours dans la fermeté [BALZ., Disc. à la rég.]
Pour moi, j'ai résolu de poursuivre ma tâche ; Se donne qui voudra, ce jour-ci, du relâche [LA FONT., Filles de Minée.]
L'esprit veut du relâche, et succombe parfois Par trop d'attachement aux sérieux emplois [MOL., Éc. des mar. I, 5]
L'on voit clairement qu'il est rentré au collége, et que son régent ne lui donne pas un moment de relâche [SÉV., 368]
Mon esprit fatigué avait besoin d'un peu de relâche pour se livrer à de nouvelles méditations [J. J. ROUSS., Ém. V]
Intervalle dans un état pénible, douloureux.
Flatteuse illusion.... Tu charmais trop ma peine, et le ciel qui s'en fâche Me vend déjà bien cher ce moment de relâche [CORN., Hor. III, 1]
Souffre un peu de relâche à mes esprits troublés, Et ne m'accable point par des maux redoublés [ID., Poly. II, 3]
Le jour qui suivit cette nuit ne donna point le moindre relâche à mon affliction [SCARR., Rom. com. II, 14]
Quand aux bois Le bruit des cors, celui des voix, N'a donné nul relâche à la fuyante proie [LA FONT., Fabl. X, 1]
Dès qu'il [Newton] avait quelques moments de relâche [des souffrances que lui causait la pierre], il souriait et parlait avec sa gaieté ordinaire [FONTEN., Newton.]
Je ne songe dans les moments de relâche que me donne ma mauvaise santé qu'à me rendre un peu moins indigne de vos bontés [VOLT., Lett. au pr. roy. de Pr. 24 oct. 1737]
Il ne donne point de relâche, se dit d'un créancier qui presse continuellement son débiteur.
Suspension dans le cours des représentations théâtrales. Il y a aujourd'hui relâche aux Français. Les relâches sont fréquents à ce théâtre. On a fait relâche pendant huit jours pour réparer la salle.
On donne aujourd'hui relâche au Théâtre Français [, Dict. de l'Académie]
Les jours de relâche au théâtre, nous passions nos après-dîners en promenades solitaires [MARMONTEL, Mém. III]
Sans relâche, loc. adv. Sans discontinuer.
Je ne vous quitte pas un moment, je pense à vous sans relâche [SÉV., 18]
Il fallait se résoudre à n'être jamais en paix sous l'empire d'une ville [Lacédémone] qui, étant formée pour la guerre, ne pouvait se conserver qu'en la continuant sans relâche [BOSSUET, Hist. III, 5]
Les bêtes et les hommes souffrent presque sans relâche, et les hommes encore davantage [VOLT., Princ. d'action, 16]
Enfin le sentiment de l'existence la poursuivait comme une douleur sans relâche [STAËL, Corinne, XVIII, 2]

SYNONYME

  • RELÂCHE, RELÂCHEMENT. Le relâche est une cessation de travail. On en prend quand on est las ; il sert à réparer les forces. Le relâchement est une cessation d'austérité ou de zèle : on y tombe quand la ferveur diminue. L'homme infatigable travaille sans relâche. L'homme exact remplit son devoir sans relâchement (GIRARD).

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Ilz avoient plus tost besoing de repos et de relasche après tant de travaux endurez, que de.... [AMYOT, Cam. 52]
    Relasche de pendu [COTGRAVE, ]
    Il faut que ce soit avecques relasche et moderation [que l'âme doit être exercée] ; elle s'affolle d'estre trop continuellement bandée [MONT., III, 305]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. RELÂCHER.

RELÂCHE2

(re-lâ-ch') s. f.
Terme de marine.
Séjour momentané qu'on fait dans un port où l'on entre forcé par la tempête, par des avaries, ou par le besoin qu'a l'équipage de prendre du repos, de renouveler ses vivres ou de s'approvisionner d'eau, [JAL, ]
J'étais tenté de renoncer au plan que j'avais formé en partant de Maouna, de ne faire aucune relâche jusqu'à Botany-Bay, [LA PÉROUSE, Voy. t. III, p. 247, dans POUGENS]
Pour entretenir ses liaisons avec cette vaste région [l'Inde] et les autres établissements d'Asie, la compagnie anglaise a formé un lieu de relâche à Sainte-Hélène [RAYNAL, Hist. phil. III, 31]
Après une relâche de quinze jours, nous quittâmes l'île Saint-Pierre [CHATEAUB., Amér. Voy. en Amér.]
Lieu propre à relâcher.
Les bestiaux y sont dans la même abondance que dans le reste de ce pays ; ce qui, joint à la salubrité de l'air, rend la relâche à Montevideo excellente pour les équipages [BOUGAINVILLE, Voy. t. I, p. 54]

ÉTYMOLOGIE

  • Le même, sauf le genre, que relâche 1.

relâche

RELÂCHE. n. m. Interruption de quelque travail, de quelque étude, de quelque exercice. Il y a longtemps que vous travaillez, prenez un peu de relâche. Quand on a fatigué tout le jour, on a besoin de relâche.

Il signifie aussi Repos, rémission, dans quelque état douloureux. Son mal commence à lui donner du relâche. La maladie ne lui laisse point de relâche.

Il ne donne point de relâche se dit d'un Créancier qui presse continuellement son débiteur.

Sans relâche, Sans interruption. Travailler sans relâche. Poursuivre quelqu'un sans relâche. Veiller sans relâche.

RELÂCHE, dans les Théâtres, se dit lorsque les représentations d'une pièce sont suspendues ou que le théâtre est fermé pour quelque raison. Il y a relâche à ce théâtre. On a fait relâche pendant huit jours pour réparer la salle. On a affiché relâche. Les relâches sont fréquents à ce théâtre.

RELÂCHE est aussi nom féminin, en termes de Marine, et désigne un Lieu propre pour relâcher. Une bonne relâche.

Il désigne aussi l'Action de relâcher. Entre Marseille et Alexandrie nous avons fait trois relâches. Il a fait relâche à tel endroit.

relâche


RELâCHE, s. m. et fém. RELâCHEMENT, s. m. RELâCHER, v. act. [1re e muet, 2e lon. 3e e muet aux deux premiers, é fermé au 3e; che, cheman, ché.] Relâche est s. m. lorsqu'il signifie interruption de quelque travail, étude ou exercice; et s. fém. en termes de Marine, quand il signifie lieu propre à y relâcher. "Une bone relâche. "Cette relâche est trop voisine de la rivière de la Plata. Voy. d'Anson. "Une relâche passagère: LING. * Dans l'Ann. Litt. on le fait masc. en ce sens, par distraction, ou peut-être par la faûte de l' Imprimeur, qui aura voulu corriger l'Auteur, ce qui arrive quelquefois. "Si la rade eût été plus sûre, de Capitaine eut prolongé son (sa) relâche dans cette Île. = On dit aussi, être de relâche. "Il étoit de relâche (il avait relâché) à Rio-janeiro. Journ. de Litt.
   RELâCHE, en parlant de la douleur, signifie repôs, intermission. "Soufrir sans relâche. "Son mal lui done du relâche, ne lui donne point de relâche.
   RELâCHEMENT, au propre, diminution de tension. "Relâchement des nerfs, des cordes d'un instrument, de la luette. = Disposition du tems à s'adoucir. "Il y a un peu de relâchement dans les tems, dans le froid. = Figurément, ralentissement d'ardeur dans le travail, dans les exercices de la piété, ou de régularité dans la conduite, dans les moeurs. "Le relâchement de la discipline militaire. "Relâchement dans les moeurs, dans la discipline éclésiastique. = Relâche, Relâchement (synon.) Le relâche~ est une cessation de travail, le relâchement, une cessation d'austérité ou de zèle. "L'homme infatigable travaille sans relâche: l'homme exact remplit son devoir sans relâchement. GIR. Syn. = M. Desgrouais met au nombre des gasconismes l'emploi de relâchement, au lieu de relâche. "L'esprit a besoin de relâchement: il faut acorder aux enfans quelque relâchement. L'Acad. dit au contraire qu' il se dit quelque-fois en bone part, pour délassement, et done cet exemple. "Après une grande contention d'esprit, on a besoin de quelque relâchement. — Il semble pourtant qu'il est mieux de réserver ce sens et cet emploi à relâche, et de n'employer relâchement que dans son sens propre. = Suivant le P. BOUHOURS, relâchement se prend toujours en mauvaise part, du moins quand il est seul; car joint à une épithète qui rectifie, on le prend quelquefois en bone part; comme honêtes relâchemens. = * Autrefois, au contraire, on disait relasche pour relâchement. On parle dans une certaine chronique des relasches desquelles~ l'ordre devoit venir, prophètisées par le saint Fondateur. Aujourd'hui le mot serait impropre, et le genre fém. contre l'usage.
   RELâCHER, embrasse les sens de Relâchement et de Relâche. 1°. Actif, Faire qu'une chôse soit moins tendûe. "Le tems humide relâche le papier, les toiles, etc. La pituite relâche les nerfs. = Le tems se relâche; il s'adoucit. = Relâcher un prisonier, le remettre en liberté. = 2°. Céder de ses droits. "Je lui ai relâché la moitié de la dette. "Il ne veut rien relâcher de ses prétentions. = V. réc. "Il faut savoir se relâcher dans les ocasions de ses droits, de ses intérêts. "Il s' est relâché de cet article de ses propositions. = 3°. V. n. En termes de Marine, discontinuer sa route et se retirer à l'abri pour céder à la tempête, ou pour se radouber, ou pour renouveller ses provisions. "Le vaisseau faisait eau: on fut heureux de pouvoir relâcher à, etc. = 3°. Neutre aussi, et réciproque: Diminuer de sa première ardeur. "Ils ont relâché, ou ils se sont beaucoup relâchés de leur première ferveur. "Les Soldats commencèrent à relâcher de leur première ardeur. Maimb.
   Rem. 1°. Dans l'Hist. d'Angl. on fait régir au réciproque le datif (la prép. à). Refuser de se relâcher à aucune indulgence. — Ce régime est inusité. = Massillon le dit sans régime: "Sur quoi prétendez-vous que Dieu doit se relâcher en votre faveur? Il sous-entend de ses droits; mais il semble qu'il aurait dû l'exprimer. — Bossuet le dit aussi, mais dans un aûtre sens, pour dire, prendre du relâche. "Il n'a pas besoin de tant de dépense pour se relâcher. L'usage n'admet point ce verbe en cette signification. Se relâcher employé absolument, signifie tomber dans le relâchement, diminuer de ferveur et d'exactitude à ses devoirs. Dans le sens de Bossuet, on dit, se relâcher l'esprit, se délasser, se reposer.
   2°. RELâCHER, en termes de Marine, prend l'auxil. avoir dans ses tems composés: il a, il avait relâché; il aurait relâché s'il l'avait pu. Dans le Journ. de Litt. on met à la place l'auxil. être. "Il est relâché au bas de la rivière un Bordelais venant de la Guadaloupe. Il faut, je crois, dire, il a relâché, etc. Peut-être que le verbe impersonel qu'a employé l'Auteur l'a induit en erreur dans cette ocasion.

Synonymes et Contraires

relâche

nom féminin relâche
Lieu d'une côte où l'on séjourne.
abri, escale, port, retraite -littéraire: havre.

relâche

nom féminin relâche
Littéraire. Interruption d'une activité.
Traductions

relâche

הפוגה (נ), פוגה (נ), שמיטה (נ), תפוגה (נ), הֲפוּגָה, שְׁמִיטָה, תְּפוּגָהclosure (ʀəlɑʃ)
nom féminin
1. sans s'arrêt travailler sans relâche
2. théâtre fait de ne pas donner de spectacle, au théâtre jour de relâche faire relâche

relâche

[ʀəlɑʃ]
nf ou nm
(CINÉMA, THÉÂTRE) c'est le jour de relâche → it's closed today
faire relâche → to be closed
sans relâche [travailler, essayer] → without respite, without a break
nf (NAVIGATION)port of call
faire relâche [navire] → to put into port
faire relâche dans un port → to put into a port