sourdement

sourdement

adv. Litt.
1. Avec un bruit ou un son étouffé.
2. D'une manière secrète, cachée.

sourdement

(suʀdəmɑ̃)
adverbe littéraire
1. clairement avec un bruit sourd, étouffé L'orage grondait sourdement au loin.
2. figuré en secret, d'une manière cachée conspirer sourdement contre qqn

SOURDEMENT

(sour-de-man) adv.
D'une manière sourde, peu retentissante.
Elle [la mer] grondait sourdement, et ses flots n'étaient presque plus que comme les sillons qu'on trouve dans un champ labouré [FÉN., Tél. VI]
Quelque temps après, les malades croient entendre la voix d'Esculape, soit qu'elle leur parvienne par quelque artifice ingénieux, soit que le ministre, revenu sur ses pas, prononce sourdement quelques paroles autour de leur lit [BARTHÉL., Anach. ch. 53]
Tantôt court sur la plage un long mugissement, Et les noires forêts murmurent sourdement [DELILLE, Géorg. I]
Fig. D'une manière secrète et cachée.
La femme de l'ami [la reine] a fort pleuré ; on a dit sourdement qu'elle irait au voyage, si son mari y allait [SÉV., 10 juill. 1676]
Ainsi tout ce qu'on fait contre M. de Cambrai est un attentat ; tout ce qu'il fait sourdement est bon [BOSSUET, Passages éclaircis, avert.]
Cette fatalité [les lois contre les protestants], destructive de la population, de la paix et du bien de l'État, réputée autrefois nécessaire, désole sourdement la France depuis près de cent années [VOLT., Pol. et lég. Procès Mlle Camp.]
Il [Maupertuis] a fait son métier de perfide, en intéressant sourdement l'amour-propre du roi [Frédéric II] contre moi [ID., Lett. d'Argental, 26 févr. 1753]
Votre discours est si beau, que le cardinal de Fleuri vous aurait persécuté, mais sourdement et poliment, à son ordinaire [ID., Lett. Laharpe, 4 sept. 1771]
Les financiers les plus riches jouissaient sourdement de leur opulence [DUCLOS, Œuvr. t. x, p. 7]
Cette nouvelle circula sourdement [GENLIS, Mme de Maintenon, t. I, p. 195, dans POUGENS]
Fig. D'une manière peu éclatante, peu marquée.
Il [un oiseau] a tout le dessus du corps olivâtre foncé, varié sourdement par des ondes d'un brun plus sombre [BUFF., Ois. t. XII, p. 13]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    [Je désire mourir] quietement et sourdement [MONT., I, 68]
    Quand St-Ofange fut averti que le duc son general traitoit sourdement avec le roi,... [D'AUB., Hist. III, 450]

ÉTYMOLOGIE

  • Sourde, et le suffixe ment.

sourdement

SOURDEMENT. adv. D'une manière sourde, peu retentissante. Le tonnerre grondait sourdement.

Il signifie, au figuré, D'une manière secrète et cachée. Négocier sourdement. Des bruits sourdement répandus.

sourdement

Sourdement, adverb. acut. Est proprement qui a malaisée et malhabile oreille et ouye, comme il oit, mais sourdement, Audit quidem, attamen surde, surdi more, Et par translation se prent pour secretement, sans appercevance de la menée, comme on trame sourdement une esmotion: Secreto tumultus instruitur, paratur, Il se dit Sourdement que la ville doit estre prinse, Murmur tacitum est, vrbem mox captum iri, La mesme metaphore s'exploicte au mot Sourd, comme c'est un mot Sourd que les conspirateurs se doivent mettre en armes, Tacitus sermo est, conspirationis conscios ad arma concursuros.

Synonymes et Contraires
Traductions

sourdement

dof

sourdement

κουφά

sourdement

sordamente

sourdement

[suʀdəmɑ̃] adv
(= avec un bruit sourd) → dully
(= secrètement) → silently