rouiller

rouiller

v.t.
1. Produire de la rouille sur un corps ferreux : L'humidité a rouillé mes outils oxyder ; dérouiller
2. Fig. Faire perdre une partie de ses capacités à qqn : L'oisiveté a fini par rouiller son esprit engourdir, paralyser
v.i. ou

se rouiller

v.pr.
1. Se couvrir de rouille : Les gonds de la porte commencent à rouiller.
2. Fig. Perdre de ses facultés, par manque d'activité ; s'ankyloser : Il s'est rouillé faute d'exercice physique.

rouiller


Participe passé: rouillé
Gérondif: rouillant

Indicatif présent
je rouille
tu rouilles
il/elle rouille
nous rouillons
vous rouillez
ils/elles rouillent
Passé simple
je rouillai
tu rouillas
il/elle rouilla
nous rouillâmes
vous rouillâtes
ils/elles rouillèrent
Imparfait
je rouillais
tu rouillais
il/elle rouillait
nous rouillions
vous rouilliez
ils/elles rouillaient
Futur
je rouillerai
tu rouilleras
il/elle rouillera
nous rouillerons
vous rouillerez
ils/elles rouilleront
Conditionnel présent
je rouillerais
tu rouillerais
il/elle rouillerait
nous rouillerions
vous rouilleriez
ils/elles rouilleraient
Subjonctif imparfait
je rouillasse
tu rouillasses
il/elle rouillât
nous rouillassions
vous rouillassiez
ils/elles rouillassent
Subjonctif présent
je rouille
tu rouilles
il/elle rouille
nous rouillions
vous rouilliez
ils/elles rouillent
Impératif
rouille (tu)
rouillons (nous)
rouillez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais rouillé
tu avais rouillé
il/elle avait rouillé
nous avions rouillé
vous aviez rouillé
ils/elles avaient rouillé
Futur antérieur
j'aurai rouillé
tu auras rouillé
il/elle aura rouillé
nous aurons rouillé
vous aurez rouillé
ils/elles auront rouillé
Passé composé
j'ai rouillé
tu as rouillé
il/elle a rouillé
nous avons rouillé
vous avez rouillé
ils/elles ont rouillé
Conditionnel passé
j'aurais rouillé
tu aurais rouillé
il/elle aurait rouillé
nous aurions rouillé
vous auriez rouillé
ils/elles auraient rouillé
Passé antérieur
j'eus rouillé
tu eus rouillé
il/elle eut rouillé
nous eûmes rouillé
vous eûtes rouillé
ils/elles eurent rouillé
Subjonctif passé
j'aie rouillé
tu aies rouillé
il/elle ait rouillé
nous ayons rouillé
vous ayez rouillé
ils/elles aient rouillé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse rouillé
tu eusses rouillé
il/elle eût rouillé
nous eussions rouillé
vous eussiez rouillé
ils/elles eussent rouillé

ROUILLER1

(rou-llé, ll mouillées, et non rou-yé) v. a.
Produire de la rouille sur un corps. L'humidité rouille le fer. Fig.
Sur nos fers qu'il rouille Le temps écrit l'âge d'un vin si doux [BÉRANG., Escl. gaul.]
Produire sur les végétaux la maladie dite rouille. Un temps humide et froid a rouillé nos blés.
On dirait qu'en ces jours où l'automne décline, Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt [V. HUGO, Orient. 36]
Fig. En parlant des facultés de l'esprit, altérer, faute d'exercice. L'oisiveté rouille l'esprit.
Je trouvai mon ami Florbel attristé et moins aimable ; le commerce d'une femme sans usage du monde, sans instruction et dépourvue d'esprit, l'avait rouillé [GENLIS, Parvenus, t. III, p. 237, dans POUGENS]
Absolument.
Rien ne rouille promptement comme le vin, lorsqu'on s'y abandonne sans réserve [GENLIS, Mères riv. t. II, p. 14, dans POUGENS]
Se rouiller, v. réfl. Contracter de la rouille.
Le fer et l'airain, n'étant plus polis par les cyclopes, commençaient à se rouiller [FÉN., Tél. II]
Le fer.... attire l'humide de l'air, s'en pénètre et se rouille, c'est-à-dire se convertit en une espèce de terre sans liaison, sans cohérence [BUFF., Hist. min. introd. Œuv. t. VII, p. 94]
Par extension.
Quelle peine a-t-on d'arracher une aumône à cet homme, dont l'argent, soigneusement accumulé, se rouille presque dans ses coffres ? [FLÉCHIER, Sermons, Pentecôte.]
Fig.
Ces armes [des arguments] se rouillèrent quand on ne combattit plus [VOLTAIRE, Louis XIV, 35]
Avec ellipse du pronom personnel.
[Mon bisaïeul] ....Laissant rouiller sa cuirasse, Joua noblement tous les jeux [BÉRANG., Enf. de b. maison.]
Fig. Perdre son activité, sa force, oublier ce qu'on sait.
Oisif en ta maison se rouille ton courage [RÉGNIER, Épit. I]
Quoique Bondin [un médecin] aimât son métier, il s'y rouilla tout à fait, parce qu'il ne prenait plus la peine de voir ses malades [SAINT-SIMON, 286, 143]
Cette méthode [relire les bons livres] rafraîchit la mémoire, et empêche le goût de se rouiller [VOLT., Lett.]
Mme du Deffant, 15 mars 1769 Dites moi si l'allemand [Voltaire écrit de Potsdam] a gâté mon français, et si je me suis rouillé comme Rousseau [ID., Lett. d'Argental, 28 nov. 1750]
Irais-je, accompagné d'une femme importune, Me rouiller dans ma terre et borner ma fortune ? [GRESSET, le Méch. II, 7]
Lisons tant que nos yeux nous le permettront, et tâchons d'être au moins les égaux de nos enfants ; plutôt s'user que se rouiller [DIDER., Claude et Nér. II, 79]
Avec ellipse du pronom personnel.
Il n'est que trop commun de rencontrer dans le monde des personnes de trente ans qui ont laissé rouiller de beaux talents [GENLIS, Emploi du temps, p. 29, dans POUGENS]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    .... Cest aage de fer, de vices tout rouylé [DU BELLAY, VI, 46, verso.]
    Si on laisse le corps rouiller et durcir par le mal gouverner.... [LA BOËTIE, 335]
    Pour ce, estranger, la richesse mesprise, Ne rouille point ton cœur de convoitise [ID., 626]
    Les armes se rouillent, si elles ne sont souvent nettoyées [LANOUE, 179]
    [Un homme] entré en desespoir, n'ayant aultre chose à se tuer, se saisit d'un vieux clou de charrette rouillé [MONT., II, 128]

ÉTYMOLOGIE

  • Rouille ; prov. roillar, roilhar, rouelar.

ROUILLER2

(rou-llé, ll mouillées) v. a.
Terme aujourd'hui inusité qui ne s'employait qu'avec œil et qui signifiait rouler les yeux, les faire aller çà et là.
Ce philosophe, duquel vous vous êtes ressouvenu si à propos qu'il fait quelquefois les petits yeux, a rouillé les yeux en la tête, quand je lui ai lu cet endroit de votre lettre [VOIT., Lett. 58]
....Comme il rouille les yeux ! Madame, sauvez-moi de ce fol furieux [QUINAULT, Comédie sans comédie, II, 6]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Vers l'apostoille commence à reoillier [, Guill. au court nez, V. 504]
  • XIIIe s.
    [Il] Fronce le nez, les yex rooille [, la Rose, 3745]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, roeiller, regarder avec curiosité. On pourrait croire que c'est une forme de rouler ; mais, si l'on considère que rouler est dissyllabique et reoiller trissyllabique, on pensera qu'il est formé de re, et œil. à la vérité, on doit convenir que le lat. rotulare, d'où vient rouler, aurait pu donner un mot trissyllabique, si, au lieu de se changer en rotler, il s'était changé en rooler ; mais il n'aurait pas le sens qu'a primitivement reoillier, qui est regarder autour de soi (voy. l'historique).

rouiller

ROUILLER. v. tr. Produire de la rouille sur la surface d'un corps. L'humidité, l'eau rouille le fer. Le fer se rouille aisément. Avec ellipse du pronom, Il a laissé rouiller ses armes.

ROUILLER se dit figurément en parlant des Facultés qui s'altèrent, qui s'affaiblissent faute d'exercice. L'oisiveté rouille l'esprit. Cet homme- là s'est bien rouillé dans sa retraite.

Le participe passé ROUILLÉ s'emploie adjectivement. Des armes rouillées. Une clef rouillée. Fig., Je me suis remis au grec, j'étais un peu rouillé depuis le collège.

Il se dit aussi des Plantes attaquées par la rouille. Orge rouillée. Avoine rouillée.

Synonymes et Contraires

rouiller

verbe rouiller
Ôter à quelqu'un sa souplesse.

rouiller (se)

verbe pronominal rouiller (se)
Traductions

rouiller

roesten, (doen) (ver)roesten, afstompenrustהחליד (הפעיל), הֶחְלִידrostenarrugginire, corrodereръждаRustRustสนิม (ʀuje)
verbe intransitif
se dégrader Ces vieux outils ont rouillé.

rouiller

[ʀuje]
vt [humidité] → to make rusty, to rust
vi [métal] → to rust, to go rusty [ʀuje] vpr/vi
[métal] → to rust, to go rusty
(fig) (mentalement) → to become rusty; (physiquement) → to grow stiff