sus

(Mot repris de sachent)

sus

[ sys ou sy] adv. [ du lat. sursum, en haut ]
Courir sus à qqn,
Litt. le poursuivre avec des intentions hostiles.
En sus, en sus de,
Vieilli en plus, en plus de : Toucher une prime en sus de son salaire.
Sus à...,
Litt. appel à poursuivre qqn, à l'attaquer : Sus à l'ennemi !

SUS

(sû ; l's se lie : sû-z allons) adv.
Dessus.
Les gens du roi concluant toujours à commander aux communes de courre sus aux troupes de M. de Nemours [RETZ, Mém. liv. IV, t. III, p. 169, dans POUGENS]
Poltrot s'était dédit de la charge qu'il avait mise sus à l'amiral et à Bèze [BOSSUET, Var. 10]
On a sonné le tocsin dans tous les villages, et les paysans sont armés pour lui courir sus [à Napoléon revenant de l'île d'Elbe] [, Journal des Débats, 9 mars 1815]
Il est notoire dans le département qu'on peut me voler, me courir sus [P. L. COUR., Placet à S. E. le ministre]
En sus, loc. adv. Au delà, en outre. Quatre francs et le quart en sus font cinq francs. Six mille francs et la moitié en sus font neuf mille francs. Anciennement, en termes de finances, le tiers, le quart en sus, se disait quelquefois d'une quantité qui, étant ajoutée à une somme, donnait une somme totale dont cette quantité est le tiers ou le quart. Quinze mille francs et le quart en sus font vingt mille francs. En sus de, loc. prépos. Il a touché des gratifications en sus de ses appointements. Substantivement. Un en sus, ce qui est en sus.
Sus ! interj. On l'emploie pour exhorter, exciter.
Sus, sus, brisons la porte, enfonçons la maison [CORN., Médée, V, 7]
Chacun dit : il est vrai, sus ! sus ! courons aux armes ! [LA FONT., Fabl. XII, 25]
Lélie : Je te suivrai partout pour savoir ce mystère. - Mascarille : Oui ? sus donc, préparez vos jambes à bien faire [MOL., l'Ét. II, 14]
Or sus, mon fils, savez-vous ce qu'il y a ? c'est qu'il faut songer, s'il vous plaît, à vous défaire de votre amour [ID., l'Av. IV, 3]
On le joint, dans le style d'affaires, à plusieurs participes pour se référer à quelqu'un ou quelque chose dont il a été question précédemment : susallégué, susdaté, susénoncé, susindiqué, susmentionné, susrapporté, susrelaté, susvisé, etc.

REMARQUE

  • 1. L'Académie dit que sus est une préposition ; mais on ne le trouve nulle part avec un complément.
  • 2. On trouve dans Saint-Simon à sus au sens de contre ; mais le texte est-il bien correct ?
    L'entreprise des Lorrains leur était retombée à sus [contre eux] en plein [SAINT-SIMON, 64, 72]

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Qu'elle Deo raneiet [qu'elle renie Dieu], chi maent [demeure] sus en ciel [, Eulalie]
  • XIe s.
    Isnelement li ber resaillit sus [, Ch. de Rol. CLIII]
  • XIIe s.
    Sus, va, pitié, va, chançon ; si t'en croie [que madame t'en croie] Que je m'en vois [vais] servir nostre Seigneur [, Couci, XXII]
    Saisne lui corrent sus par vertu et par ire [, Sax, x]
  • XIIIe s.
    Là me souvent [souvient] des gens de male guise, Qui m'ont mis sus mensonge à escient, Que j'ai chanté des dames laidement [QUESNES, Romancero, p. 89]
    À Montfaucon [gibet] [ils] le firent sus au vent encrouer [, Berte, XCVII]
    Li princes n'est pas sus la loi, mès la loi est sus le prince [, Liv. de jost. 6]
    Et il revint tout effraé, et me dit : Sire, or sus, or sus, que vezci [voici] les Sarrazins [JOINV., 230]
  • XVe s.
    Puis ça, puis là, Et sus et jus, De plus en plus Tout vient et va [CH. D'ORL., Chanson, 94]
    Oncques de cette imagination [le project de corrompre le capitaine de Calais] le dit messire Geffroi ne put issir, mais proceda sus et envoya secretement et couvertement devers cil Aimery [FROISS., I, I, 326]
    Pour gaigner et conduyre le duc de Bourgongne à mettre sus une armée en son pays [COMM., I, 2]
    Il [Charles VIII] avoit mis sus une audience publique, où il escoutoit tout le monde et par especial les pauvres [ID., VIII, 18]
  • XVIe s.
    Sus, enfants, êtes vous deliberez d'y venir avecques moy ? [RAB., Garg. II, 26]
    Ils se coururent sus, l'espée au poing [MONT., I, 256]
    Donner à son ennemy moyen de se remettre sus [ID., I, 351]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et portug. sus ; espagn. et ital. suso ; du lat. susum, en haut.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    SUS. - REM. Ajoutez :
  • 3. Dans la remarque 2, à propos de la locution de Saint-Simon, retomber à sus, au sens de tourner contre, un doute s'est élevé sur la correction du texte. La correction en est certaine ; car voici un emploi tout semblable de à sus :
    J'avais estimé que ceux qui, sans sujet, me veulent moins de bien que je ne désirerais, se lasseraient de me mettre à sus des calomnies [RICHELIEU, Lettres, etc. 1617, t. VII, p. 411]

sus

SUS. adv. Dessus. Il n'est plus guère usité que dans cette expression, Courir sus à quelqu'un.

Sus, sus donc, or sus se dit familièrement pour exciter, pour encourager, pour exhorter. Sus, mes amis, sus donc, levez-vous. Or sus, dites-nous....

SUS entre dans la composition de certains mots, avec le sens de Ci-dessus. Sus-allégué, sus-énoncé, sus-visé. Les principaux des mots ainsi formés se trouvent à leur rang alphabétique.

EN SUS, loc. adv. Au-delà, en plus. La moitié, le tiers, le quart en sus.

EN SUS DE, loc. prép. Au-delà de, outre, en plus de. Il a touché des gratifications en sus de ses appointements.

sus

Sus, ou Sur, Super.

Qui est remis sus, apres avoir trebuché, Recidiuus.

¶ Sus devant, Eia abite.

sus


SUS, adv. [À~ la fin de la phrâse, on prononce sus, et devant une voyèle suz.] On dit la moitié, le tiers, le quart en sus, pour dire l'addition de la moitié, etc. d'une somme. = Il n'est préposition que dans cette phrâse: courir sus à quelqu'un. Voy. COURIR. = Il est aussi interjection; pour exciter, exhorter. "Sus, mes amis; sus donc, levez-vous: orsus, dites-nous, etc. (st. fam.) = On disait aûtrefois, par sus tout, pour surtout. On disait aussi: mettre sus une charge, une acusation à quelqu'un.

Traductions

sus

[sy(s)]
adv
en sus → in addition
en sus de → in addition to, over and above
sus à
Sus au tyran! → Death to the tyrant!
vb
voir savoir