seigneur

seigneur

[ sɛɲœr] n.m. [ du lat. seniorem, de senior, plus âgé ]
1. Sous la féodalité, celui qui possédait un fief.
2. Sous l'Ancien Régime, personne noble de haut rang.
À tout seigneur tout honneur,
il faut rendre hommage à celui qui le mérite.
En grand seigneur,
avec luxe, magnificence ; avec noblesse.
Être grand seigneur,
dépenser sans compter et de manière ostentatoire.
Le Seigneur,
Dieu.
Seigneur de la guerre,
dirigeant d'un mouvement insurrectionnel ou d'une organisation criminelle.

seigneur

(sɛɲœʀ)
nom masculin
1. histoire au Moyen Âge, noble qui possédait des terres le château du seigneur d'un domaine
2. personne qui montre qu'elle agit avec beaucoup de noblesse se comporter en grand seigneur
3. religion
Dieu prier le Seigneur

SEIGNEUR

(sè-gneur ; au XVIe siècle, d'après Palsgrave, p. 56, on prononçait sei-nieur ; et d'après Pelletier, p. 113, si-gneur) s. m.
Celui qui a l'autorité féodale sur certaines personnes ou sur certaines propriétés. Rendre foi et hommage à son seigneur.
Il est seigneur de cinq ou six paroisses [SÉV., 161]
Sans commettre l'autorité du roi son seigneur, la reine d'Angleterre employait son crédit à procurer un peu de repos aux catholiques [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Le peuple a peu gagné à l'abaissement des seigneurs ; ceux-ci ont encore plus perdu ; mais il est plus avantageux à l'État qu'ils aient tout perdu, que s'ils avaient tout conservé [DUCLOS, Consid. mœurs, 6]
Fig.
Les grands apôtres eux-mêmes, pleins de cet esprit qui est le seigneur des sciences et la source des lumières [MASS., Carême, Vérit. culte.]
Par extension. Maître, possesseur d'un pays, d'un État.
Ne connaissant que vous de maître et de seigneur [MAIRET, Solim. II, 6]
Oser arrogamment se vanter à mes yeux D'être juste seigneur du bien de nos aïeux [CORN., Héracl. I, 2]
Seigneur et maître, voy. MAÎTRE 1.
Titre qu'on donne à quelques personnes distinguées par leur dignité ou par leur rang pour leur faire plus d'honneur. Haut et puissant seigneur. Un seigneur de la cour.
Je m'imagine que celui qui s'est le premier appelé haut et puissant seigneur, se regardait comme élevé sur la tête de ses vassaux, et que c'est ce qu'il a voulu dire par cette épithète de haut, si peu convenable à la bassesse des hommes [NICOLE, Ess. de mor. 1er traité, ch. 1]
Scipion, qui était le plus grand seigneur de Rome [ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. IX, p. 347, dans POUGENS]
C'était un de ces vieux seigneurs qui, par leurs manières galantes et polies, font oublier leur âge et savent encore plaire aux femmes [LESAGE, Gil Bl. I, 11]
Je conviens qu'il y a de fort plats seigneurs qui ne méritent guère qu'on ait de la considération pour eux ; mais ils peuvent nuire, il faut les craindre [ID., ib. VII, 5]
N'ai-je pas l'air un peu trop seigneur ? [MARIVAUX, l'Épreuve, sc. 1]
Tous ces demi-seigneurs sans talents et sans âmes, Qui bornent leurs exploits à tromper quelques femmes [DORAT, Feinte par amour, II, 2]
Marceline : Sémillant, généreux, généreux.... - Bartholo : Comme un voleur. - Marceline : Comme un seigneur [BEAUMARCH., Mar. de Fig. I, 4]
C'est un vieux seigneur qui a toute la galanterie et toute la politesse de l'ancienne cour [GENLIS, Théâtre d'éd. Méchant par air, I, 7]
Vêtu, logé comme un seigneur, très bien vêtu, très bien logé. Vivre en seigneur, en grand seigneur, vivre sans rien faire et magnifiquement. En plaisantant et par ironie, homme qui est loin d'être un seigneur.
Vous voyez un seigneur [Strabon, suivant de Démocrite] fort satisfait de soi, Un convive échappé de la table du roi ; Il tient bon ordinaire et je l'en félicite [REGNARD, Démocrite, IV, 7]
Ce discours me surprend de la part d'un seigneur [un financier] de qui je ne croyais pas avoir l'honneur d'être connu [ALAIN, l'épreuve réciproque, sc. 15]
Fig. C'est un petit seigneur, se dit d'un homme qui affecte une importance ridicule.
Un grand seigneur, un seigneur d'un très haut rang.
En use en grand seigneur, S'épuise en dons [LA FONT., Belph.]
Qu'est-ce à votre avis, que d'être grand seigneur ? c'est être maître de plusieurs objets de la concupiscence des hommes, et ainsi pouvoir satisfaire aux besoins et aux désirs de plusieurs [PASC., Condit. des grands, III]
C'est ainsi qu'il tâche de lui donner son esprit de règle et d'économie, et de lui ôter un air de grand seigneur, de qu'importe ? d'ignorance et d'indifférence, qui conduit fort droit à toutes sortes d'injustices, et enfin à l'hôpital [SÉV., 10 déc. 1688]
Les grands seigneurs sont pleins d'égards pour les princes, c'est leur affaire : ils ont des inférieurs [LA BRUY., VIII]
Un grand seigneur est un homme qui voit le roi, qui parle aux ministres, qui a des ancêtres, des dettes et des pensions [MONTESQ., Lett. pers. 88]
On vit d'abord paraître Deux courtisans par l'intérêt unis.... Vint un courrier, qui dit qu'auprès du maître Vaquait alors un beau poste d'honneur, Un noble emploi de valet grand seigneur [VOLT., Temple de l'amitié.]
M. le duc de Choiseul m'a écrit une fort jolie lettre ; mais il est si grand seigneur que je n'ose l'aimer [VOLT., Lett. d'Argental, 4 mai 1761]
Grand seigneur est un mot dont la réalité n'est plus que dans l'histoire [DUCLOS, Consid. mœurs, 6]
Mon fils, c'est l'étoile rapide D'un très grand seigneur nouveau-né ; Le berceau qu'il a laissé vide, D'or et de pourpre était orné [BÉRANG., Étoiles qui filent.]
Fig.
La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable.... toutes ces misères mêmes prouvent sa grandeur ; ce sont misères de grand seigneur, misères d'un roi dépossédé [PASC., Pens. I, 3, éd. HAVET.]
Ne pas sortir du grand seigneur, avoir incessamment à la bouche le nom de grands seigneurs.
Ô l'ennuyeux conteur ! Jamais on ne le voit sortir du grand seigneur [MOL., le Mis. II, 5]
N'être pas grand seigneur, être un petit personnage, n'avoir guère de fortune.
Comme Janot n'est pas fort grand seigneur, Pour cent écus vous lui ferez tout dire [LA FONT., Rich.]
Gros seigneur se dit quelquefois pour grand seigneur, mais avec une nuance qui indique surtout la richesse.
Le comte est trop gros seigneur pour se laisser gouverner par l'intérêt [DANCOURT, la Folle enchère, sc. 20]
Il s'est dit comme terme de civilité à peu près comme on dit aujourd'hui monsieur.
La jeune Dorimène fille du seigneur Alcantor avec le seigneur Sganarelle qui n'a que cinquante-trois ans ! ô le beau mariage ! [MOL., Mar. forcé, 2]
Terme de convention dont les poëtes tragiques usent pour le dialogue de leurs personnages.
Achille à Agamemnon : Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi ; Seigneur, je l'ai jugé trop peu digne de foi.... [RAC., Iph. IV, 6]
La mauvaise habitude où nous avons toujours été d'appeler nos personnages de tragédies seigneurs ; c'est un nom que les Romains ne se donnèrent jamais [VOLT., Comm. Corn. Rem. Sertor. I, 1]
Les étrangers crèvent de rire quand ils voient dans nos tragédies le seigneur Agamemnon et le seigneur Achille qui lui demande raison aux yeux de tous les Grecs, et le seigneur Oreste brûlant de tant de feux pour madame sa cousine [P. L. COUR., Trad. d'Hérodote, préface.]
Titre que l'on donnait collectivement aux membres des états généraux et des cours souveraines. Au roi et à nos seigneurs de son conseil.
Absolument. Le Seigneur, Dieu (on met une S majuscule).
Le Seigneur notre Dieu est lui-même le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et terrible [SACI, Bible, Deutéron. X, 17]
Vous servirez le Seigneur votre Dieu, afin que je bénisse le pain que vous mangerez et les eaux que vous boirez, et que je bannisse toutes les maladies du milieu de vous [SACI, ib. Exode, XXIII., 25]
Mais, à vous dire tout, ce Seigneur des seigneurs Veut le premier amour et les premiers honneurs [CORN., Pol. I, 10]
Le jour du Seigneur, le samedi chez les Juifs, le dimanche chez les chrétiens. Seigneur Dieu ! ou, simplement, Seigneur ! sorte d'exclamation. Ah ! Seigneur ! quelle nouvelle est-ce là ! Le Seigneur, se dit aussi de Jésus-Christ.
10° Notre-Seigneur, Jésus-Christ (avec une N et une S majuscules). Recevoir Notre-Seigneur, recevoir l'eucharistie.
Je crains bien que nous ne perdions cette fois M. de la Rochefoucauld ; sa fièvre a continué ; il reçut hier Notre-Seigneur [SÉV., 412]
11° Le Grand Seigneur, l'empereur des Turcs, le sultan (avec un G et une S majuscules).
Il faudrait avoir une raison bien épurée pour regarder comme un autre homme le Grand Seigneur, environné, dans son superbe sérail, de quarante mille janissaires [PASC., Pens. II, 3, édit. HAVET.]
Si l'on demande pourquoi le Grand Seigneur a fait depuis peu périr cent mille hommes devant Candie, on peut répondre sûrement que ce n'est que pour attacher encore à cette image intérieure qu'il a de lui-même le titre de conquérant [NICOLE, Ess. de mor. 1er traité, ch. I]
Au milieu de ces grands embarras (1745), on reçut l'offre inouïe d'une médiation à laquelle on ne s'attendait pas ; c'était celle du Grand Seigneur ; son premier vizir écrivit à toutes les cours chrétiennes.... [VOLT., Louis XV, 17]
12° Terme d'astrologie. Seigneur d'une maison céleste, la planète qui domine dans une maison.

PROVERBES

  • Tandis que le vassal dort, le seigneur veille, le seigneur peut saisir et faire les fruits siens, tant que le vassal néglige de lui porter foi et hommage.
  • Seigneur de parchemin, homme de robe anobli.
  • Un grand seigneur, un grand clocher et une grande rivière sont trois mauvais voisins.
  • À tout seigneur tout honneur, ou à tous seigneurs tous honneurs, il faut rendre à chacun ce qui est dû à sa dignité.
  • Tant vaut le seigneur, tant vaut sa terre.

REMARQUE

  • On peut dire : de grands seigneurs, ou des grands seigneurs, suivant que l'on considère grands seigneurs comme formant deux mots ou formant une locution.
    Des princes un peu subalternes, Des grands seigneurs un peu modernes Ont aujourd'hui les vieux châteaux [M. J. CHÉNIER, Épît. à Delille.]

ÉTYMOLOGIE

  • Comme, dans l'ancienne langue, sire et seigneur sont un même mot, dont l'un est le nominatif et l'autre le régime, tout l'historique est renvoyé à sire.

seigneur

SEIGNEUR. n. m. Maître, possesseur d'un pays, d'un État, d'une terre. Il est principalement d'usage en termes de Féodalité. Seigneur souverain. Seigneur d'une ville, d'un bourg, d'un village. Il était seigneur de plusieurs grandes terres. Rendre foi et hommage à son seigneur.

Il est aussi le Titre qu'on donnait à quelques personnes distinguées par leur dignité ou par leur rang, pour leur faire plus d'honneur. Haut et puissant seigneur. Un grand seigneur. Il fait le grand seigneur. Se donner des airs de grand seigneur. Voyez aussi MONSEIGNEUR.

Par excellence, Le Seigneur, Dieu. Notre- Seigneur, JÉSUS-CHRIST.

Le Grand Seigneur se disait du Sultan.

Vivre en grand seigneur, Vivre sans rien faire et magnifiquement. Vêtu, logé comme un grand seigneur, Très bien vêtu, très bien logé.

Fam., C'est un petit seigneur se dit d'un Homme qui affecte de l'importance et qui n'en a pas.

Par plaisanterie, une femme dit de son mari : Mon seigneur et maître.

Prov., À tous seigneurs tous honneurs, à tout seigneur tout honneur, Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû d'après son rang, sa dignité.

seigneur

Seigneur, Vient du Latin, Senior, et est un mot dont tant le François que l'Italien et l'Espagnol usent, pour en parlant faire honneur à celuy qu'on ne veut nommer par son seul nom. Il est vray que l'Espagnol et l'Italien y adjoustent le plus souvent le nom du personnage, Sennor Gonrales, Signor Antonio, ce que le François ne fait si ce n'est par imitation d'eux. Seigneur aussi signifie le maistre d'un lieu feodal, comme le Seigneur de tel lieu, dont vient ce mot Seigneurie, pour ledit lieu feodal, car on ne peut proprement appeler aucun Seigneur d'un lieu, si le lieu n'est tenu en fief, combien que à present le flatart parler des hommes ayt abbastardi ce mot l'attribuant pesle mesle à tous tenans roture, Dominus.

Seigneur commis sur quelque affaire, Satrapa.

Tout grand et puissant seigneur, Dynastes dynastae.

Seigneurs qui ont puissance et authorité sur le peuple, Potestates, Optimates.

Les grands Seigneurs d'un païs, Royaume, ou armée, Principes. Caesar. Proceres. T. Liuius. lib. 1.

Ils auront divers Seigneurs, Alium atque alium dominum sortientur.

Se faire seigneur sur une nation, Potiri rerum.

Estre seigneur ou dame de soy, et usant de ses droits, Esse sui iuris, iuris ac mancipij. Cic. Esse suae titulae. B.

Seigneur Censier, est celuy qui a droict de Censive sur un heritage.

Le seigneur feodal, c'est le seigneur du fief dominant, ou suzerain, auquel autres fiefs sont mouvans, Patronus et beneficus dominus, Praedij patrocinantis dominus, Benefici praedij dominus. B. voyez Feodal.

Le seigneur feodal qui reclame son fief par saisie, ou autrement, Vindex clientelae. B.

Le seigneur du fief, Patronus possessionis clientelaris. B.

Seigneur foncier.

Seigneur proprietaire, Mancipio et nexu dominus. B.

Tant que le vassal dort, le seigneur veille: et au contraire, Tant que le seigneur dort, le vassal veille, Quandiu patronus per conniuentiam somniculosam obdormisse visus est, tantisper cliens peruigilasse censetur: viceque versa, Si manu iniecta beneficiarius nouus incuriae veterno consopitus, iusta facere clientelaria cunctatus sit, tantisper patronus excubias egisse dicitur, conditionemque suam commodiorem fecisse. B.

seigneur


SEIGNEUR, s. m. SEIGNEURIAL, ALE, adj. SEIGNEURIE, s. f. [Sèg-neur, neuri-al, ale, neu-ri-e: 1re è moy. mouillez le g.] Seigneur se dit du maître et possesseur d'un pays ou d'une terre. "Seigneur d'une ville, d'un village, etc. "Il y a beaucoup de prérogatives et de droits atachés à la qualité de Seigneur. "Seigneur souverain; Haut Justicier, etc. = En st. prov. vivre en Seigneur, en grand Seigneur, magnifiquement.
   Ah! Les petits perdent bientôt leurs~ moeurs
   Et sont gâtés auprès des grands Seigneurs.
       NANINE.
  Sans doute. Un grand Seigneur, trouve dans sa noblesse,
  Honeur, gloire, vertus, bon sens, esprit, sagesse.
  Un grand Seigneur sait tout, sans savoir rien apris.
  Tout ce qu'il désaprouve est digne de mépris.
       Les Aïeux chimériques.
= En termes de la religion, Dieu est apelé absolument, le Seigneur. "Voici ce que vous dit le Seigneur. J. C. est apelé Notre Seigneur. = Le Grand Seigneur, l'empereur des Turcs.
   Rem. * Seigneure est un néologisme, que nous devons à M. l'Ab. Royou. Dans un aûtre, on traiterait ce mot de barbarisme. "Elle voulut à 70 ans jouïr des plaisirs de la campagne et mourir au moins Seigneure de village. Journ. de Mons. On dit ordinairement Dame.
   SEIGNEURIAL, qui apartient au Seigneur. "Titre Seigneurial; droits Seigneuriaux: maison Seigneuriale.
   SEIGNEURIE, se dit et des droits, de l'autorité du Seigneur: c'est une seigneurie très anciène, qui a de beaux droits; et d'une terre Seigneuriale: acheter une Seigneurie.

seigneur

*SEIGNEUR, s. m. etc. — Seigneur souverain. Lisez, suzerain.

Synonymes et Contraires

seigneur

nom masculin seigneur
Personne qui tient le premier rang.
Traductions

seigneur

lord, nobleman, squire

seigneur

landestro, sinjoro

seigneur

señor

seigneur

viešpats

seigneur

Lord

seigneur

[sɛɲœʀ] nmlord
le Seigneur → the Lord