s

s

[ ɛs] n.m. inv.
1. Dix-neuvième lettre (consonne) de l'alphabet français.
2. Succession de deux courbes de sens contraire : Des virages en S.
S.,
abrév. de sud.

S

(ès' ou se, dans l'épellation moderne) s. f. ou s. m.
La dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes. Une S majuscule ou un S majuscule. Fig. Allonger les S, se disait pour faire une tromperie dans un compte ; locution qui venait de ce que les comptes se terminant par des s qui signifiaient des sols, en les allongeant on en formait des f qui signifiaient des francs. Fig. Faire des S, se dit d'un homme ivre qui ne marche pas droit.
Aeneas avec sa sagesse Pinta si bien qu'il fit mainte S [SCARR., Virg. V]
Terme de musique. S sur les partitions signifie quelquefois solo. Traversé obliquement par une barre, il sert de signe de renvoi. S désigne aussi le tuyau d'anche du basson.
Dans la marine, S signifie sud.
S, sur les anciennes monnaies de France, indique qu'elles ont été frappées à Reims.
S. S. Sa Sainteté [le pape], ou Sa Seigneurie. S. E. Son Éminence ou Son Excellence. S. M. Sa Majesté. S. A. Son Altesse. S. H. Sa Hautesse. S. v. p. S'il vous plaît. Dans le commerce, s signifie son. S/c, son compte ; s/b, son billet.
S est la marque des bobines d'or de Lyon.
Terme de géométrie. On appelle équation en S une certaine équation du 3e degré qui se présente dans la recherche des plans diamétraux principaux des surfaces du 2e degré.
Terme d'anatomie. L'S iliaque, ou l'S du côlon, portion contournée en forme d'S, qui est logée dans la fosse iliaque gauche, et qui va se terminer à la partie supérieure du rectum.

REMARQUE

  • 1. S entre deux voyelles dans le même mot se prononce comme z.
  • S finale se lie et prend le son de z, devant une voyelle ou une h muette. Les grands hommes, dites les gran-z hommes.
  • L's finale des verbes dont l'infinitif est en er ne se fait pas entendre dans la conversation à la 2e personne du singulier du présent de l'indicatif et du subjonctif. Tu aimes à rire, tu joues avec prudence, il faut que tu ailles à Paris ; prononcez comme s'il y avait aime, joue, aille. Dans les vers cette s se lie.
  • 2. S finale est muette dans les mots trépas, tamis, avis, os, etc. Mais elle donne à l'a et à l'o le son d'un a et d'un o circonflexe.
  • 3. Dans les mots composés avec la particule de ou dé et avec la particule re, comme dessus, dessous, desservir, dessouder, resserrer, ressemblant, ressort, etc. on double l's pour empêcher que l's, se trouvant entre deux voyelles, ne se prononce comme un z. Mais on n'a évité cet inconvénient que pour tomber dans un autre quant à la prononciation ; car, au lieu de donner à l'e un son fermé comme cela a lieu pour les autres consonnes doublées et ici même pour desservir, dessouder, etc. elle lui laisse le son muet : de-sus, de-sous, re-serrer, re-semblant, re-sort, etc.
  • 4. Au contraire, dans certains mots où l's se trouve entre deux voyelles, comme dans vraisemblable, vraisemblance, on ne la double pas quant à l'orthographe, et on ne l'articule pas comme un z quant à la prononciation : vrè-semblable, vrè-semblance.
  • 5. Toute seconde personne de l'impératif au singulier, quand elle est terminée par un e muet, comme donne, cueille, etc. prend un s euphonique et un trait d'union : 1° avec y : donnes-y tes soins, portes-y mon habit ; 2° devant en, nom abstrait de chose : donnes-en peu, cueilles-en beaucoup.
  • Mais l's euphonique n'est pas employée non plus que le trait d'union, si le mot en est préposition : donne en petite quantité, cueille en ma présence.
  • Hors de là, cette seconde personne ne prend point d's ; et Voltaire a péché contre la grammaire dans ce vers : Retranches, ô mon Dieu, des jours de ce grand roi, Ces jours infortunés qui l'éloignent de toi, Henr. VII.
  • 6. S dans l'ancienne langue était la marque du nominatif singulier de plusieurs substantifs, et représentait l's du nominatif de la 2e déclinaison latine : dominus, li dons ou li dans ; lupus, li lous ; oculus, li oils, etc.
  • 7. Au pluriel, l's était la marque du régime, et représentait l's latine qui caractérise le datif ou l'accusatif. C'est cette s du régime qui, dans la langue moderne où il n'y a plus de cas, est demeurée la marque du pluriel.
  • 8. L's est la marque de la 2e personne du présent de l'indicatif, et représente l's latine : amas, tu aimes, vides, tu vois, etc.
  • 9. Dans la langue moderne, s est devenue la marque de la 1re personne du présent de l'indicatif, excepté dans les verbes de la 1re conjugaison : je vois, j'entends, je pars, etc. C'est une faute contre l'analogie que ne commettait pas l'ancienne langue qui disait : je voi, j'entent, je part, etc. ; correctement, car le latin n'y a point d's : video, intendo, partior, etc.
  • 10. C'est encore une faute contre l'analogie que l's à la 2e personne du singulier à l'impératif : lis, vois, entends. L'ancienne langue ne la commettait pas, disant : li, voi, entent, conformément au latin.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Une lettre saintisme est s ; Au nommer est la langue espaisse ; Sens et silence senefie [, Senefiance de l'A B C, dans JUBINAL, t. II, p. 284]
  • XVIe s.
    Marchand qui avoit haussé le gantelet, et alongé les SS de son livre de raison [DES ACCORDS, Contes de Gaulard, p. 17, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. s ; grec. Le nom de cette lettre dans la langue latine, d'après Priscien, s'énonçait par le son de l'e suivi de la consonne s ; pour représenter le même son, nous écrivons esse.

s

S. n. f. La dix-neuvième lettre de l'alphabet. Elle représente une des consonnes. Elle se prononce Esse. Une S majuscule. S, mise à la fin des noms, est, dans notre langue, le signe ordinaire du pluriel.

S est dure et sourde, et se prononce comme C dans Ceci : 1° lorsqu'elle est initiale. Sang, Service, Signe, Son; 2° lorsque, placée dans le corps d'un mot, elle est double, ou précédée ou suivie d'une autre consonne. Session, Sensible, Rester.

Elle est douce et sonore et a le son du Z : 1° lorsqu'elle se trouve placée entre deux voyelles ou entre une voyelle et une h muette. Raison, Déshonnête; 2° lorsqu'elle termine un mot suivi d'un autre commençant par une voyelle ou une h muette. Sans exception, Les hommes.

Sauf cette exception, justifiée par la liaison, S finale ne se prononce pas. Sans peur et sans reproche.

Ces diverses règles souffrent d'assez nombreuses exceptions. S dans le corps d'un mot et précédée d'une consonne se prononce comme un Z dans certains mots tels que Balsamine, Transiger, etc. Au contraire, elle se prononce dure entre deux voyelles dans divers mots, généralement d'origine savante, tels que Désuétude, Parasol, Préséance, etc. Enfin elle se prononce à la fin d'un certain nombre de mots, le plus souvent d'origine savante ou étrangère, comme As, Omnibus, Rébus, Vasistas, etc. Ces prononciations particulières sont en général indiquées à chacun des mots qu'elles affectent.

Comme toutes les consonnes, S double fait prendre à l'E non accentué qui la précède le son de l fermé ou de l ouvert, selon les cas, excepté dans les mots Dessus, Dessous, et dans la plupart de ceux qui sont formés avec la particule Re, tels que Resserrer, Ressemblant, Ressort, etc.

S se joint à l'impératif des verbes dont l'infinitif est en er, lorsqu'il est suivi des particules en ou y : Manges-en la moitié. Touches-y. Voyez aussi l'article ESSE à son rang alphabétique.

s


S, s. f. ou m. On prononce, suivant l'anciène méthode, esse; et selon la moderne, se, un se. = C'est la 19e lettre de l'alphabet {C506b~} et la 15e des consones. = 1°. Cette consone a deux sons, l'un plus fort, l' aûtre plus doux. Le premier est le même devant toutes les voyelles que celui du c devant l'e et l'i: le second est le même que celui du z. = Les Allemands troûveront un exemple de l's forte dans Schen, les Anglais dans Singular, les Italiens dans Sano, les Espagnols dans Salud. — Pour l's douce, Voy. Z. = L's a ce premier son plus rude: 1°. au comencement des mots: Saint, sacre, secret, silence, someil, sucre, etc. — 2°. Aprês une consone: penser, verser, etc. — 3°. Quand elle est redoublée, rassurer, ressentir, rissoler, rosse; ruisseau, etc. Il faut donc la redoubler, lorsque placée entre deux voyelles, elle se prononce fortement. Delà vient que certains mots composés, dont le simple comence par une s, suivie d'une voyelle, s'écrivent avec la double ss, afin qu'on prononce l's fortement: desservir, resserrer, etc. Voy. RESS. = Elle a le son du z, quand elle est entre deux voyèles: raser, léser, brisée, rose, rûse pron. razé, lé-zé, brizé-e, rôse, rûse. Elle a le même son dans les mots composés de la préposition latine trans, quoiqu'elle soit à la suite d'une consone: Transiger, transition; pron. tranzigé, zi-cion. Excepter Transylvanie, et transir ou l's a le son fort: Trancilvanie, tranci. = Au contraire, dans les mots suivans, qui sont composés, l's a un son fort, quoiqu'elle soit entre deux voyelles; et qu' elle ne soit pas redoublée: préséance, présuposer, tournesol, parasol, monosyllabe. Le P. Bufier y ajoute désaisir, présentir, présentiment, mais ces derniers mots s'écrivent plus comunément avec 2 ss: Dessaisir, pressentir, etc. = II. Aûtrefois on écrivait au milieu des mots des s, qu'on a suprimées dès le comencement du Siècle: paste, taster, teste, croistre, tantost, etc. on écrit aujourd'hui, pâte, tâter~, tête, croître, tantôt, etc. L's suprimée a été remplacée par l'accent circonflexe; mais cet accent n'est convenable que sur les voyelles longues et sur les ê ouverts. Voy. PRÉFACE, Article ORTOGRAPHE = III. Excepté dans la première conjugaison, les verbes prènent une s à la 1re et à la 2de persone du Présent de l'indicatif; et ceux mêmes de la 1re conjugaison, la prènent à la 2de persone. "Je dis, je vois, je rends, je sais. Le {C507a~} verbe avoir est le seul de son espèce, qui n'ait point subi la loi comune. On écrit toujours J'ai et point aûtrement, quoiqu'on écrive je fais, je sais avec une s. = À~ la 2de persone, il n'y a point d'exception: on écrit tu as, tu demandes, comme, tu lis, tu fais, tu promets, etc. Il n'est pas permis, même aux Poètes, de retrancher cette s pour la comodité du vers; p. ex. tu soufre un importun: il faut dire, tu soufres. — Cependant plusieurs Poètes três-estimés l'ont retranchée, non seulement à la 2de persone, mais à la 1re. Racine:
   Visir, songez à vous, je vous en averti,
       Bajazet.
Et à la 2de de l'Impératif:
  Cours, ordone et revien.
      Phèdre.
Et Boileau.
   N'est-ce pas vous que je voi?.....
   Ce discours te surprend, Docteur, je l' aperçoi.
   Il est peu de persones, dit D'olivet, qui ne pensent que c'est par licence poétique que les Poètes retranchent quelquefois cette s à la fin du vers. Cela est vrai dans l'usage actuel, mais dans l'origine, c'est tout le contraire. Du tems de Ronsard et de Marot, cette 1re persone était sans s; je voi, je rend, etc. On permit dabord aux Poètes d'ajouter une s pour éviter l'hiatus dans le cours du vers. Cet usage passa peu à peu à la prôse; et ce qui, dans son principe, n'était qu'une permission acordée aux Poètes, est devenu, dans la suite, une obligation, et pour les Poètes et pour les Prosateurs. = IV. L's finale ne se prononce jamais ou presque jamais, lorsque le mot suivant comence par une consone; et c'est une prononciation gascone de faire soner cette s à la fin des mots. Mais quand le mot, qui suit, comence par une voyelle ou une h muette, on prononce l's dans le discours soutenu et dans les vers. Pour le discours ordinaire, ce serait une afectation ridicule de vouloir prononcer les s finales. Ainsi l'on prononce: ils sont venus avec nous, comme s'il y avait; son venu avec, etc. — Exceptez pourtant les articles, les pronoms, et les adjectifs, qui précèdent immédiatement les substantifs; les hommes, des actions, ses honeurs, de belles actions, de bons enfans, doivent se prononcer comme s'ils étaient écrits lè zome, sè zoneur, de bè-lezakcion, de bonzanfan; et non pas lè ome, {C507b~} etc. = Dans toutes les ocasions, où l's finale se prononce devant une voyelle, elle a le son du z: vas-y; viens-à moi: pron. va zi, vien za moa. = L's finale se prononce fortement dans quelques mots, tels qu'un as, agnus, bis, bolus, calus, pus, Orémus, rebus, sinus et autres mots tirés des langues étrangères; Aloès, Vénus, Bacchus, Plutus, etc. Elle se prononce aussi dans quelques noms de terre, Lus, Cailus. Dans JESUS, elle se prononce~ ordinairement. Souvent pourtant on en afaiblit le son dans le discours familier.

Traductions

s

سσсSss (ɛs)
nom masculin invariable
lettre de l'alphabet

S

s [ɛs]
nm inv → S, s
S comme Suzanne → S for Sugar
abr (=sud) → S (=seconde) → sec (=siècle) → c., century