siffler

siffler

v.i. [ du lat. sibilare ]
1. Produire un son aigu soit avec la bouche, soit avec un instrument : Le maçon siffle en travaillant. L'arbitre a sifflé.
2. Pousser le cri propre à l'espèce, en parlant de certains animaux : « Quand nous chanterons le temps des cerises / Sifflera bien mieux le merle moqueur » [J.-B. Clément].
3. Produire un son aigu, en parlant de l'air, de certaines choses : Le vent siffle dans les branches.
v.t.
1. Reproduire en sifflant : Siffler une chanson.
2. Appeler en sifflant : Siffler un chien.
3. Signaler en soufflant dans un sifflet : L'arbitre siffle la fin du match.
4. Huer en sifflant : Les spectateurs ont sifflé certaines scènes conspuer ; acclamer, ovationner
5. Fam. Boire rapidement : Siffler une canette vider

siffler


Participe passé: sifflé
Gérondif: sifflant

Indicatif présent
je siffle
tu siffles
il/elle siffle
nous sifflons
vous sifflez
ils/elles sifflent
Passé simple
je sifflai
tu sifflas
il/elle siffla
nous sifflâmes
vous sifflâtes
ils/elles sifflèrent
Imparfait
je sifflais
tu sifflais
il/elle sifflait
nous sifflions
vous siffliez
ils/elles sifflaient
Futur
je sifflerai
tu siffleras
il/elle sifflera
nous sifflerons
vous sifflerez
ils/elles siffleront
Conditionnel présent
je sifflerais
tu sifflerais
il/elle sifflerait
nous sifflerions
vous siffleriez
ils/elles siffleraient
Subjonctif imparfait
je sifflasse
tu sifflasses
il/elle sifflât
nous sifflassions
vous sifflassiez
ils/elles sifflassent
Subjonctif présent
je siffle
tu siffles
il/elle siffle
nous sifflions
vous siffliez
ils/elles sifflent
Impératif
siffle (tu)
sifflons (nous)
sifflez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais sifflé
tu avais sifflé
il/elle avait sifflé
nous avions sifflé
vous aviez sifflé
ils/elles avaient sifflé
Futur antérieur
j'aurai sifflé
tu auras sifflé
il/elle aura sifflé
nous aurons sifflé
vous aurez sifflé
ils/elles auront sifflé
Passé composé
j'ai sifflé
tu as sifflé
il/elle a sifflé
nous avons sifflé
vous avez sifflé
ils/elles ont sifflé
Conditionnel passé
j'aurais sifflé
tu aurais sifflé
il/elle aurait sifflé
nous aurions sifflé
vous auriez sifflé
ils/elles auraient sifflé
Passé antérieur
j'eus sifflé
tu eus sifflé
il/elle eut sifflé
nous eûmes sifflé
vous eûtes sifflé
ils/elles eurent sifflé
Subjonctif passé
j'aie sifflé
tu aies sifflé
il/elle ait sifflé
nous ayons sifflé
vous ayez sifflé
ils/elles aient sifflé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse sifflé
tu eusses sifflé
il/elle eût sifflé
nous eussions sifflé
vous eussiez sifflé
ils/elles eussent sifflé

SIFFLER

(si-flé) v. n.
Former un son aigu en serrant les lèvres, ou avec un sifflet, ou avec une clef forée, etc. Les voleurs sifflent pour s'avertir. On entend les oiseaux siffler.
M. d'Orléans faisait l'empressé et le passionné en parlant à la reine ; je ne l'ai jamais vu siffler avec plus d'indolence qu'il siffla une demi-heure en entretenant Guerchy dans la petite chambre grise [RETZ, II]
Je les rassemblerai, comme le pasteur en sifflant rassemble son troupeau [SACI, Bible, Zachar. X, 8]
C'est un petit jeune homme à quatre pieds de terre, Homme de qualité qui revient de la guerre, Qu'on voit toujours sautant, dansant, gesticulant, Qui vous parle en sifflant, et qui siffle en parlant [REGNARD, Distr. I, 4]
Il siffle en parlant, sa prononciation est accompagnée d'un certain sifflement, ce qui arrive surtout quand manque quelque dent de devant. Siffler en paume, disposer la paume de la main au devant de sa bouche, de manière à produire un sifflement prolongé. Fig. et familièrement. Il n'a qu'à siffler, il n'a qu'à faire connaître sa volonté pour être obéi.
Mais qu'entends-je de certains personnages qui ont des couronnes, je ne dis pas des comtes ou des marquis, dont la terre fourmille, mais des princes et des souverains ? ils viennent trouver cet homme dès qu'il a sifflé, ils se découvrent dès son antichambre, et ils ne parlent que quand on les interroge [LA BRUY., XII]
Il n'y a qu'à siffler et remuer les doigts, c'est une chose fort aisée.
Par extension, faire entendre un bruit aigu en respirant, quand la respiration est gênée. Sa poitrine siffle.
Il se dit du son aigu que font entendre certains animaux, le serpent, le cygne, etc. quand ils sont en colère.
La Discorde, à l'aspect d'un calme qui l'offense, Fait siffler ses serpents.... [BOILEAU, Lutr. I]
Hé bien ! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ? Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? [RAC., Andr. V, 5]
Fig.
.... à son rire moqueur Le serpent de l'envie a sifflé dans son cœur [PIRON, Métrom. III, 4]
Il se dit du bruit aigu que fait le vent, une flèche, une balle de fusil, etc.
Ce volume effroyable.... Va frapper en sifflant l'infortuné Sidrac [BOILEAU, Lutr. V]
L'air siffle ; une horrible tempête Aujourd'hui gronde sur ta tête ; Demain tu seras dans le port [J. B. ROUSS., Odes, II, 4]
[Le vent] Siffle et frappe la voile à grand bruit déchirée [DELILLE, Én. I]
Le vent du nord se faisait sentir souvent dans notre château ; je l'entendais siffler la nuit à travers les longs corridors de notre demeure [STAËL, Corinne, XIV, 1]
Au manége, siffler la gaule, la faire siffler pour avertir le cheval, quand il se ralentit.
Siffler sur, désapprouver, blâmer.
La Marans était l'autre jour seule en mante chez Mme de Longueville ; on sifflait dessus [SÉV., 12 févr. 1672]
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
V. a. Chanter un air en sifflant. Il siffle un air entre les dents. Ce serin siffle plusieurs airs.
Appeler en sifflant.
Je sifflai vainement le chien du pauvre prêtre [LAMART., Joc. Épil.]
Siffler un oiseau, siffler près de lui pour lui apprendre à siffler des airs.
Il donne pension à un homme qui n'a point d'autre ministère que de siffler des serins au flageolet, et de faire couver des canaries [canaris] [LA BRUY., XIII]
Fig. Siffler la linotte, voy. LINOTTE. Fig. et familièrement. Siffler quelqu'un, l'instruire de ce qu'il doit dire ou faire en certaine occasion.
Un docteur politique qui les a sifflés, et qui leur a mis dans la tête cinq ou six mots de notre Tacite.... leur a recommandé le secret ou la dissimulation [BALZAC, De la cour, 2e disc.]
Témoigner sa désapprobation, soit à coups de sifflet, soit par quelqu'autre bruit.
Et siffler un jeune moineau Qui parlait comme un étourneau [SCARR., Virg. VII]
Il fut sifflé de tout l'auditoire [ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. V, p. 532, dans POUGENS]
En Angleterre, où l'on élève Shakespeare au-dessus de Corneille, et où l'on siffle ceux qui l'imitent [VOLT., Comm. Corn. Rem. Héracl. V, 8]
Ils m'ont sifflé ; mais si jamais je puis les rassembler ! [BEAUMARCH., Barb. de Sév. I, 2]
Il chassa de Rome et de l'Italie Pilade lui-même, pour avoir montré du doigt et fait remarquer un spectateur qui le sifflait [BERNARDI, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. VIII, p. 297]
Absolument.
Si un auteur hasardait aujourd'hui sur le théâtre une telle incongruité [Séleucus peint comme un amant, et effectivement assassiné], comme on se récrierait ! comme on sifflerait ! [VOLT., Comm. Corn. Rem. Rodog. V, 6]
Au passif et impersonnellement.
Au beau drame de Cléopatre, Où fut l'aspic de Vaucanson, Tant fut sifflé, qu'à l'unisson Sifflaient et parterre et théâtre ; Et le souffleur, oyant cela, Croyant encor souffler, siffla [LEBRUN, Épigr. sur la Cléopatre de Marmontel]
10° Fig. Désapprouver avec dérision.
Si j'allais, madame, accorder vos demandes [changer le style officiel des notaires], Je me ferais siffler de tous mes compagnons [MOL., Femmes sav. III, 2]
Qu'elle nous mette au rang des grands et beaux esprits Un benêt dont partout on siffle les écrits [ID., ib. I, 3]
Mais bien que ses durs vers, d'épithètes enflés, Soient des moindres grimauds chez Ménage sifflés [BOILEAU, Sat. IV]
Faire siffler Cotin chez nos derniers neveux [ID., ib. IX]
Ô vieux Denys, je me ris de ton glaive ; Je bois, je chante et je siffle tes vers [BÉRANG., Damoclès.]
11° Populairement. Boire. Siffler une bouteille.
Le long de la journée Je siffle autant que trois, [, Chanson bachique dans FR. MICHEL, Argot]
On a dit de même : Siffler la rôtie.
Vaut mieux à Saint-Denys être dessous la mitre à siffler la rôtie, Et prendre du tabac, Que de se faire perdre au milieu des combats [, Chanson nouvelle, dans FR. MICHEL, Argot.]

REMARQUE

  • On a dit chiffler jusqu'au commencement du XVIIe siècle :
    Encore que.... Il méritast au Louvre estre chifflé des pages [RÉGNIER, Sat. X]
    La calomnie a eu le succès qu'elle méritait : elle a été chifflée, où elle pensait être applaudie [BALZ., Liv. XXVII, lett. 9]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et dient que Mahommes et sa loiz ne vaut rienz, et ne s'en font se chiffler non [GUILL. DE TYR, t. II, p. 614]
    Molt [elles] i jetent à grant fuison Biax gas, biax dis, biel acointier, Com il convient à tel mestier, Ciflent et gabent et si rient [GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 226]
  • XIVe s.
    Adonc commença ledit Jehan le houlier à sibler et crier si hault.... [DU CANGE, sibulare.]
  • XVe s.
    Tenez vous cy quoy, et ne vous avancez, jusques à tant que je sifflerai [FROISS., II, II, 6]
    Le comte siffla un levrier qu'il avoit delez lui [ID., II, III, 13]
    Le suppliant yssit de la taverne et oyt subler, et alors Chauveau subla aussi [DU CANGE, ib.]
    La femme : Guillot est un bon compagnon. - Guillot : à bien siffler [boire] ne faulx jamais [, Recueil de farces, dans FR. MICHEL, Argot]
  • XVIe s.
    J'oy [j'entends] d'autre part le pivert jargonner, Siffler l'escouffle [milan] et le butor tonner [MAROT, I, 223]
    Il menace, qu'en siblant, il fera venir les peuples infideles pour destruire Israel [CALV., Instit. 226]
    Ses compagnons ne faillirent pas, dès qu'ils ouïrent siffler l'amorce [de la mine], de prendre leur course [D'AUB., Hist. II, 135]
    Au bransle de ces gens tout ce qui demeuroit à la cour estoit sifflé [ID., ib. II, 180]
    Ces refformez estoient ravis de joie d'ouir siffler les balles de Paris [ID., ib. III, 181]
    Des oiseaux qui parlent, sublent et sifflent [PARÉ, Animaux, 20]
    Nous ne sifflens pas noz paroles de levres comme les serpens [DU BELLAY, I, 12, recto]
    Et ceux dont plus j'estoy favorisée Sifflent sur moy d'une longue risée, Se vergongnans de m'avoir voulu bien [ID., VII, 66, verso]
    Sifflant en paume, je me rendrai à vous [COTGRAVE, ]
    Frappant et jouant des doigts sur le pommeau de son espée, sublant ou sifflant, lequel que l'on voudra, ou tous deux, une chanson du pays fort harmonieusement [NOEL DU FAIL, Propos rustiques, 181, dans JAUBERT, Gloss. du Berry.]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, sibler, subler, chiffler ; wallon, hufler ; namur. chuffler ; bourguig. subliai ; châtillonnais, suiller ; provenç. siblar, ciblar, siular, eschiular ; catal. siular, xiular ; espagn. silbar ; portug. sibilar ; ital. sibilare, sibillare ; du lat. sifilare, pour les formes en f, et sibilare, pour les formes en b. De sibilare, les étymologistes rapprochent le grec, creux, et, siphon.

siffler

SIFFLER. v. intr. Émettre un son aigu, soit avec les lèvres, soit en soufflant dans un sifflet, dans une clef forée, etc. Siffler pour appeler quelqu'un. Cet élève a été puni pour avoir sifflé en classe.

Fig. et fam., Il n'a qu'à siffler, Il n'a qu'à faire connaître sa volonté pour être obéi.

Il siffle en parlant, Sa prononciation est accompagnée d'un certain sifflement.

SIFFLER se dit aussi du Chant de certains oiseaux. Le merle siffle.

Il se dit encore du Son aigu que font entendre quelques animaux, comme les serpents, les cygnes, les oies, etc., quand ils sont en colère.

Il se dit également du Bruit aigu que fait le vent, ou une flèche, une balle de fusil, une pierre lancée avec force, etc. Écoutez le vent siffler. Le vent siffle dans la serrure. Il entendait les balles qui lui sifflaient aux oreilles. Le trait partit en sifflant.

Il signifie aussi Faire entendre un sifflement en respirant. On l'entend siffler quand il dort. Sa poitrine siffle.

SIFFLER s'emploie aussi comme verbe transitif et signifie Exécuter un air en sifflant. Il siffle toutes sortes d'airs. Ce merle, ce serin siffle tous les airs qu'on lui apprend.

Il signifie encore Appeler en sifflant. Siffler son chien.

Il signifie également Accueillir avec des sifflements, à coups de sifflet, pour marquer sa désapprobation. On a sifflé sa pièce. Cette comédie a été sifflée. Cet acteur a été sifflé.

Il s'emploie aussi figurément et signifie Désapprouver, accueillir avec dérision, avec mépris. Si vous faites cette proposition, on vous sifflera.

Il signifie encore, populairement, Boire d'un trait. Siffler un grand verre de vin.

siffler

Siffler, Sibilare, Sifilare dicebant veteres, quod nos Sibilare, Testis est Nonius Marcellus, siphloun, vel siphlôdzéin Graecis est, quod nobis Exibilare, contumeliae scilicet causa.

Siffler contre aucun, et le chasser en ce faisant, Exibilare, Sibilo consectari aliquem.

Hortensius estoit ja vieil, et si n'avoit jamais esté sifflé ne mocqué, Intactus a sibilo peruenerat Hortensius ad senectutem.

Synonymes et Contraires

siffler

verbe siffler
1.  Accueillir par des sifflements.
conspuer, huer -familier: chahuter.
2.  Familier. Boire rapidement.
Traductions

siffler

(sifle)
verbe intransitif
1. produire un son avec la bouche ou un objet Le policier a sifflé.
2. produire un cri, en parlant de certainsanimaux Les merles sifflent.

siffler

pfeifen, surren, zischen, flötenwhistle, hissfluiten, gieren, sissen, piepen, (uit)fluiten, in één slok opdrinken, suizenצפצף (פיעל), צפר (פ'), שרק (פ'), שרק בוז, צִפְצֵף, צָפַר, שָׁרַקxiularfløte, fløjtefajfisilbarviheltääfütyülfischiare, frullare, sibilare, zufolare口笛を吹く취명하기, 휘파람을 불다gwizdać, gwizdnąćassobiar, sibilarfluieraсвистетьvissla吹口哨σφυρίζωيَصْفِرُpískatzviždatiplystreผิวปากıslık çalmakhuýt sáo
verbe transitif
1. appeler qqn en produisant un bruit siffler son chien
2. indiquer qqch en produisant un bruit L'arbitre a sifflé une faute.
3. produire un son en soufflant par la bouche siffler un air
4. pousser des cris contre qqn, qqch Le chanteur s'est fait siffler.

siffler

[sifle]
vi
[personne] → to whistle; [arbitre] → to blow one's whistle
[serpent, vapeur] → to hiss
(en respirant) → to wheeze
vt
[+ air] → to whistle
[+ chien] → to whistle for
[+ fille] → to whistle at
[+ pièce, orateur] → to hiss (and boo)
(SPORT) [+ faute] → to blow one's whistle for; [+ fin du match, départ] → to blow one's whistle for
(= ingurgiter) [+ verre, bouteille] → to knock back (Grande-Bretagne) >