renard

renard

n.m. [ du frq. Reginhart, nom du héros du Roman de Renart ]
1. Mammifère carnivore à queue touffue et à museau pointu : Un renard bleu ou polaire un isatis
2. Fourrure de cet animal.
3. Fig. Homme rusé et parfois fourbe : Méfie-toi de lui, c'est un vieux renard.

RENARD1

(re-nar ; le d ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's ne se lie pas : des re-nar écorchés ; cependant quelques-uns la lient : des re-nar-z écorchés) s. m.
Quadrupède carnassier à longue queue, du genre chien.
Il [Samson] alla prendre trois cents renards qu'il lia l'un à l'autre par la queue, et y attacha des flambeaux [SACI, Bible, Juges, XV, 4]
Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris [LA FONT., Fabl. I, 18]
Certain renard gascon, d'autres disent normand, Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille Des raisins mûrs apparemment Et couverts d'une peau vermeille [ID., ib. III, 11]
Mais d'où vient qu'au renard Ésope accorde un point, C'est d'exceller en tours pleins de matoiserie ? [ID., ib. XI, 6]
Le renard est fameux par ses ruses, et mérite en partie sa réputation [BUFF., Quadrup. t. II, p. 205]
Le loup nuit plus au paysan, le renard nuit plus au gentilhomme [ID., ib. t. II, p. 208]
Le renard, moins habile mineur que le blaireau, profite souvent du terrier de celui-ci, ou des souterrains pratiqués par d'autres animaux [BONNET, Contempl. nat. XII, 30]
Les renards sont des animaux carnivores qui, au défaut de poules et de lapins, mangent avec avidité les rats, les souris, les mulots [GENLIS, Maison rust. t. I, p. 328, dans POUGENS]
L'expérience a prouvé que, dans les cantons où il n'y a plus de renards, les mulots s'étaient multipliés au point qu'ils abîmaient les prairies et les récoltes [ID., ib.]
Ils sont enfumés comme des renards, se dit de ceux qui demeurent dans une maison qui fume. Faire la guerre en renard, agir en renard, faire la guerre avec ruse, agir finement. Il se donne la discipline avec une queue de renard, se dit d'un faux dévot sensuel. Le renard a pissé sur ces raisins, se dit de raisins blancs devenus roux par l'action du soleil et par la maturité. Une toux de renard qui conduit au terrier, vieille toux qui dure jusqu'à la mort. Fig. Vendre la poule au renard, trahir les intérêts qui nous sont confiés.
Nos métayers sont des fripons qui vendent la poule au renard [P. L. COUR., 1re lett. particulière.]
Prendre martre pour renard, prendre une chose pour une autre, étant trompé par la ressemblance. Rendre martre pour renard, duper qui nous a dupés.
Je voudrais.... Qu'elle pût un moment vous piper en votre art, Rendre conte pour conte et martre pour renard [CORN., Menteur, III, 4]
Se confesser au renard, découvrir son secret à celui qui en tire avantage, ou qui a intérêt d'empêcher l'affaire (locution tirée du roman de Renart, où le goupil se fait confesseur pour attraper ses ouailles). Au renard, cri qu'on adresse à un homme qui a été trompé, croyant avoir trouvé quelque chose de bon.
Ils se sont mis, sans me rien dire, à s'entre regarder et rire ; Puis sur moi criant au renard.... J'ai vu l'heure qu'après l'injure, Votre fils qu'on nomme Mercure Allait être au moins souffleté [SCARRON, le Typhon, II]
Il y avait un éveillé de cordonnier.... qui, quand il voyait passer un arracheur de dents, faisait semblant d'avoir une dent gâtée, puis le mordait bien serré, et criait après au renard ; un arracheur de dents, qui savait cela, cacha un petit pélican dans sa main, et lui arracha la première dent qu'il put attraper, puis il se mit à crier au renard [, Les Historiettes de TALLEMANT DES RÉAUX, t. X, p. 135]
Au renard ! cri en usage parmi les ouvriers qui enfoncent les pilotis avec un mouton : c'est un signal pour s'arrêter.
Fig. Un homme rusé. C'est un renard, un fin renard, un vrai renard.
Je crois voir Annibal, qui, pressé des Romains, Met leurs chefs en défaut ou leur donne le change, Et sait en vieux renard s'échapper de leurs mains [LA FONT., Fabl. XII, 23]
Ce vieux renard m'écouta fort attentivement [LESAGE, Guzm. d'Alf. VI, 3]
Tant que vous me donnerez des hommes qui ne sont pas hommes ; des renards en finesse, des tigres en cruauté [FÉN., Dial. des morts anc. 17]
Un gouvernement n'est point faible quand il mène les affaires au but par souplesse, sans cruauté ; il vaut mieux être renard que lion ou tigre [ID., Dial. des morts mod. Dial. 19]
Je meurs dévoré par les dogues de Jansénius, après avoir été mordu par les renards de Loyola [VOLT., Lett. d'Argental, 3 nov. 1776]
Une peau de renard.
Une peau de loutre vaut à Saint-Pierre et Saint-Paul trente roubles ; une de zibeline, trois ou quatre ; le prix des renards ne peut être fixé [LA PÉROUSE, Voy. t. III, p. 148, dans POUGENS]
Jeu du renard, jeu où une pièce principale dite renard en attaque douze autres dites poules.
Renard marin, gros mammifère de l'ordre des cétacés. Renard volant, galéopithèque roux. Espèce de cône, coquille.
Le Renard, étoile de la constellation de l'Oie.
Fente, trou, en parlant de canaux, de bassins, par où l'eau se perd et qu'il est difficile de découvrir. Boucher un renard. Queue-de-renard, nom donné à une touffe de racine qui se développe dans un tuyau de fontaine ou de drainage, et qui l'obstrue ; le chevelu en ressemble à une queue de renard. Queue-de-renard, nom vulgaire de deux plantes, le mélampyre des champs et l'amarante à queue, ou cornette, amarantus caudatus, L.
Queue-de-renard, outil à deux biseaux par le bout, dont on se sert pour percer.
Terme de métallurgie.
Renard, nom donné à la loupe détachée de la gueuse par le feu de la chaufferie [BUFF., Hist. min. introd. Œuv. t. VIII, p. 38]
Il se forme, dans le bain de fonte, des grumeaux de fer métallique que l'ouvrier cherche à rapprocher en une seule masse ; cette masse poreuse porte le nom de loupe, renard ou masse [A. BRONGNIART, Traité de min. t. II, p. 384, dans POUGENS]
10° Terme de marine. Longue tenaille de fer employée à l'atelier de mâture. Crochet pour traîner des pièces de bois dans les arsenaux.
11° Châssis assemblé en retour d'équerre, dans le sommier du bas de la scie du scieur de long. Les maçons appellent renard une pierre attachée au bout d'une ficelle, qui leur sert à élever les murs droits.
12° Populairement. Vomissement qui a lieu après une débauche, une orgie. Écorcher le renard, se dit d'un ivrogne qui vomit.

PROVERBES

  • Le renard cache sa queue, les gens adroits cachent leurs finesses.
  • Un renard n'est pas pris deux fois à un piége.
  • Le renard prêche aux poules, se dit de quelque adroit compère qui cherche à attraper un lourdaud.
  • Le renard est pris, lâchez vos poules, il n'y a plus de danger à sortir.
  • Un bon renard ne mange pas les poules de son voisin, un homme rusé qui fait une action blâmable, la fait dans un quartier éloigné de chez lui.
  • Il fait comme le renard des mûres, des raisins, il déprécie ce qu'il ne peut avoir.
  • Autant en dit le renard des mûres, elles sont trop vertes, même sens.
  • Il faut coudre la peau du renard à celle du lion, voy. LION, n° 1.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Tousjours [il] ama le roi sans branche de renart (voy. à l'étymologie) [, Sax XI]
  • XIIIe s.
    Feme set moult de renart, Deux cordes a en son arc [, Mss. de poés. franç. avant 1300. t. II, p. 723]
    Esploité en avon com felon et renart [, Berte, XXII]
    Qu'el cuide qu'il soit uns lobieres [trompeur], Un regnarz, un enfantosmieres [, la Rose, 7796]
    Je devant diz Robers reconnois que li prevos de Rumigni puist prendre en ce bois lievre ou connin, lou, renart et taison [DU CANGE, tesura.]
  • XIVe s.
    Comme il advient au regnart que son poil chiet une fois l'an, aussi est appelé le choir des cheveux allopice [LANFRANC, f° 38, verso.]
  • XVIe s.
    Ce sont renards, qui sous simples habits Vont devorant les plus tendres brebis [MAROT, I, 314]
    Lors, pour se oster la haine de cette affaire, le renard envoya Pompée Collonne avec mine de mener secours [D'AUB., Hist. I, 242]
    Le marché estant fait, à la charge que Pui-Gaillard (qui seul sentoit cet affaire au renart) s'obligeroit à garentir les sommes promises [ID., ib. II, 139]
    Renard qui dort la matinée N'ha pas la langue emplumée [H. EST., Précell. 193]
    Quant je pense à votre medecine, il n'y a si bon cœur qui ne tire au renard [qui n'ait envie de vomir] [, Contes de Cholières, f° 52, dans LACURNE]
    [Gargantua] escorchoit le regnard [RAB., I, 11]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, rinâ. Le nom vrai du renard dans l'ancien français est goulpil, gorpil, golpille, venant de vulpeculus ou vulpecula, diminutif du lat. vulpes, renard. Mais il y eut dans le haut moyen âge une épopée très célèbre, où les animaux tiennent la place des hommes ; chacun y a son nom : le lion se nomme Noble, le chat Tibert, l'ours Brun, le moineau Drouinaus, le coq Chante-clair, et le goulpil Renart. Cette composition, qui ne provient pas d'un seul auteur et qui a diverses branches (d'où, figurément, sans branche de renard, sans fraude, sans trahison), devint tellement populaire dès le XIIe siècle, que renart commença à se substituer dans le langage commun à goulpil et a fini par le supplanter entièrement. Renart ou renard, provenç. raynart, anc. catal. ranart, est un nom propre, le même que Renaut et Reginald, dont les formes les plus anciennes sont Raginohard, Reginhart, mot germanique composé de ragin, conseil, et de hart, dur ; le sens est : bon au conseil. Ce sens est exprimé dans ces deux vers du poëme (V. 15876) : Si ai maint bon conseil doné ; Par mon droit non ai non Renart.

RENARD2

(re-nar) s. m.
Terme de marine. Petite pelote de bois sur laquelle on a figuré les trente-deux aires de vent.

ÉTYMOLOGIE

  • Corruption du hollandais rekenaar, calculateur.

renard

RENARD. n. m. Quadrupède carnassier, du genre Chien, à longue queue touffue. Les renards dévastent les basses-cours. Le renard est connu pour être fort rusé. Le renard exhale une odeur fétide. Vieux renard. Renard noir. Renard argenté. La chasse aux renards. Prendre des renards. Enfumer des renards. Peau de renard. Queue de renard. Chiens pour le renard. Le renard se terre. Les ennemis se terraient comme des renards.

Fig. et fam., Cet homme est un renard, un fin renard, un vrai renard, un vieux renard, Il est cauteleux, fin, rusé.

Fig., Coudre la peau du renard à celle du lion, Ajouter la ruse, la finesse à la force.

Prov. et fig., Un bon renard ne mange pas les poules de son voisin, Tout homme rusé et habile, qui fait une action blâmable, la fait plutôt dans un endroit éloigné que dans celui où il est connu.

RENARD se dit, par ellipse, pour Fourrure de renard. Elle porte un très beau renard argenté.

RENARD, en parlant de Canaux, se dit figurément des Fentes, des trous par lesquels les eaux d'un bassin ou d'un réservoir se perdent et qu'il est difficile de découvrir. Boucher un renard.

Queues-de-renard ou, elliptiquement, Renard, Touffes de racines qui se forment quelquefois dans les tuyaux des fontaines et qui les bouchent.

renard


RENARD, s. m. [1re e muet; le d ne se prononce jamais.] Bête puante, maligne et rusée, qui vit de rapine. = Fig. st. famil. Homme fin et rusé. "Ce chicaneur est un vieux renard, qui sait toutes les rûses du Palais. = Se confesser au renard, découvrir son secret à celui qui a intérêt d'empêcher l'afaire. = On dit aussi que le renard prêche aux poules, lorsqu'un signalé imposteur déniaise un lourdaud. = Faire la guerre ou agir en renard, avec rûse et finement. = Un bon renard ne mange point les poules de son voisin: un homme rusé et habile ne fait aucune mauvaise action dans les endroits où il est conu. = Prendre martre pour renard; se tromper, prendre une chôse pour l'aûtre.

Traductions

renard

Fuchsfoxvos, onderkruiper, rekelשועל (ז), שועלثعلب, ثَعْلَبлисицаguineuliškarævαλεπούvulpozorro, zorrarebaneروباهkettuलोमड़ीlisicarókarefurvolpe狐, キツネ여우revlisraposaлисаrävสุนัขจิ้งจอกtilkiлисицяلومڑی狐狸con cáo狐狸 (ʀənaʀ)
nom masculin
animal sauvage qui ressemble à un chien

renard

[ʀ(ə)naʀ] nmfox