ronger


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ronger

v.t. [ du lat. rumigare, ruminer ]
1. Entamer, déchiqueter avec les dents : Une souris qui ronge un bout de fromage grignoter mordiller
2. En parlant des vers, des insectes, attaquer, détruire : Les termites rongent le bois dévorer, manger
3. Attaquer, user par une action lente, progressive : Attention que l'acide ne ronge pas tes vêtements ! brûler, entamer
4. Fig. Causer du tourment : L'inquiétude le ronge miner dévorer

se ronger

v.pr.
Se ronger les ongles,
les couper avec ses dents.
Se ronger les sangs,
se tourmenter, être très inquiet.

ronger


Participe passé: rongé
Gérondif: rongeant

Indicatif présent
je ronge
tu ronges
il/elle ronge
nous rongeons
vous rongez
ils/elles rongent
Passé simple
je rongeai
tu rongeas
il/elle rongea
nous rongeâmes
vous rongeâtes
ils/elles rongèrent
Imparfait
je rongeais
tu rongeais
il/elle rongeait
nous rongions
vous rongiez
ils/elles rongeaient
Futur
je rongerai
tu rongeras
il/elle rongera
nous rongerons
vous rongerez
ils/elles rongeront
Conditionnel présent
je rongerais
tu rongerais
il/elle rongerait
nous rongerions
vous rongeriez
ils/elles rongeraient
Subjonctif imparfait
je rongeasse
tu rongeasses
il/elle rongeât
nous rongeassions
vous rongeassiez
ils/elles rongeassent
Subjonctif présent
je ronge
tu ronges
il/elle ronge
nous rongions
vous rongiez
ils/elles rongent
Impératif
ronge (tu)
rongeons (nous)
rongez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais rongé
tu avais rongé
il/elle avait rongé
nous avions rongé
vous aviez rongé
ils/elles avaient rongé
Futur antérieur
j'aurai rongé
tu auras rongé
il/elle aura rongé
nous aurons rongé
vous aurez rongé
ils/elles auront rongé
Passé composé
j'ai rongé
tu as rongé
il/elle a rongé
nous avons rongé
vous avez rongé
ils/elles ont rongé
Conditionnel passé
j'aurais rongé
tu aurais rongé
il/elle aurait rongé
nous aurions rongé
vous auriez rongé
ils/elles auraient rongé
Passé antérieur
j'eus rongé
tu eus rongé
il/elle eut rongé
nous eûmes rongé
vous eûtes rongé
ils/elles eurent rongé
Subjonctif passé
j'aie rongé
tu aies rongé
il/elle ait rongé
nous ayons rongé
vous ayez rongé
ils/elles aient rongé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse rongé
tu eusses rongé
il/elle eût rongé
nous eussions rongé
vous eussiez rongé
ils/elles eussent rongé

RONGER

(ron-jé. Le g prend un e devant a et o : rongeant, rongeons) v. a.
Couper avec les dents ou avec le bec à plusieurs reprises. Un chien qui ronge un os. Les vers rongent le bois.
Un furieux oiseau de proie Sans cesse lui ronge le foie [SCARR., Virg. VI]
N'étant pas de ces rats qui les livres rongeants, Se font savants jusques aux dents [LA FONT., Fabl. VIII, 9]
Cette guenon avait rongé une petite partie de sa queue [BUFF., Quadrup. t. XII, p. 92]
Ronger ses ongles, se dit du geste que l'on fait, pendant que l'on médite, que l'on réfléchit.
Attendez un peu que j'y songe, Pendant que mes ongles je ronge [SCARR., Poés. div. Œuv. t. VII, p. 23, dans POUGENS]
Fig. Se ronger les poings de quelque chose, en concevoir une vive irritation, un vif regret.
Sa femme s'en ronge les poings de fureur [DIDER., Lett. à Mlle Voland, 1er oct. 1769]
Par exagération. Ronger sa litière, en être réduit à manger ce qui ne vaut guère mieux qu'une litière.
....j'étais résolu, faisant autant que trois, De boire et de manger comme aux veilles des Rois ; Mais, à si beau dessein défaillant la matière, Je fus enfin contraint de ronger ma litière [RÉGNIER, Sat. X]
Fig. Donner un os à ronger à quelqu'un, lui donner quelque emploi qui l'aide à vivre, ou lui faire quelque légère grâce pour se délivrer de ses importunités. Par allusion à cette locution.
Je crains bien que notre mariage ne se rompe.... et, si l'on veut donner à ronger l'espérance d'un duc qui ne viendra point, Mlle d'Alerac a bien l'air d'en être la victime [SÉV., 1er oct. 1684]
On lui a donné un os à ronger, on lui a suscité quelque affaire qui l'occupe fort et qui l'empêche de nuire à autrui. Ce cheval ronge son frein, il le mord, il le mâche. Fig. Ronger son frein, dissimuler son dépit.
Jeanne, rongeant son frein, de mine s'apaisa [RÉGNIER, Sat. X]
Elle ronge son frein, Trouve le jour obscur, quoiqu'il soit fort serein [BOURSAULT, Fabl. d'Ésope, II, 3]
Je ronge mon frein et mon âme bien tristement loin de mon cher ange [VOLT., Lett. d'Argental, 7 mars 1777]
Par extension, consumer, corroder, entamer. L'eau-forte ronge les métaux. Un ulcère lui a rongé le nez. La goutte le ronge.
Les restes de l'ancien pays que l'océan a rongé et couvert peu à peu [BUFF., Hist. nat. Pr. th. terr. Œuv. t. II, p. 117]
La salive est connue depuis longtemps comme rongeant ou oxydant assez promptement le fer et le cuivre [FOURCROY, Conn. chim. t. IX, p. 365]
Absolument.
L'Arve, à force de ronger, s'est creusé un lit qui côtoie les jardins [SAUSSURE, Voy. Alpes, t. I, p. 16, dans POUGENS]
Fig. Consumer le bien d'autrui Cet avoué ronge ceux qui ont affaire à lui.
Si je connaissais sa maîtresse, j'irais lui conseiller de le piller, de le manger, de le ronger, de l'abîmer [LESAGE, Turcaret, IV, 12]
Fig. Exercer sur l'âme une action comparée à un rongement.
Cet animal [le lièvre] est triste, et la crainte le ronge [LA FONT., Fabl. II, 14]
Un songe, me devrais-je inquiéter d'un songe ? Entretient dans mon cœur un chagrin qui le ronge [RAC., Ath. II, 5]
Les noirs soucis qui rongeaient son cœur [FÉN., Tél. VII]
Là, Télémaque aperçut des visages pâles, hideux et consternés ; c'est une tristesse noire qui ronge ces criminels [ID., ib. XVIII]
Un horrible soupçon me tourmente et me ronge [C. DELAV., Vêpr. sicil. IV, 1]
Se ronger le cœur, se laisser aller à des inquiétudes, à des chagrins qui tourmentent.
Je me ronge le cœur, je n'ai point de repos [RÉGNIER, Élég. II]
Je ne crois pas qu'il puisse être content d'une personne qui ne lui donne pas tous les jours sujet de songer creux et de se ronger le cœur [FONT., Lett. gal. II, 15]
V. n. Détruire les couleurs.
Terme de vénerie. On dit que le cerf ronge quand il rumine.
Se ronger, v. réfl. Exercer sur soi un rongement.
Et de quelque souci qu'en veillant je me ronge [MALH., V, 21]
Son orgueil [d'une âme mélancolique] fait son supplice ; elle se ronge, dans la solitude, du dépit secret d'être méprisée et oubliée [VOLT., Dict. phil. Homme.]
Être rongé.
Sentir son âme, usée en impuissant effort, Se ronger lentement sous la rouille du sort [LAMART., Méd. II, 15]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Mais par tel serement quida Deu enginnier [il crut tromper Dieu] ; Mais dedenz cel an porent sa char li ver rungier [, Th. le mart. 32]
  • XIIIe s.
    Sovent li menbre [souvient] des jelines, [poules], Dont il selt rungier les eschines [, Ren. 15193]
    [Je] Puis chascun jur runger les os, Dunt je me fas e cras e gros [MARIE, Fable 34]
    Li tans ki runge ceste vie [GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 18]
    Et quant il i a grant quantité de forage devant eux [les bœufs], il mangent lour [leur] saülée, et puis seient et ronngent [, Bibl. des chartes, 4e série, t. II, p. 368]
  • XIVe s.
    Si comme aucuns qui rugent as dens leur ungles [ORESME, Eth. 203]
    Et passe l'espreuve [la sonde] duc à l'os [jusqu'à l'os], et le treuve aspre aussi comme se il fust rungié [H. DE MONDEVILLE, f° 90]
  • XVe s.
    Puisqu'il me faut ainsi ronger mon frain [E. DESCH., Poésies mss. f° 179]
  • XVIe s.
    Triste et rongé du soing qui plus me nuict [DU BELL., IV, 86, verso.]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, roûger ; poitev. rouger ; picard, rogner. Ronger veut dire ruminer, et, étant composé comme songer de somniari, représente rumniare, altération de ruminare, ou la forme latine peu usitée rumigare (voy. RUMINER). De ruminer à ronger, le passage est facile ; car le bœuf ronge ce qu'il rumine.

ronger

RONGER. v. tr. Entamer, déchiqueter avec les dents à fréquentes reprises. Un chien qui ronge un os. Les rats rongent la paille dans les greniers. Les souris ont rongé ce morceau de pain. Les vers rongent le bois. Ronger ses ongles.

Ce cheval ronge son frein, Il mâche son frein.

Fig. et fam., Ronger son frein, Retenir, refouler en soi son impatience, son dépit, sa colère, en s'efforçant de n'en rien laisser éclater au-dehors. En écoutant cet insolent discours, je rongeais mon frein.

Fig. et fam., Se ronger les poings, Enrager.

Fig. et fam., Donner un os à ronger à quelqu'un, Lui donner quelque occupation, quelque emploi qui l'aide à vivre; ou Lui faire quelque légère grâce, pour se délivrer de ses importunités. Il faut lui donner quelque os à ronger. Il signifie aussi Susciter quelque affaire à quelqu'un pour l'embarrasser, pour l'occuper d'un côté, afin qu'il n'ait pas le temps de songer à autre chose et qu'il ne puisse pas nuire. Ils l'ont engagé adroitement dans cette poursuite; c'est un os qu'ils lui ont donné à ronger.

RONGER se dit, par analogie, de Certaines choses qui minent, corrodent ou consument peu à peu. La mer ronge insensiblement ses bords. La rouille ronge le fer. Le temps ronge et détruit tout. Cet homme a un ulcère qui le ronge.

Il se dit aussi figurément des Choses qui inquiètent, qui tourmentent. Les soucis rongent l'esprit. Les remords rongent la conscience. Le chagrin ronge cet homme. L'envie le ronge. Il a un souci qui le ronge, des inquiétudes qui le rongent.

Il se dit encore, figurément et familièrement, de Ceux qui consument le bien d'autrui. Il a une foule de complaisants, de collatéraux qui le rongent.

ronger

Ronger, a Rodere mutato d in g, Rodere, Arrodere, Corrodere, Derodere, Erodere, Praerodere.

Ronger tout à l'entour, Circumrodere, Obrodere, Ambedere, Obedere.

Ronger tout à fait, Praerodere, Perrodere.

¶ Ronger une colere en son esprit, Iras in pectore voluere.

Il falloit ronger cela entre ses dents sans dire mot, et ne contredire point, Vtvt erat, mansum oportuit.

Ronger son frain, Virgil. Fraena ferox spumantia mandit. Et par translation, penser creux, et maschoter son ennuy, Decoquere animi aegritudinem.

Rongé tout à l'entour, Ambesus.

Synonymes et Contraires

ronger

verbe ronger
1.  Entamer à coups de dents.
2.  User quelque chose.
Traductions

ronger

gnaw, nibble, erode, eataanvreten, verteren, knagen, aantasten, knagen (aan), ondermijnen, knauwenגירם (פיעל), כרסם (פיעל), גֵּרֵםroerfressen, zerkauenrodere, rosicchiare (ʀɔ̃ʒe)
verbe transitif
1. couper avec les dents Les souris ont rongé les vieux livres.
2. détruire un meuble en bois rongé par les vers La rouille ronge le fer.
3. figuré faire souffrir Le chagrin la ronge.

ronger

[ʀɔ̃ʒe] vt
[chien] → to gnaw, to gnaw at
[vers, rouille] → to eat into
(locution) ronger son frein → to champ at the bit [ʀɔ̃ʒe] vpr/réfl
(= rogner, mordre) se ronger les ongles → to bite one's nails
(fig) se ronger les sangs, se ronger de souci → to worry o.s. sick