si

1. si

[ si] conj. sub. [ lat. si ]
1. Introduit une hypothèse, une condition réalisable ou non : Si vous écoutiez les gens, vous comprendriez. S'il suit ces conseils, il réussira à condition qu'il les suive
2. Marque la répétition : Si les clients désiraient quelque chose de particulier, le personnel le leur fournissait aussitôt toutes les fois que, chaque fois que
3. Dans une phrase exclamative, exprime le souhait ou le regret : S'il voulait écouter nos recommandations ! Si seulement j'avais pu lui parler !
Si ce n'est,
sinon, sauf : Ça ne sert à rien, si ce n'est à se faire plaisir.
Si ce n'est que,
avec cette réserve que : Je trouve cette idée merveilleuse, si ce n'est qu'elle coûtera trop cher excepté que
Si... ne...,
à moins que : Elle est généticienne, si je ne me trompe.
Si tant est que (+ subj.),
s'il est vrai que ; pour autant que : Je vous soutiens si tant est que vous ayez besoin de mon appui.
n.m. inv.
Hypothèse ; condition restrictive : Avec des si, on mettrait Paris en bouteille avec des suppositions, tout devient possible

2. si

[ si] adv. interr. [ lat. si ]
Introduit une proposition interrogative indirecte correspondant à « est-ce que » dans l'interrogation directe : Je ne sais pas si elle viendra. Elle lui demandera s'il est d'accord. Nous ignorons s'il y a des survivants.

3. si

[ si] adv. de quantité [ du lat. sic, ainsi ]
1. Marque une intensité : Il y a des routes si abîmées qu'il est dangereux d'y rouler au point que tellement
2. Dans une phrase négative ou interrogative, marque une comparaison d'égalité : Le résultat est-il si bon que cela ? tellement bon aussi

si... que

loc. conj.
(Suivi du subj.) Introduit une concession, une restriction : Si performant qu'il soit, ce logiciel ne peut effectuer ce type de travail quelque performant qu'il soit, quoiqu'il soit performant

4. si

adv. d'affirmation [ du lat. sic, ainsi ]
1. En réponse à une phrase interro-négative, s'emploie pour affirmer le contraire ; oui : « Ne l'utilisez-vous jamais ? – Si » je l'utilise
2. Dans une complétive, indique le contraire d'une négation antérieurement énoncée : « Il ne viendra pas. – J'espère bien que si. »

5. si

[ si] n.m. inv. [ initiales du lat. Sancte Iohannes, saint Jean ]
Note de musique, septième degré de la gamme de do : Des si bémol.
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SI1

(si) conj.
En cas que, pourvu que, supposé que. Il viendra s'il fait beau. Si on vous dit que je ne suis pas votre ami, ne le croyez pas.
J'ai cru qu'il ne serait pas contre le devoir d'un philosophe, si je faisais voir.... [DESC., Épit.]
Si nous ouvrons un peu les yeux, et si nous considérons la suite des choses, ni ce crime des Juifs ni son châtiment, ne pourront nous être cachés [BOSSUET, Hist. II, 8]
Le bien qu'on fait n'est jamais perdu : si les hommes l'oublient, les dieux s'en souviennent et le récompensent [FÉN., Tél. XXIV]
Philippe, irrité, répliqua : Si j'entre dans la Laconie, je vous en chasserai tous. Ils lui répondirent : Si [BARTHÉL., Anach. ch. 82]
Elliptiquement. Il parle comme s'il était le maître (comme il parlerait s'il était....) Il est plus content que si on lui donnait un trésor (qu'il ne serait content si on....)
Si gouverne l'indicatif : S'il venait, il me ferait plaisir ; s'il était venu, je l'aurais su. Cependant on peut mettre aussi le plus-que-parfait du subjonctif au lieu du plus-que-parfait de l'indicatif : S'il fût venu, je l'aurais su.
Sage s'il eût remis une légère offense [LA FONT., Fabl. IV, 13]
Si vous fussiez venue à Vichy et de là ici, c'était une chose naturelle [SÉV., 294]
Si l'on eût fait cette question [sur Dieu] aux gens du peuple, ils n'auraient su que répondre ; si à des étudiants, ils auraient parlé sans s'entendre [VOLT., Mœurs, Circonc.]
Si tu fusses tombée en ces gouffres liquides [A. CHÉN., Élég. Amymone.]
Si ne prend ce subjonctif qu'avec les verbes auxiliaires : Si je vous eusse trouvé, ou si vous avais trouvé ; si j'y fusse allé, ou si j'y étais allé.
Il y a quelques exemples de si avec le conditionnel.
Que te sert de percer les plus secrets abîmes Où se perd à nos sens l'immense Trinité, Si ton intérieur, manquant d'humilité, Ne lui saurait offrir d'agréables victimes ! [CORN., Imit. I, 1]
Si vous auriez de la répugnance à me voir votre belle-mère, je n'en aurais pas moins sans doute à vous voir mon beau-fils [MOL., l'Avare, III, 11]
Il est utile de le lire de suite [un ouvrage]... et, si l'on y désirerait plus de solidité et de profondeur, on peut profiter beaucoup en le lisant... [D'AGUESSEAU, Instit. sur l'étude et les exerc. propres à former un magistr.]
Cette tournure a vieilli ; cependant elle serait encore de mise en certains cas, par exemple dans la phrase de d'Aguesseau.
Au lieu de répéter le si, on peut se servir de que avec le subjonctif.
Observe que, bien qu'on puisse répéter le si, la manière la plus ordinaire et la plus naturelle est de se servir de que [VAUGELAS, ]
Ce serait chose plaisante si les malades guérissaient et qu'on m'en vînt remercier [MOL., D. Juan, III, 1]
Si Babylone eût pu croire qu'elle eût été périssable comme toutes les choses humaines, et qu'une confiance insensée ne l'eût pas jetée dans l'aveuglement.... [BOSSUET, Hist. III, 4]
Quand la construction est négative, au lieu d'un second si, ou de son remplaçant que, on peut mettre ni.
Si on n'aimait pas les justes, ni on ne les protégeait pas pour eux-mêmes, il les faudrait protéger pour le bien public [BOSSUET, Méd. sur l'Évang. Dern. sem. du Sauveur, 83e jour.]
Si peut se répéter devant deux substantifs.
Et je serais heureux, si la foi, si l'honneur, Ne me reprochaient point mon injuste bonheur [RAC., Bajaz. III, 4]
On peut mettre le verbe au singulier, si les deux substantifs sont pris dans un sens disjonctif : Si votre père, si votre mère vient à mourir, c'est-à-dire si votre père meurt, ou si votre mère meurt ; c'est l'un des deux substantifs qui est sujet. Mais on dira : Si l'amour, si la reconnaissance m'attachent à vous, parce que ces deux choses existent ensemble et que les deux substantifs sont le sujet complexe de la proposition.
Si, dans une construction elliptique où il n'y a pas de membre principal, exprime une sorte de souhait.
Si j'arrondissais mes États ! Si je pouvais remplir mes coffres de ducats ! Si j'apprenais l'hébreu, les sciences, l'histoire ! Tout cela c'est la mer à boire [LA FONT., Fabl. VIII, 25]
Encore s'il eût plu à Dieu de lui conserver ce goût sensible de la piété qu'il avait renouvelé dans son cœur au commencement de sa pénitence ! [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Encor si ce banni n'eût rien aimé sur terre ! [V. HUGO, Crépuscule, 5]
Dans une construction semblable, il exprime quelquefois une forte affirmation et comme une sorte d'indignation de ce qu'on met la chose en doute.
Comment, coquine, si je suis malade, si je suis malade, impudente ! [MOL., Mal. imag. I, 5]
Albert : Vous avez donc guéri de ces maux quelquefois ? - Crispin : Moi ? si j'en ai guéri ! ah ! vraiment je le crois [REGNARD, Fol. amour. III, 7]
Quoi ! vous regrettez Minutolo ? - Isabelle : Si je le regrette ! [LA MOTTE, Minutolo, sc. 14]
Vous vous en souvenez ? - Si je m'en souviens ! [BRUEYS, Avoc. Pat. I, 6]
Zaïre, vous m'aimez ? - Dieu ! si je l'aime, hélas ! [VOLT., Zaïre, IV, 2]
Ah si !.... avec une suspension, exprime un souhait qu'on ne veut ou n'ose exprimer.
Ils s'aiment jusqu'au bout, malgré l'effort des ans ; Ah ! si.... mais autre part j'ai porté mes présents [LA FONT., Phil. et Bauc.]
Avec si on peut quelquefois sous-entendre un verbe antécédent.
Je ne puis dire assurément quand je partirai d'ici, si dans un mois, dans deux ou dans trois [VOIT., Lett. 25]
Vous m'aimez, je l'ai su de votre propre bouche ; Je l'ai su de Dorante, et votre amour me touche, Si trop peu pour vous rendre un amour tout pareil, Assez pour vous donner un fidèle conseil [CORN., Suite du Ment. V, 5]
Si l'on considère son ouvrage incontinent après l'avoir fait, on en est encore tout prévenu ; si trop longtemps après, on n'y entre plus [PASC., Pens. III, 2 bis, édit. HAVET.]
Si j'épouse une femme avare, elle ne me ruinera point ; si une joueuse, elle pourra m'enrichir ; si une savante, elle pourra m'instruire ; si une prude, elle ne sera point emportée ; si une emportée, elle exercera ma patience ; si une coquette, elle voudra me plaire ; si une galante, elle le sera peut-être jusqu'à m'aimer [LA BRUY., III]
Chacun peut écrire chez nous [Anglais] ce qu'il pense, à ses risques et périls ; c'est la seule manière de parler à sa nation ; si elle trouve que vous avez parlé ridiculement, elle vous siffle ; si séditieusement, elle vous punit ; si sagement et noblement, elle vous aime et vous récompense [VOLT., Dial. XXIV, 9]
Vous êtes digne ou indigne de la grâce que vous implorez ; si digne, il [Dieu] le sait mieux que vous ; si indigne, on commet un crime de plus en demandant ce qu'on ne mérite pas [ID., Dict. phil. Prières.]
Sur cette construction, Condillac remarque : La Bruyère paraît aimer ce tour, et en fait usage assez souvent ; mais il ferait encore mieux de supprimer les si et de dire : si j'épouse, Hermas, une femme avare, elle ne me ruinera pas ; une joueuse, elle pourra m'enrichir, Art d'écr. I, 10. La construction conseillée par Condillac est bonne sans doute ; mais l'autre est meilleure.
Si admet aussi d'autres ellipses de verbes.
M. le Prince avait convié plusieurs gentilshommes à son ballet ; mais ils s'en excusèrent ; si par faute d'argent ou pour autres considérations, c'est à vous à le deviner [MALH., Lett. à Peiresc, 13 févr. 1615]
Tessé fut déclaré plénipotentiaire du roi à Rome avec pouvoir de prendre le titre d'ambassadeur si et quand il le jugerait à propos [SAINT-SIMON, 207, 34]
Si s'emploie pour exprimer non une supposition, mais une chose certaine. Si je suis gai, c'est que j'en ai le sujet ; cela veut dire : je suis gai et j'en ai sujet.
S'il est pauvre, faut-il le mépriser ? Comment oses-tu dire que tu es de noble race, si tu es le plus traître de tous les hommes ? [SCARR., Rom. com. II, 14]
Si la lune est pesante à la manière des corps terrestres ; si elle est portée vers la terre par la même force qui les y porte ; si, selon l'expression de M. Newton, elle pèse sur la terre, la même cause agit dans tout ce merveilleux assemblage de corps célestes [FONTEN., Newton.]
10° D'autres fois si marque opposition.
Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu [J. J. ROUSS., Ém. VI]
11° S'il le fut, si jamais il le fut, et autres locutions de ce genre équivalent au superlatif.
Ce chasseur perce donc un gros de courtisans, Plein de zèle, échauffé, s'il le fut de sa vie [LA FONT., Fabl. XII, 12]
12° Et, ou si quelque autre chose.... et, ou si rien...., se disent pour exprimer en bloc tout ce qu'on ne veut pas énumérer. Un torrent, ou s'il est rien de plus impétueux.
Elle redevient rose, Œillet, aurore, et si quelque autre chose De plus riant se peut imaginer [LA FONT., Abbesse.]
13° Que si s'emploie quelquefois au commencement des phrases pour si. Que si vous m'alléguez cette raison, je dirai.... voy. QUE 2, n° 18.
14° Combien. Vous savez si je vous aime.
15° Si construit de façon que le membre de phrase qu'il gouverne, joue le rôle de substantif composé.
Tout ce que je lui demande [à M. de Grignan], c'est de conserver votre cœur et le mien.... songez que je recevrai comme une grâce s'il m'oblige à l'aimer toujours [SÉV., à Mme de Grignan, 13 oct. 1673]
16° Il marque le doute, l'interrogation. Je ne sais s'il est arrivé. Je doute si vous viendrez à bout de cette affaire. Dites-moi si vous irez là.
Je laisse au jugement de mes auditeurs si je me suis assez bien acquitté de ce devoir pour justifier par là ces deux scènes [CORN., Cid, exam.]
Et je remets, madame, au jugement de tous Si qui donne à vos gens est sans amour pour vous, Et si ce traitement marque une âme commune [ID., Ment. IV, 8]
Et je suis en suspens si, pour me l'acquérir, Aux extrêmes moyens je ne dois point courir [MOL., l'Ét. III, 2]
Je suis dans l'incertitude si, pour me venger de l'affront, je dois me battre avec mon homme, ou bien le faire assassiner [ID., Sicilien, 13]
17° Ou si, ou bien si, forme interrogative.
Justes cieux ! me trompé-je encore à l'apparence, Ou si je vois enfin mon unique espérance ? [CORN., Cid, III, 5]
Tombé-je dans l'erreur, ou si j'en vais sortir ? [ID., Héracl. IV, 4]
Avez-vous oublié que vous parlez à moi, Ou si vous présumez être déjà mon roi ? [ID., Rod. IV, 3]
Mandez-moi les sentiments de ma tante sur notre succession : veut-elle suivre mon exemple, ou si elle veut retirer ma part ? [SÉV., 27 févr. 1679]
Hé bien, seigneur, hé bien trouvez-vous quelques charmes à voir couler des pleurs que font verser vos armes, Ou si vous m'enviez, en l'état où je suis, La triste liberté de cacher mes ennuis ? [RAC., Alex. IV, 2]
Tout genre d'écrire reçoit-il le sublime, ou s'il n'y a que les grands sujets qui en soient capables ? [LA BRUY., I]
A-t-elle [la loi] introduit les fidéicommis, ou si elle les tolère ? [ID., XIV]
Voilà, dit le chevalier, un réveil assez gai et assez bouffon ; et à qui en as-tu donc, ou si c'est aux anges que tu ris ? [HAMILT., Grammont, introd.]
Enfin exigea-t-il vos hommages comme un tyran, ou s'il mérita votre tendresse comme un vrai père ? [MASS., Orais. fun. Villeroy, I]
À propos des vers de Corneille cités ci-dessus : tombé-je dans l'erreur, ou si j'en vais sortir, etc. ? Voltaire dit : " Il faut : ou bien vais-je en sortir ? Il n'y a qu'un cas où ce si est admis, c'est en interrogation : si je parle ? si j'obéis ? si je commets ce crime ? On sous-entend : qu'arrivera-t-il ? qu'en penserez-vous ? " Comm. Corn. Rem. Héracl. IV, 4. Il est impossible de donner son assentiment à la critique de Voltaire. La tournure qu'il blâme est bonne en soi, et a pour elle les meilleurs auteurs.
18° Si tant est que, avec le subjonctif, s'il est vrai que, avec le sens d'une concession que l'on fait, sans être bien convaincu soi-même. Si tant est que la chose soit comme vous dites, il faudra....
19° Si ce n'est, excepté. Si ce n'est eux, quels hommes eussent osé l'entreprendre ? Il vous ressemble, si ce n'est qu'il a les cheveux plus noirs.
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère [LA FONT., Fabl. I, 10]
20° Si ce n'était.... sans.... Si ce n'était la crainte de vous déplaire. Dans ce cas on peut supprimer si. N'était la crainte de vous déplaire, je parlerais hardiment.
21° Si.... ne, à moins que. Si je ne me trompe.
22° S. m. Un si, une objection.
L'un alléguait que l'héritage Était frayant et rude, et l'autre un autre si [LA FONT, Fabl. VI, 4]
Les si, les car, les contrats sont la porte, Par où la noise entra dans l'univers [ID., Belph.]
Ces protestations ne coûtent pas grand'chose, Alors qu'à leur effet un pareil si s'oppose [MOL., Dép. am. II, 2]
Que le diable t'emporte avec tes si et tes mais [REGNARD, Ret. impr. 15]
Je vous félicite d'avoir obtenu pleine et entière justice, et d'avoir été loué de vos contemporains sans si, ni mais, ni car [DIDER., Lett. à Falconet, févr. 1766]
J'en ai deux autres [lettres] que, quoi que tu puisses croire, je ne changerais sûrement pas contre celles-là, quand tous les si du monde y seraient [J. J. ROUSS., Hél. VI, 2]
Les si, les mais, les oui, les non, Toujours à contre-sens, toujours hors de saison, Échappent, au hasard, à sa molle indolence [DELILLE, Conv. II]
On dit de même : Il a toujours des si, des mais.
23° Si, substantif, s'emploie populairement aussi pour marquer un défaut dans la chose dont il s'agit. Voilà un bon cheval ; il n'y a point de si. Quel si y trouvez-vous ?

PROVERBE

    Avec un si on mettrait Paris dans une bouteille.

REMARQUE

  • Si perd son i devant il et ils : s'il vient, s'ils viennent. Mais il ne le perd devant aucun autre mot, par quelque voyelle que ce mot commence.

HISTORIQUE

  • IXe s.
    Si Loddwigs sagrament que son fradre Karlo jurat, conservat [, Serment]
  • Xe s.
    [Elle] Volt lo seule [siècle] lazsier, si ruovet [l'ordonne] Crist [, Eulalie]
  • XIe s.
    Sed il fut graim [chagrin], ne l'estut [il n'est besoin] demander [, St Alexis, XXVI]
    S'en volt ostages [s'il en veut otages], e vos l'en enveiez [, Chans. de Rol. III]
    Se il fust vif, je l'eüsse amenet [, ib. LIII]
  • XIIe s.
    Nule chançon ne m'agrée, S'el ne vient de fine amor [, Couci, I]
    Je chantasse volentiers liement, Se j'en trouvasse en mon cuer l'achoison [l'occasion] [, ib. IX]
    Mais je ne puis dire, se je ne ment [à moins de mentir], Qu'aie [que j'aie] d'amors nule rien se mal non [, ib.]
    Se j'avoie [quand même j'aurais] le sens qu'ot Salemons, Si me feroit Amors pour fol tenir [, ib. XII]
    J'ai assez plus de duel [deuil] et de pesance, Que n'auroit jà li rois, s'il perdoit France [, ib. XXIV]
  • XIIIe s.
    Je n'entreprendrai cestui plait ne autre, se parvos consaus non [VILLEH., XLVIII]
    Je verroie tes membres et ta teste trancher, Se jamais ne devoie [quand je ne devrais jamais] en France repairer [, Berte, XI]
    Dont doi je prendre en gré se j'ai froid et pouverte [pauvreté] [, ib. XXX]
    Ahi ! mere, fait-ele, com auriez cœur marri, Se vous saviez.... [, ib. LIX]
    Car se ne fust mal et pechiés Dont li mondes est entechiés, L'en eüst onques roi veü, Ne juge en terre congneü [, la Rose, 5591]
  • XVe s.
    Si vous plait, vous nous direz quelle chose ceux de la Calongne ont dit ni fait envers vous [FROISS., II, III, 34]
    Fiez vous y ; à qui ? en quoy ? Comme je voy, riens n'est sans sy [CH. D'ORL., Rondeau.]
    Brief, c'est une droicte plaisance, Que d'ouyr mignons en bancquetz ; Car en celle où l'on met l'advance, Il y a toujours sy ou mès [COQUILL., Droits nouv.]
    Et que se ledit bastard ne se trouvoit point chargé d'avoir voulu..., que incontinent le feroit delivrer [COMM., I, 1]
  • XVIe s.
    Si tu es de Dieu, si parle ; si tu es de l'aultre, si t'en va [RAB., Garg. I, 34]
    En vos propositions tant y a de si et de mais, que je ne sçaurois rien fonder [ID., ib. III, 10]
    Où il n'y a nulle promesse asseurée, nous avons à prier Dieu sous si et condition [CALVIN, Inst. 691]
    Bref, on l'eust pris pour paradis terrestre, S'Eve et Adam dedans eussent esté [MAROT, I, 168]
    Mais si tu m'en eusses parlé, Ton affaire en fust mieux allé [ID., I, 199]
    Ô si tant vivre en ce monde je peusse, Qu'avant mourir loisir de chanter j'eusse Tes nobles faits... [ID., I, 229]
    La dame sans si [sans défaut] [ID., II, 319]
    Croyés que sy ce n'estoit le service que je sçay bien que vous faictes à Madame, je.... [MARG., Lett. 3]
    J'espere, si le temps s'adoulcist ou qu'elle [la reine malade] fasse une pierre, que ce sera la guerison [ID., ib. XL. Pourquoy.]
    . si ce n'est à fin que.... [MONT., I, 100]
    Si l'affection est parfaicte, et qu'on la surcharge encores.... [ID., I, 225]
    S'elle de loing voit quelque arme qui luise, S'elle voit rien qui façon d'armes aye, Lors son Roger elle croit qu'elle advise [LA BOÉTIE, 486]
    Si leurs forces de terre sont grandes, celles de mer ne le sont moins [LANOUE, 406]
    Si ce mien labeur sera si heureux que de vous contenter, à Dieu en soit la louange [AMYOT, Préf. XXVII, 55]
    S'Europe avoit l'estomach aussi beau.... [RONS., 32]
    Mais abaye de loin, si de quelque personne... Au mi lieu de nos jeux nous estions espiez.... [ID., 744]
    Je veux entonner ta louange, Et l'envoyer de Loire à Gange, Si tant loin peut aller ma voix [ID., 456]
    Et bien ! vous, conseillers des grandes compagnies, Fils d'Adam qui jouez et des biens et des vies, Dittes vrai, c'est à Dieu que compte vous rendez, Rendez-vous la justice, ou si vous la vendez ? [D'AUB., Trag. III]
    Que si Dieu prend en gré ces premices, je veux, Quand mes fruicts seront meurs, lui paier d'autres vœux [ID., ib. IV]
    On ne peut rien objecter à cette reyne [Catherine de Médicis], sinon le seul si de vengeance, si la vengeance est un si, puisqu'elle est si belle et si douce [BRANT., Dames ill. p. 7, dans LACURNE]
    Si on y employera les armes [, Mém. de Bellièvre et de Sillery, p. 203, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et espagn. si ; portug. et ital. se ; du lat. si, archaïque, sei ; ombrien, svê ; osque, svai. Les formes svê, svai font conjecturer que sei ou si représente le locatif de sva, et signifie en soi, étant que.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. SI. - REM. Ajoutez :
    Si.... ou non, se dit, quand, dans une alternative, la seconde partie est négative.
    Si vous me blâmerez, ou non, c'est ce que je ne puis dire [LETOURNEUR, Trad. de Clarisse Harlowe, lett. 86]
    Si se disait autrefois se, et l'e s'en élidait devant une voyelle. Cet archaïsme était encore conservé au commencement du XVIIe siècle.
    S'on lui fait au palais quelque signe de tête [RÉGNIER, Élég. II]
    Et s'elle est moins louable, elle est plus assurée [ID., Ép. II]
    Si ne veut pas le futur après soi, du moins dans la langue actuelle ; car au XVIe siècle on usait du futur avec si. Pourtant Letourneur a mis le futur, comme on vient de le voir dans l'exemple ci-dessus. C'est que, dans cet exemple, si est un si dubitatif entre deux verbes. La construction rétablie donne : Ce que je ne puis dire, c'est si vous me blâmerez.

SI2

(si) adv.
Tellement (sens le plus voisin de l'étymologie : sic, ainsi).
Il n'y avait plus que quatre petits mots dans la langue française : la reine est si bonne ! [RETZ, Mém. I]
Il ne faut pas toujours être si délicat [LA FONT., Fabl. VIII, 17]
Voilà le plus beau des éventails.... je n'ai jamais rien vu de si joli [SÉV., 6 avr. 1672]
Une main si habile eût sauvé l'État, si l'État eût pu être sauvé [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Et j'espérais ma part d'une si riche proie [RAC., Athal. III, 3]
Je veux aujourd'hui vous exposer les règles de la foi sur un point si important de la doctrine chrétienne [MASS., Carême, Vocation.]
Jean Corvin Huniade, ce fameux général des armées hongroises, qui combattit si souvent Amurat et Mahomet II [VOLT., Mœurs, 89]
Ces pauvres Savoyards sont de si bonnes gens [J. J. ROUSS., Conf. VI]
La nymphe était si belle, et son amant si tendre [DELILLE, Trois règnes, III]
Familièrement, pas si bête, c'est-à-dire il n'est pas si bête, ou cela n'est pas si bête, ou je ne suis pas assez bête pour faire cela.
Si, avec que dans un autre membre de phrase et l'indicatif, tellement.... que. Le vent est si grand qu'il rompt tous les arbres.
Ce temps, si long que l'on use à composer un long ouvrage, [le prédicateur devrait] l'employer à se rendre si maître de sa matière, que les tours et les expressions naissent dans l'action et coulent de source [LA BRUY., XV]
Le monde est si corrompu que l'on acquiert la réputation d'homme de bien seulement en ne faisant pas de mal [DE LÉVIS, Pensées, V]
Si, avec que et l'infinitif, au point de.
Je ne me repais pas de pensées si vaines que de m'imaginer.... [DESC., Méth. VI, 7]
Si quelques prêtres se trouvaient si horriblement méchants que de se laisser aller à cette diabolique impiété [, Statuts synod. de Le Gouverneur, évêque de Saint-Malo, art. 21 (1628)]
Celui-ci [Eunus adopté par Ésope] le paya d'ingratitude, et fut si méchant que de souiller le lit de son bienfaiteur [LA FONT., Vie d'Ésope.]
Mais je ne me crois pas si chéri du Parnasse, Que de savoir orner toutes ces fictions [ID., Fabl. II, 1]
Et j'ai eu un aïeul, Bertrand de Sotenville, qui fut si considéré en son temps, que d'avoir permission de vendre tout son bien pour le voyage d'outre-mer [MOL., G. Dandin, I, 5]
Ouais ! je ne croyais pas que ma fille fût si habile que de chanter ainsi à livre ouvert [ID., Mal. imag. II, 6]
Eh bien ! nous avons aimé un homme.... et nous avons été si sotte que de l'épouser [mariage de Mme de Coligny et de la Rivière] [SÉV., à Mme de Guitaut, 23 janv. 1682]
Il me semble qu'il y a vingt ou vingt-cinq ans vous n'étiez point si innocente que de ne pas savoir quel jour c'était que le lendemain de la veille de la Pentecôte [ID., à Mme de Grignan, 12 janv. 1676]
Es-tu toi-même si crédule Que de me soupçonner d'un courroux ridicule ? [RAC., Bajaz. IV, 7]
On peut supprimer le que.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? [LA FONT., Fabl. I, 10]
Elle [Mme d'Heudicourt] a été si sotte de donner scrupuleusement dans l'étoffe [dépense en étoffes], sans rien mettre à part [sur une somme donnée pour des habits] [SÉV., 16 oct. 1676]
Le pauvre Chardon de la Rochette, qui toute sa vie fut si simple de croire obtenir par la science une place de savant [P. L. COUR., A MM. de l'Académie.]
Si, dans une phrase négative suivi de que, veut le subjonctif. Il n'a pas été si leste qu'il ne soit tombé.
Si, suivi de qui, ne s'emploie que dans une phrase négative et veut le subjonctif.
Il n'y a si vil praticien qui, au fond de son étude sombre et enfumée, ne se préfère au laboureur qui jouit du ciel [LA BRUYÈRE, VII]
Si devant un adjectif ou un adverbe, au commencement de la phrase et ayant une force exclamative, tant est.... !
Si fort tous les pécheurs s'endorment tranquillement dans cette espérance qu'ils se convertiront un jour ! [MASS., Avent, Délai.]
Il [Dieu] nous a pour ainsi dire portés lui-même sur ses ailes au haut de la roue ; si rapidement nous y sommes montés ! [ID., Carême, Danger des prospér. temp.]
Ironiquement. Vous deviez si bien venir ! je vous ai attendu toute la journée.
Il peut s'employer devant les expressions adverbiales ; des grammairiens ont prétendu le contraire ; mais de bons auteurs en ont usé de la sorte.
Vous voyez bien, mes pères, qu'il y a peu d'opinions que vous ayez si à tâche d'établir [PASC., Prov. X]
L'extravagance y paraît si à découvert, qu'elle ne laisse presque pas de lieu à la méprise [MASS., Carême, Resp. humain.]
Il peut même précéder un substantif.
Ces conjectures ne sont pas si conjectures que tu penses [J. J. ROUSS., Hél. V, 13]
Il sert d'adverbe de comparaison en place de aussi, autant ; mais il ne s'emploie qu'avec la négation ou dans une phrase interrogative.
Mais de ces soupirants qui vous offraient leur foi, Aucun ne vous eût mise alors si haut que moi [CORN., Tite et Bérén. I, 2]
Eh bien, ils se battront, puisque vous le voulez ; Mais Rodrigue ira-t-il si loin que vous allez ? [ID., Cid, II, 5]
Avez-vous jamais ouï parler d'une étoile si brillante que celle du roi ? [SÉV., 13 oct. 1677]
Je n'ai jamais vu rien de si beau, de si bon, de si aimable, de si net, de si bien arrangé, de si éloquent, de si régulier, en un mot de si merveilleux que votre lettre [MAINTENON, Lett. à Mme de Champigny, t. III, p. 173, dans POUGENS.]
Dans la monarchie il n'y a pas une force si réprimante que dans les autres gouvernements [MONTESQ., Esp. V, 7]
Si employé pour aussi dans une phrase affirmative a vieilli.
Plein d'un amour si pur et si fort que le nôtre [CORN., Sur. I, 3]
On y fait si bonne chère qu'on veut [HAMILT., Gramm. 10]
L'usage n'a conservé que la locution familière : Si peu que vous voudrez, si peu que rien, c'est-à-dire aussi peu que vous voudrez, très peu. Si .... comme, se disait jadis pour aussi.. que ; cette tournure a vieilli.
Il n'est rien de si beau comme Calixte est belle [MALH., ]
Je vous félicite, vous, d'avoir une femme si belle, si sage, si bien faite comme elle est [MOL., Méd. malgré lui, II, 4]
Il ne paraît pas que la paix soit si proche comme je vous l'avais mandé [SÉV., 24 juin 1672]
10° Si.... que, quelque... que. Si mince qu'il puisse être, un cheveu fait de l'ombre.
Protésilas sera prêt à le faire [le bien] avec vous pour conserver l'autorité ; mais, si peu qu'il sente en vous de facilité à vous relâcher.... [FÉN., Tél. XII]
Avec ellipse du que.
Une figure, si régulière soit-elle, n'est pas agréable à la vue lorsque... [DESC., Musique, choses à remarquer.]
Si peu que, le peu que.
Si peu que j'ai d'espoir ne luit qu'avec contrainte [CORN., Poly. III, 1]
Divers petits commandants qui étaient le jouet des barbares [sur la fin de l'empire romain], et qui consumaient si peu qu'ils avaient de force à se supplanter les uns les autres [MÉZER., Abr. de l'hist. de France. ann. 455]
On se réjouit de ce qu'on pourra faire bonne chère en toute licence : plus de jeûnes, plus d'austérités ; si peu de soin que nous avons peut-être apporté durant ce carême à réprimer le désordre de nos appétits, nous nous en relâcherons tout à fait [BOSSUET, 1er sermon, Jour de Pâques, 1]
11° Si que, de telle sorte que.
La belle sut de la beauté le prix, Si que bientôt, nouvelle Cythérée, Paris la vit en ses murs admirée [CHAUL., à Mme de Valois.]
12° Si bien que, tellement que, de sorte que. La pluie nous surprit en chemin, si bien que nous nous égarâmes.
.... Si bien Qu'encor qu'elle ait des yeux, si ne voit-elle rien [RÉGNIER, Sat. IX]
Nul animal n'avait affaire Dans les lieux que l'ours habitait, Si bien que, tout ours qu'il était, Il vint à s'ennuyer [LA FONT., Fabl. VIII, 10]
Si bien donc, se dit interrogativement en reprenant un sujet de conversation.
Si bien donc que vous allez trouver M. et Mme Oronte ? [LE SAGE, Crispin rival, 19]
13° Si, signifiant étymologiquement ainsi, est quelquefois employé comme particule affirmative, mais seulement dans le cas où il s'agit de détruire une négation précédente. Vous dites que non, je dis que si. Vous gagez que non, je gage que si. Est-ce que vous n'allez pas à Paris ? Si, j'y vais. On répond si et non oui, parce que, les phrases étant négatives, on ne saurait si oui détruit la négation ou la confirme. Il faut ajouter que le mot si, étant destiné à détruire une opinion exprimée par notre interlocuteur, n'est pas une tournure polie quand on parle à ses supérieurs. On emploie alors une autre formule, comme : je vous demande pardon, JULLIEN.
14° Si fait, locut. qui s'emploie pour affirmer le contraire de ce qui a été dit.
Je crois qu'il n'a pas été là. - Si fait, il y a été. Si fait vraiment. Je ne saurais manger. - Si fait bien moi, je meure [MOL., Sgan. 7]
Si fait, mon enfant, par-ci, par-là, dans de certains moments [DANCOURT, Renaud et Armide, sc. 12]
Si fait, c'est-à-dire ainsi fait. Si ferai, si ferai-je, autres façons d'affirmer, qui signifient je ferai ainsi.
Quoi ! dit-il, sans mourir, je perdrai cette somme ! Je ne me pendrai pas ! eh ! vraiment si ferai, Ou de corde je manquerai [LA FONT., Fabl. IX, 16]
Cette tournure a vieilli ; cependant elle se dit encore. On la trouve dans cette phrase de J. J. Rousseau : Les expressions sont toujours plus recherchées et les oreilles plus scrupuleuses dans les pays plus corrompus ; s'aperçoit-on que les entretiens de la halle échauffent beaucoup la jeunesse qui les écoute ? si font bien les discrets propos du théâtre, et il vaudrait mieux qu'une jeune fille vît cent parades qu'une seule représentation de l'Oracle, Lett. à d'Alemb. sur les spectacles. Si donnons en mandement, formule fréquente dans les anciens édits.
15° Familièrement. Que si, pour si fait. Vous n'y irez pas ? - Que si. Vous ne ferez donc pas cela ? - Oh ! que si. Substantivement.
Eux de recommencer la dispute à l'envi Sur le que si, que non ; tous deux étant ainsi, Une meute apaisa la noise [LA FONT., Fabl. IX, 14]
On la [la Discorde] reçut à bras ouverts, Elle et que-si-que-non son frère [ID., ib. VI, 20]
16° Pourtant, toutefois (ce sens vieillit).
Si faut-il qu'à la fin j'acquitte ma promesse [MALH., IV, 4]
Si ne faut pas abandonner tout d'un coup à la censure publique quinze ou seize années de notre histoire [BALZ., Disc. à la rég.]
Mais, quoique le repos règne en ma conscience, Si ne puis-je endurer avecque patience Des termes dont un jour vous vous repentirez [MAIRET, Soliman, IV, 4]
On m'a pourvu d'un cœur peu content de soi-même, Inquiet et fécond en nouvelles amours ; Il aime à s'engager, mais non pas pour toujours ; Si faut-il une fois brûler d'un feu durable [LA FONT., Élég. III]
Moron : Je le connais, ma peine sera inutile. - La princesse : Si faut-il pourtant tenter toute chose, et éprouver si son âme est entièrement insensible [MOL., Princ. d'Él. III, 5]
Je n'ai point d'argent à prêter ; si ai bien à mettre à profit honnête [PASC., Prov. VIII]
Vous avez beau faire : si faut-il croire, ou nier, ou douter [ID., Pens. XXV, 49, édit. HAVET.]
Ma partie est puissante et j'ai tout lieu de craindre.... Si pourtant, j'ai bon droit [RAC., Plaid. I, 7]
Jamais de son pays ne vint lettre de change, Et, quoiqu'il mange peu, si faut-il bien qu'il mange [REGNARD, le Bal, 13]
Le roi, se fâchant davantage, dit que si fallait-il pourtant qu'elle [Mme de Torcy] le sût [ce qu'il avait dit] [SAINT-SIMON, 186, 235]
On a dit dans le même sens :
si est-ce que Me trompe qui pourra ; si est-ce qu'il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tandis que je penserai être quelque chose [DESC., Méd. III, 3]
Et encore qu'il y ait en l'homme autre chose que la raison, si est-ce néanmoins qu'elle est la partie dominante [BOSSUET, Pens. chrét. 33]
Et si, même signification.
Depuis trente ans, c'est elle, et si, ce n'est pas elle [RÉGNIER, Sat. X]
Je la fuis, je la crains, et si, je l'aime encore [TRISTAN, Panthée, II, 4]
J'ai la tête plus grosse que le poing, et si, je ne l'ai pas enflée [MOL., Bourg. gent. III, 5]
Je n'ai encore vu personne qui ne soit charmé de votre Instruction ; et si, j'en ai ouï parler à bien des gens [MAINTENON, Lett. au card. de Noailles, 2 déc. 1697]
Il n'y en aura jamais qui fasse son chemin si promptement que vous ; et si, ils aiment à aller vite, ces messieurs-là [DANCOURT, Vacances, sc. 3]
Dans cet emploi on prononce si en appuyant dessus et en faisant une petite pause. Ce mot énergique et vif, quoiqu'il ait vieilli, ne doit pas tomber en désuétude.

REMARQUE

  • 1. Si ne doit modifier les participes passés que lorsqu'ils sont adjectifs. On dit bien : un homme si éclairé, si rangé ; mais on ne dit pas : une éclipse si observée ; il faut dire : si exactement observée ; et alors si modifie, non le participe, mais l'adverbe.
  • 2. Il vaut mieux répéter le si devant les adjectifs et les adverbes, et dire : vous êtes si sage et si avisé, que de dire : vous êtes si sage et avisé. Cependant cette dernière façon n'est pas absolument à repousser.

HISTORIQUE

  • IXe s.
    In quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo [je].... [, Serment]
  • Xe s.
    Et si distrent [dirent] [, Fragm. de Valenc. p. 467]
    Si escit [sortit] foers de la civitate, et si sist contra orientem [, ib. p. 468]
    Si astreient li judei perdut, si cum il ore sunt [, ib.]
    Chi sil [ainsi le] feent cum faire lo deent [, ib.]
  • XIe s.
    Si me gardez e de mort e de hunte [, Ch. de Rol. II]
    Vous n'irez pas uan cette année] de mei si loin [, ib. XVII]
    Par ce sunt Franc si fier cume lion [, ib. CXL]
    Dreiz emperere, cher sire, si ferons [, ib. CLXXIV]
  • XIIe s.
    Mais madame est de si très grant vaillance [prix], Qu'à son ami ne doit fere faillance [, Couci, XXIV]
    Diex me ramaint à li [que Dieu me ramène à elle] par sa douçor, Si voirement com j'en part à dolor [, ib.]
    Tuit garni de lor armes si com pour hostoier [faire la guerre] [, Sax. VI]
    Onc mais n'avint en France nule si granz dolors [, ib. XXVII]
    Et en après alons sur nostre roi forfaire, Si que li rois puist dire.... [, ib. XXX]
    Li reis jurad : si veirement cume Deus vit, David ne murrad [, Rois, p. 74]
    Ki, entre tute la gent, est si fidel cume David vostre gendre est ? [, ib. p. 87]
    E fud à curt si cume il out ested devant [, ib. p. 74]
  • XIIIe s.
    Nule gent qui seur mer soient, n'ont si grant pooir comme vous avez [vous Vénitiens] [VILLEH., XVI]
    Et ne furent mie si poi que il ne fussent encore quinse mile [ID., XCI]
    Il avoient si toute la terre perdue, qu'il ne tenoient defors Constantinoble fors Rodestoc et Salembrie [ID., CL.]
    Il n' [y] a si bele femme deça ne dela mer [, Berte, III]
    Paour [j'] ai [qu'il] ne vous tue, si me puist Diex aider [, ib. X]
    Diex ! si que [ainsi que] de vous croire [je] sui fine et vraie et certe [, ib. XXX]
    Qu'il [Dieu] soit garde de vous, si [ainsi] que de cuer [je] l'en pri [, ib. LIX]
    Aucun ont doute que, puisque li heritages est partis du pere ou de le [la] mere et venus à lor enfans par don ou par otroi, qu'il ne puist puis revenir au pere ou à le [la] mere ; mais si fait [BEAUMANOIR, XIV, 22]
    Tandis que le roy fermoit [fortifiait] Sayete, je alai à la messe au point du jour, et il me dit que je l'attendisse, que il vouloit chevaucher ; et je si fis [JOINV., 279]
    Et si feble comme il estoit, se il feust demouré en France, peust-il encore avoir vescu assez, et fait moult de biens [ID., 300]
    Il sembla que toute la chambre feust embaumée, si souef [suave] fleroit [ID., 260]
    Gaudins esgarde son ami Et jus et sus et si et si [, Partonop. ms. de St-Germ. f° 154, dans LACURNE]
  • XIVe s.
    C'est si comme l'en demanderoit que c'est cheval, l'en respont : c'est beste [ORESME, Éth. 43]
  • XVe s.
    Quant messïre Gossiaux et Enguerrand virent le convenant, si furent tous ebahis, et non pas si [à ce point] que ils ne prensissent confort en eux [FROISS., II, II, 229]
    Va, va, dit le sire de Corasse, tu n'es que un bourdeur ; tu te devois si bien montrer à moi hier qui fut, et tu n'en as rien fait [ID., II, III, 22]
    Et avoit mandé.... que tous seigneurs.... dames et damoiselles y vinssent [à la joute], si cher qu'ils avoient l'amour de lui [ID., I, I, 191]
    Et lui signifieroient que, s'il ne venoit dedans le premier jour de mai ensuivant, si puissamment pour resister aux Anglois et defendre son pays, ils se rendroient au roi anglois [ID., I, I, 159]
    Oyez, seigneurs cardinaux, delivrez vous de faire pape ; trop y mettez ; et si, le faites romain, nous ne voulons autre [ID., II, II, 20]
    Ne leur renvoya il le bourgeois de Gand qui estoit en sa prison ? - Si m'aïst Dieu ! si fit [ID., II, II, 62]
    Ha, madame, dirent-elles en riant. - Et que si et que non, dit madame [, Jehan de Saintré, 4]
    Et si elle ne l'est du tout [sa maison destruicte], si est elle bien desolée [COMM., I, 4]
    Naturellement les Angloys qui ne sont jamais partiz d'Angleterre sont fort collericques, si sont toutes ces nations de pays froit [ID., IV, 6]
    La pluspart de ses œuvres il [Mahomet II], les conduisoit de luy et de son sens, si faisoit nostre roy et aussi le roy de Hongrie [ID., VI, 13]
  • XVIe s.
    Dea, mon amy, ne sçavez vous parler françoys ? - Si foys très bien, respondist le compaignon [RAB., Pant. II, 9]
    Vous mesme, aymez boyre du meilleur : si faict tout homme de bien [ID., Gar. I, 27]
    Si peu que rien [ID., Pant. III, 32]
    Nous ne sommes point si malades les uns que les autres, ni d'une mesme maladie [CALV., Instit. 552]
    Je respon que si [ID., ib. 938]
    La vie des fideles doit estre attrempée d'une sobrieté perpetuelle, si qu'il y ait comme une espece de jusne en l'homme chrestien, pendant qu'il vit en ce monde [ID., ib. 998]
    Je ne crains vous recommander ung si homme de bien [MARGUER., Lett. 120]
    Quelque mine que l'on me fasse, si sont ils sy estonnés que ne sçavent que dire [ID., ib. 34]
    Qui sera morveux, si se mouche [MAROT, IV, 153]
    Se fait il plus rien de nouveau ? si fait [ID., I, 198]
    Alexandre, si gracieux aux vaincus [MONT., I, 4]
    Estant si fort esperdu de frayeur que de se jecter.... [ID., I, 62]
    Tel pere est si sot de prendre à bon augure.... [ID., I, 107]
    Ne voulans peidre un si bon morceau qu'estoit celui-là [LANOUE, 554]
    Qu'eusse-je faict ? l'archer estoit si doux, Si doux son feu, si doux l'or de ses nouds.... [RONS., 2]
    Nous avions battu leurs deffenses et dressé nostre batterie si près de leur fossé par dedans et dehors la ville avecq si peu que nous avions de pieces, que nous les avions contraincts ce jourd'hui de capituler avecq nous [, Lett. miss. de Henri IV, t. IV, p. 379]
    Si est-ce que Dieu est très doux [D'AUB., Hist. V, 18]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, si, oui : le métayer qui vend des bestiaux réserve le si du maître ; bourguig. sia, ma sia, mais si ; prov. si ; ital. si, oui ; du lat. sic, ainsi.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. SI.
    13° Ajoutez :
  • Si, au sens de particule affirmative, pris substantivement.
    Si, Nancy ! ce si comprend tout [LETOURNEUR, Trad. de Clarisse Harlowe, lett. LVIII]
  • 17° Si plus, tant plus.
    Une réponse si sèche et si précise fut cruellement sentie ; mais il [le duc de Vendôme] n'était pas au bout du châtiment qu'il avait si plus que mérité [SAINT-SIMON, dans Scènes et portraits choisis dans les Mémoires du duc de St-Simon, par Eug. de Lanneau, Paris, 1876, t. I, p. 198]
  • Si plus est insolite, mais n'a rien d'incorrect.

SI3

(si) s. m.
Condition imposée.
Je te la rends dans peu, dit Satan, favorable, Mais par tel si, qu'au lieu qu'on obéit au diable, Quand il a fait ce plaisir-là, à tes commandements le diable obéira [LA FONT., Ch. imposs.]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Que li rois s'assenti à ce qu'ele voïst [allât], mais que soit pour un si.... [, Berte, LXXI]
    Ge Anseric sires de Monreal, fais savoir à tous ces qui verront ces lettres, que je ay rendu Hugon de Bourgogne mon chastel de Monreal sans nul si [DU CANGE, si.]
  • XVe s.
    Si firent traité avec les commis dudit comte par tel si, qu'eux et les leurs s'en iroient sauvement avec leurs biens [MONSTREL., II, 158]
  • XVIe s.
    Ils furent contraints de promettre qu'ils demeureroient encore l'esté par tel si que, si, durant ce temps, il ne venoit personne leur presenter la bataille, ils s'en pourroient aller [AMYOT, Lucull. 69]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. sic, ainsi. Ce qui prouve qu'il s'agit de l'adverbe si et non de la conjonction si, c'est que les anciens textes portent si, qui est adverbe, tandis qu'il n'ont que la forme se pour si conjonction.

SI4

(si) s. m.
Terme de musique. La septième note de la gamme d'ut. Si naturel. Si bémol.
Le si bémol majeur est tragique [J. J. ROUSS., Dissert. sur la mus. mod.]
La syllabe si paraît, dit M. S. Morelot, avoir été employée pour la première fois par un Flamand nommé Anselme, contemporain de Walrëant, et qui dispute à celui-ci l'honneur d'avoir simplifié la solmisation ; c'est, du moins, le témoignage de Zacconi, dans un ouvrage publié en 1622 [JOSEPH D'ORTIGUE, Dictionnaire de Plain-chant, article si]
Le nom du signe qui représente cette note.

si

SI. conj. Dans le cas où, à condition que, supposé que. Je vous donnerai tant, si vous faites ce que vous m'avez promis. Je vous récompenserai, si je suis content de vous. Si vous venez me voir, vous serez bien reçu. Il dit que si vous partez, il vous suivra. Si les choses en sont là, on ne peut plus y porter remède. Si, devant le pronom il, ils, perd son i, qui est remplacé par une apostrophe. Il viendra s'il peut, s'il fait beau. Ils auront tort, s'ils se fâchent de cela. Au lieu de répéter Si, on peut se servir de que avec le subjonctif. S'il revenait et qu'il fît une réclamation, vous seriez fort embarrassé.

Elliptiquement, Il parle comme s'il était le maître, Comme il parlerait s'il était le maître. Il est plus content que si on l'avait couvert d'or, Qu'il ne le serait si on l'avait couvert d'or.

SI s'emploie encore elliptiquement pour exprimer un souhait, un regret. Si seulement il était venu! Encore s'il avait témoigné quelque regret de sa conduite!

Il s'emploie aussi dans diverses phrases où il s'agit, non d'une condition, d'une pure supposition, mais d'une chose certaine; il marque alors un rapport ou une opposition entre la proposition subordonnée et la proposition principale. Si je suis gai, si je suis triste, c'est que j'en ai sujet. Si cet homme est pauvre, est-ce une raison pour le mépriser? Si l'un est vieux et faible, l'autre est jeune et fort.

Il s'emploie encore après certains verbes marquant doute, interrogation, comme Je demande, dites-moi, savez-vous, j'ignore, etc. Dites-moi si vous irez là. Vous demandez si je suis satisfait. Elliptiquement, Est-ce que vous viendrez, ou si c'est lui? Le regrettez-vous? Si je le regrette!

Vous savez si je vous aime, Vous savez combien je vous aime.

Si ce n'est, Excepté, sauf. Si ce n'est eux, quels hommes eussent osé l'entreprendre? Si ce n'était la crainte de vous déplaire, je ferais telle chose.

Si ce n'est que, Sauf que. Il vous ressemble, si ce n'est qu'il est plus petit.

Si tant est que, S'il est vrai que. Si tant est que la chose soit comme vous dites, il faudra y prendre garde.

S'il en fut exprime le superlatif. Honnête homme s'il en fut, Très honnête homme.

Que si s'emploie pour si au commencement des phrases. Que si vous m'alléguez telle raison, je vous répondrai...

Si s'emploie comme nom masculin invariable pour désigner une Restriction ou une supposition. Avec lui, Il y a toujours des si et des mais.

Prov. et fig., Avec des si, on mettrait Paris dans une bouteille, Avec de certaines suppositions, on rendrait tout possible.

si

SI. adv. Aussi. Je ne connus jamais un si brave homme. N'allez pas si vite. Ne courez pas si fort. Peut-on être à la fois si riche et si avare?

Il se dit aussi dans un sens comparatif et signifie Autant, aussi; il est alors suivi de Que et ne s'emploie qu'avec la négation. Il n'est pas si riche que vous. Il ne se porte pas si bien que cela. Cependant on dit familièrement, sans négation : Si peu que vous voudrez, si peu que rien, Aussi peu que vous voudrez, très peu.

Il signifie encore Tellement, à tel point; il est suivi alors de Que. Le vent est si violent qu'il a brisé plusieurs arbres. Je ne suis pas si prévenu en sa faveur que je ne voie bien ses défauts. Il marchait si vite que je ne pus l'atteindre. J'étais si loin que je ne pouvais rien entendre. Je ne suis pas si simple que de croire cela.

Il s'emploie également dans le sens de Quelque. Si habile que vous soyez, vous n'y réussirez point. Si peu qu'on le provoque, il entre en fureur.

Si est encore particule affirmative et s'oppose à Non ou à une phrase négative. Vous dites que non, et je dis que si. Je gage que si, je gage que non. Vous n'avez pas été à cet endroit? Si. On dit encore, familièrement, pour accentuer l'affirmation : Que si. Oh que si!

Si fait s'emploie pour affirmer le contraire de ce qu'un autre a dit. Je crois qu'il n'a pas été là. Si fait, il y a été. Si fait vraiment.

SI BIEN QUE, loc. adv. Tellement que, de sorte que. La nuit nous surprit en chemin, si bien que nous nous égarâmes.

si

SI. n. m. T. de Musique. Septième note de la gamme d'ut. Si bémol.

Il est aussi le Nom du signe qui représente cette note. Le si est effacé.

si

Si, Est particule conditionale, prinse du Latin, dont et l'Italien et l'Espagnol pareillement l'empruntent, Si vous estes chevalier, vous estes preud'homme, hardy et de haut affaire. Elle a en maints lieux energie, renforçeant le verbe qui la suyt, comme, Si l'abandonnerez vous, Si cheminerez vous, Etiam nolens missum facies, Etsi inuitus incedes. Auquel endroict, Si, est de menace commandement et force. Elle a autre energie, quand on dit Il estoit sçavant et si estoit vaillant aux armes, Doctus erat et nihilominus strenuus. Ou et praeterea strenuus. Quand elle precede ce mot, faut, elle a energie de necessité, comme, Si faut il que vous me laschez, Necesse habes me liberare, Expletive est elle quand les deux parties sont negatives, Comme au calendrier des bergers, Lequel n'estoit point clerc, et si n'avoit nulle cognoissance des escritures, Neque petitus, neque literarum gnarus erat. Elle se met aussi au commencement d'un propos, comme, Si advint en ce jour mesmes que le heraut arriva, où elle est aussi expletive, comme en Maugist: si voy qu'il nous faudra avoir bataille. Aucunesfois est illative comme audit Romant mesmes: si vous despechez de dire ce qu'il vous en semble, Itaque quod vobis videtur proferte, Elle est aussi employée és partitions, comme la premiere raison: Si est, et là semble estre expletive.

Si son pere estoit retourné, Si rediisset pater.

Je vay voir si mon frere est de retour, Si forte redierit frater, viso.

S'il dit qu'il le veut, ren luy, Si est vt dicat velle se, redde.

Si tu le fais, Si facias.

Si tu ne te donnes garde, Profecto nisi caues tu homo.

Si je ne m'abuse, Nisi me animus fallit.

Si de quelque lieu, Sicunde.

Si ce n'estoit que je crain mon pere, je, etc. Ni metuam patrem, habeo, etc.

Si d'adventure je ne, etc. Nisi forte ego vobis, qui et miles, etc.

Si d'adventure je ne fay ceci, Nisi vnum hoc faciam.

Si ce n'est pourtant que, etc. Nisi quia necesse fuit hoc facere, etc.

Si ce n'est que je souspeçonne, qu'ils, etc. Nisi si id est, quod suspicor, aliquid monstri alunt.

Si je ne suis du tout abusé, Nisi me omnia fallunt.

Si d'adventure nous ne voulons suyvre, Nisi forte volumus sequi.

Je veux qu'on me tienne menteur, s'il n'est ainsi, Mentior, nisi factum est.

Si ne veux je pas que tu mentes, Quin nolo mentiare.

Je seroy content, si petites qu'elles fussent, Quanuis paruis contentus essem.

¶ Faire si finement qu'il est possible, Le plus finement du monde, Quanuis callide facere.

¶ Par tel si et condition, Ea conditione, Ea lege, vel His legibus.

Je feray ta volonté, par tel si, que, etc. Obsequar voluntati tuae, cum eo, etc.

Si comme, Sicut, Sicuti.

Si fort, Eo, Adeo.

Sinon, Nisi, Si minus, Sin autem.

¶ Si que, id est, Tellement que, Sic vt. Herberay au prologue de Josephe de la guerre des Juifs, Car les uns en ont parlé ou en haine qu'ils portoyent aux Juifs ou en la faveur des Romains accusans les uns et excusans les autres, si que, jusques à present le faux de ceste guerre n'a esté cogneu d'avec le parfait tel qu'il est advenu, c'est à dire de façon que, etc.

si


SI, conjonction conditionelle. Elle peut se résoûdre par, en câs que, pourvu que, à moins que, etc. S'il vient, s'il arrivait, etc. Devant les noms, si est comme comparatif, et a le même sens que tant; mais celui-ci ne se met que devant les substantif, si ne s'unit qu'aux adjectifs. "Il a tant de bonté: il est si bon.
   Rem. 1°. Si perd son i devant le pronom il, ils: s'il vient, s'ils viènent, etc. = 2°. Devant les verbes, il régit l'indicatif; mais quand il y a plusieurs membres dans la même phrâse, régis par cette conjonction, au lieu de la répéter, on met que au 2d membre, et alors ce que régit le subjonctif. "Si vous le méritez, et que vous le demandiez, au lieu de, si vous le demandez. Celui-ci peut se dire; mais l'autre vaut mieux. = 3°. Si, pris au sens de suposé que, n'est jamais suivi d'un futur, même quand il s'agit d' une chôse à venir; mais on met le présent du verbe au lieu du futur. Vous serez content, si vous venez; et non pas, si vous viendrez. Que si le premier verbe est au présent du conditionel, le 2d doit être à l'imparfait de l'indicatif. "Vous seriez content, si vous veniez; et non pas si vous viendriez. Enfin, si le 1er verbe est au pâssé du conditionel, le verbe aprês si sera aussi au passé de ce même conditionel. "Vous auriez été content, si vous fussiez venu. — Les Étrangers doivent faire atention à cette Remarque. = 4°. Quand si est entre deux verbes, et que le 1er est au futur, le 2d doit être au présent. Si le 1er est au présent conditionel, le 2d doit être à l'imparfait. Ainsi cette phrase est vicieûse: "Les Dieux seront bien injustes, si tant de vertus ne les forçoient, etc. Il faut dire: si tant de vertus ne les forcent; ou bien, ils seraient injustes, si tant de vertus ne les forçaient, etc. = 5°. Quelques Auteurs font régir à si le subjonct. mais mal. En voici un exemple. "Aprês cela, faut-il s'étonner si des hommes qui recherchoient les voluptés au milieu des périls.. ayent vu ensevelir leur liberté dans les champs de Pharsale. Révol. Rom. Il falait: s'étoner qu'ils ayent vu, ou s'ils ont vu, etc. = 6°. Si n'est pas toujours une conjonction conditionelle: elle n'exprime pas toujours le doute, et elle s'emploie souvent, par les Poètes sur-tout, pour exprimer ce qui est conu et avoué de tout le monde. On a repris dans l'Ann. Litt. ces vers de M. de Murville.
   Entendez Orosmane, et Vendome et Zamore,
   Et si l'illusion, qui créa leurs malheurs,
   Vous arrache à la fois des soupirs et des pleurs,
   Avouez que des vers l'éloquente magie
   N'a jamais peint l'amour avec tant d' énergie.
"Quel éloge, dit le Censeur, que de dire, que si une Pièce arrache des pleurs, il faut avouer qu'elle est bonne: cela est indubitable. Mais si elle n'en arrache pas, elle est mauvaise; et la conjonction si n'afirmant rien, on ne sait que statuer sur le mérite de l'ouvrage. — Je ne puis être du sentiment du Critique, dans cette ocasion. Si, en cet endroit, équivaut à puisque: il afirme, par conséquent, et il statue sur le mérite de l'ouvrage. Le sens est: puisque l'illusion vous arrache des pleurs, avouez que, etc. Il serait aisé de citer un grand nombre d'exemples de la conjonction~ si, employée de la sorte. = 7°. Plusieurs si de suite, sans répéter le verbe, est un tour latin, bon quelquefois à employer en français. "Si j'épouse une femme avare, elle ne me ruinera point; si, une joueuse, elle pourra s'enrichir, etc. LA BRUY. = 8°. Une des propriétés de si, c'est de changer l'indicatif en subjonctif, dans le verbe régi par que, parce qu'il exprime le doute. Ainsi, vous direz: il est vrai que je suis sincère; et l'on vous répondra: s'il est vrai que vous soyiez sincère, expliquez-vous donc. "Si vous m'aviez convaincu, vous auriez été certainement flaté de cette publicité. Je vous crois trop juste pour vous en plaindre, si l'on venoit à trouver que vous n' ayiez pas réussi. Ling. "S'il est un avenir sur lequel la raison vous permette de porter vos regards, vivez de façon qu'il vous soit plus avantageux pour vous que le présent. Anti-Lucrèce.
   II. Si se met devant les adjectifs, comme les adverbes de quantité. Il est si aimable, si bon qu'il n'a pas son pareil. = 1°. S'il y a deux adjectifs, il faut répéter si; il est si sage et si avisé; et non pas si sage et avisé. = 2°. Aûtrefois on mettait si pour aussi devant les adjectifs et les adverbes, et on le faisait suivre de la conjonction que. "Personne ne vous honore si véritablement que je le fais. "Il n'est pas si faible que vous. Il faut, dans ces ocasions, aussi véritablement, aussi faible, etc. parce qu'il y a comparaison. On met si quand on ne compare pas: "Un corps si foible ne peut pas résister. Bouh. Le P. Buffier n'est pas tout-à-fait de cet avis. Il croit que si peut être employé pour aussi, soit après une négation, soit dans une interrogation: "Descartes n'est pas toujours si plausible que Gassendi: "Est-il si méchant qu'on le dit? L'Acad. dit aussi: "Il n'est pas si riche que son frère: il n'est pas si estimé que, etc.~ Je crois, comme le P. Bouhours, qu'aussi vaudrait mieux dans ces phrâses, comme autant vaut mieux que tant, lorsqu'il y a comparaison. = Vaugelas remarque que dans ces ocasions on doit mettre que aprês si, et non pas comme: "je ne le crois pas si grand que vous, et non pas comme vous. Si cette observation est inutile pour si, elle peut servir pour aussi. = 3°. Hors de la comparaison, si est suivi de que; et ce que régit le verbe au subjonctif, lorsque le verbe auquel si est joint est à l'impératif, ou lorsque les deux verbes sont employés négativement: "Faites-le si bien que vous ne soyiez pas obligé d'y revenir. "Il n'a pas été si leste, qu'il n' ait reçu un bon coup de sabre. Hors de là, il régit l'indicatif: "Il a été si atentif qu'il a retenu mot à mot tout ce qu'on a dit. = Remarquez que lorsque les deux verbes sont employés avec la négative, on retranche pas au second, comme dans le second exemple. On la retranche aussi au verbe qui est régi par si. "L'expérience avoit fait voir qu'on n'aurait jamais la paix au dedans, si on ne portoit la guerre au dehors. Révol. Rom. "Si Pigmalion ne change de conduite, notre gloire et notre puissance seront bientôt transportées à quelque aûtre peuple mieux gouverné que nous. Télém. On pourrait dire, sans solécisme, s'il ne change pas, etc. mais, s' il ne change est plus élégant. = 4°. Si ne se met point devant les substantifs. "Le judicieux Dion a si peur qu'on ne soupçone, etc. LING. Révol. de l'Emp. Rom. MALLEBRANCHE avait dit aussi. "Ils ont si peur de n'être pas au dessus de tous ceux qui les écoutent, etc. "Il a encore si mal, qu'il prendra peut-être le parti d'aller à Bourbon. Sév. Avec les substantifs, on doit se servir de tant: il a tant de peur, tant de mal, etc. — Il est vrai qu'on dit, il est si mal; mais mal est là adverbe. — La Bruyère dit aussi, se rendre si maître de sa matière, que, etc. Il faut dire, tellement maître que, etc. = Quelquefois si peut régir des substantifs, employés adjectivement, comme dans cette phrâse de Bossuet. "Nous ne sommes pas si brebis, ni si patiens que vous pourriez le croire: mais cela ne peut être bon que dans le style badin, ou critique, ou polémique. Ainsi l'on dira; il n'est pas si dupe, si cruche que vous le pensez, etc. = 5°. Quelques Auteurs se sont servi de si, suivi de que, dans le sens de quelque que: "Si conu que soit un tel, on n'a pu encore deviner son caractère. "Aucune âme, si parfaite qu'elle soit, n'a jamais ici bâs une contemplation perpétuelle. Fénélon. "Si divisée qu'elle pût être, etc. Pluche. "La mine, si riche qu'elle soit, s'est enfin épuisée. Journ. de Mons. = Le Rich. Port. dit: si beau qu'il soit, vous l'aurez; et l'Acad. "Si petit qu'il soit . — Il me semble que ce tour vieillit, que du moins il n'est que du style familier; et que quelque que est plus sûr et plus autorisé. * Anciènement on mettoit si à la place de quelque, mais sans que, et l'on plaçait le pronom nominatif aprês le verbe. "En toute chôse, si dificile fût-elle. Vie de St. Pierre d'Alc. pour, quelque dificile qu'elle fût. = 6°. Comme si régit l'indicatif, et non pas le subjonctif. "La pauvre fille s'arrêta à cette partie de son histoire, comme si elle n'osât (n'osait) continuer. Miss. Bidulph. = 7°. Si ne modifie pas bien les participes, à moins qu'ils ne soient en même tems adjectifs verbaux. On dit, un homme si éclairé, si rangé; mais on ne dit pas, un homme si aimé, une éclipse si observée: il faut dire, si tendrement aimé, si exactement observée; et alors si modifie, non le participe, mais l'adverbe. — Je ne dissimulerai pas qu'il y a beaucoup d'exemples contraires à cette Règle; mais je ne la crois pas moins juste. "Vigilance, qui s'oposoit à des sentimens si reçus. BOSS. "Télémaque, si désabusé des conquêtes. Fénél. "Quel est cet inconu, qui a si maltraité nos troupes. Mde. Dacier. "Votre Majesté est donc bien ingrate d'avoir si maltraité ses Maîtres. Fonten. * Il est à remarquer qu'on dirait fort bien, d'avoir traité si mal, parce que si s'unit fort bien avec les adverbes; mais quoique mal se trouve dans maltraiter, l'usage n'en a fait qu'un seul mot, de sorte que maltraité est un pur participe. = Racine le Fils a dit aussi:
   À~ ce pouvoir si craint tout mortel rend homage.
Tout cela a l'air sauvage, et surprend, et choque quand on le lit, ou qu'on l'entend. = Parmi les adjectifs verbaux même, et les adjectifs simples, si ne peut modifier que ceux qui sont susceptibles de degrés de comparaison. Démontré et inconnu, par exemple, ne comportent pas le plus et le moins; on ne dirait pas: une proposition peu ou beaucoup démontrée; une loi de la Nature peu ou beaucoup inconûe: on ne peut donc dire si démontrée, si inconûe, comme a dit Voltaire. "Cette force (la gravitation) si démontrée, et avant le grand Newton, si inconûe. Hist. de Russie. Je voudrais dire, si bien démontrée et si peu conûe; ou, et parfaitement, ou entierement inconûe. — J. J. Rouss. dit aussi, si démontrée. M. l'Ab. De Lille dit, si infini; ce qui est encore plus singulier. — Ce n'est qu'en badinant qu'on peut dire, comme Mde de Sévigné. "Me voici à Paris, où je trouve que ces deux Messieurs ne sont pas si morts qu'ils l'étoient hier. — Ils avaient pâssé pour morts. = 8°. Quoique si modifie les adverbes, je trouve qu'il ne fait pas bien devant ceux qui sont composés. "Ce qui me metoit si en peine. VOIT. Je dirais, si fort en peine.
   III. Si bien que, de sorte que, était fort usité aûtrefois, même dans le beau style: il a vieilli et n'est plus admis que dans la conversation. Quand il est à la tête de la phrâse, il est encôre bon dans le style polémique. "Si bien que, à vous entendre, on ne trouve absolument rien qui vaille dans les anciens ouvrages scolastiques. Anon. Il régit l'indicatif. = On disait aussi, si malheureux que de, pour dire, assez malheureux pour: "Je ne serai pas si malheureux que d'être la seule chôse qui en soit sortie (de sa mémoire). Voit. Cette expression est encore réléguée dans le discours familier. = Si, pour cependant, est encôre plus suranné. "Toute incomparable qu'est la vaillance d'Alexandre, si a t'elle encore ses taches. Montaigne. "Quoique nous lisions de lui (d'Amadis) si faut-il avouer que vos fortunes sont aussi merveilleuses que les siennes. Voit. = Et si, pour, et cependant, a duré plus longtems. "J'ai fait tout mon possible; et si je n'ai pu en venir à bout. "Je n'ai point de goutte, et si je bois comme un trou. DE COULANGES. Vaugelas et Th. Corneille condamnent cette façon de parler: l'Acad. l'admettait dabord pour le style familier; ensuite elle dit que cette expression était bâsse. Dans la dern. édit. elle l' aprouve pour la conversation. On dit plus souvent et si pourtant; mais il n'est pas du beau style. M. Henaut l'a pourtant employé dans son Abr. Chronol. "Et si pourtant l'Edit de Henri III, qui régloit ainsi les rangs, (entre les Pairs) ne fut doné qu'en 1576. = Si se disait aussi pour ainsi et faisait marcher le pronom aprês le verbe: si ferai-je. La Font. = Si tant est que, etc. L'Acad. dit qu'on peut encore s'en servir dans le discours familier. "Si tant est que la chôse soit comme vous le dites, il faudra, etc. L. T. = Si est-ce que: cette façon de parler était fort bonne et fort élégante du tems de Vaugelas; mais elle ne l'est plus guère aujourd'hui, dirent bientôt Bouhours et Corneille. Suivant l'Acad. elle était toujours d'usage dans le discours familier. "Quoique vous ayiez pu dire, si est-ce qu'il est résolu de partir. — Dans les éditions suivantes, elle dit que cette expression vieillit. L. T. = On disait aussi aûtrefois, si fais bien moi, pour, moi au contraire. "Je n'aime point le jeu. — Si fais bien moi. M. de St. Real dit dans la Vie de J. C. "Ce n'est pas au coeur que vont les chôses que l'homme mange: ainsi elles ne sauroient le souiller; si font bien celles qui en sortent. — Cette façon de parler, dit Andry, ne se peut souffrir que dans le discours familier. Réflex. = Si que, pour de sorte que, et si bien, pour quoique, sont tout-à-fait hors d'usage depuis longtems. "Si bien j'ai dit cela, je ne le ferai pas. C'est de l'Italien tout pur: se bene l'ho detto, etc.
   IV. Si est substantif dans cette phrâse: voilà bien des si et des mais.
   Votre coeur a toujours en réserve
   Quelques si, quelques mais.
       Dest. Le Glorieux.
"Voilà un bon cheval; il n'y a point de si: quel si y trouvez-vous? Et proverbialement avec un si on mettrait Paris dans une bouteille: avec de certaines supositions, on rendrait tout possible. — L'Acad. troûve que tout cela est populaire. Je crois qu' il sufit de dire qu'il est familier. = Si est quelquefois particule afirmative. "Vous dites que non, et je dit que si; je gage que si. "Oh que si. MARIV. Mais si tout seul, pour oui est du Peuple. "Tu ne sais pas écrire. — Si parbleu. — Il dit aussi si fait. "Vous n'avez gardé que la robe que vous avez sur vous: si fait, si fait, j'en ai encore une aûtre. Th. d'Éduc. L'Acad. dit que cette façon de parler n'est pas du bel usage. Voltaire l'a employée dans ses Romans prétendus philosophiques.
   V. SI-TôT, adv. Dans un tems si prochain. Il ne le fera pas si-tôt. Il s'emploie toujours dans des phrâses négatives. = * Plusieurs disent, de si-tôt: la paix ne se rétablira pas de si-tôt. Journ. Polit. "Il serait à souhaiter que M. Priestley n' abandonât pas de si-tôt une carrière où il se montre avec tant de distinction. Journ. de Litt. "Il paroit impossible que l'incendie alumé s'apaise de si-tôt. Ling. "Il ne comptoit pas de revenir de si-tôt. Ann. Litt. "La Langue Anglaise ne fut pas de si-tôt à la mode. Hist. d'Angl. = Je ne sais si c'est un néologisme, ou un mot de Province; mais je crois que cette locution n'est pas du bel usage. Mde de G... l'a aussi employée. "M. le Chevalier vient-il? — Oh! non pas de si-tôt. Th. d'Éduc. — L'Acad. ne met que si tôt que, au mot TôT. = Si-tôt que conjonction, régit le futur et le conditionel. Si-tôt qu'il viendra, si-tôt que vous aurez fait. "Il me promit que si-tôt qu'il aurait reçu des nouvelles, il me les enverrait. — Remarquez que, dans ces sortes de phrâses, on met le conditionel pâssé, lorsque le verbe du premier membre, qui est le membre régissant, est à l'aoriste ou à l'imparfait, ou au plusqueparfait. Il me promit ou il me promettait, ou il m'avait promis que si-tôt qu'il serait arrivé, il viendrait me voir. Mais si le premier verbe est au présent ou au prétérit, on mettra le verbe régi par si-tôt que, au futur passé: il me promet toujours, ou il m'a toujours promis que si-tôt qu'il aura reçu les nouvelles, il me les enverra. = Au reste, il ne faut pas confondre la conjonction si-tôt que avec si joint à tôt et suivi de que, tel qu'il est employé dans cette phrâse. "Faites-le si-tôt, que vous ayiez le tems d'aller où je vous ai dit. = Si-tôt ne régit pas les noms. "Si-tôt la lettre reçue, Berault. Hist. de l'Egl. "Si-tôt le saint expiré. Ibid. Cela sent le gasconisme.

Synonymes et Contraires

si

adverbe si
Marque l'intensité.

si

conjonction si
1.  Exprime la condition.
2.  Exprime la répétition.
4. 
Si ce n'est que.
Traductions

si

(si)
conjonction
1. introduit un fait dont dépend qqch Je viendrai si je peux. Si j'étais riche, je t'offrirais ce voyage.
2. après un verbe qui exprime une interrogation Je me demande s'il viendra. Il ne sait pas s'il va réussir.
3. exprime un désir Si seulement je pouvais la revoir !
4. pour faire une proposition Et si on allait se promener ?

si

(si)
adverbe
1. après une phrase négative, pour dire "oui" Tu ne l'as pas vu ? - Si.
2. tellement Elle est si gentille.
3. introduit une conséquence J'ai oublié de le prévenir, si bien qu'il n'est pas venu.

si

ob, doch, wenn, allerdings, falls, freilich, immerhin, insofern, ja, ja doch, so, wofern, wohl, zwar, also, daher, denn, ebenso, folglich, jedoch, sich, somit, B, dermaßen, H, oh ja, sonstif, whether, so, yes, certainly, indeed, provided that, surely, such, accordingly, as, either, questionparticle, rather, that, then, therefore, absolutely, aye, decidedly, definitively, yea, yeah, yep, b, tials, of, indien, ja, jawel, wanneer, wel, zo, immers, ingeval, toch, zeker, dermate, dusdanig, even, tochwel, zich, hoe, ook al, wel zeker, zo(zeer), zulk, ook, zoietsאלמלא (מ חיבור), אם (מ חיבור), לו (מ חיבור), לולא (מ חיבור), לוּלֵאas, indien, ja, togben bé, de debò, en veritat, si, sí, veritablementano, jestli, pokud, tak, takovýja, hvis, om, så, sådanμάλιστα, αν, ναι, όταν, εάν, κατά πόσον, τέτοιος, τόσοĉu, jes ja, sesi, ciertamente, en verdad, , así, tal, tanjos, han, kyllä, joko, niin, sellainende, hajika, kalause, , caso che, come se, qualora, così, similesijo, hvis, hvorvidt, , slikjeżeli, o ile, przecież, tak, wszak, czy, takise, ão de, bem, com efeito, de facto, de fato, na suposição de, na verdade, no caso de, sem dúvida, sim, tal, tãoda, dacăесли, си, ведь, да, коли-титр, ли, настолько, такойom, ja, ju, såvida, såvitt, så, sådanikiwa, kama, naam, ndiyoeğer, evet, ise, böyle, çok如果, 是否, 那样, 非常的إِذَا, جِدّاً, سَوَاء, كَهَذاako, hoće li, takav, tako・・・かどうか, そのような, とても, もしも・・・ならば...인지 어떤지, 그런, 너무나, 만일 ...이면เช่นนั้น, ไม่ว่าจะ....หรือไม่, ถ้า, มากđược hay không, nếu, như thế này, quáАКО (si)
nom masculin invariable
musique note de musique

SI

abr nm = syndicat d'initiative

si

[si]
nm
(MUSIQUE) → B
en si bémol → in B flat
(en chantant la gamme) → ti
la, si, do → la, ti, do
adv
(en réponse à une question à la forme négative)yes
"Tu n'es pas allé à l'école habillé comme ça?" - "Si." → "You didn't go to school dressed like that?" - "Yes I did."
"Paul n'est pas venu." - "Si!" → "Paul hasn't come." - "Yes he has!"
"Il n'a pas dit ça." - "Je vous assure que si." → "He didn't say that." - "I assure you he did."
(= tellement) (avec adjectif attribut) → so; (précédant un adjectif épithète) → such
Elle est si gentille → She's so kind.
une si gentille fille → such a nice girl
Tout s'est passé si vite → Everything happened so fast.
(tant et) si bien que → so much so that
(= aussi) (concession) si ... que
si rapide qu'il soit → however fast he may be
conj
(hypothèse) → if
si tu veux → if you want
si j'étais toi → if I were you
(dans une interrogation indirecte) → if, whether
Je me demande si elle va venir → I wonder if she'll come., I wonder whether she'll come.
(concession) s'il est ... → while he's ..., whereas he's ...
S'il est aimable, eux par contre sont franchement désagréables → While he's nice, they are really quite unpleasant., Whereas he's nice, they are really quite unpleasant.
(autres locutions) si seulement → if only
si ce n'est ...
une des plus belles, si ce n'est la plus belle → one of the most beautiful, if not THE most beautiful
si ce n'est que ... → apart from the fact that ...