retranchement

retranchement

n.m.
1. Obstacle fortifié, naturel ou artificiel, organisé pour défendre une position ; fortification.
2. Vx Action de retrancher, de supprimer : Le retranchement d'un passage dans un texte coupure ; ajout, insertion
Attaquer qqn dans ses derniers retranchements,
d'une manière telle qu'il se trouve à bout d'arguments, de répliques.

retranchement

(ʀətʀɑ̃ʃmɑ̃)
nom masculin
1. action de supprimer une partie le retranchement d'un passage dans un texte
2. militaire fortification pour défendre une place se défendre derrière des retranchements
3. figuré
attaquer qqn jusqu'à ce qu'il ne puisse plus s'expliquer

RETRANCHEMENT

(re-tran-che-man) s. m.
Suppression de quelque partie d'un tout.
Il serait à souhaiter que les destins nous eussent accordé une vie plus longue ou plus heureuse ; mais, puisque quelque démon envieux a raccourci notre félicité par le retranchement de nos jours, il faut tâcher de la faire durer le plus que nous pouvons [D'ABLANC., Lucien, les Amours.]
Le maréchal de Bellefond est à la Trappe pour la semaine sainte ; il parla fort fièrement à M. de Louvois, qui voulut faire quelque retranchement sur sa charge de général, sous M. le Prince [SÉV., 131]
Sa Majesté, qui donne à Mme la Dauphine le temps qu'il donnait à Mme de Montespan ; jugez de l'effet que peut faire un tel retranchement [ID., 17 mars 1680]
Le retranchement du bois superflu ne faisait que rendre les fruits meilleurs [BOSSUET, Hist. II, 12]
Dans les opérations que l'on fit sur les monnaies du temps de la république, on procéda par voie de retranchement [MONTESQ., Esp. XXII, 13]
Cette scène [du pauvre], convenable au caractère impie de don Juan, mais dont les esprits faibles pouvaient faire un mauvais usage, fut supprimée à la seconde représentation, et ce retranchement fut peut-être cause du peu de succès de la pièce [VOLT., Vie de Molière.]
Terme de marine. Peine de discipline (voy. RETRANCHER, n° 7).
Il se dit quelquefois pour suppression totale. Le retranchement de sa pension le réduit à la misère. Le retranchement des abus.
Une mort chrétienne, préparée par des infirmités sensibles et humiliantes, par un retranchement des plaisirs et des consolations humaines [FLÉCH., Duch. de Mont.]
En grammaire, terme générique par lequel on désigne toute suppression de lettres ou de syllabes dans un mot, de mots dans une phrase.
Économie, réduction de dépense.
Ô Dieu, quel changement, quel retranchement, quelle économie dans cette maison ! huit enfants, n'avoir pas eu le temps d'obtenir la moindre grâce ! [SÉV., 386]
Que n'avez-vous fait un équipage proportionné à celui des autres, à la misère du temps, au.... retranchement dont le roi donne l'exemple ? [ID., mars 1690]
Et [ils] trouvent dans leur frugalité même de quoi faire des retranchements de piété et de pénitence [MASS., Carême, Jeûne.]
Particulièrement, réduction dans les rentes que l'État payait.
Encore au lieu de payement, On parle d'un retranchement [RÉGNIER, Ép. III]
Vous me retranchez tout net neuf années dans votre dernière lettre ; jamais notre contrôleur général n'a fait de si grands retranchements [VOLT., Lett. au roi de Pr. 1er fév. 1773]
Suppression de certaines avances ou saillies dans les rues et sur les chemins publics.
Espace retranché d'un plus grand. Son domestique couche dans un retranchement.
Elle poussa une porte qui n'était couverte que d'une tapisserie, et par où l'on entrait dans un petit retranchement où je me mis [MARIV., Pays. parv. part. 5]
Terme de guerre. Disposition employée pour couvrir les défenseurs d'une position et arrêter les assaillants (ainsi dite parce que les retranchements forment un espace coupé dans un plus grand).
Un bois impénétrable, dont le fond est un marais, et, derrière des ruisseaux, de prodigieux retranchements [BOSSUET, Louis de Bourb.]
On remarquera l'éminence qu'occupa ce grand capitaine, et le ruisseau dont il se couvrit sous le canon du retranchement de Selestadt [ID., ib.]
Après beaucoup de pertes et de marches ruineuses, le czar, poussé vers le Pruth, n'avait pour tout retranchement que des chevaux de frise et des charriots [VOLT., Charles XII, 5]
Se dit aussi d'un obstacle naturel, comme un ravin, un bois, un cours d'eau, etc. servant à se retrancher.
Fig. Les défenses, les arguments dont on use.
Elle [Mme de Bury, dans son procès avec la maison de Grignan] croyait bien nous jeter dans le labyrinthe des semestres.... c'était un très bon retranchement pour la quintessence de la chicane [SÉV., 1er juin 1689]
Il ne lui resta aucun retranchement à son erreur [BOSSUET, Var. 15]
Il vous faut un homme qui n'aime que la vérité et vous.... qui vous dise la vérité malgré vous, qui force tous vos retranchements [FÉN., Tél. XI]
Elle [la moquerie] attaque l'homme dans son dernier retranchement, qui est l'opinion qu'il a de soi-même [LA BRUY., XI]
Comme il se vit pressé, il fut obligé de sortir de ses retranchements, et il commença à dire force sottises [MONTESQ., Lett. pers. 101]
Forcer quelqu'un dans ses retranchements, dans ses derniers retranchements, dans son dernier retranchement, détruire ses plus fortes raisons.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Le retranchement de la superfluité de la depense [AMYOT, Pomp. 26]
    J'eusse soulagé mon lecteur par les retranchements que j'apporte aux longues harangues, mais.... [D'AUB., Hist. II, 245]
    L'usage des retranchemens, qui est un remede merveilleusement utile, peu pratiqué par le passé ; mais en nos guerres civiles on a appris d'en très bien user [LANOUE, 404]

ÉTYMOLOGIE

  • Retrancher.

retranchement

RETRANCHEMENT. n. m. Suppression de quelque partie d'un tout. Depuis le retranchement qu'il a fait dans sa dépense, il paie ses dettes. Le retranchement d'une scène dans une comédie, d'un chapitre dans un livre. Le retranchement d'une lettre dans un mot.

Il signifie aussi Suppression totale. Le retranchement de sa pension le réduit à la misère. Le retranchement des abus.

RETRANCHEMENT désigne aussi les Travaux qu'on fait à la guerre pour arrêter les attaques des ennemis; en ce sens, il s'emploie le plus souvent au pluriel. Il est impossible de forcer leurs retranchements, de les forcer dans leurs retranchements. On entra dans leurs retranchements l'épée à la main.

Fig., Forcer quelqu'un dans ses retranchements, dans ses derniers retranchements, Triompher de ses dernières résistances.

retranchement


RETRANCHEMENT, s. m. RETRANCHER, v. act. [Retrancheman, ché: 1re e muet, 2e lon. 3e e muet au 1er, é fer. au 2d.] Retranchement est, 1°. Supression ou diminution de quelque chôse. "Le retranchement de sa pension l'a mis à l'étroit. "Retranchement du luxe, des abus. = 2°. Espace séparé d'un plus grand. "Son valet couche dans un retranchement. = 3°. Travaux qu'on fait à la guerre, pour se mettre à couvert des ataques des énemis. "Faire un retranchement, des retranchemens. "On entra dans leurs retranchemens l'épée à la main. = Fig. Forcer quelqu'un dans ses derniers retranchemens, détruire ses dernières, ses plus fortes raisons.
   RETRANCHER, se dit dans toutes ces acceptions. Retrancher quelques branches d'un arbre. Retrancher sa dépense, son train, ou simplement, se retrancher. "On lui a retranché sa pension. Retrancher les abus. Retrancher quelqu'un de la Comunion des Fidèles, l'excomunier. = Retrancher un camp: se retrancher. = Se retrancher, se restreindre, se réduire. "Il s'est retranché à deux ou trois amis particuliers. Et sans régime: "Se retranchant pour payer ses dettes, et aimant mieux rabatre de sa grandeur, que d'intéresser sa justice. Bourdal. Or. Fun. de Henri de Bourbon. = Au fig. il régit à devant les verbes; et dans ou sur devant les noms. Il s' est retranché à dire que, etc. "Il se retranche dans mille vains prétextes. "Vous vous retranchez envain sur vos bones intentions.
   Mais conservant sa douce indiférence,
   Et retranché dans un noble silence,
   De ses rivaux il trompa les projets.
       Gresset.

Synonymes et Contraires

retranchement

nom masculin retranchement
Traductions

retranchement

trincea

retranchement

[ʀ(ə)tʀɑ̃ʃmɑ̃] nm (= fortification) → entrenchment
poursuivre qn dans ses derniers retranchements (fig) → to drive sb into a corner