soucieux, euse

SOUCIEUX, EUSE

(sou-si-eû, eû-z') adj.
Qui prend souci, intérêt à.
Jamais il ne fut plus satisfait de lui-même, moins soucieux des affaires d'autrui, moins occupé de ses persécutions [J. J. ROUSS., 2e dial.]
Qui a du souci.
Je crains que les assiduités que vous avez ici ne rendent soucieuse une personne à laquelle je serais bien fâché de causer la moindre peine [DIDEROT, Lett. à Mlle Voland, 19 sept. 1767]
Qui marque du souci, en parlant des choses.
Elle était avec moi sur un ton de bonté soucieuse et mal assurée [MARMONTEL, Mém. VI]
Et l'empereur poursuit ; mais son front soucieux Est plus sombre et plus noir que l'orage des cieux [A. DE VIGNY, le Cor.]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Que vostre cœur tant noble et gracieux Chasse dehors tout ennui soucieux [MAROT, I, 356]
    Car volontiers la chose precieuse Est mise à part en garde soucieuse [ID., I, 276]
    Pyrrho... les encourageoit [des gens effrayés dans une tempête] par l'exemple d'un pourceau qui y estoit [dans le bateau], nullement soulcieux de cet orage [MONT., I, 300]

ÉTYMOLOGIE

  • Souci 2 ; génev. soucilleux.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • SOUCIEUX. - HIST. XIIIe s.
    À Sebile seus demora [il demeura seul] ; Souciex fu et malicieus, Et pour ce demora tous seus [ADENES, li rois Cleomades, V. 4436, publié par Van Hasselt, Bruxelles, 1865]
    Souciex est ici de deux syllabes ; il est au cas sujet et provient d'un thème soucif, comme doutiex de doutif : voyez-en un exemple dans ce passage du même poëme :
    Et li rois li dist erranment Qu'il li donra, n'en soit doutiex, Tel don dont chascun sera miex [ID., ib. V. 6730]