souffle

souffle

n.m.
1. Agitation de l'air ; courant d'air : Elle a ouvert la fenêtre et un souffle d'air frais est entré bouffée
2. Air exhalé par la bouche ou par les narines en respirant ; bruit ainsi produit : Combien de temps peux-tu retenir ton souffle ? respiration
3. Capacité à emmagasiner de l'air dans ses poumons : Il faut avoir du souffle pour jouer du saxo.
4. Bruit de fond continu émis par un haut-parleur.
5. En médecine, bruit anormal perçu à l'auscultation de certaines parties du corps : Avoir un souffle au cœur.
6. Déplacement d'air extrêmement brutal, provoqué par une explosion : La maison a été ébranlée par le souffle.
Couper le souffle,
étonner vivement ; stupéfier.
Être à bout de souffle,
être épuisé ; fig., ne plus pouvoir poursuivre un effort.
Manquer de souffle,
s'essouffler rapidement ; fig., manquer d'inspiration.
Ne pas manquer de souffle ou avoir du souffle,
Fam. avoir de l'aplomb, du culot.
Second souffle,
en sports, regain de vitalité après une défaillance momentanée ; fig., nouvelle période d'activité : Ce magazine est à la recherche d'un second souffle.

SOUFFLE

(sou-fl') s. m.
Agitation de l'air causée par le vent. Il ne fait pas un souffle de vent.
D'un souffle l'aquilon écarte les nuages [RAC., Esth. III, 3]
Comme le fruit en naissant arraché, Ou qu'un souffle ennemi dans sa fleur a séché [ID., Athal. I, 2]
Que dis-je ? hélas ! oui, la terre s'éveille, Belle et parée au souffle du printemps [BÉRANG., Malade.]
Fig.
Hélas ! l'homme ne peut dire, en naissant, quel coin de l'univers gardera ses cendres, ni de quel côté le souffle de l'adversité les portera [CHATEAUBR., Gén. I, V, 17]
Vent que l'on fait en poussant de l'air par la bouche.
Quelques restes de feu sous la cendre épandus D'un souffle haletant par Baucis s'allumèrent [LA FONT., Phil. et Bauc.]
Son souffle [d'un sanglier] se faisait entendre de loin comme le bruit sourd des vents séditieux [FÉN., Tél. XXIII]
Par exagération. Il est si faible, qu'on le renverserait d'un souffle, du moindre souffle. Fig. et familièrement. Cette objection, ce système, cette intrigue peuvent être renversés d'un souffle, ils sont très faciles à détruire. Fig. Ne tenir qu'à un souffle, être de peu de durée, de consistance.
La vie, le bonheur, l'infortune tiennent à un souffle [CHATEAUBR., Pensées.]
Le souffle créateur, le souffle par lequel Dieu anima le premier homme.
Ton souffle créateur s'est abaissé sur moi [LAMART., Méd. I, 2]
Souffle dans un instrument de musique.
Tout ce que j'aurais souhaité, c'est de te mener tout doucement jusqu'au temps où ton souffle saura se donner sans effort [G. SAND, Maîtres sonneurs, 15e veillée.]
Air exhalé par la respiration.
Les pharisiens superstitieux, en revenant du marché où ils rencontraient tant de gentils et tant de publicains, dont ils croyaient que l'approche et le souffle même, pour ainsi dire, les souillait.... [BOSSUET, Déf. trad. comm. I, 1]
La frayeur de la mort [dans une peste] ne lui fit point abandonner sa maison ; elle voulut assister ce frère mourant, sans craindre ces souffles mortels qui portent le poison dans les cœurs [FLÉCH., Mme de Mont.]
Mes esclaves que j'appelle refusent maintenant de m'approcher ; et mon souffle même est devenu une infection, et un souffle de mort pour mes enfants et pour mes proches [MASS., Avent, Mort du péch.]
Le meurtrier du roi respire en ces États, Et de son souffle impur infecte vos climats [VOLT., Œdipe, I, 3]
Et les roses, nos sœurs, se disputent entre elles Mon souffle de parfums et mon corps de rayons [d'un sylphe] [V. HUGO, Ball. 2]
La simple respiration. Retenir son souffle. Reprendre son souffle.
Avec quel souffle pur je l'entends qui respire ! [DUCIS, Othello, V, 4]
Ménager son souffle, ménager sa respiration. Manque de souffle, manque d'une respiration qui tienne, qui se prolonge. Fig. Manque de souffle, se dit d'un écrivain qui n'a pas la force de développer son sujet. Cet homme n'a qu'un souffle de vie, il n'a que le souffle, il est très faible.
Je n'ai plus qu'un souffle de vie ; je l'emploierai à vous invoquer en mourant.... [VOLT., Lett. à Catherine II, 31 juill. 1772]
Il n'a plus que le souffle, il est agonisant. Le souffle de la vie, la vie même.
Le souffle de ma vie est à Marianne ; elle peut d'un mot l'anéantir ou l'embraser [A. DE MUSSET, Capr. de Mar. I, 1]
Terme de médecine. Bruits de souffle, bruits anomaux qui se produisent dans les cavités du cœur, dans les artères et parfois dans les veines. Bruit de souffle continu, bruit semblable au bruit qu'on entend quand on approche de son oreille un gros coquillage univalve ; il se fait entendre aux vaisseaux du cou, surtout dans les affections anémiques. Souffle placentaire ou souffle utérin, souffle doux, tantôt sonore et grave, tantôt aigu, synchronique au pouls de la mère, entendu ordinairement vers les régions inguinales, à dater du quatrième mois de la grossesse, et dû au passage du sang maternel dans les artères utérines. Souffle bronchique, bruit des bronches que perçoit l'oreille appliquée sur la poitrine. Souffle amphorique, celui qui résonne comme si l'on soufflait dans une amphore. Le souffle amphorique est fréquent dans les épanchements pleurétiques de forme chronique ou latente. Bruit de souffle, se dit aussi du bruit entendu dans la pneumonie au troisième degré.
Fig. Inspiration, influence, en bonne ou en mauvaise part. Le souffle malfaisant de la haine, de l'envie.
Impatient du dieu dont le souffle invincible Agite tous ses sens [de la pythie] [J. B. ROUSS., Ode au comte du Luc.]
Elle avait dérobé cette rose naissante Au souffle empoisonné d'un monde dangereux [VOLT., l'Éducat. d'une fille.]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Ainsi m'est advenu en ceste entreprise [mettre en vers latins la doctrine du péché] ; car le souffle m'est failly à my chemin [BONIVARD, Amartigenée, p. 78]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. SOUFFLER.

souffle

SOUFFLE. n. m. Vent produit en poussant l'air hors de la bouche. Un souffle puissant. Par exagération, Il est si faible qu'on le renverserait d'un souffle.

Il se dit aussi de la Simple respiration. Retenir son souffle. Manquer de souffle. Perdre le souffle. Reprendre son souffle.

Cet homme n'a que le souffle, n'a qu'un souffle de vie, Il est extrêmement faible. Il n'a plus que le souffle, Il est agonisant. On dit encore dans un sens analogue : Sa vie ne tient qu'à un souffle.

Fig., Cet écrivain manque de souffle, Il ne se soutient pas longtemps, il est vite à bout d'idées, à court d'imagination.

SOUFFLE se dit, par extension, de l'Agitation de l'air. Il ne fait pas un souffle de vent. Au moindre souffle de vent. Le souffle impétueux des vents. Le souffle léger des zéphyrs.

Il s'emploie aussi figurément et signifie Inspiration, influence. Le poète semblait être animé d'un souffle divin. Le souffle empoisonné de la haine, de l'envie, de la calomnie.

souffle

Souffle, f. penac. Est l'Imperatif, dont l'Infinitif est souffler. Duquel Imperatif on use par mocquerie, quand on veut donner à entendre que ce que aucun a dit est une bourde et mensonge ou que ce que aucun promet faire ou donner, ne se doit attendre, Fabulae. Bud. ex Terent. Comme quand quelqu'un a raconté quelque nouvelle estrange, ou promet et se vante de faire quelque chose outre ses moyens, on luy respond en voix eslevée et par derision soufflez, comme, si on luy disoit que ce qu'il a dit et promis ne sont que fables. La signification et usage procede, ce semble, des batteleurs, lesquels ayans fait semblant de mettre en la main quelque noix de galle ou autre chose, la presentent à quelqu'un, qui leur est à l'environ, luy disant Soufflez en mon poing, et apres qu'il y a soufflé, la recouvrans, il ne s'y trouve rien dedans.

souffle


SOUFFLE ou SOUFLE, s. m. SOUFLER, v. n. et act. SOUFLEUR, s. m. [2e e muet au 1er, é fer. au 2d.] Soufle est le vent que l'on fait, en poussant de l'air par la bouche. "Il est si faible qu'on le renverserait du moindre soufle. = Il ne signifie quelquefois que la simple respiration. "Il n'a qu'un soufle de vie. = Médiocre agitation de l'air. "Il ne fait aucun soufle de vent. = En Poésie, on le dit quelquefois d'un vent violent, mais en y ajoutant une épithète: le soufle impétueux des vents, des aquilons.
M. Le Franc dit à Dieu:
   Ton soufle assemble les orages,
   Les aquilons, dont les ravages
   Font régner la mort sur les eaux.
   SOUFLER, faire du vent, en poussant l'air avec la bouche. "Soufler dans ses doigts, au visage de quelqu'un, sur une table, pour en ôter la poussière. — Fig. "Le Seigneur a souflé sur l'âmas de leurs richesses injustes. Massill. = Et en parlant du vent, d' un souflet, etc. Le vent qui soufle est doux, ou violent, agréable, ou incomode. "Il soufle un vent frais. "Ce souflet est percé; il ne soufle pas. = Il se dit aussi de l'homme et des animaux, quand ils respirent avec éfort. À~ la moindre fatigue, il soufle comme un beuf. "Ce cheval est poussif, voyez comme il soufle. = En st. fig. famil. On dit d'un homme, qu'il n'ôserait soufler, qu'il ne soufle pas, qu' il n'ôserait ouvrir la bouche pour se plaindre. * En Provence, l' on dit, ne pas soufler un mot, n'en soufler pas une. C' est du Provençal, habillé en Français. — Soufler aux oreilles de quelqu'un, lui vouloir persuader des chôses. méchantes contre d'autres persones. Voy. CHAUD. = V. act. "Soufler le feu, pour l'alumer; la chandelle, pour l'éteindre, la poussière, pour l'ôter; l' orgue, pour doner du vent aux tuyaux, etc. = FIG. Soufler la discorde, ou le feu de la discorde, ou, la division; l'exciter. = V. n. sans régime. Chercher la pierre philosophale. "Il a dépensé tout son bien à soufler.
   SOUFLEUR est 1°. Qui soufle, comme ayant peine à respirer. "C'est un soufleur perpétuel. = 2°. qui soufle continuellement le feu; soufleur importun, incomode. = 3°. Soufleur d'orgues. = 4°. Celui, qui suggère à une persone, qui parle en public, les endroits où la mémoire vient à lui manquer. "Ce Prédicateur a besoin d'un soufleur: "Le soufleur de la Comédie. = 5°. Alchimiste; qui cherche à faire de l'or. "C'est un mauvais métier que celui de soufleur.

Synonymes et Contraires

souffle

nom masculin souffle
1.  Air exhalé en respirant.
2.  Courant d'air léger.
3.  Littéraire. Faculté d'imagination.
Traductions

souffle

Atem, Hauch, Blasen, Brise, Lufthauch, Wehen, Zugbreath, inspiration, puff, animation, blowing, breeze, gust of wind, whiff, wind, blast, blowadem, inspiratie, bezieling, geritsel, geruis, ruis, windje, windstoot, zuchtje, geruis [medisch], sterke luchtstroom, zuchtje [wind], aam, asem, blazen, briesje, geblaas, waaienהדף (ז), מפח (ז), נישום (ז), נשב (ז), נשיבה (נ), נשימה (נ), נשיפה (נ), רוח (נ), רוּחַ, נֶשֶׁב, נְשִׁיפָה, הֶדֶףadem, begeestering, besielingånde, åndedrag, briseαναπνοή, πνοή, αγιάζι, φύσημαaerpremondo, blovado, bloveto, blovo, ekspiro, inspiro, spiro, susurado, ventetobrisa, respiración, aliento, inspiraciónluomisvirelélegzetandardráttur, andi, öndalito, brezza, afflato, etere, fiato, respiro, soffioanima, aura, spiritusåndearagem, brisa, cicio, inspiração, sopro, suspiro, sussuro, zéfiroвдохновение, дуновение, дыханиеanda, brisnefes, nefes almaдъх呼吸dech (sufl)
nom masculin
1. fait de prendre et de rejeter l'air reprendre son souffle
pouvoir faire un effort physique longtemps
2. mouvement de l'air le souffle du vent le souffle chaud du sèche-cheveux

souffle

[sufl] nm
(= expiration) → breath
dans un souffle [répondre, dire, avouer] → in a whisper
(= respiration) → breathing (= haleine) → breath
avoir du souffle → to have a lot of puff
manquer de souffle → to be short of breath
avoir le souffle court → to be short of breath
retenir son souffle → to hold one's breath
être à bout de souffle → to be out of breath
[explosion, ventilateur] → blast
un souffle d'air → a breath of air
un souffle de vent → a puff of wind
(fig)inspiration
le souffle créateur → creative inspiration
le souffle divin → divine inspiration