soi


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soi

pron. pers. [ lat. se ]
1. Pronom singulier des deux genres s'employant dans des phrases qui ont un sujet indéterminé : Si chacun joue pour soi, ça ne va plus. Trop parler de soi importune les autres. Rester chez soi pendant les vacances. Ne porter rien d'autre sur soi qu'un maillot de bain.
2. Peut être renforcé par « même » : Le repliement sur soi-même peut conduire à la dépression.
Cela va de soi,
c'est évident, naturel.
De soi-même,
de sa propre initiative, spontanément.
En soi,
par lui-même, par sa nature : En soi, ce projet est intéressant mais il est irréalisable.

SOI

(soi) , pronom réfléchi de la troisième personne des deux genres et des deux nombres, qui s'emploie comme régime d'une préposition ou quelquefois comme régime direct d'un verbe actif.
Il se rapporte d'ordinaire à un mot général et indéterminé, tel que on, chacun, quiconque ; il se construit aussi avec un verbe à l'infinitif. L'amour de soi.
Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille [CORN., Cid, I, 6]
Tout tend à soi ; cela est contre tout ordre : il faut tendre au général ; et la pente vers soi est le commencement de tout désordre [PASC., Pens. XXIV, 56, édit. HAVET.]
La nature de l'amour-propre et de ce moi humain est de n'aimer que soi et de ne considérer que soi [ID., ib. II, 8]
On est comme Mlle d'Aumale : on aime mieux dire du mal de soi que de n'en point parler [SÉV., 238]
M. l'abbé de Louvois sentit plus que jamais, par tant de pertes importantes, combien il est à propos d'avoir un mérite qui soit à soi [FONTEN., Abbé de Louv.]
On se trouve même encore actuellement dans des engagements trop vifs, et qu'il n'est point en soi de rompre [MASS., Avent, Délai de la convers.]
La honte d'une action rejaillit sur les parents.... il est rare qu'on ne fasse du mal qu'à soi [DIDER., Claude ct Nér. II, 23]
On ne gagne jamais rien à parler de soi, et c'est une indiscrétion que le public pardonne difficilement, même quand on y est forcé [J. J. ROUSS., Rép. au roi de Polog.]
Des passions la plus triste en la vie, C'est de n'aimer que soi dans l'univers [FLORIAN, la Poule de Caux]

PROVERBE

    Chacun pour soi, Dieu pour tous.
Comme l'a dit un certain philosophe, il ne faut pas purger les petits-fils pour la maladie de leur grand-père ; chacun pour soi et Dieu pour tous [VOLT., Facéties, 1re anecd. sur Bélis.]
Il se rapporte très bien à un mot déterminé, quand c'est un nom de chose.
Cet état porte avec soi des obligations, qu'il vous est d'une importance extrême de bien connaître [BOURDAL., 2e dim. après l'Épiphanie, Dominic. t. I, p. 63]
La recommandation que porte avec soi la vertu [FLÉCH., Duc de Montausier.]
Célébrez la gloire immortelle D'un cœur toujours maître de soi [FONTEN., Endym. II, 11]
Le crime traîne toujours après soi certaine bassesse, dont on est bien aise de dérober le spectacle au public [MASS., Mystères, Visitation.]
L'esprit de commerce entraîne avec soi celui de frugalité [MONTESQ., Esp. V, 6]
Il se construit aussi avec un nom de personne pour sujet déterminé ; c'est l'usage des meilleurs auteurs.
....Une jeune merveille Seule semblable à soi [MALH., V, 21]
Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui [CORN., Poly. III, 3]
Si quelqu'un s'y joue, Il peut bien prendre garde à soi [MOL., Amph. I, 2]
Ils [les princes] sont environnés de personnes qui ont un soin merveilleux de prendre garde que le roi ne soit seul et en état de penser à soi, sachant bien qu'il sera misérable, tout roi qu'il est, s'il y pense [PASC., Pens. IV, 3]
L'homme n'aime pas à demeurer avec soi [ID., Pass. de l'amour.]
Le plus vil artisan eut ses dogmes à soi [chez les protestants] [BOILEAU, Sat. XI]
Phèdre, malgré soi, perfide, incestueuse [ID., Ép. VII]
Tout cela part d'un cœur toujours maître de soi [RAC., Andr. IV, 5]
Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi [ID., Phèdre, II, 5]
Il faut laisser Aronce parler proverbe ; Mélinde parler de soi, de ses vapeurs, de ses migraines, de ses insomnies [LA BRUY., V]
Il n'ouvre la bouche que pour répondre ; il tousse, il se mouche sous son chapeau, il crache presque sur soi [ID., VI]
Gnathon ne vit que pour soi [ID., XI]
L'homme ne doit le vice et la vertu qu'à soi [DELILLE, Parad. perdu, III]
Chez soi, dans sa demeure.
Aucun n'est prophète chez soi [LA FONT., Fabl. VIII, 26]
Cette aimable personne A suivi le conseil que mon amour lui donne, N'a plus voulu songer à retourner chez soi [MOL., Éc. des f. V, 2]
Il s'assied, il se repose, il est chez soi [LA BRUY., XI]
Plus on avance dans sa carrière, et plus on est convaincu que l'on n'est bien que chez soi [VOLT., Lett. Cideville, 28 mars 1760]
C'est depuis Charles-Quint et François Ier que dure cette politique entre les princes catholiques d'armer les protestants chez autrui, et de les poursuivre chez soi [ID., Mœurs, 176]
On dort si bien sur une chaise ! On est ici comme chez soi [MARMONTEL, Zém. et Az. I, 1]
Vivre chez soi, vivre sans liaisons au dehors.
Heureux qui vit chez soi, De régler ses désirs faisant tout son emploi ! [LA FONT., Fabl. VII, 12]
Familièrement. Avoir un chez-soi, une habitation en propre. Il n'y a pas de petit chez-soi, on est toujours mieux chez soi que chez les autres.
Rentrer en soi, faire de plus sérieuses, de plus sages réflexions. Revenir à soi, reprendre ses esprits.
Idoménée, revenant à soi, les remercie [FÉN., Tél. V]
Fig. Revenir à soi, reprendre son sang-froid, son bon sens.
Leur funeste rigueur, qui l'avait poursuivie, Méprisait le conseil de revenir à soi [MALH., I, 2]
Être à soi, ne dépendre de rien, de personne. Quand on est au service de quelqu'un, on n'est plus à soi. Être à soi, être en face de ses propres pensées.
Possédé d'un ennui qu'il ne saurait dompter [Alexandre], Il craint d'être à soi-même et songe à s'éviter [BOILEAU, Ép. V]
N'être pas à soi, signifie aussi avoir perdu le sens. Dans le délire on n'est plus à soi. Terme de fauconnerie. Être à soi, se dit de l'état d'un oiseau qui n'a jamais été pris par les fauconniers.
En certaines tournures, soi est employé comme une sorte de nom et sans servir de régime.
On a souvent besoin d'un plus petit que soi [LA FONT., Fabl. II, 11]
Il n'est meilleur ami ni parent que soi-même [ID., ib. IV, 22]
Cela [la douleur d'estomac] se passe dans un endroit si intérieur et si intime, c'est tellement soi qui souffre, que.... [SÉV., 24 janv. 1680]
La vie retirée y contribuait [à son originalité].... on s'accoutume trop dans la solitude à ne penser que comme soi [FONTEN., Méry.]
Il n'y a que deux personnes à consulter en telles affaires [explications], soi-même et la personne à qui l'on écrit [VOLT., Lett. Thiriot, 18 janv. 1739]
Il faut être tout à fait comme les autres, ou tout à fait comme soi ; pensez-y [J. J. ROUSS., à M. d'Ivernois, Corresp. t. VI, p. 159, dans POUGENS.]
Être soi, garder son caractère.
On n'est jamais bien que soi-même ; Et me voilà tel que je suis [GRESSET, Ep. Bougeant.]
Changeons de goûts avec les années, ne déplaçons pas plus les âges que les saisons ; il faut être soi dans tous les temps, et ne point lutter contre la nature [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Qui ne voudrait pas renaître fille et mère, et comment serait-on soi si l'on ne ressentait plus les mêmes amitiés ? [STAËL, Allem. III, 7]
De soi, de sa nature.
Il est, de soi, si évident que c'est moi qui doute, qui entends et qui désire.... [DESC., Médit. II, 7]
Cet accident, de soi, doit être indifférent [MOL., Éc. des f. IV, 8]
Qu'ai-je fait, s'il vous plaît, de si brillant de soi, Pour me plaindre à la cour qu'on ne fait rien pour moi ? [ID., Mis. III, 7]
Certaines lois fondamentales contre lesquelles on ne peut rien faire qui ne soit nul de soi [BOSSUET, 5e avert. 56]
L'entendement, de soi, est fait pour entendre [ID., Conn. I, 16]
En soi, dans sa nature.
Chacun pris dans son air est agréable en soi [BOILEAU, Ép. IX]
Il sera toujours vrai, en soi, que la même chose ne peut tout ensemble être et n'être pas [FÉN., Exist. I, 52]
10° Sur soi, sur son corps, sur sa personne. Porter des armes sur soi. La santé demande qu'on soit propre sur soi.
Cette diversité dont on vous parle tant, Mon voisin léopard l'a sur soi seulement : Moi je l'ai dans l'esprit [LA FONT., Fabl. IX, 3]
La malpropre sur soi, de peu d'attraits chargée, Est mise sous le nom de beauté négligée [MOL., Mis. II, 5]
11° Familièrement. à part soi, en son particulier. Faire des réflexions à part soi.
12° Quant-à-soi, subst. (voy. QUANT 2, n° 2).
13° Soi-même, voy. MÊME, n° 12. Substantivement. Un autre soi-même, voy. MÊME, n° 12. Terme d'art du moyen âge. De soi-même, de sa nature, de sa couleur et de sa masse.
Un animal émaillé de soi-même, c'est-à-dire de sa couleur naturelle ; un vase avec les anses de soi-même, c'est-à-dire prises dans la masse [DE LA BORDE, Émaux, p. 502]

REMARQUE

  • 1. L'usage tend continuellement à substituer lui ou elle à soi ; mais il faut résister à cette tendance, soi étant plus clair que lui ou elle.
  • 2. Soi est de rigueur avec un nom indéterminé, on, chacun, et avec un verbe à l'infinitif.
  • 3. Avec un nom déterminé de personne, on emploie plus souvent lui ou elle que soi ; même des grammairiens prétendent que c'est une faute de mettre soi ; mais on n'a qu'à lire les exemples rapportés, et on verra que l'usage des bons auteurs soutient très bien l'emploi de soi avec un nom de personne.
  • 4. Quand le nom est un nom de chose, soi est préférable à lui ou à elle.
  • 5. Des grammairiens ont prétendu que soi était toujours singulier. C'est une erreur ; de sa nature, soi n'est pas plus singulier que se ; et ces exemples-ci le montrent au pluriel.
    Ce sont choses, de soi, qui sont belles et bonnes [MOL., Fem. sav. IV, 3]
    Tant de profanations que les armes traînent après soi [MASS., Petit carême, Bénéd. des drapeaux.]
  • 6. La Fontaine a employé soi au lieu de se : c'est un archaïsme tombé en désuétude.
    Tant ne songeaient au service divin, Qu'à soi montrer.... [LA FONT., Mazet.]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Li home mort senz devise [testament], si departent li enfant l'erité entre sei per uwel [égal] [, Lois de Guill. 36]
    Ses mellurs homes [il] enmeinet ensemble od sei [, Ch. de Rol. XXXVII]
  • XIIe s.
    Cil qui pert soi meïsme de son voisin ne jot [ne jouit] [, Sax. XVII]
  • XIIIe s.
    ....De sa robe, et la dame entour soi la renoue [, Berte, XXXIII]
    Mais je cuit qu'il me venist miex Li alers que se j'i envoi ; L'en dit : n'i a tel comme soi [, Lai de l'ombre]
    Il s'est atornez por movoir, Soi tierz [lui troisième] de compaignons, sanz plus [, ib.]
  • XVe s.
    Et perdirent plus les Genevois qu'ils n'y gagnerent, ainsi qu'il vient souvent en soi trop follement abandonnant [FROISS., I, I, 173]
    Les pluyes les plus grandes qu'il est possible de dire, et le pays de soy tant fangeux et mol que à merveilles [COMM., II, 3]
  • XVIe s.
    Les seaux qui sont mis et apposez aux lettres et instrumens publiques, prins en soy, ne sont rien [CALV., Instit. 1029]
    ....Et n'ont le goust ny la couleur si franche, Quand de soy mesme ilz tumbent de la branche [DU BELLAY, VII, 32, verso.]
    Qui ayme plus grand que soy, Luy mesme se donne loy [ID., VII, 34, recto.]
    Il semble que l'ame se perde en soy mesme [MONT., I, 21]
    Interrogé lequel il estimoit le plus, ou Chabrias, ou soy-mesme [ID., I, 67]
    Faisant requeste à Dieu de l'appeler à soy [ID., I, 252]
    Ilz furent contraints de soy retirer au dedans de leurs Alpes [AMYOT, Fab. 4]
    Et en fut l'effroy si grand, qu'il n'y avoit homme qui fust à soy, ne qui eust le sens rassis [ID., ib. 8]
    Mais luy mettant tout son espoir de victoire en soy mesme.... [ID., ib. 11]
    La vertu est honorée pour l'amour de soy mesme, et non pour estre joincte à la noblesse [ID., Sylla et Lysand. 6]
    Ce ne fut pas, à considerer la chose en soy, un grand exploit de guerre [ID., ib. 7]
    Il rendit ses citoyens pires que soi [ID., ib. 6]
    Il pouvoit veritablement dire ce que le roy Agamemnon dit de soy mesme en la tragoedie d'Euripides [ID., Nicias, 9]
    On trouve souvent le lendemain les intestins reduits de soy-mesmes [PARÉ, VI, 15]
    De tous les animaux qui marchent sur la terre L'homme est le plus chetif ; car il se fait la guerre Luy-mesmes à soy-mesme, et n'a dans son cerveau Autre plus grand desir que d'estre son bourreau [RONS., 815]

ÉTYMOLOGIE

  • Autre forme de se. Moi et me, toi et te, soi et se sont identiques, et ne diffèrent que parce que moi, toi, soi représentent me, te, se latins, avec un reforcement dû à l'accent, tandis que me, te, se, étant proclitiques, sont réduits à l'e muet.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    SOI. Ajoutez :
    14° Soi pour soi, expression créée par Geoffroy Saint-Hilaire pour désigner la tendance des organes similaires à s'unir.
    Dans les monstres doubles, les organes se mêlent et se confondent par l'attraction de soi pour soi, expression où il faut voir une figure de rhétorique et non un théorème de mécanique [DUMAS, Éloge d'Is. Geoffroy Saint-Hilaire]

soi

SOI. Pronom de la troisième personne, des deux genres. Sauf dans l'expression Être soi, où il est attribut, il ne s'emploie que comme complément et est toujours précédé d'une préposition. Quand on le dit des Personnes, il ne se rapporte ordinairement qu'à un sujet indéterminé. On doit parler rarement de soi. Chacun travaille pour soi. Quiconque rapporte tout à soi n'a pas beaucoup d'amis. Prendre garde à soi. Ne vivre que pour soi. Prendre sur soi un et affaire, un choix, une initiative, une décision. N'avoir rien à soi. L'amour de soi. Quand on le dit des choses, il peut se rapporter à un sujet déterminé. Un bienfait porte sa récompense avec soi. Les remords que le crime traîne après soi.

Être soi, Garder son caractère propre, sa personnalité. Il faut toujours être soi.

Être à soi, Ne dépendre de rien, de personne être maître de son temps. Quand on est au service de quelqu'un, on n'est plus à soi. L'ennui d'une journée si occupée, c'est qu'on ne peut être à soi un quart d'heure.

N'être pas à soi signifie aussi Avoir perdu le sens. Dans l'ivresse, on n'est plus à soi.

Être hors de soi. Voyez HORS.

Rentrer en soi, Faire des réflexions plus sérieuses, plus sages. Revenir à soi, Reprendre ses esprits; et figurément, Reprendre son bon sens, son sang-froid.

Rentrer chez soi, Rentrer dans sa maison. Vivre chez soi et substantivement Avoir un chez-soi, Avoir une habitation en propre.

De soi, De sa nature. De soi le vice est odieux. La vertu est aimable de soi.

Cette chose va de soi, Elle est toute naturelle, elle ne souffre pas de difficulté.

En soi, Dans sa nature. Le repos est agréable en soi.

Sur soi, Sur son corps, sur sa personne. Être propre sur soi. Avoir de l'argent sur soi.

Fam., À part soi, En son particulier, dans son for intérieur. Faire des réflexions, une réflexion à part soi.

Quant-à-soi. Voyez QUANT À.

SOI-MÊME a le même sens que Soi; mais il l'exprime avec un peu plus de force. Rentrer en soi-même. Cela parle de soi-même. Il peut s'employer sans être précédé d'une préposition et dans des cas où l'on ne pourrait mettre Soi. Faire ses affaires soi-même. Se louer, se condamner soi-même.

Il s'emploie comme nom masculin. Considérer quelqu'un comme un autre soi-même.

soi


SOI, pron. réc. [Soa, monos.] Il marque le raport d'une persone ou d'une chôse à elle-même, come dans "Chacun pense à soi. = Il est très-ordinaire et souvent indispensable d'ajouter même à soi. "Il ne faut pas se louer soi-même: il faut se rendre compte à soi-même, etc. "Avoir un ami; c'est avoir un aûtre soi-même. D'OLIV. Pens. de Cic. = Soi est des deux genres: un jeune homme doit être toujours propre sur soi: cette afaire est bone en soi. = Quoiqu'il soit d'ordinaire au singulier, il est pourtant des ocasions où il se raporte à des noms pluriels. Son pluriel ordinaire est eux-mêmes, elles-mêmes. = Il s'emploie rârement au nominatif: encore faut-il alors qu'il soit suivi de même. "Chacun doit veiller soi-même à ses afaires. = Dans les câs obliques, il se décline avec l'article indéfini. De soi, à soi, soi, de soi.
   Chacun n'est que pour soi, maxime d'une Égoïste.
   C'est pour le peuple enfin que sont faits les parens.
   Vous avez de l'esprit et votre fille est sote:
   Vous avez pour surcroit un frère, qui radote.
   Eh bien, c'est leur afaire après tout selon moi,
   Tous ces noms ne font rien, chacun n' est que pour soi.
       Le Méchant.
= Soi, lui (synon.) 1°. Quand on parle en général, sans marquer une persone particulière, qui soit le nominatif du verbe, il est certain qu'il faut se servir de soi. "On aime mieux dire du mal de soi, que de n'en pas parler. Mais quand il s'agit de quelqu'un en particulier, on met lui au lieu de soi. Voy. LUI. = M. l'Ab. d'Olivet, parlant de cette règle générale, dit qu'il serait inutile d' en chercher les principes, aujourd'hui qu'elle n'est plus contestée. Il condamne ces vers de Racine.
   Mais il se craint, dit-il, soi-même, plus que tout.
       Androm.
  Charmant, jeune, traînant tous les coeurs aprês soi.
Phèdre.
L'antécédent, dans ces deux ocasions, présente un sens déterminé: on n'y parle point en général; mais il y est question d'une persone en particulier: il falait donc dire, lui-même; après lui. = 2°. Soi est mieux, que lui, quand on parle de l'extérieur ou qu'il s'agit d'une chôse et non d'une persone. "Il est propre sur soi: cette figûre porte avec soi le caractère véritable d'une passion forte et violente. = Soi-même ne s'emploie jamais avec relation à un pluriel, quoique soi s'y emploie aprês une préposition. On dit: ces chôses sont bones en soi, ou de soi: mais on ne pourrait pas dire, sont bones en soi-mêmes, ou de soi-mêmes: il~ faudrait dire alors, en elles-mêmes, ou d'elles-mêmes. BUF. = De soi est bon devant l'adjectif pluriel; mais il ne vaut rien aprês. On dit, de soi, ces chôses sont indiférentes; ou, sont de soi indiférentes; mais on ne doit pas dire, sont indiférentes de soi. VAUG. L'Acad. n'admet de soi qu'à la tête de la phrâse. D'Olivet ne l'aprouve point avec un pluriel, de quelque manière qu'il soit placé dans la phrâse. Il parait pourtant que l'usage l'a toujours admis et l'admet encôre, au moins dans les deux premières manières, et peut-être dans toutes les trois.

Traductions

soi

zich(zelf), zelfself (swa)
pronom personnel
1. représente la personne qui parle la confiance en soi rester chez soi
2. c'est normal, évident

soi

[swa] prononeself
avoir confiance en soi → to be self-confident
rester chez soi → to stay at home
cela va de soi → it goes without saying