sillon

sillon

[ sijɔ̃] n.m. [ du gaul. ]
1. Trace laissée à la surface du champ par un instrument de labour : La charrue creuse de profonds sillons.
2. Piste gravée à la surface d'un disque phonographique et contenant l'enregistrement.
3. Trace longitudinale : L'âge a creusé des sillons sur son front ride
Creuser ou tracer son sillon,
poursuivre avec persévérance la réalisation du projet que l'on s'est fixé.

sillon

(sijɔ̃)
nom masculin
agriculture fente faite dans la terre avec une charrue semer dans les sillons

SILLON

(si-llon, ll mouillées, et non si-yon) s. m.
Tranchée ouverte dans la terre par la charrue. Tracer un sillon. Des sillons bien espacés.
Enivrez d'eau ses sillons [de la terre] ; multipliez ses productions, et elle semblera se réjouir de l'abondance de ses rosées par les fruits qu'elle produira [SACI, Bible, Psaum. LXIV, 11]
Aucun champ où la main du diligent laboureur ne fût imprimée ; partout la charrue avait laissé de creux sillons [FÉN., Tél. V]
Les anciens avaient borné à une longueur de cent vingt pas la plus grande étendue du sillon que le bœuf devait tracer par une continuité non interrompue d'efforts et de mouvements [BUFF., Quadrup. t. I, p. 188]
Vois-tu ce laboureur, constant dans ses travaux, Traverser ses sillons par des sillons nouveaux ? [DELILLE, Géorg. I]
Ainsi, sur les moissons quand l'orage a soufflé, Reposent, confondus dans le sillon comblé, Le convolve amoureux, la renoncule agreste, Et l'ivraie ennemie et les épis de blé [MASSON, Helvétiens, VII]
Quand trois mille ans auront passé sur notre cendre.... Quand nos fosses auront fait place à des sillons [V. HUGO, Voix intér. VIII]
Fig. Faire son sillon, faire l'ouvrage qu'on est tenu de faire chaque jour.
Il [le contrôleur des finances Silhouette] n'est pas comme la plupart de ses prédécesseurs, gens estimables, mais sans génie, qui traçaient leur sillon comme ils pouvaient avec la vieille charrue [VOLT., Lett. en vers et en prose, 123]
C'est un bœuf qui fait bien son sillon, se dit d'un homme médiocre et laborieux. Écrire par sillons, se dit d'une antique écriture des Grecs (voy. BOUSTROPHÉDON).
Ensuite ils s'avisèrent d'écrire par sillons, c'est-à-dire en retournant de la gauche à la droite, puis de la droite à la gauche alternativement [J. J. ROUSS., Essai sur l'orig. des langues, 5]
Dans la Saintonge, sillon signifie la longue arête que forme la terre en retombant de chaque côté du soc, et il faut deux règes pour faire un sillon.
Terme de jardinage. Petite rigole profonde de 0m, 05 à 0m, 10, faite avec une binette, pour semer certaines graines, ou planter certaines racines bulbeuses en ligne.
Au plur. Absolument et poétiquement. La campagne, les champs.
Assez dans ses sillons [de l'Attique] votre sang englouti A fait fumer le champ dont il était sorti [RAC., Phèdre, II, 2]
Et l'homme cependant, cet insecte invisible, Rampant dans les sillons d'un globe imperceptible, Mesure de ces feux [les astres] les grandeurs et les poids [LAMART., Harm. II, 4]
Fig. Traces que certaines choses laissent en passant. Le sillon des roues.
La déesse guerrière De son pied trace en l'air un sillon de lumière [BOILEAU, Lutr. III]
Le char d'Amphitrite, traîné par des chevaux marins, plus blancs que la neige, et qui, fendant l'eau salée, laissaient loin derrière eux un vaste sillon dans la mer [FÉN., Tél. IV]
La foudre à longs sillons éclatant dans les nues [DUCIS, Hamlet, I, 1]
Rides.
Le temps sur son visage A tracé ses sillons, a gravé son outrage [DUCIS, Roméo, II, 1]
Terme de botanique. Cannelures parallèles et profondes occupant la surface d'une tige, etc. Terme de zoologie. Raies ou stries profondes. Les valves de cette coquille ont des sillons. Terme d'anatomie. Rainure que présente la surface de certains os ou de certains organes parenchymateux, et qui, pour la plupart, sont destinés à loger des vaisseaux. Terme de pathologie. Galerie sous-épidermique creusée par les sarcoptes dans la gale.
Rides qui se trouvent au palais des grands quadrupèdes, surtout des chevaux.
On peut aussi connaître, quoique moins précisément [que par les dents], l'âge d'un cheval par les sillons du palais, qui s'effacent à mesure que le cheval vieillit [BUFF., Quadrup. t. I, p. 53]
Élévations que forme le fil sur la bobine du rouet.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Que trop me fetes demorer à arer un seillon de terre [, Ren. 15377]
  • XIVe s.
    Le suppliant dist à icellui Belosat, que il lui voulust rendre et restituer sept seillons de terre, que il detenoit par force [DU CANGE, selio.]
    Jehan Guyart le jeune pour deux seillons de vigne, contenant environ quarante perches [ID., ib.]
    Lequel Saultdubreuil soya trois seiglons de seigle ou environ [ID., ib.]
  • XVe s.
    Onques de terre n'eut sillon [VILLON, Épitaphe.]
  • XVIe s.
    Jà les vers sillons ployans Par les campaignes ondoient [DU BELLAY, VII, 15, recto.]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, seillon ; du scandinave sila, sillonner, inciser. Le sens ancien est une mesure de terre, aussi de sila, couper, diviser. (voy. SILLER 1).

sillon

SILLON. (ILLON se prononce IYON.) n. m. Tranchée que le soc, le coutre de la charrue ouvre dans la terre qu'on laboure. Ces sillons ne sont pas assez profonds. Des sillons bien droits, bien espacés. Faire un sillon. Tracer un sillon.

Fig., Faire son sillon, tracer son sillon, Faire l'ouvrage qu'on est tenu de faire, qu'on s'est imposé l'obligation de faire chaque jour.

Poétiquement, Les sillons, Les champs cultivés, les campagnes. Trop de sang a inondé, abreuvé nos sillons.

SILLON se dit aussi, par analogie, des Traces que certaines choses laissent en passant. Le sillon des roues. Le navire laissait derrière lui un large sillon. Un sillon de lumière.

Fig., Suivre le sillon de quelqu'un, entrer, marcher dans le sillon de quelqu'un, Suivre l'exemple de quelqu'un, entrer dans la voie qu'il a ouverte.

SILLON se dit encore des Rides. Les sillons que le temps et le malheur avaient creusés sur son front.

Il se dit, en termes d'Histoire naturelle, de Raies ou stries profondes. Les valves de cette coquille ont des sillons.

Il se dit également, en termes d'Anatomie, de Certaines fentes ou rainures que présente la surface d'un os, d'un organe. Sillon longitudinal. Sillon transversal. Les sillons du foie.

Il se dit aussi des Rides qui se trouvent au palais des grands quadrupèdes, et particulièrement des chevaux.

sillon


SILLON, s. m. SILLONER, v. act. [Si-glon, glio-né: mouillez les ll.] Sillon est la longue trace que fait le soc de la charrûe, dans la terre qu'on laboure.
   Que les champs moissonés d'un plein repos jouissent;
   Et qu'un an tout entier leurs sillons se durcissent.
       Le Franc, Géorgiques.
Silloner, faire des sillons. = On dit figurément sillons, des rides qui se trouvent souvent au palais des chevaux; et poétiquement, silloner les mers, la plaine liquide, etc. "Les ans ont silloné son front. "Son visage est silloné de rides. = Sillon est aussi un terme poétique. Trait, trace.
   ......La Déesse guerrière
   De son pied trace en l'air un sillon de lumière.
       Boil.

Synonymes et Contraires

sillon

nom masculin sillon
Trace longitudinale.
Traductions

sillon

gleuf

sillon

arruga, solc

sillon

fold, læg

sillon

kanelo, sulko

sillon

calha, rego, sulco

sillon

solco

sillon

sillon

ร่อง

sillon

[sijɔ̃] nm [champ] → furrow; [disque] → groove