sac

1. sac

[ sak] n.m. [ lat. saccus, du gr. sakkos, manteau grossier, sac ]
1. Contenant ouvert seulement par le haut, fait de diverses matières souples : Sac à pommes de terre. Des sacs en plastique. Un sac à provisions
cabas : Un sac de sport.
2. Contenu d'un sac : Distribuer des sacs de riz.
3. Accessoire féminin servant à ranger et transporter des objets personnels (on dit aussi sac à main) : Elle sort son chéquier de son sac.
4. En médecine, cavité de l'organisme tapissée d'une membrane : Sac lacrymal.
5. Arg., anc. Somme de dix francs.
6. Fam. En Suisse, imbécile.
Avoir plus d'un tour dans son sac,
Fam. être rusé, habile.
L'affaire est dans le sac,
Fam. l'affaire est réglée ; le succès est assuré.
Mettre dans le même sac,
Fam. confondre dans le même mépris, la même réprobation.
Prendre qqn la main dans le sac,
Fam. prendre qqn sur le fait, en flagrant délit de malhonnêteté.
Sac à dos,
sac de toile muni de sangles permettant de le porter derrière le dos.
Sac à viande,
Fam. enveloppe de tissu fin isolant le campeur de son sac de couchage.
Sac de couchage,
grand sac de toile ou de Nylon garni de duvet ou de fibres synthétiques, dans lequel un campeur se glisse pour dormir
Sac d'embrouilles ou de nœuds,
Fam. affaire très compliquée.
Vider son sac,
Fam. dire tout ce qu'on a sur le cœur.

2. sac

[ sak] n.m. [ it. sacco, de l'all. Sakman, pillard ]
Sout. Pillage d'une ville ; massacre de ses habitants.
Mettre à sac,
piller, dévaster.

SAC1

(sak ; au XVIe s. le pluriel se prononçait saz, c'est-à-dire sâ, PALSGRAVE, p. 25) s. m.
Espèce de poche en toile, en cuir ou étoffe, ouverte par le haut et cousue par le bas et par les côtés. Un sac de crin. À la gueule du sac. L'entrée, l'ouverture du sac.
Nous ne rougissons point d'avouer hautement la mauvaise fortune d'un de nos confrères, ni de montrer au public le sac et le bâton d'un Diogène, quoique nous soyons dans un siècle où les Diogènes sont moins considérés que jamais [FONTEN., Poupart.]
Mettez du blé dans les sacs de ces gens-là [les fils de Jacob, en Égypte], et l'argent de chacun d'eux à l'entrée de leurs sacs ; et mettez une coupe d'argent dans le sac du plus jeune [ROLLIN, Traité des Ét. liv. V, 2e part. II, 1]
J'ai caché en terre un sac de cuir où il y a vingt mille francs [REGNARD, Retour impr. sc. 13]
La pauvreté prive souvent un homme de tout ressort et de toute vertu ; il est difficile à un sac vide de rester debout [FRANKLIN, cité par SAINTE-BEUVE, Causeries, t. VII, p. 115]
Chaque soldat portait en bandoulière un sac de toile contenant deux pains, chacun de trois livres [SÉGUR, Hist. de Nap. VII, 1]
Course en sac, divertissement public, dans lequel on fait courir, pour un prix, des gens dont les bras et les jambes sont enfermés dans un sac. Cet habit ressemble à un sac, c'est un sac, se dit d'un habit, d'une robe qui vont mal et sont trop larges. On dit de même : On est dans cet habit comme dans un sac. Fig. Tirer d'un sac deux moutures, tirer double profit d'une même affaire. Prendre quelqu'un la main dans le sac, le surprendre au moment où il commet quelque vol, quelque infidélité. Par extension. Prendre quelqu'un la main dans le sac, trouver chez quelqu'un qui a commis une erreur ou dit une sottise, la cause de son erreur ou de sa sottise qu'il voudrait dissimuler. Fig. Le sac est plein, il a comblé la mesure, il faut qu'il soit puni. C'est un sac percé, on ne saurait l'enrichir, se dit d'un prodigue. Fig. Avoir la tête dans un sac, ne rien voir, ne rien entendre, être dans une ignorance complète de ce qui arrive.
J'emporte l'inquiétude de mon fils [qui était à l'armée] : il me semble que je m'en vais avoir la tête dans un sac pendant dix ou douze jours ; et vous jugez bien que, sans de bonnes raisons, je ne quitterais pas Paris dans ce temps de nouvelles [SÉV., 6 sept. 1675]
Fig. Mettre quelqu'un au sac, le mettre hors d'état de répondre aux objections.
Dans un exercice public, un pédant de collége, tout gonflé de son savoir, fut mis ce qu'ils appellent au sac par un capucin qu'il avait méprisé [DIDEROT, Mém. Rêve de d'Alembert.]
Fig. et populairement. Un sac à vin, un ivrogne, un buveur déterminé.
Infâme sac à vin, insolent, effronté, Tu te repentiras de ta témérité [SCARR., Jodelet ou le maître val. III, 12]
Madame la princesse de Conti, se tournant à Mme de Châtillon, lui dit qu'elle aimait mieux être grave [sérieuse] que sac à vin [SAINT-SIMON, 32, 122]
Sac de papier, sorte de poche de papier, en forme de sac, dont le bas et les côtés sont collés, et qui sert à mettre des épiceries, des drogues, des bonbons, etc.
Sac à blé, sac à charbon, sac à avoine, sac à terre, sac à mettre du blé, du charbon, de l'avoine, de la terre. Sac à poudre, sac dans lequel les perruquiers mettent leur poudre.
Sac de blé, de charbon, d'avoine, de plâtre, de farine, de pommes de terre, etc., sac plein de blé, de charbon, d'avoine, de plâtre, de farine, de pommes de terre, etc.
Petit sac de grosse toile dans lequel on met l'argent. Un sac d'argent. Un sac de mille francs. Un sac d'écus, ou, très familièrement, un sac, un sac plein d'écus. Avez-vous le sac ?
Sac de blé, sac de farine, une certaine mesure de blé, de farine. Le fournisseur a livré tant de sacs de blé.
Terme d'artillerie. Sac à étoupilles, petit sac en cuir destiné à renfermer des étoupilles. Sac à charge, sac en cuir qui sert, dans les batteries de campagne, à porter les charges du caisson à la bouche à feu. Sac à terre, sac en toile qu'on remplit de terre et qu'on utilise dans la construction des batteries, des retranchements. Batterie en sacs à terre. Sape en sacs à terre. Revêtement en sacs à terre.
Sacs à terre, artillerie et autres choses nécessaires [PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 101]
Sac à feu, espèce de bombe ou de carcasse.
On prétend, quand nos établissements seront faits, désoler la place par les bombes ou sacs à feu de la nouvelle manière [PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 158]
Terme d'artificier. Sac à poudre, enveloppe qui contient la chasse des pots à feu ou à aigrette.
En Angleterre, lord siégeant sur le sac de laine, le lord chancelier, président de la chambre des lords.
Autrefois, sac de procès, et, absolument, sac, le sac qui contenait toutes les pièces d'un procès ; on dit aujourd'hui les pièces ou le dossier.
Le bon homme Broussel avait vieilli entre les sacs, dans la poudre de la grand'chambre, avec plus de réputation d'intégrité que de capacité [RETZ, Mém. t. I, liv. II, p. 200, dans POUGENS]
Il vous en faudra [de l'argent] pour les consultations et plaidoiries des avocats, pour le droit de retirer le sac, et pour les grosses d'écritures [MOL., Scapin, II, 8]
Jamais, contre un renard chicanant un poulet, Un renard de son sac n'alla charger Rollet [BOILEAU, Sat. VIII]
Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une sibylle étique [ID., Lutr. V]
Que de sacs ! il en a jusques aux jarretières [RAC., Plaid. I, 4]
Il faut trois sacs à un plaideur, un sac de papier, un sac d'argent et un sac de patience. Sac commun, celui où sont les pièces de rebut d'une partie qui n'ont pas été produites. Fig. C'est la meilleure pièce de son sac, c'est la chose la plus favorable au succès, ou la personne qui a le plus d'influence.
Elle fera de ce nouvel ami, Alexandre VIII, tout ce qu'on en peut faire, et ce sera pendant quelque temps la meilleure pièce de son sac [SÉV., 605]
Je pense souvent, aussi bien que vous, à nos soirées de l'année passée, nous en pourrons refaire encore ; mais la meilleure pièce de notre sac y manquera [ID., 1er mai 1676]
Fig. Vider son sac, dire tout ce qu'on pense sur un sujet. Fig. Le fond du sac, ce qu'une affaire a de plus secret.
Toujours le fond du sac ne vient en évidence [RÉGNIER, Sat. II]
Sans voir le fond du sac ils prononcent l'arrêt [ID., ib. V]
J'ai voulu vous le confier à vous seule, pour vous faire voir le fond du sac [SÉV., 591]
Le fond du sac se dit quelquefois pour signifier ce que quelqu'un possède en fait de ressources.
Pourquoi songez-vous aux Adhémars [pour fournir à la dépense du jeune Grignan], quand vous savez le fond de leur sac ? [SÉV., mars 1690]
Fig. Juger sur l'étiquette du sac, voy. ÉTIQUETTE, n° 2. Juger sur l'étiquette du sac, signifie aussi juger une question qui ne présente point de difficulté. Cela peut se juger sur l'étiquette du sac. Fig. L'affaire est dans le sac, on est assuré qu'elle réussira.
Valère : Mais crois-tu... ? - Carlin : Laissez-moi, l'affaire est dans le sac [REGNARD, le Distr. V, 8]
10° Petite malle dans laquelle le fantassin renferme tous les objets à son usage et qu'il porte sur son dos.
Chacun de ces sacs [dans le corps de Davoust, expédition de Russie], réduit au strict nécessaire quant aux vêtements, contenait deux chemises, deux paires de souliers avec des clous et des semelles de rechange, un pantalon et des demi-guêtres de toile, quelques ustensiles de propreté, une bande à pansement, de la charpie et soixante cartouches ; dans les deux côtés étaient placés quatre biscuits, de seize onces chacun ; au-dessous et dans le fond un sac de toile, long et étroit, était rempli de dix livres de farine ; le sac entier, ainsi composé, ses bretelles et la capote roulée et attachée par-dessus, pesait trente-trois livres, douze onces [SÉGUR, Hist. de Nap. VII, 1]
Que les régiments, trop souvent recrutés, manquaient d'ensemble.... que le premier rang cachait en vain la faiblesse des deux autres ; que déjà, faute d'âge et de santé, beaucoup succombaient dans les premières marches sous le seul poids de leurs sacs et de leurs armes [ID., ib. II, 2]
Il y a aussi de ces sortes de sacs pour les marins. Sac analogue à celui des soldats, à l'usage des voyageurs à pied.
Quand l'argent nous manquera, nous regagnerons la France à pied gaiement et le sac sur le dos [PICARD, Voy. interrompu, I, 1]
11° Le sac et les quilles, les quilles avec le sac pour les enfermer quand on ne joue plus. Fig. Trousser son sac et ses quilles, prendre son sac et ses quilles, prendre ses hardes et s'en aller. Donner à quelqu'un son sac et ses quilles, mettre quelqu'un dehors, s'en défaire. Fig. Avoir son sac et ses quilles, être chassé.
Si je n'obéis pas, j'ai mon sac et mes quilles [BOURSAULT, Lett. nouv. t. III, p. 356, dans POUGENS]
Fig. Ne laisser aux autres que le sac et les quilles, prendre le meilleur et laisser aux autres ce qui ne vaut rien, proprement prendre l'argent du jeu et ne laisser aux autres que les quilles et leur sac.
Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui.... Vous verrez que Perrin tire l'argent à lui, Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles [LA FONT., Fabl. IX, 9]
12° Sac de nuit, sac qui sert en voyage à serrer les hardes de nuit.
13° Sac à ouvrage, ou, absolument, sac, sorte de poche que les dames portent avec elles, et où l'on a disposé ce qu'il faut pour coudre, broder, faire de la tapisserie.
Mme Durillon avait bien un sac de velours avec des galons [DANCOURT, les Agiot. II, 5]
Sac d'église, sac où les femmes mettent leurs livres de dévotion et de prières pour aller à l'église.
14° Terme de marine. Sac, se dit quelquefois pour hamac. Sac d'écubier, sorte de matelas pour boucher les écubiers. Embarqué en sac, se dit des marins qui font un voyage à Terre-Neuve, et qui sont engagés seulement pour travailler à la pêche. Cette voile fait le sac, son fond a trop d'ampleur. Un mât de hune est dans le sac, quand il casse. Sac à terre, enveloppe de maçonnerie qu'on établit autour des soutes aux poudres pour les préserver. Nom donné, sur les bancs des galères, à une espèce de matelas ou long sac, rempli de bourre ou de laine, sur lequel les rameurs couchaient.
15° Terme d'astronomie. Sac du charbonnier ou sac à charbon, trouée sans étoiles qu'on aperçoit en certaines parties de la voie lactée dans l'hémisphère austral.
16° Habit simple et grossier, qui sert de signe et d'instrument de pénitence et d'affliction.
Alors David dit à Joab et à tout le peuple qui était avec lui : Déchirez vos vêtements, couvrez-vous de sacs, et pleurez aux funérailles d'Abner [SACI, Bible, Rois, II, III, 31]
Finir sa vie sous le sac et sur la cendre [SÉV., 5 août 1684]
Mardochée.... leur faisait voir [aux Juifs] une espérance assurée de protection en la personne de la reine Esther, en sorte qu'il ne leur restait qu'à prier Dieu, dans le sac et dans la cendre, qu'il conduisît les desseins de cette reine [BOSSUET, 5e avert. 24]
On voyait [à un autodafé] au milieu des alguazils et des grands environ quarante personnes couvertes de sacs sur lesquels on avait peint des diables et des flammes [VOLT., Voyage de Scarmentado.]
Louis [le Débonnaire] fut enfermé un an dans une cellule du couvent de Saint-Médard de Soissons, vêtu du sac de pénitent, sans domestiques, sans consolation, mort pour le reste du monde [VOLT., Mœurs, 23]
Un sac était l'habit ordinaire des pro phètes.... ils vivaient dans la pauvreté, séparés du peuple, occupés à la prière, au travail, à l'instruction, à l'étude [CONDIL., Hist. anc. Consid. sur les Juifs, ch. 2]
Grande robe dont se couvrent les pénitents dans leurs cérémonies, dans leurs processions. Les pénitents étaient revêtus de sacs noirs Fig. Se couvrir d'un sac mouillé, se servir d'excuses, faire l'hypocrite (voy. MOUILLÉ, n° 1). L'ordre du Sac, voy. SACHET, n° 2.
17° Terme de botanique. Corps formé par la soudure des étamines, qui, dans les asclépiadées, recouvre l'ovaire comme un capuchon.
18° Terme d'anatomie. Se dit de certains organes.
La rate est à l'opposite du foie ; c'est une espèce de sac spongieux où le sang est apporté par une grosse artère.... [BOSSUET, Connais. II, 4]
Cavité plus ou moins grande, entourée par des parois membraneuses, souvent distinguée d'une autre cavité analogue par une simple dépression des parois. C'est dans ce sens qu'on dit : les sacs de l'estomac, les sacs du rumen. Sac lacrymal, voy. LACRYMAL.
Quel rapport y a-t-il entre une idée triste et cette liqueur limpide et salée, filtrée par une petite glande au coin externe de l'œil, laquelle humecte la conjonctive et les petits points lacrymaux, d'où elle descend dans le nez et dans la bouche par le réservoir appelé sac lacrymal ? [VOLT., Dict. phil. Larmes.]
19° Ancien terme de médecine. Dépôt d'humeurs, de matières. Quand une plaie est mal pansée, il s'y forme un sac. Terme de chirurgie. Sac herniaire, enveloppe renfermant les organes qui constituent la hernie.
20° Fig. et familièrement. L'estomac, le ventre.
J'ai pris des eaux, et le bon abbé aussi, pour vider un peu son sac, qu'il avait trop rempli à Époisse [SÉV., 25 sept. 1677]
Remplir son sac, manger beaucoup. En avoir plein son sac, être complétement ivre. Vider son sac, se purger.
Je ne voulais plus qu'une douzaine de médecines pour vider le fond du sac [MOL., Mal. imag. III, 6]
Le bon abbé prend des eaux pour vider son sac qui est plein [SÉV., 359]
21° Fig. et familièrement, Esprit, souvenir, mémoire. Le renard au chat dit enfin : Tu prétends être fort habile ; En sais-tu tant que moi ? j'ai cent ruses au sac.... Une meute apaisa la noise.
Le chat dit au renard Fouille en ton sac, ami [LA FONT., Fabl. IX, 14]
Mme de Fontanges pleure de n'être plus aimée [du roi] ; les grands établissements ne la peuvent consoler ; voilà qui est bon pour mettre dans notre sac aux réflexions [SÉV., 30 juin 1680]
Vous avez donc ri.... de tout ce que je vous mandais d'Orléans.... c'était le reste de mon sac, qui me paraissait assez bon [ID., 6 oct. 1675]
Il ne manqua pas de tirer de son sac deux ou trois contes qu'il débita d'un air imposant et bien étudié [LESAGE, Gil. Bl. III, 11]
Mettre dans son sac, dévorer un affront sans pouvoir le venger.
22° Sac à noir, petite chambre où l'on brûle de la poix-résine, pour faire le noir de fumée.
23° Terme rural. Quantité de marc qui reste après un pressurage de cidre ou de vin.
24° Terme de pêche. Espèce de filet pour le petit poisson.
25° Crêpons ou sacs [étoffe de laine], Tabl. annexé aux lett. pat. 18 sept. 1780, Auch.
26° Terme d'exploitation minière. Sorte de filon disposé comme un sac.
Ces sacs ou nids de mine de fer ne s'étendent pas horizontalement, mais descendent presque perpendiculairement [BUFF., 3e époq. nat. Œuv. t. XII, p. 173]
Dans les minières qui sont en sacs perpendiculaires, la partie supérieure est toujours la plus pure [ID., Min. t. IV p. 111]
27° Gens de sac et de corde, scélérats.
C'est avec ce ramassis de sac et de corde [la cabale du président d'Oppède] qu'on servait sa Majesté [SÉV., janvier 1674]
On enfermait ces malheureux dans un sac lié par le haut avec une corde ; de là vient l'expression proverbiale de gens de sac et de corde [SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuvr. t. III, p. 77, dans POUGENS]
Qu'est-ce que ces philosophes ? a dit une grande dame ; un homme grave a répondu madame, ce sont des gens de sac et de corde, qui examinent dans quelques lignes d'un livre en vingt volumes in-folio [l'Encyclopédie] si les atomes sont insécables ou sécables [VOLT., Odes, XI]
28° Cul-de-sac, voy. CUL, n° 11. Fig. Être enfourné dans un cul-de-sac, être engagé dans une affaire dont l'issue est difficile.
29° Sac à papier, juron qui est un euphémisme pour un juron plus grossier.

PROVERBES

  • Cependant le bonhomme n'a pas son sac, se dit quand quelqu'un paye de belles paroles un autre à qui il fait tort.
  • Il ne saurait sortir d'un sac que ce qui y est, un sot ne peut dire que des sottises, un méchant ne peut faire que des méchancetés.
  • Autant pèche celui qui tient le sac que celui qui met dedans, c'est-à-dire les receleurs et les voleurs méritent une égale punition.
  • On frappe sur le sac, pour que l'âne le sente.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    " Cambre [chambre], dist ele, jamais n'estras parede [parée], Ne jà ledece [liesse] n'ert an tei demenede " ; Sas i fait pendre, curtines deramedes [, St Alexis, XXIX]
    S'il [l'objet volé] est trové dedenz sache et soche [dans une terre ayant droit de sac et de soc].... [, Lois de Guill. 31]
  • XIIe s.
    Dunc cumandad li reis à Joab et à tut le pople, k'il desirassent lur guarnemenz [déchirassent leurs vêtements], e vestissent sei de sacs et feissent lur plainte devant le cors Abner [, Rois, p. 132]
  • XIIIe s.
    Autant tient poche comme sas [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 179]
    Deus ait [a] ma doleur abaissie, Si l'ait en joie convertie, Mon sac de poverteit tranchait [il trancha] [, Psaumes en vers, dans Lib. psalm. p. 279]
    Si faite gent [les bavards] sont trop diviers ; De lor bouces font sas ouvers Où on ne puet riens esconser [BAUDOUIN DE CONDÉ, t. I, p. 69]
  • XIVe s.
    Les unes [tumeurs] sont dans un sac [kyste], les autres non [H. DE MONDEVILLE, f° 101]
    Il ne vous faut que tendre vo sac, s'iert tous emplis [il sera tout rempli] [, Guesclin, V. 21678-21696]
  • XVe s.
    Et troussez vos sacs et vos quilles [CH. D'OR., Rondel.]
    Aussitost muert homs qu'on puet dire clac ; Que devendra la poure ame esbahie ? Car nul ne tent qu'à remplir son sac [E. DESCH., Ball.]
    Chacun ne pense qu'à soi. Tout y alloit contre poil et contre ongle ; y avoit ung roy assis en chaiere ; autant y eust fait un sac de laine que l'on traine par les rues [CHASTEL., Chr. des ducs de Bourg. III, 190]
    Et estoient les deux freres et le roi comme trois testes en ung sac toujours ensemble [ID., ib. III, 56]
  • XVIe s.
    Puis après il les exhorte de courir au sac et à la cendre, à pleurs et à jusnes [CALV., Inst. 997]
    Ces bons valets-là ne sont pas encore trop mal habiles de se couvrir d'un sac mouillé de bonne heure, et de laisser toute la coulpe à leurs maistres [LANOUE, 217]
    Il [le père de d'Aubigné] demeura malade à Amboise d'un sac qui se fit en sa playe ; là il mourut [D'AUB., Vie, 1563]
    Le roi establit l'ordre et les processions des penitens, entroit lui mesme dans le sac deux et trois fois la semaine [ID., Hist. II, 330]
    Sacs de peau de veau pour la poudre et les boulets [ID., ib. III, 87]
    Aux petits sacs sont les meilleures espices [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 179]
    Avarice rompt le sac [ID., ib.]
    Il lui a laissé son sac et ses quilles [il l'a renvoyé], [ID., ib. p. 180]
    Le sac ne fut oncques si plein Qu'il n'y entrast bien un grain [ID., ib.]
    Sac plein dresse l'oreille [ID., ib. p. 414]
    D'un sac à charbon ne peut sortir que de la poussiere noire [COTGRAVE, ]
    Chascun ira au moulin avec son sac [ID., ]
    On lie bien le sac avant qu'il soit plein [ID., ]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, seg ; Berry, sa, au plur. sâ ; bourg. say ; provenç. sac ; espagn. saco ; ital. sacco ; du lat. saccus, qui vient du grec qui paraît être dérivé des langues sémitiques : hébreu, schak ; chaldéen, sak.

SAC2

(sak) s. m.
Pillage entier d'une ville.
L'avarice s'assouvit au sac de Persépolis [VAUGEL., Q. C. V, 6]
On a de lui [le peintre Aristide] cet admirable tableau (c'est toujours Pline qui parle), où dans le sac d'une ville est représentée une mère qui expire d'un coup de poignard qu'elle a reçu dans le sein, et un enfant qui se traîne jusqu'à la mamelle pour la teter [ROLLIN, Hist. anc. t. XI, 1re part. p. 186, dans POUGENS]
Le sac de Panama en 1670 par le pirate anglais Jean Morgan [RAYNAL, Hist. phil. VII, 32]
Polygnote avait figuré sur les murs du temple de Delphes le sac de Troie [CHATEAUBR., Génie, III, I, 4]

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Mettre la ville à sac, qui est à dire la courir et piller et eux en aller à tout la proie [, Bouciq. III, 22]
  • XVIe s.
    On dit que la richesse qui fut lors enlevée au sac de Syracuse n'estoit pas moindre que celle de Carthage, qui depuis, non gueres après, fut saccagée [AMYOT, Marc. 28]
    Criant à sac, à sac, et tue, tue [ID., Sylla, 31]

ÉTYMOLOGIE

  • Espagn. et port. saco ; ital. sacco. Origine controversée. Scheler y voit un substantif verbal de l'ancien verbe sacher, tirer ; pourtant, se ravisant, il trouve plus vraisemblable l'étymologie par l'ancien haut-allem. scah, pillage. À cela Diez objecte que se allemand ne peut se transformer en s simple. Il est de fait que scah s'est introduit dans l'ancienne langue, mais il y a donné non sac, mais eschac. Diez pense que dans sac, pillage, on a simplement sac, dans le sens de gros paquet ; ce qui a pris le sens de butin. Cette étymologie paraît la plus probable. Bas-lat. saccomannus, pillard ; ancien franç. saquement, même sens ; flamand, sackmann, voleur.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    SAC.
    10° Ajoutez :
  • Grandir sous le sac, grandir encore quand on est au régiment.
    L'on peut dire du capital en voie de formation qui est frappé par l'impôt, ce qu'on dit du soldat trop jeune : Malheur à celui qui grandit sous le sac ! [, Journ. offic. 12 janv. 1872, p. 252, 1re col.]
  • 30° Mouture au petit sac, meunier au petit sac, mouture, meunier qui produisent la farine pour la rendre à celui qui a fourni le grain, et non pour la vendre.
    Le sieur M...., présent en personne, a prétendu qu'il n'était pas commerçant, mais seulement meunier au petit sac... ; que M.... était meunier au petit sac et qu'il n'a jamais fait le commerce [, Gaz. des Trib. 29 mai 1874, p. 511, 1re col.]
    Que M..., en dehors des moutures au petit sac, achetait des blés pour les convertir en farine et les vendre [, ib.]
    31° Sac à la malice, la poche que les prestidigitateurs ont devant eux, et, par extension, tout sac ou coffre ou tiroir contenant des instruments ou objets qui opèrent quelque chose qui attire l'attention.

    ÉTYMOLOGIE

    • Ajoutez :
      Dans la Charente, on dit sache [, Gaz. des Trib. 14 mars 1877, p. 251, 4e col.]

sac

SAC. n. m. Sorte de poche faite de cuir, de toile ou d'étoffe, ouverte seulement par le haut et qui sert à mettre toutes sortes de choses. Un sac tout neuf. Un vieux sac. Sac de toile, de treillis, de crin. L'entrée du sac. Le fond d'un sac.

Sac de papier, Sorte de poche de papier en forme de sac, dont le bas et les côtés sont collés et qui sert à mettre de menues denrées d'épicerie, des bonbons, etc.

Sac à blé, sac à charbon, sac à avoine, sac à terre, Sac à mettre du blé, du charbon, de l'avoine, de la terre; et Sac de blé, de charbon, d'avoine, de plâtre, de farine, de noix, de pommes, etc., Sac plein de blé, de charbon, d'avoine, de plâtre, de farine, de noix, de pommes, etc. Sac de blé, sac de farine se disent aussi d'une Certaine mesure de blé, de farine.

Prov. et fig., Tirer d'un sac deux moutures, Prendre double profit dans une même affaire.

Fig. et fam., Un homme de sac et de corde, Un scélérat, un mauvais garnement.

Fig. et pop., Un sac à vin, Un ivrogne.

Fig., Prendre quelqu'un la main dans le sac, Le prendre sur le fait, le surprendre au moment où il commet quelque vol, quelque indélicatesse.

Fam., Ce vêtement ressemble à un sac, est un sac; on est dans ce vêtement comme dans un sac se dit d'un Vêtement mal fait, mal taillé et trop large.

Sac de soldat, Sac de peau dans lequel chaque fantassin enferme les objets à son usage et qui se porte sur le dos à l'aide de deux bretelles. Porter le sac. Sac au dos.

Sac de matelot, Sac de toile, allongé, renfermant l'ensemble des effets d'un matelot.

Sac de couchage, Sorte de grand sac en toile, dans lequel le soldat se couche en campagne.

Fig. et fam., Prendre son sac et ses quilles, S'en aller sans demander son reste. Il est vieux.

Sac de nuit, Sac où l'on met, en voyage, ses effets de nuit.

Sac à ouvrage, Sac où les femmes renferment l'ouvrage auquel elles travaillent.

Sac à main, Sorte de petit sac que les femmes portent à la main et où elles mettent les menus objets dont elles peuvent avoir besoin.

En termes de Guerre, Sac à terre, Sac plein de terre, dont on se sert en faisant les tranchées, abris, batteries, etc., pour mettre les soldats à couvert du feu des ennemis.

Sac de procès et absolument Sac se disait d'un Sac contenant les pièces d'un procès. Cette expression a vieilli; on dit aujourd'hui Les pièces ou Le dossier.

Fig. et fam., C'est la meilleure pièce de son sac se dit en parlant d'un Homme qui sollicite quelque grâce, qui entreprend quelque affaire, et signifie : C'est la chose la plus avantageuse pour lui, celle qui doit le plus sûrement lui procurer le succès qu'il désire.

Fig. et fam., Votre affaire est dans le sac, Tout est préparé pour qu'elle réussisse, on peut regarder le succès comme acquis.

Fig., et fam., Voir le fond du sac, Pénétrer dans ce qu'une affaire a de plus secret, de plus caché. On dit dans le même sens : Montrer le fond du sac.

Fig. et fam., Vider son sac, Dire tout ce qu'on a à dire sur tel sujet, dans telle occasion. Il n'a plus rien à dire, il a vidé son sac. Quand il a vidé son sac d'anecdotes, de bons mots, il s'en va.

Sac à papier! Sorte de juron.

Fig. et fam., Un sac à malices, Une personne très rusée.

Fig. et fam., Avoir plus d'un tour dans son sac, Être plein d'habileté, de ruse.

SAC se dit aussi du Contenu d'un sac. Moudre un sac de blé.

Fig. et fam., Avoir le sac, Avoir beaucoup d'argent, avoir une grosse dot.

SAC se dit aussi d'un Habit de pénitence, d'affliction, d'humiliation. Faire pénitence sous le sac et la cendre. Porter le sac et le cilice.

Il se dit également des Grandes robes dont se couvrent les pénitents dans leurs cérémonies, dans leurs processions. Tous les pénitents étaient revêtus de sacs noirs, blancs, bleus.

En termes d'Anatomie, Sac lacrymal, Petite cavité qui est placée au côté interne de l'orbite de l'oeil et qui sert de réservoir à l'humeur sécrétée par la glande lacrymale.

En termes de Chirurgie, Sac herniaire, Portion de membrane qui enveloppe une hernie extérieure.

Cul-de-sac. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

sac

SAC. n. m. Pillage d'une ville. Le sac de Rome. Il se commit de grandes cruautés au sac de cette ville. Mettre à sac une ville prise d'assaut.

sac

Sac, m. Est une poche, ronde ou quarrée, de quelque estoffe qu'elle soit creuse, duicte à empocher bled ou autres choses. Saccus. L'Hebrieu dit Sac, le Grec sakkos, dont le Latin et le François peuvent estre tirez. Il se prononce avec adjoinct quand on veut designer ce qu'il contient, autrement non, comme, Un sac de froment, d'avoine, de seigle, de pois, de plastre, de febves, et ainsi d'autres choses.

Sac ou sachet, Folliculus.

Sacs ou sachets de cuir où on met argent, Fisci.

Marchandise de sacs, Saccaria saccariae.

Sac et pieces, Loculi cum copiis. B.

Le sac et le procez, Instrumentum litis. B. ex Quint.

Les sacs des advocats du Palais, Sarcinulae Basilicanae aduocatorum. B.

Estre fort chargé des sacs, ou se fort charger, Sacculariam in primis exercere. B.

Grande charge de sacs que l'on porte au Palais, Sarcinae forenses. B.

Les sacs des procez, Farrago litis saccularia, Foruli lintei, Loculi causarum, Loculi forenses vel litigatorij. B.

Les sacs d'un procez perdus ou égarez, Sacculi litium desyderati. B.

Ponatur in sacco, Condatur in sacculum. B.

Soient mises en un sac à part, pour en jugeant le procez y avoir tel esgard que de raison, His peculiaris sacculus destinetur, vt in iudicanda lite, eorum ratio habeatur, quatenus visum fuerit: vel, Vt eorum ratio vtcunque habeatur: vel, Quatenus ius aequumque poscere videbitur.

Et pource que les soldats empochoient leur pillage dans des sacs que les goujats portoient apres eux, Sac se prent pour pillage, comme en plusieurs manieres de parler militaires, qui sont deduictes de ce mot ainsi pris.

Mettre à sac une ville, ou un païs, Vasis omnibus expoliare, Praeda omnimoda mulctare. Qu'on dit aussi Mettre à sac et à l'espée. Des Essars en sa traduction de Josephe, de la guerre des Juifs, li. 2. chap. 17. en use ainsi, Vasa diripere, omnesque milites praesidiarios neci dedere.

A sac, à sac, est un abandon fait aux soldats par le Capitaine de tout piller.

Le sac de Rome, Populatio vrbis, Direptio.

¶ Qui sont mis tout à sac, Occidione occisi, Ad vnum caesi. B.

sac


SAC, s. m. [Sak.] Sorte de poche faite d'une pièce de toile, de cuir, d'étofe, etc. cousûe par le bâs et par les côtés, n'ayant que le haut ouvert pour mettre dedans ce qu'on veut. = Il entre dans plusieurs locutions familières. Afaire, qui est dans le sac, qui est en bon train, qui réussira probablement. — Mettre quelqu'un au sac, hors d'état de répondre. — Avoir sa tête dans un sac, ignorer ce qui se pâsse. — C'est la meilleur pièce du sac, ce qu'il y a de meilleur dans les moyens d'une afaire: allusion au sac des plaideurs.
   Les trois quarts de vos biens sont déjà dépensés
   À~ faire enfler des sacs l' un sur l'autre entassés.
       Les Plaideurs.
= Autant pèche celui qui tient le sac que celui, qui met dedans: le receleur n'est pas moins coupable que le voleur. — Sac-à-vin, Ivrogne. Il est bâs. Voy. CORDE, CUL, ÉTIQUETTE, FOND, QUILLES.
   SAC, habit de pénitence et d'afliction. Porter le sac et le cilice, expression consacrée. Le sac des Pénitens; la grande robe dont ils se coûvrent.
   SAC, dépôt de matière, qui se forme auprês d'un abcês, d'une plaie.
   SAC, le pillage d'une Ville: le sac de Troie, de Rome.

Synonymes et Contraires

sac

nom masculin sac
Littéraire. Pillage d'une ville.
dévastation, pillage, ravage, saccage -familier: razzia -littéraire: rapine -vieux: déprédation.
Traductions

sac

bag, sack, kitbag, pouch, sackcloth, satchel, shopperאמתחת (נ), צקלון (ז), שק (ז), תיק (ז), תרמיל (ז), מִזְוָד, שַׂק, תַּרְמִילzak, tas, geld, poentaška, pytelTasche, Sackerl, Tragetasche, Tüte, Sackpokipose, sekk, veskesäck, väskaτσάντα, σάκος, σακίсумка, мешок, сакborsa, sacco, astuccio, cartoccio, mille lire, sacca, saccata, un euroجُوَالِق, حَقِيبَةsæk, taskebolsa, sacolaukku, säkkitorba, vrećaかばん, 大袋가방, 부대torba, worekbolsa, sacoกระเป๋า ถุง, กระสอบçuval, torbabao tải, túi袋子, 麻袋 (sak)
nom masculin
1. ce qui sert à contenir des choses un sac en plastique un sac de voyage
sac qui contient les affaires d'une femme
sac que l'on porte sur le dos
2. enveloppe de tissu épais dans laquelle on dort

SAC

[sak] abr nm (=Service d'action civique) former Gaullist parapolice

sac

1 [sak] nm
(= poche, sachet) → bag
(à charbon, farine, riz)sack
voyager sac au dos → to go backpacking

sac

2 [sak] nm (= pillage) → sacking
mettre à sac → to sack
sac à dos nmbackpack, rucksack (Grande-Bretagne)
sac à main nmhandbag
sac à provisions nmshopping bag