reprendre

reprendre

v.t. [ lat. reprendere, var. de reprehendere ]
1. Prendre de nouveau ; prendre une autre fois, en plus : Veuillez reprendre votre place !
regagner, rejoindre : Je reprendrais bien un peu de gâteau.
2. Rentrer en possession de ce que l'on a donné, déposé : Il ne faut pas que j'oublie de reprendre mon parapluie au vestiaire
3. Prendre la suite de qqn dans une activité : Il veut reprendre une librairie. Elle reprendra la direction de l'entreprise familiale.
4. Aller chercher qqn à l'endroit où on l'a déposé : Je passerai vous reprendre dans deux heures.
5. Admettre de nouveau qqn près de soi, dans un groupe : Elle a repris son ancienne assistante.
6. Prendre, arrêter de nouveau qqn qui s'est enfui : La police a repris le fugitif
7. Accepter le retour d'une marchandise et en rembourser le prix : La boutique ne reprend aucun article.
8. Retrouver un état, une disposition, une faculté ; recouvrer : Il commence à reprendre confiance en lui
reperdre : Elle a repris des forces.
9. En parlant d'une maladie, affecter qqn de nouveau : Elle ne va pas bien, les nausées l'ont reprise.
10. Continuer une chose interrompue : Reprendre son travail après une longue maladie
se remettre à ; cesser, quitter : Elle a repris la danse
11. Jouer, donner de nouveau une pièce, un spectacle : Reprendre une comédie de Shakespeare.
12. Redire des paroles, des idées : Le public a repris en chœur le refrain.
13. (Souvent en incise) Parler de nouveau, après un silence : « Je n'en suis vraiment pas sûr », reprit-il en souriant.
14. Apporter des corrections : Il faut reprendre tout ce paragraphe
15. Rétrécir un vêtement : Reprendre une jupe à la taille.
16. Critiquer qqn sur ce qu'il dit ou fait : Reprendre un élève sur son attitude en classe
On ne m'y reprendra plus,
c'est la dernière fois que je fais cela ; je ne me laisserai plus duper.
v.i.
1. Se développer normalement après avoir été transplanté : Le cerisier a repris difficilement.
2. Se manifester de nouveau : Les orages ont repris
3. Avoir lieu de nouveau après une interruption : L'école reprend au mois de septembre
4. En parlant du commerce, des affaires, redevenir actifs après une période de marasme : L'économie reprend

se reprendre

v.pr.
1. Retrouver la maîtrise de soi : Tu ne peux pas te laisser aller comme ça, il faut que tu te reprennes !
2. Se corriger ; rectifier un propos : Il s'est trompé de prénom, mais il s'est tout de suite repris.
Se reprendre à (+ inf.),
se remettre à : Elle se reprend à espérer
recommencer à
S'y reprendre à plusieurs fois pour,
faire plusieurs tentatives infructueuses avant de réussir à : Il a dû s'y reprendre à deux fois pour imposer le silence à l'assemblée.

reprendre


Participe passé: repris
Gérondif: reprenant

Indicatif présent
je reprends
tu reprends
il/elle reprend
nous reprenons
vous reprenez
ils/elles reprennent
Passé simple
je repris
tu repris
il/elle reprit
nous reprîmes
vous reprîtes
ils/elles reprirent
Imparfait
je reprenais
tu reprenais
il/elle reprenait
nous reprenions
vous repreniez
ils/elles reprenaient
Futur
je reprendrai
tu reprendras
il/elle reprendra
nous reprendrons
vous reprendrez
ils/elles reprendront
Conditionnel présent
je reprendrais
tu reprendrais
il/elle reprendrait
nous reprendrions
vous reprendriez
ils/elles reprendraient
Subjonctif imparfait
je reprisse
tu reprisses
il/elle reprît
nous reprissions
vous reprissiez
ils/elles reprissent
Subjonctif présent
je reprenne
tu reprennes
il/elle reprenne
nous reprenions
vous repreniez
ils/elles reprennent
Impératif
reprends (tu)
reprenons (nous)
reprenez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais repris
tu avais repris
il/elle avait repris
nous avions repris
vous aviez repris
ils/elles avaient repris
Futur antérieur
j'aurai repris
tu auras repris
il/elle aura repris
nous aurons repris
vous aurez repris
ils/elles auront repris
Passé composé
j'ai repris
tu as repris
il/elle a repris
nous avons repris
vous avez repris
ils/elles ont repris
Conditionnel passé
j'aurais repris
tu aurais repris
il/elle aurait repris
nous aurions repris
vous auriez repris
ils/elles auraient repris
Passé antérieur
j'eus repris
tu eus repris
il/elle eut repris
nous eûmes repris
vous eûtes repris
ils/elles eurent repris
Subjonctif passé
j'aie repris
tu aies repris
il/elle ait repris
nous ayons repris
vous ayez repris
ils/elles aient repris
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse repris
tu eusses repris
il/elle eût repris
nous eussions repris
vous eussiez repris
ils/elles eussent repris

REPRENDRE

(re-pran-dr') v. a.Il se conjugue comme prendre.

Résumé

Prendre de nouveau.
Prendre de nouveau, en parlant de boissons, d'aliments.
Être saisi de nouveau par des sentiments, des passions.
Fig. Il se dit des maladies, des maux qui s'emparent de nouveau d'un patient.
Rentrer en possession.
Prendre, ôter ce qu'on avait donné.
Rétracter.
Rejoindre quelqu'un pour l'emmener. Ramener chez soi, faire rentrer au logis.
Continuer ce qui avait été interrompu.
10° Récapituler, résumer.
11° Se mettre à.
12° Remettre au théâtre.
13° En maçonnerie, reprendre un mur.
14° Rejoindre les parties rompues d'une étoffe, d'une toile, d'un bas.
15° Reprendre, en termes de marine.
16° Recouvrer, avec un nom de personne pour sujet ; avec un nom de chose pour sujet.
17° Censurer.
18° V. n. Reprendre, en termes de manége et de chasse.
19° Reprit-il, il reprit, dans un dialogue.
20° Attaquer de nouveau, en parlant de maladies.
21° Prendre de nouveau racine, après avoir été transplanté
22° Se joindre, en parlant des chairs, des plaies.
23° Se rétablir d'une maladie.
24° Regagner de l'activité, de la prospérité, en parlant de choses.
25° Ce drame a repris.
26° Recommencer, revenir.
27° Se glacer de nouveau.
28° Revenir sur.
29° V. réfl. Se reprendre, être pris de nouveau.
30° Se rejoindre, se refermer, en parlant de plaies, de chairs.
31° Lier de nouveau amitié.
32° Concevoir de nouveau de l'attachement pour.
33° Se corriger, se rétracter de quelque chose qu'on a mal dit.
34° En style de mystique, réfléchir sur les besoins et sur les actes que Dieu nous commande.
Prendre de nouveau. Reprendre sa place.
Je suis bien aise de vous mander que nous avons repris Corbie sur les ennemis [VOIT., Lett. 74]
Ils reprirent leurs serviteurs et leurs servantes à qui ils avaient donné la liberté, et ils les assujettirent de nouveau au joug de la servitude [SACI, Bible, Jérémie, XXXIV, 11]
Vous avez fait transir le bon abbé, de lui parler de ne pas reprendre à Paris votre petit appartement [SÉV., 282]
Les Parthes, souvent vaincus, deviennent redoutables du côté de l'Orient sous l'ancien nom de Perses qu'ils reprennent [BOSSUET, Hist. III, 7]
S'il sut soutenir le poids des affaires, il sut aussi les quitter et reprendre son premier repos [ID., le Tellier.]
Ces esclaves fugitifs qu'il faut aller reprendre [ID., Anne de Gonz.]
J'allais, en reprenant et mon nom et mon rang, Des plus grands rois en moi reconnaître le sang [RAC., Iphig. II, 1]
....Loin de me reprendre après m'avoir chassé, Il [le peuple] croit voir un tyran dans un prince offensé [ID., Théb. II, 3]
Me quitter, me reprendre, et retourner encor De la fille d'Hélène à la veuve d'Hector [ID., Andr. IV, 5]
Je sais bien d'autre part que la justice approuve Qu'on reprenne son bien partout où l'on le trouve [DANCOURT, Sancho Pança, III, 2]
Je ne serai pas seul qui d'une âme enchantée Aura repris sa femme après l'avoir quittée [REGNARD, Démocrite, V, 7]
Il devait délivrer dix chevaliers chrétiens, Venir rompre leurs fers, ou reprendre les siens [VOLT., Zaïre, I, 1]
Mlle de Saint-Yves, en entendant ce discours, disait tout bas à sa compagne : Mademoiselle, croyez-vous qu'il reprenne sitôt ses habits ? [ID., l'Ingénu, 4]
On saisit, on reprend par un contraire effort Ce rempart teint de sang, théâtre de la mort [ID., Henr. VI]
Combien de fois elles la reprirent tour à tour dans leurs bras ! [J. J. ROUSS., Lév. d'Éphraïm, I]
Les évêques déclarèrent Thetberge [femme de Lothaire] innocente [son champion ayant subi l'épreuve de l'eau bouillante], et Lothaire la reprit ; deux ans après, elle avoua le même crime dont elle avait été si parfaitement justifiée [DUCLOS, Œuv. t. I, p. 325]
Fig.
Reprendre en gémissant le fardeau de la vie [ARNAULT, Oscar, II, 1]
Reprendre un navire, enlever à l'ennemi un bâtiment dont il s'était emparé. Reprendre son poste, y revenir. Reprendre un chemin, y rentrer après l'avoir quitté. Reprendre le chemin de, retourner à.
Vous allez me faire le plaisir de reprendre sur-le-champ la route de Paris [PICARD, Cap. Belronde, II, 13]
Elle allait à Bordeaux, j'en reprends le chemin [C. DELAV., les Coméd. I, 2]
Fig. Reprendre le dessus, regagner l'avantage perdu. Reprendre le dessus, signifie aussi se rétablir d'une longue maladie. Reprendre terre, mettre le pied sur la terre, en parlant d'un nageur qui arrive à l'endroit où l'eau n'est plus profonde. Fig.
Il ne s'est jamais vu d'amour reprendre terre comme celui-là [SÉV., 342]
Familièrement. On ne m'y reprendra plus, je ne m'exposerai plus au même danger, au même ennui. On dit par forme de menace : que je ne vous y reprenne plus ; que je vous y reprenne.
Prendre de nouveau, en parlant de boissons, de potions, d'aliments. Il a repris médecine. Il est obligé de reprendre du sulfate de quinine.
On nous rend [à nous chiens de qualité] le morceau de sucre, Les chats reprennent leur café, [BÉRANG., Requête]
Fig. Être saisi de nouveau par des sentiments, des passions.
Il a repris toute sa colère Tant à nous voir marcher en si bon équipage, Les plus épouvantés reprenaient de courage ! [CORN., Cid. IV, 3]
Reprenez un orgueil digne d'elle [Rome] et de vous [ID., Nic. I, 2]
[Toi Sylla] Tu l'as fait un parjure, un méchant, un infâme ; Mais, s'il me laisse encor quelques droits sur son cœur, Il reprendra sa foi, sa vertu, son honneur [ID., Sertor I, 3]
Sauvons-le ; nos efforts deviendraient impuissants S'il reprenait ici sa rage avec ses sens [RAC., Andr. V, 5]
Reprendre courage, redevenir courageux.
Ils reprennent courage, ils attaquent le roi, Qu'un reste de soldats défendait avec moi [RAC., Mithr. V, 4]
Reprendre courage, signifie aussi sortir de son abattement, se ranimer.
Fig. Il se dit des maladies, des maux, qui s'emparent de nouveau d'un patient. La goutte l'a repris.
Comme les joies des misérables ne durent guère, le lendemain que je l'eus reçue [votre lettre], ma colique me reprit [VOIT., Lett. 25]
À cette nouvelle son émotion a été si vive que la fièvre qui l'avait quittée l'a reprise [STAËL, Corinne, XX, 2]
Rentrer en possession. Ne plaidez pas contre ce malheureux, il n'y a rien à reprendre sur lui. Il laisse de grands biens, mais sa veuve a beaucoup à reprendre sur sa succession. Fig.
Elle savait racheter le temps, selon le conseil de l'Apôtre, et reprendre sur son sommeil les heures qu'on avait dérobées à sa retraite [FLÉCH., Mar.-Thér.]
Prendre ce qu'on avait donné.
Ô sort.... Reprenez la faveur que vous m'avez prêtée [CORN., Poly. II, 1]
Ciel..., Reprenez le pouvoir que vous m'avez commis, Si, donnant des sujets, il ôte des amis [ID., Cinna, IV, 2]
Ce roi si grand, si fortuné, Plus puissant que César, plus vaillant qu'Alexandre, On dit que Dieu nous l'a donné : Hélas ! s'il voulait le reprendre ! [, Épigr. sur le nom de Dieudonné que portait Louis XIV, attribuée à Bussy-Rabutin]
Ma vie est votre bien ; vous voulez le reprendre [RAC., Iphig. IV, 4]
Fallait-il me donner ton cœur, Puisque tu voulais le reprendre ? [QUIN., Alceste, I, 4]
Reprenez, reprenez vos funestes bienfaits [VOLT., Œdipe, V, 5]
Reprendre sa parole, retirer la promesse qu'on avait donnée.
J'ai donné ma parole et je viens la reprendre [BARON, Andrienne, III, 4]
Reprendre quelque chose à quelqu'un, ou, simplement, reprendre quelque chose, rétracter quelque chose, ce qu'on a dit de quelque chose.
La marquise [d'Uxelles] reprend, tous les ordinaires, les nouvelles qu'elle a mandées ; appelle-t-on cela savoir tout ce qui se passe ? [SÉV., 14 janv. 1689]
Il faut que je vous reprenne l'âme damnée de la Voisin [célèbre empoisonneuse] : on dit au contraire que son confesseur a dit qu'elle avait dit Jésus, Maria, dans le milieu du feu ; c'est peut-être une sainte [ID., Mercredi des cendres, 1680]
Voilà qui est bien triste, monsieur, de vous reprendre une si jolie nouvelle [retour du prince de Conti] [ID., à Moulceau, 1er mai 1686]
Pour Esther [de Racine], je ne vous reprends point du tout les louanges que je lui ai données [ID., 23 mars 1689]
Rejoindre quelqu'un pour l'emmener.
Il a prié en mourant la comtesse de Guiche de venir reprendre sa femme à Nancy, et lui laisse le soin de la consoler [SÉV., 281]
Mon fils me mande que le sien [son voyage] finira bientôt selon toutes les apparences, et qu'il me viendra reprendre ici [ID., 223]
Attendez-moi, je viens vous reprendre pour vous mener chez ma sœur [BRUEYS, Muet, V, 6]
Ramener chez soi, faire rentrer au logis, auprès de soi. La jeune demoiselle restera chez vous, jusqu'à ce que sa mère la reprenne.
Elle ne m'ennuyait pas, non, elle ne peut jamais m'ennuyer ; mais je trouvais qu'on tardait bien à venir la reprendre [Mme RICCOBONI, Œuv. t. I, p. 74, dans POUGENS]
Cette femme si capricieuse, si effrontée pourra bien me reprendre un jour son enfant [GENLIS, Mères riv t. II, p. 12, dans POUGENS]
Continuer ce qui avait été interrompu. Reprenons notre lecture.
Il me reste beaucoup d'autres choses à examiner touchant les attributs de Dieu et touchant ma propre nature, c'est - à - dire celle de mon esprit ; mais j'en reprendrai peut-être une autre fois la recherche [DESC., Médit. V, 1]
Timagène : Mais de grâce achevez l'histoire commencée. - Laonice : Four la reprendre donc où nous l'avons laissée.... [CORN., Rod. I, 6]
Elles [les pluies] ont cessé, et j'ai repris mes tristes et aimables promenades [SÉV., 565]
Si on reprend la charrue mal attelée de l'Encyclopédie et qu'on veuille de ces articles, je les renverrai corrigés [VOLT., à d'Alembert, 7 mars 1758]
Cette conversation intéressa tellement le roi, qu'il la reprit plusieurs jours de suite [GENLIS, Mme de Maintenon, t. I, p. 180]
Ce grand projet fut repris par les Espagnols, aussitôt qu'ils eurent fait la conquête du Pérou [RAYNAL, Hist. phil. VIII, 2]
Autour de lui, le temps, sous mille aspects nouveaux, Achevait, renversait, reprenait ses travaux [DELILLE, Trois règn. I]
Reprendre une instance, continuer un procès qui avait été interrompu.
D'après ce discours artificieux, l'accusation d'adultère est reprise [DIDER., Claude et Nér. I, 85]
10° Récapituler, résumer.
Il [le duc de Bourgogne] reprenait tout ce qui s'était fait depuis le traité d'Arras, et reprochait au roi Louis XI] de vouloir rompre la paix [DUCLOS, Œuv. t. II, p. 112]
Reprendre une chose, une histoire de plus haut, la raconter en commençant d'un temps plus éloigné.
Denis d'Halicarnasse.... en reprenant dès leur origine les anciennes institutions de la république romaine, si propres de leur nature à former un peuple invincible et dominant [BOSSUET, Hist. III, 6]
Après avoir raconté les prospérités, il reprend dès l'origine toute la suite des maux [ID., ib. II, 4]
Il faut reprendre mon histoire de plus haut [FÉN., Tél. X]
Reprendre les choses de plus haut, remonter à des principes généraux, à des vérités antérieures.
11° Se mettre à.
Vous coupiez court, et je reprenais tout aussitôt le silence [SÉV., 1er mai 1680]
Reprendre la parole, se remettre à parler.
12° Reprendre une tragédie, une comédie, etc. la remettre au théâtre.
En 1717, M. de Crébillon fit représenter Sémiramis ; elle n'eut aucun succès, et ne sera jamais reprise [VOLT., Mél. litt. Élog. Crébillon.]
13° Terme de maçonnerie. Reprendre un mur, le réparer, en en fermant les crevasses. Reprendre un mur sous œuvre, en sous-œuvre, par-dessous œuvre, en rétablir les parties inférieures, en soutenant le reste par des étançons. Fig. Reprendre sous œuvre un projet, un ouvrage, y travailler sur le même plan, mais avec certaines modifications.
14° Reprendre une étoffe, une toile, un bas, en rejoindre les parties rompues.
Un tisserand continuellement occupé à reprendre les fils de sa toile [VOLT., Lett. à des souverains, 42]
Terme de couture. Reprendre une maille, c'est refaire à l'aiguille celle qui a manqué et ainsi la rejoindre avec celles qui la suivent. Se dit aussi, au tricot, d'une maille tombée que l'on rattrappe en la remontant jusqu'au tour où elle manque.
15° Terme de marine. Reprendre un hauban, un palan, remonter l'amarrage du cap de mouton ou de la poulie, de manière à pouvoir tendre davantage le hauban ou faire marcher plus loin la moufle. Reprendre une manœuvre, la raccourcir lorsqu'elle a trop allongé. Reprendre la tournevire, en lever les tours du bas en haut de la fusée d'un cabestan, lorsqu'ils tendent à se croiser par de nouvelles révolutions.
16° Recouvrer, avec un nom de personne pour sujet.
Je n'ai pu reprendre la vie Sans reprendre aussi mon amour [QUIN., Alceste, V, 4]
Elle a repris sur vous son souverain empire [RAC., Brit. IV, 4]
Et je reprends ma gloire et ma félicité En dérobant mon sang à l'infidélité [VOLT., Zaïre, II, 3]
Il reprit à la fin sa juste autorité [ID., Tancr. III, 1]
Quand une fois on a perdu le goût des plaisirs de l'âme, qu'il est difficile de le reprendre ! [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Reprendre ses esprits, reprendre ses sens, revenir à soi.
Le prince, sans s'émouvoir, lui laisse reprendre ses esprits [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
La voilà qui reprend ses sens [BEAUMARCH., Barb. de Sév. IV, 6]
Reprendre son haleine, recommencer à respirer après une interruption. Fig. Reprendre haleine, se reposer afin d'être en état de se remettre à une action, à un travail quelconque. Reprendre se dit des animaux qui reviennent à leur ancien état.
Les animaux [les loups], quoique adoucis par l'éducation, reprennent avec l'âge leur férocité naturelle [BUFF., Quadrup. t. VIII, p. 9]
Dans les hautes montagnes et dans les pays du Nord, ils [les lièvres] deviennent blancs pendant l'hiver, et reprennent en été leur couleur ordinaire [ID., ib. t. II, p. 115]
Il se dit des choses. Cette manufacture a repris un peu d'activité.
L'empire reprend quelque force sous Justinien par la valeur de Bélisaire et de Narsès [BOSSUET, Hist. III, 7]
L'empire reprit bientôt sous lui sa première splendeur [VOLT., Dict. phil. Dioclétien.]
J'en ai vu d'autres [tables de lave] qui pliaient sous une forte charge, mais qui reprenaient le plan horizontal, par leur élasticité [BUFF., Add. th. terre, Œuv. t. XIII, p. 157]
Tout renaît ; son séjour est plus doux, l'air plus pur, Et la voûte céleste a repris son azur [DELILLE, Parad. perdu, VI]
17° Censurer quelqu'un parce qu'on juge qu'il a fait ou dit quelque chose mal à propos.
Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur ; et ne me punissez pas dans votre colère [SACI, Bible, Psaum. VI, 2]
Si vous m'aviez repris dans mes premières fautes, je n'aurais pas fait celle-ci [PASC., Fragm. d'une lett. à M. Périer, 1661]
Quand il [le juste] reprend ses serviteurs, il souhaite leur conversion par l'esprit de Dieu [ID., Pens. XXV, 54, édit. HAVET.]
Lycurgue donnait des lois à Lacédémone ; il est repris de les avoir faites toutes pour la guerre, à l'exemple de Minos dont il avait suivi les institutions [BOSSUET, Hist. I, 6]
Il a peut-être raison de reprendre ce savant auteur [Grotius] de l'excès de ses citations [ID., 5e avert 53]
Le plaisir de dogmatiser sans être repris ni contraint par aucune autorité [ID., Reine d'Angleterre.]
Aimez qu'on vous censure, Et, souple à la raison, corrigez sans murmure ; Mais ne vous rendez pas dès qu'un sot vous reprend [BOILEAU, Art p. IV]
J'avoue que je dois à M. Descartes, ou à sa manière de philosopher, les sentiments que j'oppose aux siens, et la hardiesse de le reprendre [MALEBR., Rech. vér. VI, II, 9]
Aristote, dans le livre où il marque les avantages et les inconvénients du gouvernement de Carthage, ne la reprend point de n'avoir que des milices étrangères [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 219, dans POUGENS]
Il se dit aussi des choses que l'on censure.
Veuillent les immortels conducteurs de ma langue Que je ne dise rien qui doive être repris ! [LA FONT., Fabl. XI, 7]
Je vous dis que.... Et qu'il ne reprend rien qui ne soit à reprendre [MOL., Tart. I, 1]
C'est par leurs actions qu'ils [les vrais dévots] reprennent les nôtres [ID., ib. I, 6]
Absolument.
À quoi qu'en reprenant on soit assujettie, Je ne m'attendais pas à cette repartie [MOL., Misanthr. III, 5]
Quand on veut reprendre avec utilité et montrer à un autre qu'il se trompe [PASC., Pens. VI, 26]
C'est beaucoup si vous avez obtenu de vous de ne reprendre jamais en public ; voyez dans vos réflexions si vous ne seriez pas bien aise qu'on vous dît vos fautes en particulier [MAINTENON, Lett. à Mme de la Viefvile, 2 mai 1708]
Elle reprend avec bonté, et en reprenant elle encourage [FÉN., Tél. XXII]
Non moins prudent ami que philosophe austère, Mornai sut l'art discret de reprendre et de plaire [VOLT., Henr. IX]
Reprenant tout bas, louant tout haut [GENLIS, Veillées du château t. II, p. 481, dans POUGENS]
Être repris de justice, avoir subi une condamnation en justice.
Il n'est pas rare que dans une famille il y ait un homme habile qui fasse fortune, et un autre mal avisé qui soit repris de justice [VOLT., Dict. phil. Sammonocodon.]
Fig. Avec un nom de chose pour sujet, corriger, servir d'instruction.
Rien ne reprend mieux la plupart des hommes que la peinture de leurs défauts [MOL., Tart. Préface]
[La comédie] n'étant autre chose qu'un poëme ingénieux qui, par des leçons agréables, reprend les défauts des hommes [ID., ib.]
Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arracher cet aveu d'avoir failli qui coûte tant à notre orgueil [BOSSUET, Reine d'Angleterre.]
Il n'y a point de vérité que nous devions aimer davantage que celle qui nous reprend [BOURDAL., 4e dim. après Paq. Domin. t. II, p. 127]
18° V. n.Terme de manége. Se dit d'un cheval qui repart après un demi-arrêt. Il se dit d'un cheval qui cesse, au galop, d'entamer avec la même jambe, et qui entame avec l'autre ; ce qui se dit aussi changer de pied. Votre cheval reprend bien. Terme de chasse. Ce chien reprend bien, il retrouve bien la voie.
19° Reprit-il, il reprit, expressions qui, dans un dialogue, indiquent qu'on fait parler de nouveau l'un des interlocuteurs.
Laissons, reprit Iris, cette triste pensée [LA FONT., Filles de Minée.]
Il est vrai que Quinault est un esprit profond, A repris certain fat.... [BOILEAU, Sat. III]
20° Attaquer de nouveau, en parlant des maladies.
Cela lui reprend de moment en moment, et je crois qu'elle ne passera pas la journée [MOL., Amour méd. I, 6]
La fièvre a repris traîtreusement à Mme de la Fayette [SÉV., 140]
La rage des tragédies m'a repris comme à vous [VOLT., Lett. Chabanon, 22 déc. 1766]
Vous n'êtes qu'à moitié guéri ; votre ancien mal vous reprend toujours [ID., Dial. XXVI, 2]
Il se dit aussi de sentiments, de passions.
C'est sa timidité qui lui reprend, madame [LEGRAND, Famille extrav. sc. 14]
21° En parlant des végétaux, prendre de nouveau racine, après avoir été transplanté. Cet arbre a bien repris. On dit également : Cette greffe a bien repris.
Ces greffes malheureuses qui n'ont point repris, qui touchent bien le tronc de l'arbre qui les soutient, mais qui n'en sont pas vivifiées [FLÉCH., Sermons, Jour de Noël.]
22° En parlant des chairs, des plaies, se rejoindre, se refermer. Les chairs ont repris. La plaie commence à reprendre.
23° Se rétablir d'une maladie. Le malade commence à reprendre.
24° Regagner de l'activité, de la prospérité, en parlant de choses. Le commerce reprend.
Ce quartier-ci va reprendre ; voilà la paix [PICARD, Provinc. à Paris, IV, 3]
25° Ce drame a repris, il s'est relevé après avoir été mal accueilli.
26° Recommencer, revenir. Le froid reprend. Cette mode a repris.
27° Se glacer de nouveau. La rivière a repris.
28° Reprendre sur, revenir sur.
Puis le mercredi matin, j'en reçois encore une [lettre], et je reprends sur des chapitres que j'ai déjà commencés [SÉV., 19 août 1676]
Elles [des lettres] sont écrites d'un trait ; vous savez que je ne reprends guère que pour faire plus mal [ID., 3 avr. 1671]
Reprendre, v. n. se conjugue avec avoir quand on veut marquer l'action : La rivière a repris hier ; avec le verbe être, quand on veut marquer l'état : La rivière est reprise depuis hier.
29° Se reprendre, v. réfl. Être pris de nouveau.
C'est l'orgueil qui n'ose pas dire ses secrets, et qui, dans les égards qu'il a pour les autres, se quitte pour se reprendre [MONTESQ., Déf. Espr. lois, part. 3]
30° En parlant des chairs, des plaies, se rejoindre, se refermer. La plaie se reprend. Les chairs se sont déjà reprises.
31° Lier de nouveau amitié.
Nous étions sur le point de nous reprendre et de nous recoudre avec le parlement [RETZ, III, 24]
Une amitié qui a pu se reprendre malgré les obstacles [BOSSUET, Serm. Pén. 1]
32° Concevoir de nouveau de l'attachement pour.
Peut-être que mon âme.... à la vie un moment se reprendrait encore [LAMART., Méd. II, 15]
33° Se corriger, se rétracter de quelque chose qu'on a mal dit. Il a mal prononcé d'abord, mais il s'est repris.
Mais, quand soi-même on sait se faire entendre Que la raison nous doit donner la loi, On sent l'honneur de se reprendre, Et le plaisir de ne céder qu'à soi [LA MOTTE, Fabl. IV, 19]
34° Terme des mystiques. Se reprendre soi-même, réfléchir sur ses besoins et sur les actes que Dieu nous commande ; ce que les mystiques interdisent.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Vus ne li devez pas [au roi] tut son voil conseillier, Ainz le devez suvent reprendre et chastier [, Th. le mart. 28]
    [Le cheval] Reprent s'aleine, tost est revigorez [, La bat. d'Aleschans, V. 562]
    Chacun torna sa resne, et son tor a repris [, Ronc. p. 193]
    Et la guerre dura tante mainte saison, Li uns rois après l'autre la reprist en son non [, Sax. III]
    [Sa première femme étant morte] Il en reprist une autre qui fu assez vaillans [, ib. V]
  • XIIIe s.
    Et la semenche que je semme Ne reprendroit en nule terre [GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 235]
    Et dites moi comment savés, Puisque li hons sera chi mors, Reprendera l'ame son cors [ID., ib. p. 51]
    En dormant vous cuid [je pense] embrassier ; E quant j'i faille au resveiller, Nule riens ne m'i peut aidier ; Lors me reprend à souhaitier [AUDEFR. LE BAST., Romanc. p. 43]
    Li pueple de Israel le trainierent à chevaus [Ézéchiel], porce qu'il les reprenoit des crimes et des deableries que il faisoient [BRUN. LATINI, Trésor, p. 58]
    Mauvaistié.... Qui peüst en lor cuers grener, Ne reprendre ne rachiner [, Roi Guillaume, p. 95, dans DU CANGE, Gloss. français]
    Sa conscienche le reprit de la terre de Normandie, que li rois Phelippes avoit conquis sour le mauvais roi Jehans d'Engletiere [, Chr. de Rains, 233]
    Quant la vielle ot tant fabloié [la vieille eut tant parlé], Bel-acueil reprent la parole [, la Rose, 14806]
    Ce demanderent il [les pharisiens] à nostre Seigneur, ne mie por aprendre, mais por reprendre, s'il peussent [, Serm. de Maurice de Sully, dans Arch. des miss. scientif. t. V, p. 156]
  • XIVe s.
    Se les enemis eussent reprins courage [BERCHEURE, f° 43, recto.]
  • XVe s.
    Je ne vueil pas reprendre vostre parolle, mais je la vueil amender [FROISS., liv. I, p. 339, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Incontinent que Domitian eust esté tué, les mois reprirent leurs anciens noms [AMYOT, Numa, 31]
    Le mary pouvoit prester sa femme à temps, pour puis après la reprendre [ID., Lyc. et Num. comp. 6]
    Et lors commencea l'on à mettre en avant, qu'il estoit besoing de reprendre la guerre contre Mithridate [ID., Lucull. 11]
    Silanus mesme se reprit de ce qu'il avoit dit, et interpreta son opinion, disant.... [ID., Cicéron, 24]
    Faire reprendre [cicatriser] une playe [ID., Comm. ouïr, 25]
    Fabius s'en prist à rire, et luy respondit sur le champ : Tu as dit la verité ; car, si tu ne l'eusses point perdue [la ville de Tarente], je ne l'eusse point reprise [ID., Fab. 47]
    Reprendre les faultes d'aultruy [MONT., I, 156]
    Avant que se laisser reprendre, il se donna de l'espée au travers.... [ID., II, 32]
    Quand je veins à revivre, et à reprendre mes forces [ID., II, 58]
    Ce testu indocile pense il pas reprendre un nouvel esprit, pour reprendre une nouvelle dispute ? [ID., IV, 248]
    Par advertissements et instructions reprinses à intervailes [ID., IV, 272]
    Ils firent un grand retranchement du coin de la Grange Loudis à travers la rue, pour aller reprendre [rejoindre] la muraille [D'AUB., Hist. II, 53]
    Les nerfs, veines et arteres se reprennent quelquesfois [PARÉ, VII, 4]
    Reprenons notre chevre à la barbe [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. reprare ; wallon, ripreind ; provenç. reprendre, reprehendre, reprenre, repenre ; catal. rependrer ; espagn. reprender ; portug. reprehender ; ital. riprendere ; du lat. reprehendere, de re et prehendere (voy. PRENDRE).

reprendre

REPRENDRE. (Il se conjugue comme PRENDRE.) v. tr. Prendre de nouveau. Reprendre les armes. Reprendre un prisonnier qui s'était échappé, un oiseau qui s'était envolé. Reprendre une ville sur l'ennemi qui s'en était emparé. Reprendre à son service un ancien domestique. Cet homme a repris sa femme après une longue séparation. Après son exil, il reprit sa place au Sénat. Il a repris ses habits d'été, d'hiver. Il a repris médecine. Reprendre du pain, de la viande. La fièvre l'a repris. Reprendre la parole. Il a repris du service. Reprendre racine.

Reprendre un chemin, Y rentrer après l'avoir quitté. Nous reprîmes le chemin à tel endroit.

Reprendre la mer, Naviguer de nouveau.

Reprendre pied, Retrouver le fond de l'eau avec les pieds, après l'avoir perdu.

Fig., Reprendre le dessus, Regagner l'avantage qu'on avait perdu. Il signifie aussi Se rétablir après une grave maladie. Il a bien repris le dessus.

Fam., On ne m'y reprendra plus, Je me garderai de m'exposer de nouveau au même danger, au même ennui. On dit par forme de menace : Que je ne vous y reprenne plus! Que je vous y reprenne!...

REPRENDRE signifie aussi Prendre ce qu'on avait donné. Reprenez votre cadeau, je ne puis l'accepter. Reprenez le mandat que vous m'avez confié.

Reprendre une marchandise, Accepter qu'on vous la rende et en annuler la vente.

Fig., Reprendre sa parole, Retirer une promesse qu'on avait faite. Il avait, donné, sa parole un peu vite, il essaya de la reprendre.

REPRENDRE signifie aussi Recouvrer. Cet homme laisse une fortune importante, mais sa veuve a beaucoup à reprendre sur la succession. Reprenez votre bien. Fig., Reprendre des forces. Reprendre courage. Reprendre espoir, confiance. Reprendre ses esprits. Elle a repris l'usage de ses sens. Il a repris tous ses droits sur elle. Cette manufacture a repris un peu d'activité.

Reprendre son haleine, Recommencer à respirer après une interruption accidentelle, plus ou moins longue.

Fig., Reprendre haleine, Se reposer pour se mettre en état de recommencer à parler, à marcher, à travailler, etc.

REPRENDRE signifie encore Rejoindre quelqu'un pour l'emmener. Attendez-moi, je viendrai vous reprendre; je vous reprendrai en passant.

Il signifie également Se remettre à quelque chose après une interruption. Il a repris son travail. Ils ont repris leur correspondance, interrompue. Ils ont repris, leur train de vie accoutumé. Il faut reprendre cette affaire. Elle a repris la conduite, la direction, le gouvernement de la maison. Reprenons la conversation où nous en étions. Reprenons notre lecture. Après cette interruption, il reprit ainsi son discours. Reprendre le fil de son discours. Reprendre le cours de ses réflexions. Reprendre sa route. Reprendre les hostilités. Maintenant, les choses ont repris leur cours normal.

Reprendre une chose, une histoire de plus haut, La raconter en la commençant à un point plus éloigné dans le temps, pour rendre la narration plus claire, pour mieux éclaircir le fait. Pour vous bien instruire, de cet événement, il faut reprendre la chose de plus haut. Reprenons cette histoire de plus haut.

Reprendre les choses de plus haut, Remonter à des vérités antérieures, à des principes généraux.

Reprit-il, il reprit se dit lorsque, rapportant une conversation, on fait parler de nouveau l'un des interlocuteurs. Il reprit ainsi. Il reprit en ces termes. Cela est indubitable, reprit- il; mais... Dans ces phrases, Reprendre s'emploie absolument.

En termes de Procédure, Reprendre une instance, Continuer avec une nouvelle partie, ou avec la même, un procès commencé et qui avait été interrompu. Il a fait assigner les héritiers d'un tel, pour reprendre l'instance avec eux.

Reprendre une tragédie, une comédie, etc., La remettre au théâtre.

Reprendre un mur, En réparer, en fermer les crevasses. Reprendre la façade d'une maison.

Reprendre un mur, un pilier, etc., sous oeuvre, en sous-oeuvre, Reconstruire, les parties inférieures d'un mur, d'un pilier, etc., en soutenant le reste.

Fig., Reprendre sous oeuvre un projet, une entreprise, un ouvrage, S'en occuper en suivant le même plan, mais avec certaines modifications, certains changements.

Reprendre une maille, La rattacher.

REPRENDRE signifie encore Réprimander, blâmer, censurer quelqu'un pour ce qu'il a fait ou dit. Reprendre doucement. Reprendre aigrement, durement. On a beau reprendre ce jeune homme de ses fautes, il y retombe toujours.

Il signifie aussi Blâmer, censurer, critiquer quelque chose, y trouver à redire. On reprend en vous bien des choses. C'est un homme de bien, je ne vois rien à reprendre dans sa conduite, à sa conduite. Ce critique trouve à reprendre dans les meilleurs auteurs. Il trouve à reprendre à tout ce qu'on fait.

REPRENDRE est aussi verbe intransitif et se dit des Arbres, des plantes, qui prennent racine de nouveau, lorsqu'ils sont transplantés. Ce pommier, ce poirier a bien repris. Il se dit, également des Greffes. Cette greffe a bien repris.

Il se dit aussi des Blessures, des chairs qui ont été coupées, ouvertes, séparées; et il signifie Se refermer, se rejoindre. La plaie commence à reprendre. Les chairs reprennent. On dit de même pronominalement : La plaie se reprend, les chairs se reprennent.

Il signifie encore Se remettre. Ce convalescent, ce malade reprend, a bien repris, Sa santé se rétablit, est bien rétablie.

Cette pièce de théâtre a repris, Après être tombé d'abord, elle s'est relevée.

REPRENDRE signifie également Recommencer, revenir. Le froid a repris. La pluie a repris. Cette mode a repris. Leur amitié a repris.

Les affaires reprennent, Le commerce et l'industrie recommencent à bien aller.

La goutte, la fièvre, etc., lui a repris, Elle lui est revenue, elle lui a pris de nouveau. On dit aussi transitivement dans le même sens : La goutte, la fièvre, etc., l'a repris.

REPRENDRE. signifie, encore, Se figer, geler de nouveau, Ce ciment a repris, La rivière a repris.

SE REPRENDRE signifie Se corriger d'une chose qu'on a dite mal à propos, avec ou sans intention. Il dit un mot pour un autre, mais il se reprit aussitôt.

Il signifie encore Se remettre à une chose. Il a fallu s'y reprendre à plusieurs fois. On dit aussi, familièrement : Vous y voilà repris. Vous vous êtes remis dans un cas fâcheux. Je n'y serai plus repris, Je ne m'y exposerai plus, je n'en serai plus dupe.

Le participe passé REPRIS s'emploie substantivement dans cette locution : Un repris de justice, Un homme qui est de nouveau inculpé, ayant déjà subi une condamnation pénale. Quelle foi peut-on ajouter à son témoignage? c'est un repris de justice.

reprendre

Reprendre, Recipere, Resumere, voyez Prendre.

Reprendre aucun qui s'enfuit, Fugitiuum reprehendere.

Je n'ay pas encore bien repris mes espris pour escrire, Nondum satis sum confirmatus ad scribendum.

Reprendre son aleine, Spirare, Respirare.

Contraindre le vendeur de reprendre la chose par luy vendue, Redhibere.

Quand le vendeur est en proces pour reprendre ce qu'il a vendu, Redhibetur mancipium.

Reprendre les deux années precedentes, commencer le conte non point du temps present, mais des deux ans precedens, Rem repetere supra annos duos.

¶ Elle me reprend souvent, Crebro refricat lippitudo, B. ex Cic.

¶ Reprendre et renouer les choses delaissées et rompues, Interrupta contexere.

¶ Cecy qui estoit rompu se reprend, Solidescit.

On fait reprendre les choses rompues, Solidantur fracta.

Faire reprendre ou refermer une playe, Conglutinare vulnus, Obducere cicatricem.

¶ Reprendre aucun de quelque faute, Arguere, Coarguere, Carpere, Redarguere, Improbare, Increpitare, Incusare, Reprehendere.

Regarder s'il y a rien à reprendre sur soy, Inquirere in sese. Bud.

Reprendre quelque vice, Notare vitium aliquod.

Reprendre quelqu'un, et blasmer de quelque vice, Accusare crimen alicuius.

Reprendre trop legerement quelque chose, Vitilitigare.

Reprendre fort aucun et asprement, Adiurgare, Increpare, Aliquem inclamare, Obiurgare, Reprehensare, Verbis vehementioribus aliquem prosequi.

Reprendre aigrement avec injures, Probris increpare.

Reprendre aucun, ou l'accuser d'aucun cas que le repreneur, ou l'accusateur pretend estre punissable, Crimini dare.

Reprendre et chastier par paroles et de fait, Castigare.

Qui reprend et chastie par paroles et de fait, Castigator.

Je te semon à soupper, et non point à me reprendre, Ad coenam, non ad notam te inuito.

Chose qui est grandement à reprendre et blasmer, Accusabilis res.

Qui est à reprendre, Notabilis.

Qui reprend et tance aucun pour quelque faute, Obiurgator.

¶ Reprendre ou delaisser proces, Cernere adireque haereditatem litium, vel eam aperte repudiare, Budaeus.

Reprendre un proces desesperé, Causam aegram et prope depositam suscipere, vel excipere, B.

Reprendre et vivement poursuyvre un vieil proces, In litem desertam et sopitam sese insinuare, Repetere causam intermissam, et acriter retractare.

Reprins, Receptus, Resumptus.

Serviteur reprins qui s'enfuyoit, Reprehensus, Retractus.

¶ Reprins qui estoit rompu, Solidatus.

¶ Reprins de quelque faute, Argutus, Redargutus, Coargutus, Captus, Reprehensus.

Estre reprins de divers, In varias reprehensiones incurrere.

Cetuy la pensoit que Verres en pourroit estre reprins, Ille hoc putabat Verri criminosum fore.

Jamais homme n'en fut reprins, Fraudi nemini vnquam fuit, Bud.

Prisonniers plusieurs fois reprins de justice, Rei delibati iam nominis et affecti. Rei repetiti iterum et tertium, Bud.

reprendre


REPRENDRE, v. act. [Reprandre: 1re et dern. e muet, 2e. lon. — Il se conjugue comme prendre.] 1°. Prendre de nouveau. "Reprendre une Ville: reprendre à son service un domestique. "Il a repris sa place, etc.
   Je lui dois tout. Il me chasse aujourd' hui.
   Obéissons. Ses bienfaits sont à lui:
   Il peut user du droit de les reprendre.
       Nanine.
= 2°. Saisir de nouveau. "On a repris ce prisonier, qui s'était sauvé. = 3°. Continuer ce qui avait été interrompu. "Reprendre le discours, la conversation. "Après cette interruption, il reprit ainsi son discours. — Au Palais, reprendre une instance. = 4°. Rétablir, ranimer. "Reprendre ses forces, ses esprits, son haleine. Reprendre courage. = Reprendre un mur sous oeuvre; en rebâtir les fondemens. — Reprendre une toile, une étofe, etc. les rejoindre. = 5°. Réprimander, blâmer. "Reprendre doucement, ou aigrement, rudement. "Il l'a repris avec beaucoup de sévérité. Il est facile de reprendre, dificile de faire mieux. = Se reprendre; se corriger, se rétracter. "Il dit un mot pour un aûtre; mais tout de suite il se reprit. "Il laissa échaper un terme injurieux; mais tout de suite il se reprit. = 6°. Critiquer, trouver à redire. En ce sens, il se dit sur-tout à l'infinitif, ou sans régime: "Quelque excellent que soit un ouvrage, il y a toujours à reprendre; ou avec à, dans, etc. "Il trouve à reprendre aux meilleurs ouvrages, dans les Auteurs les plus illustres. "Je ne trouve rien à reprendre à, ou dans ce passage. "Au lieu d'être fâché d'avoir tort, et charmé d'être repris, on ne se reproche point l'un, et l'on ne peut souffrir l'autre. D'Oliv. Pens. de Cic. = 7°. V. n. En parlant des arbres transplantés, prendre de nouveau racine. "Cet arbre a bien repris; on le dit aussi des grèfes. = 8°. Se reprendre, se refermer, se rejoindre, en parlant des chairs qui ont été coupées, etc. "La plaie se reprend, les chairs se reprènent.
   Rem. En parlant des maux qui reviènent, Mde. de Sévigné fait reprendre, tantôt actif, tantôt neutre. "La fièvre tierce l'a reprise: "La fièvre a repris traiteusement à Mde De La Fayette. Je ne condamnerais pas le premier, mais le 2d est le meilleur, le plus sûr, le plus conforme au bel usage et à l'analogie: j'aimerais mieux dire, la fièvre lui a repris, que l' a repris. "Ce sombre accês d'enthousiasme ne reprit plus aux Puritains de la nouvelle Angleterre. Rayn.

Synonymes et Contraires

reprendre

verbe reprendre
1.  Rentrer en possession de.
2.  Affecter quelqu'un de nouveau.
3.  S'adonner de nouveau à.
4.  Apporter des corrections.

reprendre (se)

verbe pronominal reprendre (se)
2.  Rectifier son propos.
Traductions

reprendre

(ʀəpʀɑ̃dʀ)
verbe transitif
1. prendre, avoir de nouveau reprendre ses affaires reprendre des forces
prendre une seconde fois de qqch J'ai repris du gâteau.
2. faire de nouveau qqch reprendre son travail
3. critiquer, faire des reproches reprendre un élève
4. changer, modifier qqch reprendre un vêtement

reprendre

begutachten, kritisieren, schelten, vergelten, vorwerfen, Vorwürfe machen, ermahnen, rügen, verwarnen, verweisen, wiedererlangen, wiedererwerben, übernehmen, weitermachen mitblame, censure, criticize, rebuke, repay, reproach, reprove, scold, recover, take over, resume, retake, admonish, exhort, knock, reclaim, recoup, regain, reimburse, reprimand, tell off, upbraid, pick up, recapture, repeatterechtwijzen, overnemen, beknorren, beoordelen, berispen, keuren, kritiseren, restitueren, terugbetalen, terugstorten, vergelden, verwijten, opnieuw beginnen, opnieuw groeien [plant], repareren, weer nemen, heroveren, aanmanen, aansporen, herkrijgen, herwinnen, manen, hervattenקיבל בחזרהbeknor, bekritiseer, beoordeel, berispe, kritiseercriticar, renyar, reposarbebrejde, kritisere, genoptage, overtageadmoni, kritiki, reakiri, repagi, riproĉiamonestar, censurar, criticar, regañar, reprender, reprobar, reprochar, vituperar, asumir, reanudar, tomar el podermoittia, jatkaa, vallataáteljariprendere, criticare, ammonire, riassumere, riattaccare, ritirare, rilevarebebreide, gjenoppta, ta overretomar, apreciar, censurar, criticar, incriminar, repreender, tomar posseåterbetala, återgälda, förebrå, förevita, återta, ta överazarlamak, yeniden başlamak, yönetimi ele almakξαναπαίρνω, αναλαμβάνω, ξαναρχίζωيَتَوَلَّى, يَسْتَأْنِفُpřevzít, začít znovunastaviti, preuzeti再開する, 引き継ぐ다시 시작하다, 인계받다podjąć na nowo, przejąćвозобновлять, принимать руководствоเข้าควบคุม, ดำเนินต่อไปใหม่tiếp quản, tiếp tục lại再继续, 接管簡歷
verbe intransitif
1. recommencer La réunion reprend à 14h.
2. donner de nouveau de bons résultat Les affaires reprennent.
3. parler de nouveau après un silence Je reprends, où en étais-je ?

reprendre

[ʀ(ə)pʀɑ̃dʀ]
vt
[+ prisonnier, ville] → to recapture
[+ objet prêté, donné] → to take back
Il a repris son livre → He's taken his book back.
(= chercher) je viendrai te reprendre à 4 h → I'll come and fetch you at 4, I'll come back for you at 4
(= se resservir de) reprendre du pain → to take more bread, to have more bread
reprendre un œuf → to take another egg, to have another egg
(COMMERCE) (= racheter) [+ article usagé] → to take back; (sous condition d'achat) → to take in part exchange; [+ firme, entreprise] → to take over
(après une interruption) [+ travail, promenade] → to resume; [+ rôle, poste] → to take up again
reprendre le travail → to go back to work
reprendre la route → to resume one's journey, to set off again
reprendre la parole → to speak again
reprendre ses habitudes → to get back into one's old habits
(= emprunter) [+ argument, idée] → to take up, to use
[+ article] → to rework
[+ jupe] → to alter
[+ émission, pièce] → to put on again
[+ chanson, refrain] → to take up again
[+ personne] (= corriger) → to correct, to pick up (= réprimander) → to tell off
Elle le reprend sur les fautes qu'il fait le plus souvent → She picks him up on the mistakes he makes most often., She corrects him on the mistakes he makes most often.
Elle le reprend constamment → She's always telling him off.
(= recouvrer) reprendre connaissance → to come to, to regain consciousness
reprendre courage → to take new heart
reprendre des forces → to recover one's strength
reprendre haleine, reprendre son souffle → to get one's breath back
reprendre sa liberté → to regain one's freedom
vi
[classes, pluie] → to start again; [activités, travaux, combats] → to resume, to start again
La réunion reprendra à deux heures → The meeting will resume at two o'clock., The meeting will start again at two o'clock.
[affaires, industrie] → to pick up
(= dire) reprit-il → he went on [ʀ(ə)pʀɑ̃dʀ] vpr/vi
(= se ressaisir) → to recover, pull o.s. together
s'y reprendre à deux fois, elle a dû s'y reprendre à deux fois → she had to have two attempts