seoir

seoir

[ swar] v.t. ind. [ du lat. sedere, être assis ]
(à)Litt. Aller bien, convenir à : Cette couleur sied à votre sœur.
v. impers. Litt.
1. Être convenable, souhaitable : Il sied de répondre poliment ou que vous répondiez poliment convenir ; messeoir [litt.]
2. (de) Être du ressort, du devoir de qqn de : Il vous siéra de décider appartenir à

seoir

(swaʀ)
verbe impersonnel
convenir Il sied de rester digne dans la douleur. Il ne sied pas que vous entriez sans frapper.

seoir


Participe passé: sis
Gérondif: seyant

Indicatif présent
il sied
Passé simple
Imparfait
il seyait
Futur
il siéra
Conditionnel présent
il siérait
Subjonctif imparfait
Subjonctif présent
il siée
Impératif
Plus-que-parfait
il avait sis
Futur antérieur
il aura sis
Passé composé
il a sis
Conditionnel passé
il aurait sis
Passé antérieur
il eut sis
Subjonctif passé
il ait sis
Subjonctif plus-que-parfait
il eût sis

SEOIR1

(soir) , v. n. déf. qui n'est guère usité qu'à l'infinitif, au présent de l'indicatif, je sieds, tu sieds, il sied, nous seyons, vous seyez, ils seient ; à l'impératif, sieds-toi, seyons-nous, seyez-vous ; au part. présent séant, et au part. passé sis.
Être assis.
Le Thermodon a vu seoir autrefois Des reines au trône des rois [MALH., III, 4]
Il la fit seoir [LA FONT., Court.]
Comme Jésus-Christ a souffert durant sa vie mortelle, est mort à cette vie mortelle, est ressuscité d'une nouvelle vie, est monté au ciel, et sied à la droite du Père, ainsi le corps et l'âme doivent souffrir, mourir, ressusciter, monter au ciel et seoir à la dextre [PASC., Lett. sur la mort de son père]
Pas un évêque n'a voulu entrer au conseil, par l'indécence d'y seoir après un homme de second ordre [SAINT-SIMON, 87, 127]
Les chevaliers de l'ordre, mandés par le roi, seient en bas, et n'ont point de voix [ID., 373, 205]
Se seoir, v. réfl. S'asseoir ; peu usité, s'emploie quelquefois familièrement ou en poésie au présent de l'indicatif, à l'impératif et à l'infinitif.
Je m'approche, me sieds, et m'aidant au besoin.... [RÉGNIER, Sat. X]
Carlos, y voyant une place vide, s'y veut seoir [CORN., Don Sanche, I, 3]
Sieds-toi, je n'ai pas dit encor ce que je veux [ID., Cinna, V, 1]
Il se sied, il lui dit qu'il veut la voir pourvue [ID., le Ment. II, 5]
Seyez-vous, et quittons ces petits différends [ID., D. Sanche, I, 3]
L'heure du souper étant venue, chevaliers et dames se furent seoir à leurs tables assez mal servies [LA FONT., Œuv. Lett. à Mme de la Fontaine, 30 août 1663]
Salut ! vois, l'on t'apporte et la table et le pain : Sieds-toi [A. CHÉN., Idylles, le Mendiant.]

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Et si [il] sist contra orientem civitatis [, Fragm. de Valenc. p. 468]
  • XIe s.
    Sur palies blans siedent cil chevalier [, Ch. de Rol. VIII]
    Alez sedeir, quant nuls ne vos somunt [, ib. XVII]
  • XIIe s.
    Je sui retornez en mon regne, e ai sis sor le siege de mes peres [MACHAB., I, 10]
    Que li faus entes [enfant] ki crie Pour la bele estoile avoir, Qu'il voit haut et cler seoir [, Couci, III]
    Entour lui [il] vit ses homes seïr et arrangier [, Sax. VI]
    E Hely sedeit sur le chemin devers l'ost [, Rois, p. 16]
    Sire, sire, as-tu cumanded que Adonias regne et siesced en tun trone cume reis après tun decet ? [, ib. 223]
  • XIIIe s.
    Cis Nullis siet entre Laigni sur Marne et Paris [VILLEH., I]
    Cil dame Diex, fait ele, qui haut siet et loin voit [, Berte, XXVIII]
    Et se tu siez bien à cheval, Tu dois poindre amont et aval [, la Rose, 2207]
    Si vint à l'uis, si vist que c'estoient sis vallet et femes avec eus, et sooient à une table [BEAUMANOIR, LXIX, 21]
  • XIVe s.
    Laditte confrarie doit seoir [avoir ses séances] le premier dimenche [, Ordonn. des rois de Fr. t. III, p. 583]
    Messire Charles de Blois et les seigneurs dessus nommés sirent assez longuement devant la cité de Rennes [FROISS., I, I, 171]
    Le chapperon luy eschappa de la main dextre, et s'en alla seoir à l'aide du vent assez près d'ung chevalier qui se delectoit à regarder vers les pucelles [, Perceforest, t. VI, f° 40]
  • XVIe s.
    Comme un pelerin lassé ou defaillant se sied au milieu de la voye pour reposer [CALV., Inst. 500]
    Il [Jésus-Christ] est seant à la dextre du pere [ID., ib. 1109]
    Je veulx que l'esprit s'y seye [au plaisir de la table], non qu'il s'y couche [MONT., IV, 295]
    Jà Dieu ne plaise que je seye jamais en chaire, dont je ne me puisse lever au devant d'un plus vieil que moy [AMYOT, Lyc. 43]
    Il voulut que les serfs, ès festes de Saturne, se seissent à table pour manger avec leurs propres maistres [ID., Lyc. et Numa, 2]
    Caton y arriva, que tous les autres estoient desjà à table, et demanda où il se serroit [ID., Cat. d'Utiq. 50]
    [ô Dieu, est-ce que] Ne partiront jamais du throsne où tu te sieds Et la Mort et l'Enfer qui dorment à tes pieds ? [D'AUB., Tragiques, Misères.]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, se soyer, au subj. qu'il siese ; provenç. sezer, cezer, seire ; anc. catal. seser, siure ; catal. mod. seurer ; ital. sedere ; du lat. sedere ; comparez le grec, siége ; goth. sitan, être assis ; allem. sitzen.

SEOIR2

(soir) , v. n. déf. qui ne s'emploie plus guère qu'aux troisièmes personnes suivantes : il sied, ils siéent ; il seyait, ils seyaient ; il siéra, ils siéront ; il siérait, ils siéraient ; qu'il siée, qu'ils siéent ; au part. seyant ou séant ; il ne forme aucun temps composé, le part. passé sis n'étant pas usité en ce sens.
Être convenable, bien aller. Ces couleurs vous seyant ou séant si bien, vous devez les préférer aux autres.
Si près de voir sur soi fondre de tels orages, L'ébranlement sied bien aux plus fermes courages [CORN., Hor. I, 1]
Mme de la Fayette lui répondit bonnement : ha ! mon Dieu, madame, ne le faites point, cela ne sied bien qu'aux jeunes personnes [SÉV., 37]
Mais, hélas ! en ce temps d'opprobre et de douleurs, Quelle offrande sied mieux que celle de nos pleurs ? [RAC., Athal. I, 3]
Il les donnait [ses mémoires] avec une modestie et une espèce de timidité qui seyait tout à fait bien à un homme de guerre transplanté dans une assemblée de savants [FONTEN., Lafaye.]
Des sociétés qui ne siéent ni à votre rang ni à votre sexe [MASS., Carême, Emploi du temps.]
Ce qui sied bien au corps sied très mal à la bourse [MONTFLEURY, Femme juge et part. III, 2]
Un peu d'aide souvent sied bien à la beauté [ID., ib. IV, 2]
La voilà dans un âge où un mari ne lui siéra pas mal [LAMOTTE, Magnifique, I, 1]
Voici l'âge d'or qui succède à l'âge de fer ; cela donne trop envie de vivre, et cette envie ne me sied point [VOLT., Lett. Dupont, 23 mars 1776]
Je commence à croire que nous devenons trop Anglais, et qu'il nous siérait mieux d'être Français [ID., Lett. Richelieu, 10 oct. 1769]
Elle n'aime point ce qui brille, mais ce qui sied [J. J. ROUSS., Ém. V]
La marquise : Voilà un drôle de bonnet. - Mlle Ledoux : Je l'ai inventé et fait cette nuit ; il siérait bien à madame [GENLIS, Théât. d'éduc. Dangers du monde, I, 5]
Impersonnellement.
Quoi ! vous iriez dire à la vieille Émilie Qu'à son âge il sied mal de faire la jolie ? [MOL., Mis. I, 1]
Sied-il bien à des dieux de dire qu'ils sont las ? [ID., Amph. prolog.]
C'est à toi, Lamoignon.... Qu'il sied bien d'y veiller pour le maintien des lois [BOILEAU, Épître VI]
Mais siérait-il, Abner, à des cœurs généreux, De livrer au supplice un enfant malheureux ? [RAC., Athal. V, 2]
Quand je vous traite avec bonté, il vous sied mal de montrer de la hauteur [Mme RICCOBONI, Œuv. t. III, p. 187, dans POUGENS]
Il vous sied, mon amie, D'être dans mon malheur toujours plus raffermie [V. HUGO, Hernani, II, 14]
Ironiquement.
Il sied bien.... Trop aveugle ministre, Il te sied bien d'avoir en de si jeunes mains, Chargé d'ans et d'honneurs, confié tes desseins ! [RAC., Bajaz. IV, 7]
Perfide, il vous sied bien de tenir ce discours ! [ID., Mithr. IV, 4]
Concorder, aller ensemble.
Avecque la beauté mon humeur ne sied pas [RÉGNIER, Élég. II]
Oui, c'est lui qui le dit ; et cette vanité, Monsieur, ne sied pas bien avec la piété [MOL., Tart. II, 2]

REMARQUE

  • St-Simon a dit seyé au participe ; mais cela est barbare : J'avais avec eux la liberté de leur tout dire qui n'eût pas seyé de même à la dévotion du duc de Charost, 302, 285.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Bien li sistrent les armes, si s'en sut bien aidier [, Sax. IV]
  • XIIIe s.
    Car quant chascun jadis veoit La fame qui miex li seoit [, la Rose, 14112]
    Grailles li flancs, basses les hance, Moult li siet bien sa destre mance [, Fl. et Bl. 2907]
  • XIVe s.
    Il n'est nul quelconque à qui il siece ou appartienne plus assavoir meilleurs choses et plusieurs, que il appartient au prince [ORESME, Prol.]
  • XVe s.
    Et, si Dieu m'aist, le courage m'en sied trop bien que nous en viendrons à notre dessus [FROISS., I, I, 17]
  • XVIe s.
    Pensez qu'à Ambres bien sierroit, Ou à Carris, qui les verroit Combattre en ordre et equipage, L'un un valet et l'autre un page [MAROT, VI, 54]
    Un critique dit là dessus : ....Mais si tu leur bailles ung eschec Du mot serroit, qui n'est mot grec, Et du latin n'a delivrance ; Parle françois, ou cloz le bec, Car serroit n'est receu en France [ID., ib. VI, 94]
    Il siet mal à un homme qui n'a plus de ville ny de maison, de prescher ceulx qui en ont de les abandonner [AMYOT, Thémist. 21]
    Il avoit la langue un peu grasse, ce qui ne luy seoit pas mal [ID., Alc. 2]
    Il n'est homme à qui il siese si mal de.... [MONT., I, 33]
    La mort la plus muette me semble la mieux seante [ID., II, 55]
    Il vous siera mieux de vous resserrer dans le train accoustumé [ID., II, 314]

ÉTYMOLOGIE

  • Le même que seoir 1, parce que ce qui est bien assis est séant.

seoir

SEOIR. v. intr. Être assis. Il n'est plus guère en usage qu'à ses participes Séant et Sis. Voyez SÉANT et SIS.

SE SEOIR signifiait S'asseoir. Il n'est plus employé qu'en poésie et dans le langage familier, dans ces formes de l'impératif : Sieds- toi, seyez-vous. Il est vieux.

seoir

SEOIR. v. intr. Être convenable à la personne, à la condition, au lieu, au temps, etc. Ce verbe, dont l'infinitif n'est plus en usage, ne s'emploie qu'à certains temps, et toujours à la troisième personne du singulier ou du pluriel, Il sied, ils siéent, il seyait, il siéra, il siérait, ainsi qu'au participe présent, Seyant; il n'a pas de temps composés. Cela vous sied à merveille. Les couleurs trop voyantes ne lui siéront pas. La toilette de cette femme lui seyait mal. Ces couleurs vous seyant si bien, vous devez les préférer à d'autres.

Il s'emploie aussi impersonnellement. Il sied mal à une femme de trop montrer son savoir. Il ne sied pas à un fils de contredire son père. Ironiquement, Il vous sied bien de vouloir réformer les autres!

Le participe présent Seyant s'emploie adjectivement. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

seoir

Se Seoir, Sedere, Assidere.

Mener seoir, Sessum deducere.

Seoir en la Cour, Assidere in Senatu. B.

Seoir en jugement, Palam de loco superiore pro imperio et potestate decernere, Sedere pro tribunali, vt aiunt. Budaeus Pro tribunali pronuntiare, Iudicem sedere.

Seoir en haut pour tenir la plaidoirie, E superiore loco audire et disceptare. B.

Ne point seoir l'apresdinée, Vaquer l'apresdinée, Iustitium pomeridianum obseruare. B.

seoir


SEOIR, v. n. [Soar.] 1°. Être assis. En ce sens, il n'est plus en usage que dans ses participes, séant et sis. Aûtrefois, on disait, il se sied, nous nous séyons. "St. Louis se séyoit auprês d'un chêne pour entendre les parties, etc. = 2°. Être convenable. Il est du bon usage en ce sens; mais il n'a point d'infinitif et il ne s'emploie qu'aux troisièmes persones. Souvent même il est impersonel. "Il sied, ils siéent, il séyoit, il sieroit, il siera. "Cet habit vous sied, vous séyoit bien, etc. "Il vous sied bien de me le reprocher; ce qui se dit ironiquement pour dire, il ne vous sied pas, il ne vous convient pas.
   Il vous sied bien d'avoir l'impertinence
   De refuser un mari de ma main.
       Nanine.

Synonymes et Contraires

seoir

verbe seoir
Littéraire. Aller bien à quelqu'un.
Traductions

seoir

[swaʀ] (littéraire)
vi
seoir à → to become, to befit
... qui sied si bien à qn/qch → ... which suits sb/sth so well, ... which is so well suited to sb/sth
vb impers
comme il sied à → as befits