son

1. son, sa

adj. poss. [ du lat. suus ] [ses].
1. (Indique un possesseur de la 3e pers. du sing.) Qui est à lui, à elle ; qui le, la concerne ; qui lui est propre : Son sac est sur la table. Sa chaussure lui fait mal. Ses jambes mesurent plus d'un mètre. Son oncle, sa tante et ses cousins étaient présents.
2. Précède un titre honorifique pour désigner des personnes : Son Éminence.

2. son

n.m. [ lat. sonus ]
1. Sensation auditive engendrée par une vibration acoustique : La vitesse du son.
2. Toute vibration acoustique considérée du point de vue des sensations auditives ainsi créées : Cet instrument a un son mélodieux. Le son des pas sur le carrelage bruit
3. Intensité sonore d'un appareil : Pourrais-tu monter le son du téléviseur ? volume
4. Ensemble des techniques d'enregistrement et de reproduction des sons, au cinéma, à la radio, à la télévision : L'ingénieur du son.
Au son ou aux sons de qqch,
en suivant la musique, les rythmes de : Ils dansent au son du biniou.
Spectacle son et lumière,
spectacle nocturne, ayant pour cadre un site ancien, et qui retrace son histoire à l'aide d'illuminations et d'évocations sonores, musicales.

3. son

n.m. [ du lat. secundus, qui suit, de sequi, suivre ]
Fragments d'enveloppes de grains de céréales qui résultent de la mouture : Dans le pain complet, il y a du son.
Tache de son,
tache de rousseur ; éphélide.

SON1

(son, l'n se lie : so-n ami) adj. m. poss.SA (sa), f. sing. SES (sê, l's se lie : sê-z amis), pluriel des deux genres. Adjectif possessif qui répond aux pronoms de la 3e personne du singulier, il, elle, soi, se.
Il détermine le nom, en y ajoutant une idée de possession. Son père. Sa mère. Ses cousins.
Chacun, à ses périls et fortune, peut croire tout ce qu'il lui plaît [MOL., Mal. imag. III, 3]
Nul homme n'est à soi-même sa raison, sa lumière, sa sagesse ; si ce n'est peut-être lorsque sa raison est une raison particulière, sa lumière une fausse lueur, sa sagesse une folie [MALEBR., Rech. vér. éclair. liv. I, t. IV, p. 91, dans POUGENS.]
Cette femme qui prenait le temps de demander son masque, lorsqu'elle l'avait sur son visage [LA BRUY., XI]
La peine a ses plaisirs, le péril a ses charmes [VOLT., Henr. IV]
Il faut que chaque parti ait son fou, comme autrefois chaque parti avait son chansonnier [ID., Lett. Damilaville, 15 oct. 1766]
Rien de Robert ne me plaît que lui-même ; C'est sa valeur et ses grâces que j'aime [ID., Ce qui plaît aux dames.]
Les lacs ont leurs oiseaux, la mer a ses serpents, Et ses poissons ailés et ses poissons rampants [DELILLE, Trois règnes, VIII]

PROVERBE

    À chaque jour suffit sa peine.
Dans des cas rares, où un verbe à l'infinitif donne quelque chose de général à la phrase, on peut mettre son, sa, ses, bien que le verbe principal ne soit pas à la 3e personne.
Je trouve fort triste de vivre et de mourir sans son archevêque [MAINTENON, Lett. au card. de Noailles, 24 oct. 1700]
Dans des cas encore plus rares et qui ne sont pas à imiter, son se rapporte à un possesseur vague qui n'est pas nommé.
Le meilleur de tous les biens, s'il y a des biens, c'est le repos, la retraite et un endroit qui soit son domaine [LA BRUY., De la cour]
Il faudrait : qui soit notre domaine.
Dans le langage familier, son, sa, ses, joint au verbe sentir, équivaut à l'article.
... pour me l'amener tu t'en vas en personne.... N'envoyer qu'un valet sentirait son mépris [CORN., le Ment. IV, 4]
Un vieux renard, mais des plus fins,.... Sentant son renard d'une lieue [LA FONT., Fabl. V, 5]
La ballade, à mon goût, est une chose fade ; Ce n'en est plus la mode, elle sent son vieux temps [MOL., Fem. sav. III, 5]
Cela sent son vieillard, qui, pour s'en faire accroire, Cache ses cheveux blancs d'une perruque noire [ID., Éc. des maris, I, 1]
Comme le vrai mérite a ses prérogatives.... cette phrase, ce comme ne conviennent pas à Pompée ; cela sent trop son rhéteur [VOLT., Comm. Corn. Rem. Sertor. III, 2]
Sa conversation, non moins instructive qu'amusante, ne sentait point son curé de village [J. J. ROUSS., Conf. X]
Posséder son Homère, son Cicéron, ses auteurs anciens, connaître bien Homère, Cicéron, les auteurs anciens, etc.
Il savait Rabelais et son saint Augustin [VOLT., Marseill. et Lyon.]
Il n'avait en littérature qu'une légère superficie, il ne savait que son Ovide [MARMONTEL, Mém. VI]
On dit de même : il possède bien son arithmétique.
Pontchartrain était appliqué, sachant bien sa marine, assez travailleur [SAINT-SIMON, 305, 233]
Quelquefois son, sa, ses a une signification méprisante et de reproche.
M. Burnet me passe tous les faits que j'ai rapportés sur la réforme anglicane et sur son Cranmer, aussi bien que sur ses autres héros, sans en contredire aucun [BOSSUET, Déf. Var. 1er disc. 31]
Son, sa, ses, placés devant les adverbes comparatifs, forment un superlatif. Son plus riche habit. Sa moins belle robe.
Son, quoique masculin, se dit au féminin devant un nom commençant par une voyelle ou une h muette : son âme, son épée, son héroïne. Ce solécisme, qui est passé dans l'usage, n'était pas commis par nos aïeux, qui disaient en élidant l'a comme dans l'article : s'ame, s'espée ; ce n'est qu'au XIVe siècle qu'il a commencé à s'introduire.

REMARQUE

  • 1. La règle générale est d'employer l'adjectif son, sa, ses, lorsqu'on parle des personnes ou des choses personnifiées, c'est-à-dire auxquelles on attribue des vues et une volonté. Hors ces cas, il vaut mieux employer en. Au lieu de dire : Le soin qu'on apporte au travail empêche de sentir sa fatigue ; dites : d'en sentir la fatigue. Cependant ce n'est point une loi grammaticale qui y oblige, c'est la clarté et l'élégance, et plus d'une fois les écrivains s'en sont départis.
    J'ai honte de ma vie, et je hais son usage, Depuis que je la dois aux effets de ta rage [CORN., Méd. III, 3]
    On ne peut d'ailleurs qu'user de son, sa, ses quand le nom est en complément indirect, comme ici : Lysidas [parlant de sa pièce] : Tous ceux qui étaient là doivent venir à sa première représentation [MOL., Critique, 7]
  • 2. Pour l'emploi de son, sa, ses avec chacun, voy. CHACUN, Rem. 1.

HISTORIQUE

  • IXe s.
    Si Lodhwigs sagrament que son fradre Karlo jurat, conservat.... [, Serment]
    Et Karlus meos sendra [mon seigneur], de suo part.... [, ib.]
  • Xe s.
    Un edre [un lierre] sore sen cheve [tête] Frag. de Valenc. p. 468. Mult laetatus, por que Deus cel edre li donat à sun soueir e à sun repausement [, ib.]
    Ne aiet niuls male voluntatem contra sem peer [, ib. p. 469]
    Elle ent adunet [abandonne] lo suon element [doctrine] [, Eulalie]
    Qu'elle perdesse sa virginitet [, ib.]
    Par souue clementia [, ib.]
  • XIe s.
    D'icez sons sers [de ces siens serfs] [, St Alexis, XX]
    Se [il] mesfeist as homes de sa baillie [, Lois de Guill. 2]
    Serez ses hom [son homme] par honur et par bien [, Ch. de Rol. III]
    Li reis est fiers, et sis curages pesmes [, ib. IV]
  • XIIe s.
    [Que je] Ne puisse assez li [elle] et s'amor servir [, Couci, XI]
  • XIIIe s.
    En terre sen fil [son fils] [il] envoia, Qui aveques nous conversa [, St Graal, V. 2183]
    En son lit en seant [elle] prist ses heures à dire [, Berte, XI]
    Mal lui monstrons semblant que soions si ami [, ib. LXXI]
    Et l'apostoles li manda qu'il sermonnast de la croix par s'auctorité [VILLEH., I]
    Savés-vous qui estoit s'amie ? la Rose, 835 Dieu, en qui il mist sa fiance, le gardoit touz jours dès s'enfance [JOINV., 201]
  • XIVe s.
    Cest os ou son extremité vers la jointure du coude [H. DE MONDEVILLE, f° 21]
    Comme il se feist voie parmi la tourbe avecques son espée [BERCHEURE, f° 32, recto]
    Son ire croissoit [ID., f° 40, verso]
    Il avoit defraudé son esperance [ID., f° 24, verso]
    Et doit icellui pecheur dire tout ce qui peut grever son ame [, Ménagier, I, 3]
  • XVe s.
    Du temps de ses feu pere et mere [LOUIS XI, Nouv. X]
  • XVIe s.
    Et ayme mieux en s'amour avoir peine, Que sans s'amour avoir liesse plaine [MAROT, II, 375]
    Sy luy dirois la peine que j'endure Pour son amour, et elle orroit ma plaincte [ID., I, 376]
    Ce disant, Dindenault desguainoyt son espée [RAB., Pant. IV, 5]
    Il tua son homme en ce mesme combat [MONT., III, 296]
    La foy prend son commencement, accroissement et perfection de la parole [CALV., Instit. 1034]
    .... que la loy n'a de rien profité à ses observateurs [ID., ib. 1045]
    Au gentilhomme bien né, son estude, exercice et plaisir, doit estre en toutes les vertus [LANOUE, 201]
    Ainsi qu'on void avenir à une lanterne : car plus sa vitre est claire, plus sa lumiere interieure s'apperçoit [ID., 531]
    Il commencea à user d'une franchise de parler, qui sentoit plus son accusateur que sa libre defense [AMYOT, Cor. 26]

ÉTYMOLOGIE

  • Poit. seun ; picard sin ou sen devant une voyelle, chin, son, che, sa ; provenç. ses, son, au fém. sa ; au plur. siei, sei ; au fém. sas ; cat. sos, son ; espagn. suyo ; ital. suo : du lat. suum ; comparez le grec, et l'allem. sein. Dans l'ancienne langue, ses était le nominatif, son le régime, au sing. masculin ; si le nominatif pluriel, ses le régime pluriel.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. SON. - REM. Ajoutez :
  • 3. Cet adjectif possessif peut se dire avec un substantif composé.
    Son contrains-le [de l'Évangile].... [VOLT., Philos. Déf. de Milord Bolingbroke, XXXII.]
  • HISTORIQUE

    • VIIIe s. Per sa preceptione, pour : per suam praeceptionem (716), dans JUBAINVILLE, De la déclinaison latine en Gaule à l'époque mérovingienne, p. 96.

SON2

(son) s. m.
Résidu de la mouture des grains, qui est principalement composé des débris de leur écorce.
Le porc à s'engraisser coûtera peu de son [LA FONT., Fabl. VII, 10]
C'est trop d'honneur que vous me faites ; et, si j'avais su ça tantôt, je n'aurais pas manqué de les laver [mes mains] avec du son [MOL., Festin, II, 2]
Le son lui forme [au cheval] un aliment très rafraîchissant et d'une facile digestion [GENLIS, Mais. rust. t. I, p. 199, dans POUGENS]
Fig.
Les femmes galantes finissent souvent par où elles auraient dû commencer ; il faut que les seigneurs aiment mieux le son que la farine [LESAGE, Est. Gonz. 28]
Si bien donc désormais que vous serez plus fine, Et vendrez votre son mieux que votre farine [LEGRAND, Roi de Cocagne, II, 7]
Fig. Moitié farine et moitié son, se dit de choses mêlées, et aussi moitié de gré, moitié de force. Son gras, celui dans lequel il reste beaucoup de farine. Eau de son, eau dans laquelle on a mêlé du son.
Populairement, taches de rousseur. Elle a du son plein la figure.
Nom que les enfants donnent à la sciure qui remplit les poupées.

PROVERBE

    Ventre de son et robe de velours, se dit de ceux qui, étant fort bien vêtus, font mauvaise chère chez eux.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Son blé moulu, il le prend, il le sasse, Le son demeure et la farine passe [DU BELL., VII, 4, recto.]

ÉTYMOLOGIE

  • Diez dit que son est l'anc. franç. son ou som, sommet : ce qui reste sur le haut du tamis ; et il cite l'espagn. soma, qui signifie fleur de farine. Il n'y a guère d'historique ; mais on ne peut écarter le bas-lat. seonnum, son, qui se trouve dans un texte du XIIIe siècle, et qui, appartenant à un document français, nous montre que l'ancienne forme était seon. Seon peut conduire à secundum (voy. l'Hist. de SELON) : ce serait donc la seconde mouture.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. SON. Ajoutez :
    Terme de meunerie.
    Les sons trois cases, les derniers sons, les plus gros [, Journ. offic. 24 juin 1872, p. 4260, 1re col.]
    Vinaigre de son, eau dans laquelle on a laissé séjourner du son, jusqu'à ce qu'elle soit devenue acide.

    HISTORIQUE

    • Ajoutez : XIVe s.
      [Pour un cheval] deux boisseaulx de bran.... item après, boire de l'eau de riviere chauffée sur le feu, et y ait du son dedans une toile.... [, le Ménagier de Paris, t. II, p. 77]
    • XVe s.
      Son ou bren, qui saillira de la farine [, le Cérémonial des consuls, dans Revue des langues romanes, t. VI, p. 90]

SON3

(son) s. m.
Ce qui frappe l'ouïe, par l'effet de mouvements vibratoires rhythmiques et pendant quelque temps semblables à eux-mêmes, par opposition au bruit, où les mouvements sont confus, de durée et d'intensité inégales.
Sans être étourdi ni par le son des trompettes, ni par le bruit des canons, ni par le cri des blessés [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Ces esprits frivoles Que tout flatteur endort au son de ses paroles [BOILEAU, Ép. IX]
Quelques-uns dansaient au son du chalumeau [FÉN., Tél. XVII]
Jusqu'au son de sa voix, tout me pénètre en elle [PIRON, Métrom. III, 2]
J'entends de tous côtés les clameurs des soldats, Et les sons de la guerre, et les cris du trépas [VOLT., Adél. du Guesclin. I, 1]
Les longues phrases ont une expression, les courtes en ont une autre ; et l'expression est la plus grande, lorsque les mots y contribuent, non seulement comme signes des idées, mais encore comme sons [CONDILL., Harmonie du style, 3]
Ces causes réunies rendaient les sons remarquablement faibles sur la cime du Mont-Blanc ; un coup de pistolet n'y fit pas plus de bruit qu'un petit pétard de la Chine n'en fait dans une chambre [SAUSSURE, Voy. Alpes, p. 338, dans POUGENS]
Le son parcourt plus de 325 mètres par seconde [FOURCROY, Conn. chim. t. I, p. 116]
Non toutefois que l'évêque de Clermont n'ait en partage que la tendresse du génie ; il sait aussi faire entendre des sons mâles et vigoureux [CHATEAUBR., Génie, III, IV, 3]
Sons de combinaison, sons que l'on entend lorsqu'on produit simultanément deux sons de hauteur différente, intenses et soutenus ; sons de différence, sons caractérisés par ceci que leur nombre de vibrations est égal à la différence des nombres de vibrations des sons primaires ; sons de sommation, sons ayant un nombre de vibrations égal à la somme des nombres de vibrations des sons primaires (dénominations dues à Helmholz). Le son d'un écu, le bruit de l'argent.
Et tenez celles-là trop indignes de vous, Que le son d'un écu rend traitables à tous [CORN., le Ment. I, 1]
Fig. Prendre les lièvres au son du tambour, ne pas faire une chose avec tout le secret qu'elle demande. Son, par opposition à ce qui est effectif.
Quand on tient de pareils discours, où il n'y a qu'un son éclatant et des couleurs spécieuses.... [BOSSUET, Avert. Repr. idolâtrie, 9]
Il [un orateur] aurait beau faire de longues périodes ; ce seraient des sons contre des vérités [VOLT., Lett. au pr. roy. de Pr. 8 mars 1738]
Particulièrement. Le son considéré au point de vue musical.
Les propriétés du son les plus remarquables sont deux, savoir, ses différences considérées par rapport au temps ou à la durée, et par rapport à la force ou à l'intensité du son considéré en tant que grave ou aigu [DESC., Musique, objet.]
Lévites, de vos sons prêtez-moi les accords [RAC., Ath. III, 7]
Ce n'est point proprement par les sons que nous sommes touchés ; c'est par les rapports qu'ils ont entre eux, et c'est uniquement par le choix de ces rapports charmants, qu'une belle composition peut émouvoir le cœur en flattant l'oreille [J. J. ROUSS., Dissert. sur la mus. mod.]
Sons filés sans art, mais enflés avec âme, sons enchanteurs et pénétrants, vrais soupirs d'amour et de volupté, qui semblent sortir du cœur et font palpiter tous les cœurs [GUÉNEAU DE MONTB., le Rossignol]
Sons harmoniques, voy. HARMONIQUE. Sons antiphones, ceux qui, à la distance d'une ou plusieurs octaves, font consonnance entre eux. Sons ouverts, sons bouchés.
Le cor ne donne comme sons justes que ceux de l'accord parfait, ut, mi, sol ; c'est ce qu'on nomme les sons ouverts. Pour obtenir les autres bien justes, il faut mettre la main droite dans le pavillon de l'instrument ; c'est ce qu'on appelle les sons bouchés ; ils sont moins clairs que les autres. Après la difficulté d'attaquer les sons avec netteté et celle d'exécuter les traits avec facilité et volubilité, il n'en est pas de plus grande que d'égaliser la force des sons ouverts et des sons bouchés [FÉTIS, la Musique à la portée de tout le monde, ch. XVIII]
La langue des sons, la musique.
Il se dit des articulations d'une langue.
En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre, ou le tour vicieux [BOILEAU, Art p. I]
Fuyez des mauvais sons le concours odieux [ID., ib.]
Là, plus d'un bourg fameux par son antique nom Vient offrir à l'oreille un agréable son [ID., Ép. IV]
C'est un défaut qu'un même son soit représenté par plusieurs caractères différents [DUMARS., Œuv. t. IV, p. 129]
Il [l'abbé de Dangeau] s'occupa surtout très longtemps du soin délicat et pénible de faire l'énumération exacte des sons de notre langue [D'ALEMB., Dangeau. chap. 3]
Ne faire aucun son, ne pas être prononcée, en parlant d'une lettre.
Nous prononçons l's de quatre diverses manières : tantôt nous l'aspirons comme en ces mots peste, chaste ; tantôt elle allonge la syllabe, comme en ceux-ci paste, teste ; tantôt elle ne fait aucun son, comme à esblouir, esbranler, il estoit ; et tantôt elle se prononce comme un z, comme à présider, présumer, [, Théât. de P. Corneille, édit. de 1682, Préface]
Terme de médecine. En plessimétrie, son fémoral, la matité absolue, comme celle que donne la percussion de la cuisse. Son humorique, celui que donne une cavité remplie d'humeur. Son intestinal, celui que rend l'intestin contenant des gaz. Son jécoral, la matité du foie.

PROVERBE

    Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, il faut entendre les deux adversaires.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Mil grailles [trompettes] sonnent, moult en sont clair li son [, Ronc. p. 71]
    Et li douz sons de ruissel sor gravele [, Couci, XVIII]
    Jo oï jà le sun de grant pluie [, Rois, p. 318]
  • XIIIe s.
    Amis, riens ne m'i vaut, sons, note ne estive [instrument de musique] ; Quant [je] ne vous puis veoir, [je] n'ai talent que plus vive [AUDEFR. LE BAST., Romancero, p. 11]
    Que on ne l'esveillast pas du son d'un tabur [tambour] [, Berte, XLI]
    Et chantoient et sons et lais, Et sonoient tinbres et tabors [, Ren. 13488]
  • XVe s.
    Le Begue de Villaines, qui estoit tousjours en doute et en soing de son fait et en cremeur de tout perdre, ouit, ce luy sembla, le son de passer sur le pavement ; si dit : j'ay oui gens, sachons quels ils sont [FROISS., I, p. 338, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Les Parthes ne s'incitent pas à combatre par le son des cornets ny des trompettes et clairons [AMYOT, Crassus, 44]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. son, so ; catal. so ; esp. son ; portug. som ; ital. suono ; du lat. sonus ; comparez le gaél. soin, sian ; kimry, sain ; sanscrit, svana.

son

SON. Adjectif possessif masculin, qui répond au pronom de la troisième personne Il, se, soi. On le met toujours devant le nom ou l'adjectif qui précède le nom. Son père. Son argent. Son honneur. Son premier livre.

Il fait au féminin SA. Sa soeur. Sa patrie. Sa honte. Mais lorsque le nom ou l'adjectif féminin devant lequel il est placé commence par une voyelle ou une h muette, au lieu de Sa on dit Son. Son amitié. Son habitude. Son excellente amie.

Il fait au pluriel SES pour les deux genres. Ses biens, ses amis, ses prétentions.

Il s'emploie familièrement pour indiquer des rapports d'habitude, de connaissance, etc. Voilà son public. Il connaît ses auteurs. Posséder son Homère. Il sait bien son arithmétique.

Joint aux verbes Sentir, Faire, dans le langage familier, il renforce le sens de la phrase. Il sent son homme de qualité; il sent son hypocrite. Il fait son malin.

son

SON. n. m. Partie la plus grossière du blé moulu. Un boisseau de son. Il en a tiré toute la farine, il n'en reste plus que le son. Eau de son. Bain de son.

Fig. et fam., Tache de son, Tache de rousseur.

son

SON. n. m. Sensation que produisent sur l'organe de l'ouïe les vibrations des corps propagées à travers l'air jusqu'à la membrane du tympan. Le son parcourt trois cent trente-sept mètres par seconde. Son aigu, grave, perçant, éclatant, prolongé. Son clair, doux, harmonieux. Le son de la voix. Cet instrument rend un son agréable. Cette cloche a un son argentin. Au son des cloches. Au son du tambour. Tirer un beau son du violon. Proférer des sons. Filer des sons. Des sons inarticulés. Des sons plaintifs. La hauteur d'un son. Par extension, Ce flûtiste n'a pas de son, a un petit son.

Fig., Publier une nouvelle à son de trompe, La faire connaître à tous, la répandre bruyamment.

Sons harmoniques. Voyez HARMONIQUE.

son

Son, m. Est le tentissement en l'air qui se fait de l'entretouchement de deux ou plusieurs choses par heurt, ou compression. Ainsi dit-on le son du tonnerre du vent, de l'orage, de la cloche, de l'artillerie, de la voix, de la fonde et d'autres choses, lequel est causé ou par entrechoc de choses de contraires qualitez, comme celuy du tonnerre, ou d'attouchement et compression seule sans operation des susdictes qualitez, comme est le chiflement, l'escri: et par seule fraction de l'air qui est entre deux, comme le son de l'applaudissement des mains, ou de l'air qui est à l'opposite, comme celuy du vireton descoché, et du caillou rué à force, Sonus, Sonitus, Sonor, Tonus. Son se prend aussi pour le desbris de la cotte du grain que la meule fait au moulin, lequel par le sas ou bluteau est par apres escous d'avec la farine quand on veut faire du pain, Furfur. Qui est comme plein de son, Furfurosus. Son aussi est pronom possessif masculin, comme, C'est son logis, Ipsius haec domus est. Il est en son jardin, Est in horto suo. Lequel neantmoins est employé aux noms feminins de la chose possedée, s'ils commencent par voyele, comme, Son espée, son ame, Ensis anima ipsius. Ce qui se fait pour eviter le béement de bouche qui seroit lourd si on disoit sa espée, sa ame. Car quand ledit feminin commence par consonante, on n'use pas dudit masculin Son, ains de Sa feminin, comme, Sa conscience, sa maladie, Conscientia morbus ipsius. Toutesfois on dit S'amie par apocope, ou bien par aversion. de sa et amie, comme on dit aussi M'amie, et non Son amie, Mon amie. Mais on ne dit S'ame, ni M'ame.

Un fort son, Sonor, sonoris.

Le son qu'on rend quand on enfle les jouës Stlopus.

Le son des pieds, Crepitus pedum.

Le son des coups quand on foüete une personne, Crepitus plagarum.

Son qui est un peu plus bas, Grauiusculus sonus.

Un son hautain et cler, Sonus acutus.

Bruire et faire un son hautain, Detonare.

Son haussé et baissé, Sonus inflexo spiritu variatus.

Un son esclattant, Fragor.

Avec son esclattant et bruit violent, Fragose.

Son violent et aspre de quelque chose que ce soit, Crepitus.

Son fait par mesure, Sonus modulatus.

Son tout le plus bas qu'on peut prendre, Sonus grauissimus.

Son rabatu, Sonus flexus.

Danser au son du menestrier, Saltare ad tibicinis modos.

Faire son, Edere sonos, Sonum reddere, vel sonitum, Increpare.

Faire un son en frappant contre quelque chose, Sonum elidere.

Faire divers sons, Discrepare.

Faire grand son, Personare.

Rendre son, Sonum efficere, Resonare.

Qui rend divers sons, Multisonus.

Tempestes qui rendent grand son, et bruient fort, Tempestates sonorae.

Tascher d'ouir le son, Captare sonitum.

Ne pouvoir endurer le son en ses oreilles, Sonitum non posse capere auribus.

son


SON, SA, pron. possessif de la 3e persone. Il fait au pluriel ses. = 1°. Son se dit au masculin: son livre, son chapeau: il sert aussi pour le féminin, lorsque le mot comence par une voyèle; ou une h muette; son âme ; son hôtesse. Sa se met devant les mots féminins, qui comencent par une consone. Sa table, sa maison. = 2°. Son, sa, leur, ne se disent que relativement aux persones: on dit d'un homme: je conais sa famille, ses talens; mais on ne dira point d'une maladie: je conais sa caûse, ses accês sont longs. Il faut alors se servir du pronom en: j' en conais la caûse: les accês en sont longs. Bouh. = 3°. Ce pronom ne doit pas se raporter à un nom pris indéfiniment, comme dans ces vers, qui étaient dans les premières éditions de Boileau.
   Les vers ne soufrent point de médiocre Auteur;
   Ses écrits, en tout lieu, sont l'éfroi du Lecteur.
Ce Poète les changea dans la suite. = Il est encôre plus mal de le faire raporter à un adjectif, comme a fait le P. Barre: "Il savoit le grec et le latin et parloit cette dernière langue, comme sa naturelle. L'Historien a craint de répéter le mot langue: mais cette répétition était indispensable; et elle n'est point desagréable. Il devait dire: il parlait cette dernière langue, comme sa langue naturelle. = 4°. Il faut aussi bien prendre garde comment on place ce pronom, parce qu'il forme quelque-fois un sens équivoque. Boileau dit, dans le Lutrin:
   Gilotin en gémit et sortant de fureur,
   Chez tous ses partisans, va semer la terreur.
Selon la construction, ses se raporte à Gilotin; et selon l'intention du Poète, il doit se raporter au Prélat, dont il est parlé quatre vers plus haut. Il y a la même faûte, dans les vers suivans, où le Poète dit, en parlant de Sidrac.
   Il devine son mal: il se ride; il s'avance
   Et d'un ton paternel réprimant ses douleurs.
C'est le mal, ce sont les douleurs non de (Il) Sidrac, mais du Prélat. La faûte est légère, dit M. de Saint Marc, quand le sens se présente de lui-même. = 5°. Quelques Écrivains transportent le pronom possessif du nom régi au nom régissant. "Sa solidité naturelle d'esprit, dit Fontenelle pour, la solidité naturelle de son esprit. "Ses plus grands embarras d'afaires. Fléchier. = Je n'ôserais condamner ces exemples; mais la phrâse suivante présente une transposition vicieûse, en sens contraire. "Démosthène vint à bout de surmonter les défauts de sa langue. P. Rapin Il falait dire, son défaut de langue.

son


SON, s. m. 1°. La partie la plus grossière du blé moulu: "Grôs son. "Eau de son. = 2°. Son, bruit, l'objet de l'ouie. "Son aigu, perçant; clair, doux, harmonieux; rude, qui étourdit. "Le son des cloches, des trompètes, du tambour, etc. = Rousseau s'en sert, au lieu de paroles, discours. Il fait dire à Minerve.
   Je suis Minerve: écoutez mes leçons!
   Quoi! vous fuyez et méprisez mes sons.
Je ne crois pas qu'on doive imiter, en cela, même en vers, ce grand Poète. On dit bien, d'une chanteûse, qu'elle ne forme pas bien ses sons: mais on ne dirait pas à quelqu'un, écoutez mes sons, pour dire, faites atention à ce que je vous dis.

Traductions

son

(sɔ̃)
nom masculin
ce qu'on entend produire un son grave

son

(sɔ̃)
adjectif possessif pluriel ses (se)

sa

ihr, Klang, Laut, Schall, sein, Kleie, Hall, ihrige, Ton, Vox, man, Tonhöhesound, her, his, its, bran, one's, Sect, pitchgeluid, haar, klank, zijn, zemelen, gerucht, toon, zaagsel, galm, ’r, d’r, hare, heur, koren, z’n, zemel, zijne, ervan, toonhoogteהגה (ז), מצלול (ז), צליל (ז), קול (ז), שמע (ז), צְלִיל, קוֹל, הֶגֶה, מִצְלוֹלhaar, klank, syзвукseu, seva, sojeho, její, zvuk, otruby, svůj, výškadens, lyd, dets, hans, hendes, ens, klid, sin, tonehøjdeπίτουρο, ήχος, φθόγγος, δικός μου, δικός της, δικός του, ύψος τόνουĝia, lia, ŝia, sonosonido, su, salvado, acemite, moyuelo, de uno, propio, tono-nsa, -nsä, äänenkorkeus, ääni, hänen, lese, sen, yksi, yksi jstak tietystä ryhmästä, yksi monista, toinenzvuk, mekinje, njegov, njezin, svoj, visina glasahangzik, korpasuo, crusca, suono, audio, proprio, tonoぬか, それの, ふすま, 一般的な人を指す所有格, 彼の, 彼女の, 調子, 音밀기울, ~이라는 사람의 소유격, 그 여자의, 그것의, 그의, 소리, 왕겨, 음높이accentus, canor, sonumdźwięk, jego, jej, głos, otręby, swój, tonacjafarelo, seu, som, sonido, sua, dela, dele, intensidade, seu, seussunetзвук, отруби, отруб, его, ее, наше, свою, тонzvukzvokhans, hennes, ljud, dess, ens, kli, tonhöjd-ake他的, 她的, 它的, 麸皮, 声音, 定调, 某人的, lyd, dens, ens, hans, hennes, kli, tonehøydeخَاصّ بِالـمُفْرَدَة الغَائِبَة, خَاصَّتُهُ, خاضّ, صَوْت, ضَمِيرُ الـمُلْكِيَّةُ لِلْمُفْرَدِ الغَائِبِ غَيْرِ العَاقِلِ, طَبَقَةُ صَوْت, نُخالَةเสียง, ของเขา, ของมัน, ของหล่อน, คำแสดงความเป็นเจ้าของ, ระดับเสียง, รำข้าวkepek, kişinin, onu, ona, onun, onunki, perde, sesâm thanh, cám, của ai, của anh ấy, của chị ấy, của nó, độ cao (sa)
à lui, à elle Il a oublié son sac. Je ne connais pas sa sœur.

son

5 [sɔ̃, sa] [ses] (pl) adj possessif
(antécédent humain masculin) → his
son père → his father
Il a perdu son portefeuille → He's lost his wallet.
Il est parti voir ses grands-parents → He's gone to see his grandparents.
(antécédent humain féminin) → her
son père → her father
Elle a perdu son sac → She's lost her bag.
Delphine a oublié ses baskets → Delphine's forgotten her trainers.
(valeur indéfinie)one's, your
Il vaut mieux emmener son parapluie car le temps peut être capricieux → You'd be best to take your umbrella as the weather can be unpredictable.
(antécédent non humain) → its
la ville et ses alentours → the town and its surroundings

son

6 [sɔ̃] nm
(= bruit, volume, qualité sonore) → sound
Le son n'est pas très bon → The sound's not very good.
baisser le son → to turn the sound down
[blé] → bran
du pain de son → bran bread